PARISIIS,
Apud Laurentihm d’Houry, vii
jacobæâ t prope fontcm S. Seve-
rini, fub figno Spiricus Sanfti.
14195
FORMULES
MEDECINE
T I R E' E S
DE LA PHARMACIE
G A L E N I Q_U E ET CHYMIQjjE:
Où il cft traité de la Méthode
d’ordonner toute forte de Re-
medes Pharmaceutiques , & de
les adapter à chaque maladie.
Très-utiles a ceux qui commencent
a pratiquer.
Par H.TENCKE, Profeflcur Royal
«yfe'jsïi
Et traduites in Eranf^y
* Seconde Edition reveuc
*i*2? kiwiwtâqiïfâ
a l r O W\, ‘ 9
Chez TEANCERTE ,M^crcier^c<>7
à la Trinité. V - S
M. DC. LXXXX.
Avec Approbation & Privilège du Roy.
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<^ vis.
N a trouvé à pro¬
pos , Mon cher.
Lecteur, de vous
dire un mot touchant l'u-
fage de céte Traduction.
C’cft une remarque allez fa¬
milière que Ion juge de la
bonté d’un Livre par les di-
verfeslmprelhons & le déhic
qui s’en fait. Celuy-cy ne'tut
pas plutôt envoyé de Mont¬
pellier, où la première Im-
prelfion en a été faite , en
céte Ville , qu’il fut mis fous
la Prclfe. Une perfonnc judi-
C AVIS.
cieufe Payant lu & examiné-
atcntivemenr , die , que puif-
cju’il n’avoit été di&é'dans
l’Univerfité de Montpellier
que pour former dans la Pra¬
tique ceux qui afpirqienc aù
D odorat, & meme pour don¬
ner de grands fecours à ceux
qui avoient reçu ce dernier
Degré , qu’étant traduit en
nôtre Langue, il feroit très?
utile à ceux qui fous le nom
de Chirurgiens pratiquent à
la Campagne, font laPliarr
marie, & comme on dit com¬
munément , font tout , qui
pour l’ordinaire ne font pas
beaucoup éclairez -, que me¬
me il ne feroit pas feulement
C A V 1 s.
utile à ces Chirurgiens rufti-
qv»es niais ; aulU aux familles
particulières , qui ayant la
connoiflance des com poli¬
rions que Meilleurs les Mé¬
decins ordonnent chez les
Apoticaires , foulageroient
leurs malades avec beaucoup
moins de frais , & beaucoup
plus d’alfu rance; C'a été le
feul but de tant de perfonnes
également pieufes & fçavan-
tes qui dépuis quelques an*
nées ont travaillé h heureufe-
ment à rendre la curé des ma¬
ladies plus douce , moins fâ-
cheufe par la dépenfe , & en
quelque façon plus courte &:
plus hcureufc pour les pau~
e A V t S.
vres malades , comme on
voit dans le Médecin & Chi¬
rurgien des pauvres , & dans
les Remcdes de Madame
Fouquet. Quoy que s en Toit,
il faut tomber d’accord de
cétc maxime infaillible, que
la nature &: le cara&ere du
bien, efl: de fe communiquer.
C’cft pour ce motif que les
plus fameux Auteurs Latins
tant de ce Royaume que
d’ailleurs , ont été traduits en
François , comme Dulau-
rent , Riolan , Durenoux,
Hierômc Fabrice , ordinaire¬
ment nommé Aquapenden-
te , la Pratique de Riviere
avec fès Obfervations , qui
c avis:
paroiffent aujourd’huy foui
une fécondé Edition exacte¬
ment reveuë lur le Latin t
car le bon Traducteur avoit
erré en plufieurs endroits. Il
avoit entrepris , à la vérité ,
un Ouvrage qui furpaflbit
fes forces. Plufieurs Auteurs
François ont été aufli traduits
en Latin , comme Ambroiic
Paré , la Pharmacopée de
Bauderon qui a été traduite
en toute forte de Langues *
Tout cela, Mon cher Lec¬
teur , pour le bien du Public.
Si quelque Critique doute
de la fidelité de céte Tra¬
duction , on lafiiirera que
l’on a fuivy exactement la
cJ V 1 s.
penfce de l’Auteur, mais non
pas mot à mot eu beaucoup
d’endroits , car il a etc im-
poflible par tout. On y a
ajoute meme quelque chofe,
comme dans le Chapitre
premier des Alteratifs cépha¬
liques, page 86.on a expliqué
ce que ectoit que le Coma -
rveillant , afin que ces termes'
n’arréta fient pas le vulgaire.
En beaucoup d’endroits on a
expliqué 1 e Choiera morbus,par
un débord de bile par deflus
& par defious , afin de fe ren¬
dre plus intelligible à ceux a
qui la Langue Latine efl: in¬
connue, &; principalement
les termes de Medecine.
avis.
Dans les Ordonnances
des Apozémes , Emulfions ,
Juleps , &c. on a fpecifié en
particulier, les quatre gran¬
des femenccs froides, àc les
trois fleurs cordiales. Ce
tfeft pas là manquer à la fi¬
delité qu’un Traducteur doit
garder.
Touchant lesremedesde
Madame Fouquec , que je
Vous ay cités , qui font fi
connus , &. tant cftimés , il
efl: bon que vous fachiés,
cher Leéteur, que l’on tra¬
vaille incefl'amment à une
augmentation tres-confide-
rable de deux Volumes ,
dont le premier fera pour les
14 V 1 S.
maladies externes , & le fé¬
cond traitera des internes.
C efl un grand travail , & qui
aura fans doute l’aprobation
publique , puifquil ne con¬
tiendra que des remedes ex¬
périmentés par les plus célé¬
brés Médecins , &: autres
perfonnes curieufes &: fà-
vantes , tant de France , que
des Pais étrangers , qu’on a
recouvert avec beaucoup de
peine.
■ïfî ';î jfiob
TABLE
TABLE
DES PARTIES,
SECTIONS ET CHAPITRES,.
PREMIERE PARTIE,
Des Aheratifs. page îQj
SECTION r.
Des remcdes Jlmplement > aheratifs..
page 1.8
CHAPITRE I.
Des Iuleps. ibicL
I I. Des Apozémes. page j j,
III. Des Bouillons aheratifs. p.yy
IV. Des Emulfions. p. py
V . Du Lait & du Petit - Lait..
page 6o>
VI. Dey Orges. P- 7*
V II. De l’Hydromel.. P- 7 J
Y LU. DeUTifane.. p.77/
î
Table des Partfes>
SECTION II.
Des Alteratifs (pecifiques. p. 8 c
CHAPITRE I.
Des Alteraùfs céphaliques. p.85
II. Des Altérât' fs défi iriez pour
les yeux , des Collyres ..
III.
page 90
Des Béchiques .
page 97
IV.
Des Loochs.
p. 104
V.
Des Cardiaques.
p.i 10
VI.
Des Stomachiques,
p.117
ŸII.
Des Hépatiques.
p.rzj
VIII.
Des Splenitiques.
p. iz8
IX.
Des Alteratifs propres aux
X..
intefiins.
Des Néphrétiques „
1.3 1
p.137
X I.
Des Hyfieriques.
p.iji
XII.
Des Arthritiques..
p. 163
XIII.
Des Hydrotiques..
p.167’
XIV.
Des Bouchets.
p.174
SECTION I
II.
Des Alteraùfs & Purgatifs, p. 17J
CHAPITRE I.
Des Apoze'mes purgatifs. p. 1 7 6
l L. Des Bo itillons alteratifs & pur¬
gatifs.. p.iU.
H I. Des Syrops Magifiraux.p.18%
IV. De la Diète alterative & pur-
Serions & Chapitres.
V.
gative.
p.197
Des Optâtes.
p.xoo
VI.
Des Bolus .
p.208
VII.
Des Pilules.
p.2 I I
VIII.
Des Poudres.
p.217
IX.
Des Tablete.
P- 2-3 5
SECTION IV.
Des Aïteratifs & Corroboratifs ex~
ternes. p. 2 3 7
CHAPITRE I.
Des.
Epithemes.
ibid.
II.
Des Fomentations.
p.2 47
III.
Du Bain & du Demi
l- Bain ^
IV.
p. 264
Des Etuves.
?.z6T
V.
Des Parfums.
p.270
VI.
Des Oxyrhodins.
P-*7Î
VII.
Des Frontaux.
P-2-7T
VIII.
Des pains de rofes.
p.27»
IX.
Des Linimens .
p.27S2
X.
Des Onguens.
p.282
XI.
Des Cerats.
p
XII.
Des Emplâtres.
p.294
XIII.
Des Cataplâmes.
p.')9s
XIV.
Des Vef cataires.
p.3-0*
XV.
Des Drop aces.
p.yoG
c x
Table des Parties
SECONDE PARTIE.
Des Evacuât ifs.' page 30?
SECTION I.
Des Evacuatîfs généraux ; pre¬
mièrement de ceux ejui purgent par
le bas. P-îio
CHAPITRE I.
Des Supofitoires . P- 3 1 f
IL Des Lavement. p. 3 1 9
I I I. Des Potions purgatives, p. 3 3 y
IV. Des Bolut purgatifs. p. 3 7 8
V. Des Poudres purgatives. p. 381
¥1. Des Pilules purgatives, p.38 J
V I I . Des purgatifs Chymqyies.p. 3 9 i
VIII. . Des E me tiques. p . 4 o o
IX. Des Diurétiques. p.408'
X. Des Diaphor etiques. p.4 1 4
SECTION II.
Des Evacuat'fs- particuliers. p.4ii
CHAPITRE I.
Des Sternutatoires. p 4 z 3:
1,1. Des Errhines. p.4z6
Ht Des Maftic attires* p.430
],V. Des Cargarifmes. p.4 3 X
V. Des Injetiions. p.4 3 6
V L Des Pejf aires & Nafcales. p.4.4.6'
Se&ious & Chapitres.
partie TROISIEME.
Des Corroboratifs. pag.45 1
SECTION I.
Des Corroboratifs généraux, p. v f 4
CHAPITRE I.
Des Corroboratifs dans les maladies
chaudes du cœur. ibid.
ÎL Des Corroboratifs dans les in-
difyofitions froides du cœur,
P-4 S9
SECTION II.
Des Corroboratifs particuliers, p.4 621
CHAPITRE I.
Des Corroboratifs pour le Cerveau
dans les maladies chaudes , ibid—
I I. Des Corrojborat ifs pour l’efto-
mac.. p. vGj
1 1 1. Des Corroboratifs pour le foye.
ibid.
I V. Des Corroboratifs pour la rate.
P- 373
V. Des Corroboratifs pour la ma¬
trice & la vefiie, & pour dé¬
gager les parties naturelles
de l’amas d’humeurs, p.14^
* i
Table des Parties , Sec.'
partie quatrième
& demierc.
Des Lénitifs & Parégoriques. 0.476
SECTION UNIQUE.
Pour foulager les fymptomes. p.477
CHAPITRE I.
Pour apaifer la douleur.
p.478
II.
Des Anodyns.
P-479
III.
Des Narcotiques.
p.480
IV.
Des Hypnotiques.
484
V.
Du Flux de jang.
49 ï
VL
De la Syncope.
4.9 ^
nA PROBATION .
POur obéir aux Ordres de Mon-*
feigneur le Chancelier , j'ay lea
exaâement un Livre intitulé , Les
Formules de Médecine , tirées de U
Pharmacie Galenique & Chymique ,
compofées par Mr. Tescke , Me-*
decin & Profelfeur à Montpellier ,
dans lequel Ouvrage , d’un travail
confiderable , & d'un grand efprit ,
°n y obferve particulièrement la.
grande utilité qu'il peut aporter
au public , & par confequent com-
uae tel nous l’aprouvons avec
beaucoup de fatisfa&ion. A Lyon»
le ij. 0«5tobre 1682.
F A LC ON ET Doyen*
PAr Grâce & Privilège du Roy
donné à Verfaille le 29. Janvier
1684. figné J u n qju iere : Il eft
permis k] e a N Certe Marchand
Libraire ï. Lyon , de faire imprir
rendre & débiter fans le confente-
ment dudit Expofant ; à peine de
trois mil livres d’amande , payables
fans dépoft , comme il eft plus au
long porté par lefdites Lettres.
Reoifiré fur le Livre de la Commu¬
nauté des, Libraires & Imprimeurs de
Taris ce 19. Février 1684. fuivant
1‘ Arrefi du Parlement du 8. Avril
1683. à1 celuy du Confcil du 2 j . Octo¬
bre r 663. & ij. Février 1 665. a la
charge de fournir par ledit fieur Certe
■un Exemplaire dudit Livre à la Com~
munauté des Libraires de Paris.
Signé A N g o t , Sindic.
Achevé d’imprimer le il. Octo¬
bre 1688..
6ttôôôÔ(3'ôôâ‘3ü^^ô6üü(»ÔË^8ôôô(^(^
PREFACE.
O m M e il n’y a rien de
V//wftnjp|fc plus important dans la
pratique de la Mcdcci-
ne que de donner les re-
medes très - à propos,
auffi il n’y a rien déplus dificilepour
le Médecin qui e^t apellé pour voir
des malades , ny qui i’ambaraire da¬
vantage. C’eft un employ qui dernaïu.
de une grande prefence d'eiprit, & un
jugement fans fonds, pour tout péné¬
trer, examiner, pour prendre de juftes
mefures , & pour apliquer les indi¬
cations au fujet qu’il entreprend de
traiter ; ce qu’Hippocratc même,com-
mc Auteur de tout ce qu’il y a de bon
dans la Médecine , & un guide tres-
üdclle , ne pourroit pas fe promettre
de faire. Galien dans le feptiéme Livre
de fa Méthode, félon la pensée du mê¬
me Hippocrate, a très - prudemment
i PREFACE.
dit , qu'ayant connu la caufe de la
maladie ; il eft facile d’en trouver les
remedes , & que le Médecin qui con-
noit le mal , eft capable de le guérir.
Céte connoiflance ne comprend pas
feulement les chofes que l’on apellé
naturelles, & contre-nature, mais cel¬
les auflî qui contribuent à une entière
& parfaite guerifon ; car ayant une
parfaite connoiflance de tout, on ré¬
tablit beaucoup plus facilement un
malade. Mais qui eft celuy qui peut
avoir cét avantage que de connoître
comme il faut les punies qui foufrenr,
la nature , & les caufes de la maladie,
le tempérament , & la force des reme-
medesî Et qui ordonne les remedes
avec tant de juftefle , qu’ils foient é-
gaux aux forces du malade, qu’il n’y
ait rien defuperflu,ny qui manque, &
qui ne foit propre à la nature du ma¬
lade ? Galien dans le feptiéme Livre de
fa Méthode , ne bute qu’à deux chefs.
Le premier , de trouver un remede
lpecifique,fuivant les réglés de la mé¬
thode ; l’autre de donner à propos le
remede qu’on a trouvé. Nous parle¬
rons icy de tous deux autant que la
PRE FACE. 5
biivieté nous le permettra , ayant au¬
paravant avancé certaines chofes qui
ne doivent pas être ignorées.
Il faut donc fçavoir,quc par ce mot
de Remeàe on entend tout ce qui peut
chairer du corps toute mdifpofitiot*
contre-nature , & qui dérive de trois
fourccs , la Dicte, la Chirurgie , & la
Pharmacie : de (orte qu'il y a des re-
medes diététiques , qui font compris
dans l’ufage des fix chofes non-natu¬
relles : d’autres Chirurgicaux,que l’oit
emprunte de la Chirurgie; & enfin
d autres Pharmaceutiques , que la
Pharmacie nous fournit,foit internes,
°u externes, fimples ou compofez,qui
fe tirent des minéraux & métaux , ou
des végétaux , ou des animaux ; foit,
comme veut Galien, qu’on les raportc
aux chofes que l’on doit faire , apli-
quer, ou prendre, & vuider.
Les moyens parlefquels nous pou¬
vons trouver ces remedes font quatre,
la Raifon, l’Experience,l'Analogifme,
& l’Indication : la diverfité des fenti-
mens,des corps, des cpifcs, & l’analo¬
gie des fignes font la Raifon tres-
douteufe ; l’Experience & l’Analogif-
4 PREFACE?
me trompent Couvent , parce qu’elles
vont des chofes particulières & incon¬
nues , à des particulières. Donc le
moyen le plus alluré eft l’Indication,
laquelle par la feule connoiirancc de
la chofe qui indique , nous découvre
comme par un principe naturel, & in¬
faillible de la nature du remede.
Les chofes qui indiquent font la
maladie, fa caulé, le tempérament , &
les forces du malade , à quoy on peut
ajouter quelque fymptome prelïant ;
de forte que l’on en peut établir tout
autant qu’il y a de chofes defquelles
les indications font prifes.
Quand on prend les indications de
la maladie, & de lacaufe , il faut aller
aux generiques par les fubalternès,
jufques aux fpecinques ; car il n’eft pas
nccelT’aire de s’arrêter a la feule géné¬
rique , parce qu’elle ne nous montre
point la nature d’aucun remede : car
îupofons l’exiftance du mal , & de fa
caufe , il ne confte pas pour cela qu’il
faille préparer les humeurs , ou tirer
du fang, parce qu’il peut n’y avoir ny
intempérie , ny aucune pléthore ou
plénitude. Il ne faut non plus s’amu-
Préfacé. $
fer dans lcS lubalternes ; car bien qu'il
foit évident que le mal foi: une in¬
tempérie , on ne fçait pourtant pas fi
elleetl froide ou chaude.il faut donc
divifer les maladies , & leurs caufes,
jufques à ce que l’on foit arrivé des
différences génériques aux fubalrcr-
nes , & des fubalternes aux fpcçili-
ques , defquelles feulement les Indi¬
cations bonnes & feures fe prénent, à
laquelle répond la matière des remè¬
des qui d’elle-même peut ôter le ma!»
& la caufe qui la produit. Car encore
quel iudicationfpecifique feule fuffile
pour trouver le remede, il faut nean¬
moins tacher de découvrir une indi¬
cation déterminée : Et bien quece foit
une affaire tres-difficile, parce que les
chofes individueles n’ont point de
propriété/ qui nous portent k leur
connoiffance » il faut pourtant tacher
d’en aprocher de plus prés par d’au¬
tres moyens ; car fi nous ne fçavons
pas dans quel degré la chaleur de la
fièvre cft dans un fébricitant, nous ne
donnerons que par. hazard un reme¬
de dont la force foit égale au degré
de céte chaleur.
A 3
É PREFACE?
En fatisfaifant aux indications , il
faut avoir égard aux accidens qui
■prelEent le plus ; car c’eft inutilement
que la maladie, & fa caufe, indiquent
quelque remede , fî les forces ne le
peuvent pas fuporter.
Pour ce que c’eftdes caufes des ma¬
ladies , il faut ôter premièrement les
externes , enfuite les antécédentes,
apres la conjointe , ôc s’il fe peut fai¬
re , il faut combatre ces deux derniè¬
res par un même remede; enfin toute
caufe qui fomente, & entretint le mal
doit étie entièrement déracinée. Les
maladies longues font rarement fans
céte caufe là , laquelle perfeverant,
les maux continuent , ou retournent
de tons en tems; elle a fon fiege dans
les humeurs , on dans les parties fo¬
ndes ataquées de quelque intempé¬
rie, obftruttion , ou de quelqu’autre
indifpofition ; ou dans toutes enlcm-
ble, elle dépend du mauvais ufage que
l’on fait des fix chofes non-naturel¬
les ,\on enfin dans des remedes don¬
nez mal à propos , ou continuez trop
ong-tems.
S'il fe rencontre quelques einpéclie-
'> R E F A C t. 7
mens, il les faut ôter, auparavant que
d'entreprendre la curation en forme,
comme fl dans une playe , ou dans un
ulcère, il y a quelque corps étranger,
qu’il fe jéte une fluxion deflus , ou
qu’il y adhéré quelque humeur gluan¬
te qui ait befoin d’etre détergée , ou
une intempérie de la partie , ou une
dureté calleufe des bords. On peut
raifonner à proportion de même dans
les autres maladies.
Il faut enfuite entreprendre le ma!,
qui fe diffipe facilement , ayant ôte
les caufes , & autres empéchemens,
qui s’opofoient à fa curation ; fi tant
etVqu’il ne foit incurable de fa na¬
ture.
Il faut enfin s’apliqueï à fortifier
les parties , ce que l’on ne doit entre¬
prendre qu’aprés avoir entièrement
pourvu aux caufcs qui ont produit la
maladie, & avoir chalfé le mal , parce
que les corroboratifs étant aftrin-
gens , s’il reftoit quelque impureté
dans le corps dans l’adminiftration de
ces remedes , elle s’y arrêteroit encore
davantage par ces aftringeans , & de¬
viendront encore plus dificile à être
* PREFACE.
diffipée par les voyes de la refolution.
Dans les maladies longues , il faut
mêler les corroboratifs avec les alte-
ratifs , & les évacuatifs , apres que la
plus grande partie de l’humeur aura
été vuidée par les évacuatifs.
Hippocrate , & après luy Galien
dans le Commentaire du fixiême des
maladies épidemicjucs, & populaires ^tex¬
te trente - tro'f.éme , en teigne le vray
moyen de donner les remedes comme
il faut , par les Obfervations fuivan-
tes qui doivent être gardés par un Mé¬
decin quand il' commence la curation
de quelque maladie.
La première chofe à laquelle l'on
doit prendre garde, félon la pensée de
ces grands Hommes , eft ce qu'il faut
faire. Car tous les foins dit Médecin
dans la curation des maladies fe rapor-
rent aux évacuatifs , alteratifs, corro¬
boratifs , & qui refont le malade dans
une grande maigreur. On connoit
donc par l’état de la maladie s’il faut
vuider, préparer , forrifier , ou refaire
le malade ; car s’il y a plénitude ou ca¬
cochymie, il faut vuider ; s’il y a quel¬
que intempetic , il faut employer les
PREFACE.* 9
alteratifs ; fi les forces fout abaruës,
les corroboratifs auront lieu, & dans
la maigreur , refaire.
La féconde obfervation eft, de quel
rcmede il faut fe fervir. La qualité du
remede eft indiquée par la qualité du
mal,& par la caufe qui le produit, de
forte que pour la détruire il faut que
la qualité du remede luy foit contrai¬
re. Que fidoncc’cft une intempérie
chaude , il faut que le remede foit ra-
fraichillant -, que fi elle eft froide, on
donnera un remede qui foit de quali¬
té chaude , &cc. De même la tenuité
des humeurs veut des alteratifs incraf-
fans v des humeurs groiïïercs, deman¬
dent des atténuatifs ; celles qui font
gluantes , des déterfifs ; les lentes de9
incififs ; celles qui ont contracté une
malignité, des remedes qui la combat¬
tent , tels que font ceux qu’on nom¬
me vulgairement alexipharmaques.
Dans les maladies bilieufes, on fe fert
de colagogues ■, dans les pintiteufes
de phlegmagogucs ; dans celles qui
nai lient de la mélancolie , de melana-
gogues j & dans celles qui font cail¬
lées par des ferofitez, d’hydragogucsi,
»o PREFACE.
comme nous dirons encore plus am>*
plement dans la fuite de ce Livre.
Le troi/îcme avcrtiffement eft de
fçavoir la quantité du remcde & la
longueur du tems qu’on le donnera..
Pour déterminer au jufte la quantité
d’un médicament, il faut prendre gar¬
de à la grandeur du mal , & aux For¬
ces du malade ; céte grandeur ne fe-
connoit qu’èn prenant garde combien
elle eft éloignée de fa nature » 8c de
fon premier état naturel ;,car la mala¬
die eft d’autant plus grande, que tour
le corps, ou quelque partie eft déchi»
de fa conftirutio naturelle, & a perdu:
Beaucoup de fa fanté. On prefume de
la grandeur du mal parla violence des-
fymptomes , & de l’éloignement de-
l’état de fanté pàr le naturel du ma¬
lade. Donc tout autant que le mal a-
le deflus fur l’habitude naturelle , de
même il demande une égale prépara¬
tion , & évacuation d'humeurs. Sui¬
vant ees principes , Galien dàns le
poifte'tne Livre de fa Méthode , & ail'
leurs , dit qu’une partie chameufe.
araquée d’uîcere veut des mcdica-
œens plus fecs , que les os les ten*
PRÉ P A C E: V fr
dons, les membranes, Sc autres par-!
ties qui font d'un tempérament plus
fec que les chairs.
De même plus une partie a de con->
fîftance eft moins poreufe , elle
veut des remedes plus forts, & quand
elle eft mince, il faut des remedes plus
foibles.
Quand la partie malade fa fa fitua-
tion très-avant dans le corps , elle ai
befoin d’un plus fort remede , parce
que le médicament perd beaucoup de
les forces par la longueur du chemin
qu il faut qu’il fafTe,jufques à ce qu’il
foit arrivé au lieu où eft le mal.
Une partie noble ne peut pas fou-
frir de remedes violens , tout au con¬
traire celle qui nel’eft pas.
Celle qui a un fentiment délicat Ce
trouve incommodée par les choies
acres ; & celle qui en a tres-peu , oui
du moins trcs-groflîer, fe fent foula-
gée par ks mêmes chofes. Quand lot
bize domine , il faut nier de plus
fort remedes , & quand c’eft le venir
de plus doux.
La grande quantité de la matière
qui cil la caufc de la maladie veut tu»
il P K E FACE.
évacuatif qui luy foie proportionne»
pour être entièrement emportée. Mais
parce que la nature des partïes,lcs for¬
ces du malade, & l'opiniâtreté des hu¬
meurs ne peut pas fuporter une en¬
tière & promte évacuation, c’eft pour
cela qu’il la faut réitérer par plnfieurs
fois , afin que par des petites , & fre¬
quentes évacuations , on en ait une
parfaite , & qui réponde à la quantité
de l’humeur ; ce qu'il faut entendre
non feulement de la purgation , mais
aufïi de la faigné. Céte pratique eft
principalement en ufage dans les ma¬
ladies longues , dans lefquclles l'a¬
bondance des humeurs , Sc leur refi-
ftâce empêche qu’on ne les vuide rou¬
tes à la fois par un violent purgatif»
& qu’il n’y ait rien à craindre pour
le retardement. Dans les maladies ar¬
guës, il en va tout autrement ; car les
humeurs (ont fubtilcs, que la nature
tache de chafTer tout d’un coup par
le moyen d’une erife : Neanmoins il
faur agir de telle forte dans ces mala¬
dies, que l’on confidere l’état des for¬
ces , on d’aurres empéchemens , s’il y
en a -, car fi quand les humeurs foire
PREFACE^ t5
dans un mouvement déréglé > une
grande inflammation des vifceres , ne
permet pas une forte purgation, il ne
faut pas employer de fortes bateries ,
qui font les violens purgatifs, parce
qu’ils échaufènr beaucoup , 8c met¬
tent tout en defordre ; mais on fe fer-
vira des bénins , que l’on reïterera,
félon que l’on le jugera necelTaire.
Que fi les forces ne s’y opofent pas ,
& qu’il n’y ait aucune contr’indica-
tion , il faut emporter tout d’un coup
la maladie, de crainte qu’elle n’aca-
b!c d’abord les forces ; outre qu’il
vaut beaucoup mieux guérir le mal
avec quelque petite force , que de les
lai fier acabler par une caufe mor¬
bifique. Ce qui arrive dans les ma¬
ladies futures , 8c tres-aigues , comme
étant précipitées , telles que font l’a¬
poplexie , une grande inflammation
des parties , & toute forte d’indif-
pofition , où les humeurs furabon-
dent.
L’indication de tout le rems qu’il
faut continuer les remedes fe prend
de la fin à laquelle aboutit l’aétior»
du rcraede qui eft indiqué , qui iv’eft
i* PREFACE.
autre que l'état de fauté : car tout T<?
but du Médecin eft de revenir au
point , d’où la maladie a commencé ,
à fçavoir à l’état de fanté , comme au
terme de toute la curation.
Le quatrième avertilfement eft
touchant l’ocafion , & le tems propre
pour donner les remedes : ce que l’on
connoit par la prefencc de ce qui in¬
dique j & par l’abfence de ce qui dé¬
fend le remede. Galien dans le livre
de la bonne Sefte , dit que l’ocafion
de donner les remedes, eft quand l’in—
dicant eft prefent , & que les forcer
ne l’empêchent pas : Mais félon Hip¬
pocrate dans le premier de fes Apho-
rlfmes , l'ocafion eft précipitée, prin¬
cipalement dans les maladies aigues t
d'où il s’enfuit qu’il y a deux fortes,
d’ocafions , l’une temporanée qui eft
pour le tems univerfel des maladies -r
l’autre momentanée pour le particu¬
lier , & c’eft l’heure , le jour , ou le
moment pour donner le remede. L’o-
cafi-on univerfclle àmne certaine éten¬
due , la particulière eft renfermée dans,
de tres-petites bornes..
La connoiil’ance des tems des mar.
T RE FA CE. tft
îadies eft tres-utile , foie pour régler
on régime de vivre » foie pour donner
quelque remede particulier ; car tel'
qu'eft le changement de la maladie
félon fes tems , telle eft aufli la façon,
de traiter. Selon Hippocrate dans
/’ Aphorifrne 19. de la fécondé feftion.
Quand les maladies commencent, s’il
y a quelque chofe à vuider,vuidez'-le.
Et dans /’ Aphorifrne 14. de la première
Jeftion , Il fe faut fervir rarement des
medicamens purgatifs dans les mala¬
dies aigues , & dans leur commence¬
ment. De même dans les maladies,
croniques , on ne peut guérir le mal
qui traine en longueur , qu’en chan¬
geant de remedes : ce qu’il faut en¬
tendre , non pas du changement de
remede , félon la qualité ou l’efpece ,
quand on eft alluré de la qualité de
la caufe de la maladie j car alors il
faut changer de remede, non pas félon,
l’efpece , mais félon fa forme , & fa
force. Comme, par exemple, frc’eft
une maladie chaude , qui ne fe dimi¬
nue point par les altcratifs rafrai ch if-
fans , il ne faut pas pour cela venir
aux remedes chauds : car félon H»g-r
f 6 P R E F A C E.
pocrate dans 1‘ Aphorifrne de la fé¬
conde feElion , il ne faut pas palier à
d'autre remede , quand faifant tout
félon les règles de la raifon , nos def-
feins ne léuffilfent pas ; mais il faut
agir de telle forte, que il au commen¬
cement on a employé des remedes
bénins , on vienne enfnite à de plus
forts , ou au contraire ; car une Am¬
ple maladie effe quelquefois guérie par
de forts remedes , qui ne l'a pu erre
par des doux , quoy que donnez tresv
i propos.
La nature dans chaque rems de la
îftaladie agit ou impetueufement , ou
lentement , & avec foiblelfe, ou com¬
me il faut -, fi avec impetuofité, il la
faut arrêter ; fi foiblemcnt , il la faut
aider ; fi enfin fes mouvemens fonc
regnlicrs ; il la faut lailfer faire.
Le dernier averrrllement c(l tou¬
chant l’endroit par lequel il faut don¬
ner les remedes. Ce qui eft indique
par l'endroit même où eft l'indiquant.
Pour ce fujet, il faut que le Médecin
tres-bien verfé dans l’Anatomie choi-
filTe les voyes les plus propres , ex¬
ternes on internes , par ltfquelles le*
V R EF AC E. 17
vertus d’un alteratif , ou d’un Corro¬
boratif puiflent être diftribuées. Pour
ce que c’eft que des évacuatifs,ils doi¬
vent vuider par les endroits les plus
commodes ; en quoy on ne doit pas
feulement Cuivre le penchant naturel
des humeurs , mais aufli les voyes par
lefquelles la nature a de coutume de
fe débarrafler des humeurs qui l’in¬
commodent avec le foulagement des
malades. Hippocate dans l’Aphorif-
me ti. de la première feÜ'ton , dit qu’il
faut conduire les humeurs par les
voyes commodes où la nature fe por,
te. Audi l’évacuation fe fait commo¬
dément par les conduits que la Na¬
ture montre ; & afin que le Médecin
fuive fes mouvemens , il doit fçavoir
les chemins ordinaires par laquelle
elle fe décharge de fes excremcns ;
ces chemins font la bouche , les in-
teftins , la veffie , la matrice, les nari¬
nes , & la peau qui eft l’émonétoire
de tout le corps. Il faut qu’il fâche
encore les conduits particuliers par
lefqucls on vuide plus facilement les
humeurs vicieufes. Le cerveau , par
exemple , fe purge par les futures ; la
18 P R EF ACE.
bouche par les narines ; la poitrine
par les crachats ; la partie fuperieure
du ventricule par les vomilîemens ,
l’inferieure par le bas : les inteftins
par les Telles , où fe raportent le foye
& la rate ; & aufli parles diurétiques,
par lefquels les reins , & la veine fe
vuident : la matrice par Ton propre
col. La nature fe porte d’ellc-même
par fes voyes tant dans l’état de faute
que de maladie,quand elle entreprend
quelque évacuation \ car celle qui fe
fait autrement n’eft pas un effet du
mouvement de la Nature, ny de l’Art,
mais de l’abondance 8c mouvement
de l’humeur.
Tous les remedes que l’on em¬
prunte de la Pharmacie, fe reduifentà
trois genres -, aux alteratifs ,aux éva¬
cuants, & aux corroboratifs, aufquels
on peut ajouter un quatrième , qui
font les parégoriques ou anodyns 8c
lenitifs. Les alteratifs font indiquez
par la qualité de l’humeur,les évacua-
tifs par la quantité , les corroboratifs
font pour les parties : Les parégori¬
ques font pour les fymptomes pref-
lans.
PREFACE. 19
Et comme les remedes ne s’ordon¬
nent que fous une certaine forme , &
qui eft déterminée , les formules dans
lesquelles on les donne ne font autre
chofe qu’une façon diverfe 9 & un
changement fous lequel on les fait
prendre aux malades , ou on les apli-
que fur les parties : céte diverfité fe
tire des diverfes parties qui font ma¬
lades , de la nature de la maladie , &
de la qualité de fa caufe.
Nous divifons cet Ouvrage en qua¬
tre parties : La première traitera des
Alteratifs : la fécondé des Evacuatifs
la troifiéme des Corroboratifs : la
quatrième des Lenitifs & Parégori¬
ques.
,î? '3?
PREMIERE PARTIE.
Des ^Itératifs.
5jr^ E s humeurs qui excédent en
|p2(j quantité doivent être d'abord
■vuidées -, car étant retenues longrems,
elles caufent les maladies. Mais parce
que le plus Couvent elles refiflent à un
purgatif , par leurs premières & fé¬
condés qualitcz , par une grande cor¬
ruption & pourriture , c’cfl: pour ce
fujet que l'on les doit premièrement
préparer , & les métré dans un état
qui aprochc fort du naturel , par des
alteratifs , des digeftifs , & qui corri¬
gent & cuifent ce qu’elles ont de
mauvais ; afin qu’un purgatif fa(Te
fon effet fans beaucoup de peine &
heureufement. ( Pourveu néanmoins
qu’elles ne foient pas dans un tel dc-
lordre, qu’il n’y ait pas lieu d’attendre,
& de différer la purgation.) Car,com-
me a tres-bicn remarqué Hippocrate
Part. I. Des ^Itératifs. ir
«fans V Aphorifine 15. de la première
fcttion , fi l'on vuide les humeurs qui
doivent être purgées , c’eft un grand
avantage pour les malades, & ils fup-
portent plus facilement la purgation.
Mais parce que tres-fouvent l’intem-
petk des parties, & les forces abatucs
empêchent ou retardent que l'on ne
vienne à la purgation , il faut obvier
à ces inconveniens par des remedes
propres. Et même dans ces deux oca-
fions il faut que les alteratifs prece¬
dent la purgation , la préparation des
humeurs n'étant qu’un changement
des mêmes humeurs qui fe fait par
l’aide des préparatifs, afin de donner à
la mafle du fang , aux écrits , & aux
parties , leur qualité naturelle. Par ce
mot de qualité, on entend, foit qu’elle
foit de la troifiémc efpece, ou qu’elle
le excede dans le mouvement, ou par
un long féjojlr , ou par fa trop grande
confiftance ou fubtilité.
Il ne fert de rien d’opofer qu’un
même remcdc altcratif eft compofé de
chofes qui ont des proprietez toutes
contraires. A cela on répond , que
toutes ces chofes qui compofent un
1 i Part. I. Des Alteraüfs.
remcde tel que nous proposons , font
rédigées à un jitfte tempérament. Lors
que plufieurs (impies de nature toute
diverfe concourent à une même forme
d’un alteratif , il eft véritablement
compofé de fubftances toutes diilcm-
blables , que l’eftomac fepare par la
faculté qu’il a de cuire , & ces fub¬
ftances (ont portées par tout à la fa¬
veur du fang & des ferofitez , ou bien
fous la forme de vapeur, & elles agif-
fent félon toute leur force , ou plus
foiblement , à raifon du combat qui
fe fait entre elles,lors qu’elles fe fepa-
rent entièrement les unes des autres ,
ou bien qu'un (impie eft plus fort que
l’autre , lelon l’ordre & l'intention de
celuy qui a ordonné le remede.
Suivant ce fentiment , les remedes
preparans , ou alteratifs font ceux qui
corrigent les mauvaifes qualitez qui
fe rencontrent dans les humeurs , ou
dans les parties.
Et ils le divifent en Alteratifs (im¬
pies , & en Alteratifs mêlez : Et ces
derniers font compofez d'Alteratifs &
de Corroboratifs , ou d'Alteratifs &
de Purgatifs.
Part. I. Des Altérât ifs. 1 $
Premièrement , les Alteratifs Am¬
ples font pour corriger l’excez de
quelque qualité ; & céte qualité ou
elle eft fans matière , & alors elle de¬
mande un alteratif contraire) ou elle
eft acompagnéc de la bile , de la pi¬
tuite , ou de la mélancolie j & ces hu¬
meurs outre qu’elles peuvent exceder
dans les premières qualitez , ou elles
font trop fubtiles , & alors il faut les
épaiffir -, ou elles font trop grolfieres ,
& alors il les faut fubtililer ; ou elles
font gluantes , & il les faut feparer &
détacher ; ou elles font rrop vifqueu-
fes , & il faut ufer de dçterfifs ; ou
elles font figées & • acompagnées
d’obftru&ions , & les apéritifs font
neceflaires ; ou elles font infedées de
quelque qualité occulte, & dans céte
rencontre il faut employer les alexi-
teres. En outre , ces humeurs font ou
dans un mouvement déréglé , ou elles
croupiifent , ou elles font dans quel¬
que partie où il y a quelque folution
de continuité.
La matière qui eft dans un mouve¬
ment qui n’eft pas naturel, eu égard à
l’humeur qui fe jeté fur quelque par-
14 Part. I. Des Altérât ifs.
tie, indique les Alteratifs qui épaif-
jfî lient ; eu égard à la partie qui reçoit
ecte humeur , elle marque les repul-
fifs ; 8c à raifon des voyes par où elle
paire , elle demande les interpeptifs &
les aftringens.
Quand la matière eft croupiffante,
à fçavoir quand elle eft comme figée
& fans mouvement , ou elle fe diiîipe
infenfiblement par les refolutifs jxdu
fenfiblement par le fecours des attra¬
ctifs , des fupuratifs , & de ceux qui
ont la vertu d’ouvrir les tumeurs.
Si la matière eft dans une partie qui
foufre une folution de continuité, &
qui Toit fimplc , elle veut les aggluti-
natifs , & les vulnéraires ; fi eîle eft
avec une perte notable de la fubftance
de la partie , elle indique les farcoti-
ques 8c les épulotiques.
De ce dénombrement des Alte¬
ratifs pris des indications que nous
avons marqué , l’on peut a (ligner les
différences fuivantes des Alteratifs.
Premièrement, en Alteratif fimple,
rafraîchi liant & hume&ant : épailfif-
fanr une bile trop fubtile, ou fubtili-
fant celle qui a trop de confiftence :
prepa
Part. I. Des AUeratifs. ij
préparant la pituite, la melancolie,ou
la bile noire.
En Altetatif propre pour les ob-
ftru&ions ; 8c en Alteratif qui corri¬
ge la malignité.
Secondement , il y a des Alteratifs
fpecifiques,ophthalmiques , béchi-
ques , cardiaques ; d'autres deftinez
pour les >mammeles ; d’autres ftoma-
chiques, hépatiques, & propres pour
la rate : d’autres qui font deftinés pour
les reins , pour la veille du fiel : d'au¬
tres qui font fpecifiques pour les tef-
ticules : il y en a d’autres qui font
hyfteriques, & arthritiques.
Il y en a d’autres qui fous une mê¬
me forme de remcde , font propres
pour plufieurs parties.
Troifiémement , il y a des Altera¬
tifs qui préparent & purgent la bile,
la pituite, 8c la mélancolie.
Quatrièmement, il y en a qui épaif-
fi lient la matière qui tombe fur quel¬
que partie : d’autres qui repoullent
l’humeur de la partie qui le reçoit ;
d’autres qui interceptent 8c arrêtent
l’humeur dans fon cours ; & d’aftrin-
gens , quand les conduits font larges.
B
iG Part. I. Des Altérâtes.
Cinquièmement , il y en a de réfo-
1 ut ifs & qui difiîpent l'humeur figé ;
de rémollitifs pour les humeurs trop
endurcies ; d'autres pour faire fondre
& dilfoudre le fang caillé ; il y en a
de defficatifs , de lïipuratifs , de pro¬
pres pour ouvrir les tumeurs , & des
pyrotiques.
Sixièmement , il y en a d’aggluti-
natifs, de vulnéraires, de farcotiques
& d'épulotiques.
Les Alteratifs propres pour fatis-
fairc à ces indications, ( eu égard à la
diverfité des parties, à la nature de la
maladie, & de fa caufe, & au particu¬
lier tempérament du malade) s’ordon¬
nent diverfement : comme les altera¬
tifs internes fe prennent en ]uleps,
Apozémes, Bouillon s, Emulfions, Or¬
ges, Lait & Petit-Lait, Hydromel,Ti-
lane , Syrops , Bolus , Opiates , Pou¬
dres, Tabletes ,& Pilules. Les exter¬
nes s’employent en Fomentations,
Epitemes, Bains, Embrocations, Etu¬
ves , Linimens, Cerats , Cataplâmes,
Emplâtres, & Veficatoires.
Il y a trois chofes à obferver fur
chacun de ces remedes. Sa compofi»
Part. I. Des Alteratifs. ij
tion , fon ufage , & fa formule. Lz
compofition comprend la matière des
ingrediens , leur quantité & qualité.
L'ufage , les diverfes fins pour les¬
quelles on les ordonne. La formule,
la façon d’ordonner.
Il ne faut pas tellement s’arrêter
dans l'ufage des alteratifs , que nous
penfions pat leur feul moyei} pouvoir
corriger cét excez dé qualité qui fe
rencontre dans les humeurs ; car nous
combattions inutilement le mal avec
des décodions , poudres, opiates, ta¬
bles , 8 c Semblables autres chofes.
Il quelque évacuation eft necelTaire ;
car dans céte ocafion, la Saignée & la
purgation , en donnant un peu d’air
à la malSc du Sang , & en Soulageant
la nature du fardeau qui l’acabloir,
profiteront plus, que le long ufage
des Alteratifs.
SECTION PREMIERE,
Des remedes Jimplement
alteratifi.
CHAPITRE PREMIER,
Les luleps.
LE Julep eft un remede liquide qni
fe fait de quelque liqueur propre
pour ledeflein que l’on a, avec du fy-
rop, ou du fucre, mêlez enfemble,fans
bouillir. La compofition du Julep eft
toute fimple , & en cela il diferc de
l'Apozême , & du Syrop , parce qu’il
eft tout liquide.L’on ordonne les eaux
& le fyrop avec céte proportion qu'il
y ait deux onces de lyrop pour fix ou
.huit onces de liqueur. Et on ne réglé
la quantité de l’un & de l’autre que
félon l'âge , la coutume , la force de
l'eftomac , & la neceflité : car on les
ordonne en moindre quantité aux en-
Chap. I. D es Juleps. 1?
fans j à ceux qui n’y font point acou-
tumez,aux eftomacs foibles, & à ceux
qui ont tres-peu de chaleur.
Le Julep fe compofe ordinairement
d’eaux diftillées , ou de déco&ion
d’herbes. On fe fert des eaux quand le
malade a de l’averfion pour les déco¬
dions , ou qu’elles travaillent trop
l’eftomacjou que le mal prefle, qui ne
donne pas le tems de préparer des dé¬
codions, ou bien quand il ne fc trou¬
ve pas des Amples, comme en hy ver.
On donne les Juleps à toute heu¬
re , mais principalement k fix heures
du marin , & à neuf du fcûr , deux nu
trois heures devant & apres leboiiillô.
Les Juleps ont plus que d’un ufaec;
mais pour l’ordinaire l’on ne s’en /crt
que pour rafraîchir : Et ï ce fujet on
employé des eaux de cicoréc , d’endi¬
ve , de pourpier , de pavot rouge , de
nÿmphec , de buglofe , de bourrache,
avec les fyrops de limons, de cicorée
fimple, de violetes, de capillaires , &c
de lemblables.
y°icy des exemples d'un Julep ra-
fraichiffant.
Prenez des eaux de cicoréc & de
B î
$o Part. I. Des Mteraùfi. Seft.I.
laitue, de chacune trois onces, du fy-
rop de limons une once, faites un ]u-
lep pour prendre le matin & le foir.
On y peut ajouter des Chymiftcs
Du fel de prunelle depuis demie
drachme jufqucs à une.
De l'efprit ,ide vitriol ou de foulfre
depuis quatre goûtes jufqnes à fix,
pour donner une agréable aigreur.
De l’cfprit de fel doux depuis un
fcrupule jitfques à demie-draenme.
Prenez une quantité fuffifante pour
unedofe, de déco&ion de cicorée &
de laitue , du fyrop de violetes, ou de
limons , ou de nymphée , une once,
de fel de prunelle demie drachme. De
rout cela mêlé enfemble faites un Ju-
Jep.
Ou bien on en peut faire un d’une
décoétion plus composée pour trois
prifes.
Prenez des feuilles de cicorée avec
la racine, du capillaire, d’ozeille , de
laitue', Sc de bourrache , une poignée
de chacune : des quatre grandes fe-
mences froides, une drachme de cha-
cune,de l'orge entier & des fleurs cor¬
diales , une pincée de chacune. Faites
Chap. I. Des Ittleps. 3 1
bouillir le tout jufqucs à la reduûion
pour trois prifes ; & vous ajouterez
à chaque dofe , une once de fyrop de
capillaires , 5c quatre ou cinq goûtes
d’clprit de foulfre : Vous donnerez
ce Julep le matin & le foir.
Il faut remarquer que les efprits
acides ne fc doivent point donner à
ceux qui font d’un tempérament fort
fec , quand les humeurs s’y rencon¬
trent aduftes & mélancoliques ; par¬
ce que ces efprits fechent encor da¬
vantage , Sc augmentent la fermenta¬
tion des humeurs.
Secondement, lesjuleps s’ordon¬
nent , pour apaifer la foif , 5c tempe-
•rer l’ardeur de la bile. Pat exemple.
Prenez de l’eau d’orge huit onces,du
fuc de limon, nouvellement prefle, ce
qu’il en faut pour donner une agréable
aigreur, du fucre blanc, ou du fyrop
de capillaires , une once ; battez le
tout enfemble , 5c le verfcz fouvent
de verre en verre. Faites un julep pour
une prife feulement.' Ou bien
Prenez des eaux de pavot rouge Sc
de pourpier , de chacune trois onces,
du ici de prunelle demie drachme, du
31 Part. I. Des Alteratifs . Sc<£t. ï.
•fyrop violât une once ; de tout cela
mêlé enlcmble faites-en un Julep.
Troifiémement on fe fert des Juleps
pour provoquer la fueur dans les fiè¬
vres malignes & peftilentielles , dans
la petite verole, &c. Par exemple.
Prenez des eaux de chardon béni,
île pavot rouge , & de fcorzoncre , de
chacune deux onces ; de confection
de hyacinthe , & de fel de prunelle,
demie drachme de chacun,de la pou¬
dre de vipères demi fcrupule , du fy¬
rop de limons, une once.
On y peut aufli ajouter des reme-
des Chymiques , comme demi feru-
pule de Bezoard minerai : ou huit
grains de Bezoard Jovial ; ou un
fcrupule d’efprit de fel doux.
On ordonne aflez fouvent les Ju-
leps pour plufieurs prifes , dont nous
donnerons des exemples dans fon
lieu.
Ctifà)
Chap.II. Des Âf6z.émcS. 3 f
CHAPITRE IL
Des Apozémes.
CE mot d’Apozéme tire Ton ori¬
gine du verbe Grec "Übnftv , qui
veut autant à dice,que cuire & bouil¬
lir ; c’eft «ne décodion alterative,qut
change & altéré diverfement les par¬
ties &; les humeurs.
L’Apoze'me fe compofe de (impies
cuits enfemble. L’on met auparavant
les racines , enfuite les bois & les é-
corces, aptes les herbes»puis les fruits
& les femences , en dernier lieu les
fleurs. La cuite de tous ces (impies fe
fait dans l’eau de fontaine ou de ri¬
vière : On ne réglé pas la quantité
de l’eau , mais on la laide à la pru-
dencc de l’Apoticaire.
Les Apozémes s’ordonnent com¬
munément pour trois ou quatre do-
fes : & à chacune 011 ajoute une once
de fucre ou de fyrop , comme le mai
le demande.
Le tems de prendre les Apozémes»
eft le matin & le foir , comme nous
B 5
3 4 Part. 1. Des Altérât ifs. Sed. I.
avons marqué dans le Chapitre des
Julcps.
Chaque dofe ne doit pas palier fix
onces ; il y en a pourtant qui en don¬
nent jufques à huit ; Pour les enfans
on n’excede pas quatre ou cinq onces,
& pour ceux qui font plus avancez,
on en donne davantage , pourveu:
qu’ils n’ayent point de difpofîtion à
vomir. Et il y a des malades qui en
peuvent prendre deux fois le jour,
d’autres à qui une fois fuffir.
L’ufage des Apozemcs eft premiè¬
rement de préparer les humeurs à la
purgation , & pour ôter les obltru-
étions.
Quand, par exemple ,une bile trop*
chaude , trop feche , fubtile & acre,
caufe un delordre fâcheux dans les
fie'vres aiguës , il faut employer des
fimples qui rafraîchi lient , qui hu-
me&ent , incrafTent , & adouci lient
l’acrimonie de céte humeur farouche.
Ce que l'on pourra faire avec la fuh-
vante décoébion.
Prenez des racines decicore'c, d’o<-
xeille & de bnglofe ,de chacune une
once : des feuilles de ckorée , de lai-
Chap.I I. Jpozemef. 3;
tuë, de pourpier ,d’ozeille , & de bu-
§lofe , une poignée de chacune : des
Semences de citrouille > de concom¬
bres , de courges , 8c de melon , une
drachme de chacune j de raifins
mondez, une once ; une pincée d’orge
entier, & autant de fleurs de violetes
& de nymphée. Vous ferez bouillir
le tout à la reduâion d’une livre 8c
demie pour trois prifes : 8c vous ajou¬
terez à chacune du fyrop de violetes,
ou de grenades ,une once , 8c demie
once de celuy de nymphée, avec une
drachme de fel de prunelle. Vous en
donnerez deux fois le jour.
Ou bien én forme de Julep pour
rafraîchir 8c arrêter l'impetuofité da
fang 8c de la bile:
Prenez des eaux de pourpier , de
laitu'c 8c de pavot rouge , de chacune
deux onces ; du fyrop de grenades,
une once , du fel de prunelle demie
drachme , du tout mélé enfemblc fai-
tes-cn un Julep.
Il arrive quelquefois que la bile
s epai.Tn trop , 8c le fige dans les par¬
ties , le plus fubtil s’etant exhalé ÿc
diiEpé. Ce qui arrive préque dans
j 6 Part. I. Des Alteratlfs. Seét. r.
toutes les fièvres qui viennent de l'a
pourriture de la bile ; dans cére ocar-
fion il faut ufer de rafraichifl'ans , 8c
de remedes qui humeâent 8c fubti-
lifent. Ce que l’on pourra faire avec
la fuivantc déco&ion.
Prenez des racines de gramen, d’af-
perges & de brufc , une once de cha¬
cune ; des feuilles 8c la racine de ci¬
corée , des feuilles d’endive , & d’cn-
tybe , de capillaires, de pimpinelle &
d’agrimoine , une poignée de cha¬
cune ; des fcmences de citrouille , de
concombre , de courge , de melon , de
chacune une drachme; d’orge entier»
des fleurs de* cicorée , de bourrache»
de buglofe & de violcres , une pin¬
cée de chacune. Faites bouillir le
tout pont trois dofes, en ajourant à
chacune une once de fyrop de ca¬
pillaires, ou de cicorée fimple, avec
iîx goures d’efprit de vitriol , ou de
foulfre , que l’on donnera le matin.
& fc foir.
La pituite cxcrcmenticicu'fc excé¬
dé en froideur, humidité, lenteur, vî£
eofité , 8C confiftance : les manque-
ihens Ce doivent corriger par des al te-
Chap. IL Des Jpozémes. $7
ratifs qui échaufent , qui deirechenr,
atenuent, incifent,& détergent ; Pouz
fatisfaire à céte indication la décoc¬
tion fuivante cft tres-bonne dans le3
maladies froides cauiées par la pitui¬
te , comme l’afthme, la paraly fie, apo¬
plexie, épilepfîe , & fcmblables ; Si
auifi dans les fièvres pituitcufcs.
Prenez des racines d’apy,dc perfil,&
de fenouil, fix drachmes de chacune»
des racines d’aunée & de falfèparcille»
demie once de chacune r des feiiilles>
d’agrimoine, de capillaires , d’hy fope»
& de camepite , une poignée de cha¬
cune : des fcmences de fenouil & de
perfil ,' deux drachmcs-de chacune r
des fleurs de ftecas & de foucy , une
pincée de chacune. Faites bouillir le
tout dans de l’eau de fontaine , pour
trois dofcs fans être clarifiées , mais
feulement paffées fouvent.Vous ajout
tenez à chaque do fe une once de fyrop
fait avec les cinq racines.
Céte forte de pituite s’amafTe rare¬
ment dans les corps , principalement
dans ce pars chaud de Languedoc, où
il y a plutôt un excez de chaleur que
de froid. Mais s-’il arrive que* céte
3 8 Part.ï. Des ^Itératifs. Sedï. I.
humeur abonde trop, foie par l’ufage
des alimens propres à la produire, foit
par la rigueur de la faifon, telle qu’eft
l’hyver,ii faut prendre garde s’il n’y a
point trop de chaleur dans les vifccres
Si dans la malle du fang, qui empêche
l’ufage de ces remedes qui échaufe-
roient , fecheroient , & attenueroient
trop ; Et en ce cas il y faut mêler quel¬
ques alteratifs moins chauds félon les
diverfes indicatifs que l’on fè propofe.
Il arrive quelquefois qu’une humeur
pituiteufe , groiïlere , vifqueufc 8c
gluante , Si comme referrêe en foy-
meme > qui femble être une pituite
froide , bien qu’il foit l’effet d’une
chaleur qui confumant infenfible-
ment l’humide, incraffe,& contient en
foy beaucoup de fels brûlés , & une
matière terreftre & excrementicieufe,
qui font épaillr & coaguler céte hu¬
meur. Dans céte rencontre il ne faut
pas ufer d*alteratifs quiéchaufcnt &
qui dellcchent , mais plûtôt de dé-
terfifs bénins, d'attenuatifs » Si qui
adouciirent , tels que l’on a coutume
d’ordonner pour une mélancolie brû¬
lée & une atrabilc.
Chap.ï. D es Aprozemei.
Quelquefois la pituite eft fubtilc &c
falée,& qui participe en quelque façô-
de chaleur,comme eft celle qui fait les.
eatarres,acompagnée de la toux -, alors,
il ne faut pas employer des l’alteratifs
qui foient chauds, mais tempérés, auf.
quels on peut auiïi ajouter des rafraî¬
chi dans qui incraftcnt. Comme par
exemple , ladécottion fuivante.
Prenez une once & demie de raci¬
nes de cicorée , des feuilles d'endive,
de buglofe , de capillaires, de pimpi-
nelle & de laitue , une poignée de
chacune : de femences de melon , de
courge , de laitue , & de guimauve ,
une drachme de chacune ; de raifins
nétoyez de leurs grain s,& de jujubes,
une once de chacune ; d'orge entier Sc
des fleurs de bourrache , de buglofe
& de violetes,une pincée de chacune.
Il faut faire une décoétion pour trois
prifes , ajoutant à chacune une once
de fyrop de capillaires , & demie
drachme de fel de prunelle.
L'humeur mélancolique étant froi¬
de , lèche , grofllere , ayant beaucoup
de tartre, & beaucoup cxcrementicieu-
fe> l'on la prépare par les remedes qui
40 Part. I. Des Alteratifs. SeéL I.
ayent la'faculré d’échaufer & de beau¬
coup hume&er , d’incifcr & de fub-
tilifer.
La fuivante déco&ion eft tres-bon-
ne pour les fièvres longues , quartes ,
aux vertiges, à la mélancolie, aux ob-
ftruékions caufées par des humeurs
groffieres & terreftres. Et parce que
l’humeur mélancolique ne s’atténue
& ne s’humeéte qne difficilement , &
qu’elle ne cede pas aifément aux alte-
ratifs , c’eflr pourquoy l’on la doit
réitérer Couvent.
Prenez des racines d’apy , de fe-
noüil, d’aunée, de chacune une once :
d’écorces de racines de capes , de ta-
marife , & de l’écorce mitoyenne de
frêne, demie once de chacune : des
feuilles de bourrache & de buglofe de
fumeterre , d'houblons, d’agrimoinc ,
de melilCc , & de tous les capillaires ,
une poignée de chacunetdes Cemences
d’apy , & de eufeute , deux drachmes
de chacune : des fleurs de geneft , de
tamarife , de bourrache , de buglofe
& dervioleteSîUne pincée de chacune.
Faites bouillir le tout pour quatre
«lofes fans les clarifier, ajoutez, à cha»
Chap. II. T)es Aÿozcmes. 41
cune du fyrop de pommes fimple , ou
de capillaires , ou des cinq racines ,
une once.
On peut encor dilloudre à chaque
dofc demie drachme de tartre vitriolé,
ou un fcrupule d’efprit de tartre.
L'atrabile fc fait d'une bile brûlée,
qui eft chaude , feche & grofliere ; &
pour ce fujet il faut ufet de rafraichif-
fans,qui humedent beaucoup, & qui
en mêmc-tems atténuent.
L’Apozéme fuivant eft tres-propre
pour l'atrabile , & pour toute forte
dc_bile épaiffie par aduftion.
Prenez des racines de cicorée , de
brufc , & de fraifier , de chacune une
once : de l'écorce mitoyenne de frêne,
fix drachmes : des feuilles de cicorée
d'agrimoine , de bourrache & de bu-
glofe avec les racines , de fumeter-
rc , de ceterac , & de polytric / une
poignée de chacun : des femènces de
courge, de citrouille , de concombres,
& de melons,de chacune une drachme,
quelques tranches de pommes rene-
tes ; des fleurs de bourrache , debu-
glofc, de violctes,&de foucy,une pin¬
cée de chacune. Faites boiiillir le tout
4 1 Part. I. Des Alteratifs. Sert. I.
pour quatre dofcs ; & vous ajouterez
à chacune une once de fyrop de
pommes Ample , ou de capillaires , ou
de violctes , pour prendre le matin ÔC
le foir.
Pour une plus facile 8c plus avan-
tageufe préparation de céte forte
d’humeur , on peut difloudrc à cha¬
que prife de cét apozéme fix goûtes
d’efprit de tartre , ou de nitre , ou un
fcrupule de tartre vitriolé , ou demie
drachme de fel de prunelle.
Si pluficurs humeurs de diverfe
nature font mêlées en(cmble,& qu'el¬
les fartent des obftru&ions dans les
vifeeres & dans les veines, il faut ufer
d’apéritifs qui ayent un peu d'amer¬
tume , 8c qui ayent quelques qualitcz
du nitre ; 8c à ce fujet qui atténuent ,
incifcnt , pénétrent , 8c qui foient
abftcrfifs : lors que la chaleur pré¬
domine, il faut que les rafraîchi flans
foient en plus grande quantité que
les autres.
Apozéme apéritif pour les mala¬
dies inveterées du foyc , de la rate, du
mefenterc , de la matrice, caufées par
des obftruétions , pour les mois arrê¬
tez , 8c pour les pâles couleurs.
C'hap. 1 I. Des 4 poternes. 43
Prenez des racines de 'brûle » d’af-
perges , d’apy, une once de chacune :
de l’écorce mitoyenne de frêne & de
tamarife, demie once de chacune; des
feuilles de cicorée avec les racines ,
d'agrimoine, de ceterac, de capillaire,
& de cerfeuil , une poignée de cha¬
cune ; des feuilles de germandrée
& d’hy lîope, une pincée de chacune :
de femences de melon , de courge ,
& de perfil, une drachme de chacune;
des fleurs de bourrache , de bugrofe ,
de violetes , & de tamarife > une pin¬
cée de chacune. Faites boüllir le tout
jufques à une livre & demie pour
trois prifes , ajoûtant à chacune une
once du fyrop des deux , ou des cinq
racines , ou de capillaires, pour don¬
ner le matin une heure auparavant
que l'on faflè des fomentations au
malade , fl tant eft que l’on le fo¬
mente à caufe des obfti udions & des
durerez qu’il peut avoir*
On peut ajoûter à chaque dofe
de cét apozéme un fcrupule de fel
de tamarife , ou de frêne : ou un de¬
mi fcrupule d’cfprit de nitre , ou de
tartre.
44 Part. 1. Des Alteratlfs. Seél. I.
L’ufagc de ces apozémes fera tout
autant de tems que la maladie le de¬
mandera , & que la patience du mala¬
de le permettra. Mais parce que pour
l'ordinaire les malades s'ennuyait ,
8c abhorrent ces déco£tions,à ce fujet
on les donne feulement pendant qua¬
tre ou cinq jours devant & après la
purgation ; & apres pour s’acommo-
der au dégoût du malade, l’on change
la forme du remede apéritif, en bouil¬
lons, bolus, ou opiates : Et s’il eft ne-
celïaire , ù raifon de la longueur , &
l'opiniâtreté du mal , on réitéré l'ufa-
ge de ces apozémes avec des fomen¬
tations -, & de tems en rems il faudra
purger le malade.
Pour ce que c’eft des Apozémes
que l’on ordonne dans les fièvres ma¬
lignes, & pcftilentielles dans la vé¬
role , & autres femblablcs maladies ,
vous prendrez la peine de lire le Cha¬
pitre des Cardiaques , où vous trou¬
verez de quoy vous fatisfaire.
Cliap.III. Des Souillons alter.
CHAPITRE III.
Des Bouillons a Itératifs'.
ON eft contraint d’ufer de bouil¬
lons alteratifs , lorfque les ma¬
lades s'ennuyent des décoctions , ou
que l’eftomac à caufe de quelque foi-
blefle ne les peut plus fuporter ; ou
afin , comme dans les longues mala¬
dies , de changer de remedes , de
crainte que la Nature ne s’acoûtu-
mant qu’à une feule forte , elle n’en
refiente pas fi bien les effets par la
longueur du tems.
Les bouillons font ou pour prépa¬
rer les humeurs , ou pour fortifier, ou
ils font purgatifs.
Les alteratifs fe font de racines &
d’herbes , que l’on fait cuire avec un
jeune poulet , ou une piece de colet
de mouton , ou de veau , ou de che¬
vreau.
On donne ces bouillons alteratifs
pour plufieurs fins.
Premièrement pour rafraîchir 8c
4<> Part. I. Des Alteratifs. Seét. T.
humeéter , comme dans les fièvres bi-
lieufes,dans les chaleurs de foye,dans
des corps fort fecs.
Prenez des racines de cicorée , &
de buglofe, une once de chacune:
des feuilles de cicorée , de bourrache,
& de buglofe , de laitue , & d’agri-
moine,une demie poignée de chacune,
une pincée d’orge entier.Faires boüil-
lir le tout avec un jeune poulet , ou
un morceau de colefde veau : ou de
chevreau & faites un bouillon pour
une prife, que vous donnerez tous
les matins pendant douze ou quinze
jours.
Secondement les bouillons fe don¬
nent pour ôter les obftruéHons des
vifceres , & pour corriger une intem-
}>erie chaude ; comme dans les fièvres
entes, les longues fièvres intermittan-
tes , dans les obftru&ions du foyc, de
la rate , du mefcntere , & autres par¬
ties, dans les pâles couleurs , dans la
fupreflion des mois , & femblables
indifpofitions , le bouillon fuivanc
eft trcs-propre.
Prenez des racines d’afpcrges , de
gramen , & de brufc , demie once de
Chap. III. Des Bouillons alter. 47
chacune , des feuilles de cicore'e avec
les racines , d’agrimoine , de pimpi-
nelle, de ceterac, & de poly trie, demie
poignée de chacune. Faites boiiillir
le tout avec un petit poulet , ou un
morceau de colet de mouton , pour
une prife que l’on continuera pen¬
dant dix ou quinze jours tous les
matins.
On doit ajouter k chacun de ces
bouillons quelqu’un de ces apéritifs
chymiques : comme un fcrupule de
tartre vitriolé, ou demie drachme de
tartre calybé, ou demie drachme de
cryftal de tartre , ou un fcrupule de
l’efprit de tartre , ou de l’efprit vola¬
til de fel armoniac , dépuis un demi
fcrupule , jufqucs à un fcrupule : ou
d’efprit de vitriol de mars, dépuis un
demi fcrupule, jufques à un,ou demie
drachme de crocus de mars apéritif,
ou une drachme de teinture de mars ;
ou de teinture de tartre , dépuis qua¬
tre goûtes , jufques à huit , ou du
magiftere de tartre de Schroder , juf¬
ques à un demi fcrupule ; ou de la
liqueur de tartre fplenitique, jufques
à un -demi cuillicr.
48 Part. I. Des AUeratîfs. Seét. I.
L’efprit de gomme ammoniaque
fait des merveilles pour refoudre , &
difïîper une humeur opiniâtre, grof-
fiere , vifqucufe, & mucilagincuie qui
eft comme figée aux poumons , & au
mefentere , & dans les obftiu étions
inveterées du foye , de la rate , & de
la matrice.
La compofition de tous ces reme-
des fe trouve chez prefque tous les
Auteurs qui ont écrit de la Chymie ,
& principalement dans Schroder,
Zuvelfer, Sennert,Glafer,& plufieurs
autres.
Boiiillon apéritif pour les pâles
couleurs , la cakexic , la jaunifle , 8c
femblables indifpofitions.
Prenez des racines de brufc, d'apy ,
& de garance , demie once de chacu¬
ne ; des feuilles de cicorée avec la raci¬
ne , & de tous les capillaires , de cha¬
cune demie once, des fleurs de foucy,
une pincée.Faites-les bouillir avec un
colet de mouton ou de veau, pour une
prife, à laquelle vous pouvez diifou-
dre quelqu'un des apéritifs chymi-
ques que nous avons marqué, & entre
Char». III. Des Boiiill. Aker. 49
tous,! es luivans me femblent êcre plus
fpecifiques. 1
Le tartre calybé , la teinture de
Mars , l’efpric volatil de Tel amonia-
que,dans la dofe que nous avons
preferite : la liqueur de tartre fpleni-
tique : le tartre de nitre, jufques à un
fcrupule. Le fafran cake&iquc de
Mars de Zuvelfer , jufques à demie
drachme : Le diaphonique d’anti-
tnoine de Schroder depuis un demi
fcrupulc, jufques à un.
Quelquefois quand les obftru&ions
font trop opiniâtres, & qu’elles ne cè¬
dent pas aux remedes que nous avons
nommez , & que la foiblelle de l’efi-
tomac ne l'empéche point , on ajou¬
te dans la décodion , immédiatement
apres les racines , une drachme d’a¬
cier préparé , que l’on métra dans un
noiiet ; que fi on en met demie on¬
ce , il pourra fervir pour quatre ou
cinq fois.
Il faut continuer l’ufage de ces
bouillons pour le moins pendant dix
ou quinze jours ; & dans le quatriè¬
me ou cinquième bouillon , on y doit
faire bouillir deux ou trois drachmes
C
jo Part.I. Des ^Itératifs. Sed. I.
de fend avec de l’anis, & demie drach¬
me de fei de tartre , dans un noiiet :
Et même l’on peut changer , & y diC-
foudre une once , ou une once & de¬
mie de manne : ou dans ceux qui
abondent davantage en humeurs grof-
üeresjOn y mer trois drachmes de
diacartam, ou quelqu’un des panchy-
magogües , que nous dirons dans la
fuite.
Troifiémement l’ufage de ces bouil¬
lons alrcratifs, eft pour adoucir l’acri¬
monie d’une humeur fubtile qui fe
jétc fur la poitrine, & des catarres qui
tombent fur la meme partie , on les
ordonne aulîî dans une toux invété¬
rée. Par exemple.
Prenez des racines de buglofe , &
de fraifier , demie once de chacune:
de racines de fquine coupée en petits
morceaux, une drachme & demi, des
feuilles de cicoréc,de bourrache, d'a-
grimoinc, de capillaires , & de pim-
pinelle , de chacune une demie poig¬
née; d’orge entier, & des fleurs de ro-
fes rouges , une pincée de chacune.
Faites bouillir le tout avec un mor¬
ceau de collet de veau pour un boüil-
Chap. I Iï. Des Boudions Mtcr. y r
Ion, que le malade prendra pendant
dix ou douze jours.
On peut ajoûter à chaque bouil¬
lon deux drachmes de lucre rofat, ou
demi cuillierée de lait ou demnagifte-
re de fouphre , ou une drachme de
tabletes pe&orales de Zuvelfer ; ou
un fcrupule d’ Antimoine diapho-
retique -, mais il faut qu'il foit tout
nouvellement préparé -, car quand on
le garde trop long-tems , il reprend fa
première qualité maligne , parce que
fon fouphre à raifon de la détonation
qui fe fait avec le nitre , fe fixe en
partie, tandis que de l’autre il s’éva¬
pore :& ce qui relie de fixe dévient
volatile , ou par la longueur du terns,
ou parce qu’il eft exposé à l’air ; & par
ainfi de diaphoretique il devient émé¬
tique, 8c ennerny du cœur.
Il faut prendre garde qu’avec la
fluxion d’une humeur fubtile & acre
qui prend fa route lut la poitrine, ou
qui excite la toux , il n’y ait quelque
intempérie , ou obftruétion , ou amas
d’humeur dans le bas ventre: Et dans
ce cas il ne faut pas fe fervir feule¬
ment , & Amplement de rafraichilfe-
51 Part.I. Dm AUeratifs. Seét. I.
fans, d’incfaflans, & de déterfifs, mais
auili d’apéritifs des plus bénins , &
de purgatifs de tems en tems , pre¬
nant (on indication de la caufe qui
produit ces mauvaifes humeurs , qui
entretiennent la fluxion , lors qu’à
raifon des obftruékions , elles ne fe
peuvent point feparer , ny fe vuider
par les vdyes ordinaires , mais étant
mêlées avec le fang > elles tombent
fur la poitrine , ou fur quelqu’autrc
partie.
Quatrièmement , on fe fert des
boiiillons alteratifs pour incralfcr le
fang qui eft trop fubtil , lorfque l’on
crache le fang , & pour reflerrer les
vaill’eaux , & pour corriger l’intem-
perie chaude des poumons , comme
aufli dans les mois, & les hémorrhoi-
des qui fe vuident trop. Par exem¬
ple.
Prenez des racines de bugle , & du
grand fymphytum , une demie once
de chacune : des feuilles de laitue, de
pourpier , de plantin , de pulmonai¬
re, & de mille feuille, de chacune une
demie poignée, de rofes rouges , une
pincée. Faites bouillir le tout ayee un
Chap.IIl. T) es Bo'ùill. Æter.
morceau de chair de veau pour un
bouillon, que le malade prendra pen¬
dant douze jours.
On peut diffoudre dans chacun de
ces bouillons quelqu’un de ces remè¬
des chymiques fuivans.
Trois drachmes de fucre de rofes
mis en tabletcs,ou demie drachme de
magiftere de bol dJ Arménie , ou de
terre figillée, ou de corail rouge , ou
de cotne de Cerf , ou dix ou quinze
grains de fafran de Mars aftringent.
En céte rencontre il faut prendre
garde, que lorfquenous voulons apai-
fer le fang , nous n’augmentions les
obftruttions ( fi le malade en a. )
Alors , comme nous avons déjà mar¬
qué, il faut mêler des apéritifs qui ne
foient pas forts qui foient deter-
fifs , avec les alhingens , & qui adou¬
cirent l’acrimonie du fang , afin que
par les alteratifs , &c les purgatifs que
l'on y ajoûrera de tems en rems , ou
ôte ce qui caule une acrimonie , &
une trop grande fubtilité au fang qui
fe rencontre dans les humeurs,& dans
les parties.
Les bouillons que l'on apelle Rc-
c J
J4 Part.I. Des Altetatlfs. Seéh'î.
ftaurans , s'ordonnent ou pour réra-
blir les forcess ou pour les conferver;
l’on n’en met pas icy des exemples,
parce que pour l’ordinaire ils fe font
par ceux qui fervent les malades.
C’eft pourtant du devoiri du Médecin
d'avertir ces perfonnes que ces fortes
de bouillons, ou confumez fe doivent
faire d’un chapon qui foit bon &c
gras , ayant été vuidé & nettoyé au¬
paravant , coupé en morceaux ( la
peau & la graifle étant ôtées) que l’on
met dans un pot de terre verni (fé,
bien bouché & luté, fans y métré au¬
tre chofe qu’un peu d’eau rofe , & de
naphe : enfuite on le fait bouillir
dans le bain marie , jufques à tant
qu’il foit tout réduit en pâte. L’on en
exprime le fuc , dont on ôte la graif-
fc , que l’on doit mettre dans un pot
d’argent ou de verre, & le métré dans
un lieu frais. Sur chaque livre de
bouillon ordinaire, l’on met deux ou
trois onces de ce confumé ou reftau-
rant , ou deux cuillierées dans l*s
boüillons rafraichilfans de deux jours
l'un.
Chap. I V. Des Emulfms. 5 j
chapitre IV.
Des Emulfions.
L’Emulfion eft un remede liquide
qui fe compofe de la mocle de
certains fruits & graines , qui fe doit
battre dans un mortier de pierre , en
y ajoutant quelque liqueur convena¬
ble , qui ait la confiftance du lait
nouvellement tiré.
L’Emulfion fe compofe de fruits,
qui font ou les amandes , ou les pig¬
nons , de graines , comme de courge,
de citrouille , de concombre , & de
melon , de laitue & de pavot blanc,
& d’autres félon la qualité du mal,
de l’humeur qui prédomine , & l’in¬
tention du Médecin. On fe fert des
eaux diftillées, ou de celle d’orge, ou
-d’une décodion faite de fîmples ra¬
fraîchi (Tans.
Les Emullions ont plufieurs ufa-
ges.
Premièrement pour éteindre U
foif, & abatre la trop grande chaleur
' C 4
f 6 Part. I. Des dltersttifs. Seâr.T.
fièvres , & de toutes les maladies des
poumons , de la tête , &c. Par exem¬
ple.
Prenez une douzaine d’amandes
douces, lefquellcs auparavant on au¬
ra fait infufer dans l’eau rofe ; des
graines de courge, de citrouille, de
concombre & de melon , de chacune
line drachme v de graine de laitue, &
de pavot blanc , de chacune un feru-
pnle , battez-les dans un mortier de
marbre , ou de pierre commune en y
ajoûtant de petit à petit de l’eau d’or¬
ge , ou de pourpier , ou de pavot
rouge , tout autant qu’il en faut pour
deux pvifes : Il faut ajoûter à chacu¬
ne demie drachme de fel de prunelle,
ou de fel polychrefte , une once de
fyrop violât , ou demie de celuy de
nymphee : Vous la donnerez le ma¬
tin & le foir.
Notez que l’on n’ordonne pas les
Emulfions pour plufieursprifes, prin¬
cipalement en Eté , parce qu’elles ai¬
gri (lent , ou elles fe corrompent,
ou elles perdent beaucoup de leur
vertu , & pour céte raifon on ne les
ordonne que pour une prife, ou pour
Chap. T V. Des Emulfiont. 57
deux. On augmente ou diminue la
quantité des fruits & des graines fé¬
lon les dofes que l'on veut , & aufli
la quantité de la liqueur , quand on
veut que l’émulfion foit plus claire ou
plus épaifle : Ce que l'on laifle à la
prudence de l’Apoticaire quand on
ufe de ces termes , une quantité fuffi-
fanre.
Secondement , on employé les
Emullîons dans les maladies chaudes ,
comme la plèvre fie , l'inflammation
du poumon , la toux , dans la feche-
relfc des poumons , dans la fièvre hé-
tique , &c. Par exemple.
Prenez une douzaine d’amandes
douces préparées ; des femences de
citrouille , de courge, de concombre,
& de melon, une drachme & demie de
chacune ; de graine de laitue & de
pavot blanc , de chacune une demie
drachme ; battez-les dans un mortier
de pierre , en y ajoutant petit à petit
d'eau de pavot rouge autant qu’il en
faut pour deux prifes : ajoutant à
chacune du fyrop de violetes, ou de
capillaire, une once,& demie drachme
de fcl de prunelle.
C 5
5 8 Part.!. Des A Itératifs . Sed. I.
Troifiémement , on fe fert clés
Emulfions pour adoucir l’acrimonie
de l’humeur & de l’urine, dans les cha¬
leurs des reins , & de l’urine , & dans
la pilfechaude. Par exemple.
Prenez deux onces d’amandes dou¬
ces préparées , & qui ayent été infu-
fées dans l’eau rofe : des femences de
melon , de concombre , de courge, de
citrouille , de pourpier & de plantin,
de chacune une drachme : de iemence
de guimauve & de pavot blanc , de
chacune un fcrupule ; battez-les dans
un mortier de pierre, & y ajoutez de la
décoétion d’orge , & de reglilîe , au¬
tant qu’il en faut pour deux prifes ,
ajoutant à chacune , du fyrop violât ,
ou de nymphée , une once, & demie
drachme de fel de prunelle.
Quatrièmement , dans les fièvres
malignes , dans la verole , & autres
maladies dans lefquelles il faut pro¬
curer les fucurs , abatre la chaleur,
adoucir l’acrimonie de l’humeut , &
maintenir les forces , les émulfions
font en ufage. Par exemple.
Prenez une once d'amandes douces
nctoyées de leur pelure , des graines
Chap. I V. Des Ernulfions. fp
de melon , de courge , de navot, & de
chardon béni, une drachme de chacu-
ne : battez - les dans au mortier de
pierre , en y ajoutant petit à petit des
eaux de fcabieufe &: de pavot rouge,
autant qu’il en faut pour deux prifes ,
ajoutant à chacune demie once de fy-
rop de limonsjdemiedrachmeje fel de
prunelle , & un fcrupule de confec¬
tion d’hyacinte. Faites des émulfious
pour donner le matin & le foir.
Cinquièmement dans les infom-
nies, & les grandes veilles, pour corri¬
ger la fechereife des efprits , & pour
Faire repofer , les émulfions s'ordon¬
nent tres-fouvent. Par exemple.
Prenez fix amandes douces , auf-
quelles vous aurez ôté te pelure , &
fait tremper dans l’eau rofe : des grai¬
nes de citrouilles , de courge , de me¬
lon & de concombres une drachme
de chacune ; de graine de laitue & de
pavot blanc, de chacune un fcrupule;
battez-les dans un mortier,y ajoutant
petit à petit une once de pavot rou¬
ge, ou de nymphée pour une prife,
à laquelle vous ajouterez trois drach¬
me de fyrop de pavot blanc, & demie
6o Part. I. Des Alteratifs. ScCt. I.
once de fyrop de nymphée , & demie
drachme de fel de prunelle.
Quand les malades font abaïus, ou
y a joûte un fcrupnle ou demie drach¬
me de confection d'hyacinthe pour
diminuer la violence des narcotiques
qui font contraires an cœur.
On peut ajouter dans ces émul¬
ions demie once d'eau rofe , ou
deux onces , fi le malade a un flux
de ventre.
CHAPITRE Y.
Du Luit ér du petit Lait.
NOus traiterons dans ce Chapitre
des différences du Lait , de fou
ufage , de la façon de l’ordonner , &
des précautions qu’il faut garder en le
prenant.
Il y a plnfieurs différences de lair.
Celny de femme qui eft plus tempe-
ré que tous les antres , Sc qui pour ce
fnjet a plus de raport à la nature de
l’homme.
Celuy de chèvre , qui eft d’une
Chap. V. Du Lait , &e. (> t
eonfiftance médiocre , mais plus fec ,
c’eft à dire moins humide que le lait
de femme.
Celuy de brebis qui eft plus épais,
& moins fereux.
Celuy d’anefle , qui a beaucoup de
ferofité , & par confequent il lâche
davantage , ramollit , rafrichit , & eft
plus déterfif , mais il nourrit moins.
Celuy de vache qui eft -épais SC
gras.
Les ufages du lait font première¬
ment pour nourrir i & celuy de fem¬
me tient le premier rang , apres celuy
de chèvre , enfuite celuy de brebis ,
apres celuy d’anefle , & en dernier
lieu celuy de vache.
Secondement , pour préparer les
humeurs ; & félon les divçrfes indi¬
cations que l’on a , l’on choifit l’un
plutôt que l’autre.
Dans la dyfenterie , diarrhée, dans
le flux des hémorrhoïdes , dans les
mois qui fluent trop , & dans la fub-
tilitéd’un fang trop chaud, le lait de
vache eft meilleur que les autres : que
ft l’eftomac trop foiblc, ne le peut pa*
fuporter à raifon des parties groffierts
6 1 Part. I. Des A Itératifs . SeéL T.
qui le compofcnt , il faut fe fcrvir de
celuy de brebis, ou de chèvre, ou d’a-
nelfe , dans lesquels on aura jette
quelques cailloux rougis.
Troifiémement pour préparer &
corriger les humeurs , & en meme
tems nourrir, comme dans la phthifie
& la fièvre hetique, & d’autres fem-
blables maladies qui veulent une
nourriture rafraichiliantc , deterfive,
& qui augmente les forces, le lait
d'anelTe tient le premier lieu, enfuite
celuy de femme , 5 c après celuy de
chèvre.
Le lait fe prend de diverfes façons.
Celuy de femme par exemple, fe prend
à la mammelle, & celuy des animaux
tout chaud & nouvellement tiré : il
faut que l’eftomac foit vuide de toute
nourriture &d’impuretez ; car le lait
à caufede la fubtilité de les parties fe
corrompt facilement : Il faut ferepo-
fer apres l’avoir pris , & ceux qui
a&uellement ont douleur de tête , ou
qui y font fujets , & relïcntent une
grande chaleur aux entrailles, ne doi¬
vent pas dormir après l'avoir pris ; il
ne faut prendre aucune nourriture
Chap.V. Du Lait , &c. (,$
qu’il ne foie forti de l’eftomac. Afin
qu’il ne fe corrompe , ou qu’il n'ai¬
gri (Te , l’on y ajoute du miel ou du
lucre. Quelques-uns veulent qu'à la
place du fucre , l'on y méte un peu
de fel.
Le lait de femme ou de vache fe
donne quelquefois pour toute nourri¬
ture, comme dans la phthifie, la gout¬
te , & autres maladies dans lefquelles
il y a lieu de craindre que le lait mêlé
avec les autres alimens ne fe corrom¬
pe ; ou que les malades ont l’eftomac
fi foible qu’il ne peut pas cuire d’au¬
tres alimens plus folides ; ou bien à
ceux à qui il le faut donner plus que
d’une fois par jour , & alors l’on le
donne de quatre en quatre heures
dans la quantité que l’eftomac la puif-
fe foufrir , & au dîner & au fouper le
malade prendra un pain cuit.
Le lait s'ordonne de céte forte. Par
exemple.
Le malade prendra le lait d’anefle
tout nouvellement tiré , pendant un
mois entier ; le premier jour il en
prendra quatre onces avec demie once
de fucre, augmentant tous les jours U
64 Part.l. Des ^Itératifs. Se<fh T.
dofe jufques à tant qu’il foit arrive à.
dix ou douze onces avec deux onces
de fucre, plus ou moins, félon l’âge &
la force de l’cftomac , & il continue¬
ra dans céte quantité qu’il prendra
tous les jours quatre heures devant
que prendre quelqu’autre nourriture ,
dans ce tems-là il ne faut pas qu'il
dorme, ny qu’il falle quelque exercice
trop violent : à la fin il diminuera
petit à petit la quantité du lait , juf-
ques à ce qu’il foit arrivé à la premiè¬
re dofe de quatre onces.
Il faut choifir un animal qui fe
porte bien , qui ne foit pas trop gras ,
& d’un âge médiocre.
On juge de la bonté du lait par fa
blancheur , qui eft d’une confiftance
médiocre , & qui foit doux.
Il faut que l'animal foitnourry d’or¬
ge & de gramcn , & il le faut mener
paître le matin & le foir > il ne le faut
pas trop fatiguer de peur qu’il ne s’é-
chaufe ; il le faut étriller, & le métré
dans une étable qui foit nette.
Galien dans le Commentaire de l‘A-
phorifine foixante-cjuatre de la cincjuié-
me jeftion , donne plulicurs réglés
Chap. V. D« Lait , &c. 6$
Sc précautions pour connotrre quand
& à qui l'ufage du lait eft propre ou
non. Mais fur tout il faut prendre
garde de l'ordonner quand la fièvre
eft trop forte ; quand il y a des ob-
ftruftions dans les vifceres , ou qu’ils
abondent en impurctez , ou qu'ils
foient trop chauds.il faut auparavant
que de prendre le lait pourvoir à ces
inconveniens par des alteratifs , des
purgatifs , 5c par le bain. De plus on
prendra garde que l'eftoraac ne foie
trop foible ou trop froid ; car comme
le lait fc brûle dans un eftomac trop
chaud i de même il s'aigrit quand il
eft froid.
Notez que dans la dyfenterie , &
dans le flux exceilif des mois , 5c au¬
tres fcmblables , fi l’on ordonne le
lait , il faut qu’il foit ferré avec l’a¬
cier , principalement celuy d'anefle,
& moins celuy de vache , 5c y ajouter
quelque peu de trochifqucs qui in-
craflent & qui arrétent.Prenant garde
aux obftrudions s’il y en a. Voicy
comme il s'ordonne dans cére oca-
fion.
Prenez du l'ait d’anefle , ou de va-
6(i Part. I. Des Altérât ifs. Seét. I.
che qui foit ferré , &c. Ajoûtez-y des
trochifques de terre figillée , ou de
bol d’ Arménie, un fcrupule, ou demie
drachme , que le malade prendra le
matin & le loir, quatre heures devant
& après le répas.
Il y a trois parties à confiderer dans
le lait. Le petir-lait qtif eftdécerfif:
le beurre qui lâche & qui ramollir ,
& le fromage qui arrête, & qui caufe
des obftruÀions.
Le petit-lait n’eft pas un aliment,
mais un remede altcratif , & qui éva¬
cue tant foit peu.
Il fe fepare en deux façons des
autres parties du lait , ou de foy-mê-
me , ou par le mélange de quelque
chofe qu’en facilite la fcparation.
Le petit-lair fe fepare de foy-même
du fromage , fi l’on expofe à la cha¬
leur le lait , qui aura été tiré dépuis
quelques jours.
On en facilite la feparation avec
la prefure de veau ou d’agneau , ce
que fait aufli, & en moins de tems , le
vinaigre, ou le fuc de limon , l’efprir
de vitriol, ou l’ozeille boiiillie dans
le lait.
Chap. V. Du Lait , &c. 6j
Le petit - lait fe fepare en céte
façon. Prenez la quantité que vous
voudrez de lait , mettez - là dans un
pot de terre vcrnilTé > & d'abord qu’il
commencera à bouillir , jettez-y de¬
dans un peu de fort vinaigre ou quel-
qu’atitre des chofes que nous avons
marquées : il n’en faut pas métré beau¬
coup ; de peur qu’il n'aigriffe trop :
lailfcz le bouillir un peu , 8c l’ayant
retiré du feu & laitTé refroidir, vous
verrez le petit-lait feparé tres-clair ,
s’il a été préparé comme il faut. Ou
bien fervez-vous de prefure , & s’il
n’cft pas entièrement feparé , mettez
ce que vous aurez tiré , dans un plat
ou dans un pot de terre , faites le
bouillir avec un peu de fuc de limon ,
& étant rafroidy vous le palferez.
On l'ordonne dans le printems
pendant quinze jours ou un mois ,
ayant auparavant préparé le malade
avec des alteratifs & des purgatifs
reiterez , autant de fois que l’on le
jugera à propos.
La dofe du petit-lait eft dépuis huit
onces , jufques à douze ou dix-huit,
qu’il faut prendre à jeun , y ajoutant
68 Pair. I. Des Alteratïfs. Seét.I.
un peu de fucre rofat à proportion de
la quantité du petit-lait , comme nous
avons déjà dît en parlant du Lait.
Les ufages du petit-lait font pre¬
mièrement pour rafraichir , aux per-
fonnes qui ne font pas trop extenuées,
ou qui font fujetes aux obftruétkms;
car le petit-lait fe diftribuc & pénétré
plutôt que le lait entier. Il eft utile,
auffi à ceux qui ont une grande cha¬
leur aux entrailles.
Secondement ,on l’ordonne princi¬
palement dans la mélancolie, la lepre,
la gale, pour les chaleurs des reins &
du foye : Et il fera encor meilleur Ci
l’on y fait infufet pendant quelques
heures , ou un peu bouillir , ayant été
nouvellement tiré , des herbes rafraî¬
chi liantes, comme la fumeterre , la
cicorée , ou l’ozeille , & pour les
mélancoliques , de l’épithyme.
Voicy de la façon qu’on l’ordonne.
Prenez du petit-lait qui ait été dé¬
puré comme il faut, la quantité que
vous fouhaiterez , métez - y infufer
pendant une nuit, ou faites-y bouillir
tant foit peu une poignée & demie de
feuilles de cicorée ; palï’ez-le le matin.
Chap. V. Du La.it , &£• 69
te fur fix ou douze onces, ajoûtez-y
une once de fucre rofat : donnez-les
le matin au malade quatre heures au¬
paravant que rien prendre , pendant
un mois entier , augmentant la dofe
tous les jours jufques à ce qu’il Toit
Parvenu à dix- huit onces de petit-
lait , & deux onces de fucre , & à la
fin diminuant jufques à tant que l’on
foit arrivé à la première dofe.
Le petit-lait pour les mélancoli¬
ques s’ordonne en céte forte.
Prenez la quantité que vous voudrez
de petit-lait , faites-y infufer pendant
la nuit, ou bien d’abord qu’il efl: fait,
faites-y bouillir tant foit peu,une poi¬
gnée de feuilles de fumeterre , te une
pincée d’épithy me ; pa(Tez-là,& fur fix
ou douze onces ajoûtez - y de fucre
rofat , te de fuc de pommes renettes,
de chacun une once , ou une once te
demie : pour prendre le matin,fuivant
les réglés que nous avons données.
Pendant le rems de l’ufage du lait ou
du petit-lait , il faut rendre purgative
la fixiéme ou huitième prile, de peur
que le lait ne fe corrompe par les impu¬
tez ou les excrcmens qui s’engen-
7 o Part. I. Des Alteraùfs. Seâr.T.
cirent des aliments , & même du lait.
Ce qui le fera en ajoutant à ladofe du
lait ou du petit-lait deux onces d’un
fyrop magiftral purgatif, qui foit
Ïiropre à la maladie , ou faifant boüil-
ir dans le petit-lait trois drachmes
de féné avec de l’anis , ou bien pour
ceux qui ont befoin d'une plus forte
purgation , diffoudre dans céte tein¬
ture de fend , une once , ou une once
8c demie de manne.
Il faut permétre le fommeil d’abort
après avoir pris le lait , à ceux qui
ont l'eftomac froid ; & le défendre à
ceux qui l’ont chaud : & meme pen -
dant l’ufagc du lait ou du petit-lait ,
le bain ou le demi-bain eft bon à ceux
qui font maigres , &c qui fentent une
grande chaleur au bas ventre, prenant
la dofe du lait à l’entrée du bain , ou
un quart d'heure apres.
Chap. V I. Des Orges. 7T
CHAPITRE VI.
Des Orges.
LEs Anciens apelloient Tifane , ce
q*ie nous nommons aujourd'huy,
un orge. Ils le faifoient avec de l'orge
ïnondé , qu’ils lailfoient boiiillir juf-
ques à tant qu’il fut entièrement cuit,
dont ils en tiroient céte forte de crème
qu’ils donnoient à leurs febricitans
pour toute nourriture. Mais les Mé¬
decins de ce tcms ont changé le nom,
& ils nomment un orge , ce que les
Anciens apelloient Tifane.
Il y a deux fortes d’orge. Premiè¬
rement l’entier , qui rafraichit & qui
delfeche au premier degré , & à railon
de fon écorce , il eft déterfif , félon
le fentiment de Galien au feptïime
livre des J impies medicamens. Seconde¬
ment , il y a l’orge auquel on a ôté
l’écorce , & c’eft cét orge que l’on
apelle orge mondé , qui rafraichit &
qui hume&e, & qui donne une bonne
nourriture dans toutes les maladies
71 Part. I. Des Alteratifs. Se<ft.I.
aiguës , dans les fièvres hétiques , &
dans celles où il facilite à cracher en
adoucitfant la toux 8c dégageant la
poitrine.
L’ufage des orges eft premièrement
pour adoucir l'acrimonie des humeurs
dans ceux qui font maigres 8c exté¬
nuez. Par exemple.
Prenez deux onces d’orge mondé ,
faites-lcs boiiiilir dans l'eau de fon¬
taine , vous jéterez la première eau ,
8c vous en ajouterez d’autre , vous le
ferez cuire à petit feu, jufques à tant
qu’il éclate, paflez-le par un couloir,
& fur huit onces de liqueur , vous
ajouterez deux onces de fucre. Vous
le donnerez le matin à jeun , & le
foir quand le malade fe couchera.
L’on y peut ajoûter une once d’eau
rofe , ou de fuc de pommes renettes.
Secondement , l’orge eft bon pour
nourrir 8c hume&cr les tabides &
hétiques , aux phthifiques , & à ceux
qui ont un empyeme , pour faciliter à
cracher. Par exemple.
Prenez ’ de l’orge mondé & bien
lavé , fix onces , plus ou moins félon
que la neceffité le requerra. Faites-le
cuire
Chap. VI. Det Orges.
cuire dans d’eau de fontaine à petit
feu , jufques à tant qu'ii éclate entie-
ment , feparez-en l’eau par le couloir,
& tirez la pulpe de l’orge par un ta¬
mis , que vous garderez dans un pot
de terre vernille bien bouché , dans
un lieu froid, & qui ne foit pas beau¬
coup humide , parce qu'il tomberoic
d'abord tout en eau. Et vous diflou-
drez deux ou trois cuillierées de cét
. orge dans un boiiillon , que vous fe¬
rez cuire pendant demie heure.comme
d’une panade claire , en y ajoutant de¬
mie once de fucre rofat. Vous le don¬
nerez deux ou trois fois le jour.
Il n’en faut pas préparer une gran¬
de quantité à la fois , principalement
en été , de peur qu’il ne s’aigri ire ; ou¬
tre que nouvellement fait il humeéte
& nourrit davantage.
Pour la même fin oit préparé un
orge leger en façon de boiiillon j par-
exemple.
Prenez de l'orge mondé, ou entier,
que vous aurez bien lavé, deux onces,
faites- le cuire avec un morceau de co-
lct de veau , ou un petit poulet, vous
.. le prendrez après l’avoir palfécommc
D
74 Part. I. Des Altérât Ifs. 'Se&. I.
line panade claire , en y ajoutant du
l ucre , li l’on veut.
Notez premièrement , que l’orge
entier eft meilleur quand on a de lie in
de déterger, que lors qu’il faut incrafc
fer les humeurs , &c qu’il y a crainte
de quelques obftru étions.
Secondement , il faut prendre gar¬
de s’il n'y a point d’obftruétion dans
le bas ventre, ou quelque amas d'hu¬
meur dans le mefentere j dans céte
rencontre l’ufage des orges nuiroit ,
en augmentant les obftruétions ; alors
fi la maigreur, la toux, & d'autres'in-
dications obligent d'ufer des orges ,
il les faudra préparer en céte façon.
Prenez demie poignée d'orge entier,
des racines de gramen & de brufe, de
chacune une once & demie : faites-
les cuire avec un morceau de colct de
mouton , ou un petit poulet , &Jors
que le bouillon fera prefque fait, vous
y ajouterez de la cicorée avec les
fciiilles & les racines , des feuilles de
pimpinelle, d’agrimoine , & de poly-
tric, demie poignée de chacune. Vous
donnerez ce boüillon le matin.
, Trofiémement , on ordonne les
Chap. VII . De 1‘ Hydromel. 75
orges pour adoucir la ioux dans lu
rhume, & autres indifpofitions chau¬
des , comme auiTi pour ceux qui re¬
viennent de quelque maladie , pour
faire dormir.
Prenez une poignée d’orge entier ,
faites le cuire dans trois livres d’eau
de fontaine , jufques à la redu&ion
d’une livre } paffez-lc fans le prcfler.
Faites un peu boüillir dans céte eau
deux onces de fucre , métez-là dans
un phldle , idus en dônnerez fix ou
huit onces ; ajoutant à chaque dofe
demie once d'eau rofe , trois fois le
jour , le matin , à quatre heures après
midy , & en fe couchant.
CHAPITRE VII.
De l'Hydromel.
NOus apellons hydromel ce que
les Anciens nommoienc meli-
crat , ou mulfa.
U y a deux fortes d’hydromel , le
fimple & le compofé.
D’hydromel fimple , il y en a aulS
D 1
7 6 Part. I. Des Altérât ifs. Se<5t. I.
de deux fortes -, l'un aqueux & plus
foible , que Mefuc préparé d’une par¬
tie de miel & de huit d’eau. Aujour-
d'huy il fe compofe de dix ou douze
parties d’eau , & d’une de miel. L’au¬
tre forte d’hydromel fimple fe nomme
vineux , qui eft plus fort que le pre¬
cedent , qui femble avoir le goût Sc
la couleur du vin.
Dans ces pays chauds comme le
Languedoc , nous nous fervons de
l’hydromel aqueux en la place de
tifane , dans les maladies froides de
la tête , des nerfs , & dans la toux des
vieillards , ou quand il y a quelque
abfcez qui s’eft ouvert dans le bas
ventre , ou dans quelque autre partie,
quand il y a indication de déterger ,
de fortifier , & d’éviter la pourriture.
Par exemple.
Prenez demie livre de bon miel , '
d’eau de fontaine ,cinq livres , faites- ’
les bouillir , & en ôtez l’écume , Sc
lors qu’il n’écumera plus , paflêz-le ,
& le métez dans une phiole de verre,
pour la boill'on ordinaire.
F :
Chap. V 1 1 1. De la Tifane. 7j
CHAPITRE VIII.
De la Tifane.
LA Tifane des Anciens étoit unei
forte de nourriture qu’ils fai-
foient d’orge cuit ; mais à prefent ce
n’eft qu’une efpece de boiïlbn doot
on fe lert dans les maladies.
La tifane fe compofe de diverfes
cliofes félon le dell'ein du Médecin ;
pour l’ordinaire on ne l’ordonne pas
chez les Apoticaires , mais on la fait
faire à ceux qui fervent les malades.
Les ufages de la tifane font pre¬
mièrement pour rafraîchir , & pour
humeder dans les fièvres caufécs de
la bile , dans les temperamens fan-
, guins , 8c pour ceux qui toullin: or¬
dinairement. Par exemple.
Prenez demie poignée d’orge entier,
fix livres d’eau de fontaine , après
avoir un peu boüilly , jetez la pre¬
mière eau , & en ajoutez d’antre, fai-
tes-là bouillir jufques à laconfomp-
tion de la troifiéme partie ; pour s’en
D 3
78 Part. I. Des Alteratîfs-, Se&; I.
iervir pour fon boire ordinaire.
' Ou bien il pourra fe fcrvir de cote
compofition qui fe fait de douze par¬
ties d'eau “g c deux de fucre > en forte
que s'il y a douze onces d'eau, il faut
métré deux onces de fucre , plus ou
moins félon le goût du malade, & la
ueceflité de la maladie , & les verfer
fouvent de vaiffeau à autre. Cétc
boiiïon eft tres-bonne dans les fièvres
ardentes , tierces, fynoques , dans le
débord de bile*par defiiis & par def.
fous , & autres maladies acompagnées
& caufées par une grande pourriture :
que fi la chaleur prdfe trop , on y
peut ajouter du fuc de limons fraiche-
tnent tiré , ce qu'il en faut pour don¬
ner une agréable aigreur,& ainfi vous
ferez une boiifon que l’on nomme
vulgairement limonade : Céte tifane
arrête le mouvement de la bile, &c
tempéré la chaleur.
Secondement on compofe une ti¬
fane rafraichiUante Sc aperitive dans
les maladies chaudes , où il y a des
obftruélions. Par exemple.
Prenez demie poignée d’orge entier,
faites-le un peu bouillir, & jétez cétc
F
Clup. VIII. De U Tifane. j<y
première eau ; ajoûtez-y enfuite une
once & demie de racines de g ramer»
que vous aurez concall’tvs, 8c huit li¬
vres d’eau de fontaine ; faites bouillir
le tout jufques à la réduction. de la
-troifiéme partie, & l’ayant palfée on
s’en fervira pour boitTon.
On peut ajouter à ch ique verre de
cétc tifane , quand la chaleur 8c la
foif preflent trop, demie drachme, ou
Une drachme de fel de pruncllc,quatre
ou cinq gouttes d’efpric de foufre ; 8c
peur rafraîchir encor davantage, on y
peut encore ajouter du fyrop de li¬
mons , on de capillaire , ou de viole-
tes ; fur rôtit quand les poûmons font
echaufcs , & qu’il y a la toux ; dans
ce cas if ne faut pas y metreic fel de
prunelle , ny les autres cfprits acides ,
qui nuifent beaucoup dans les mala¬
dies chaudes des poûmons .
La tifane fuivante eft tres-Ebnne
dans les fièvres aigues & malignes , 8c
pour les enfans qui ont la fiévrecaufée
par la Vermine.
Prenez deux pincées d’orge entier,
de racine d’ozeille & de gramen line
once de chacune ; d’eau dé fontaine
D 4
8o Part. I. Des ^Itératifs. Scdl. I.
huit livres. Faites-les boüillir, l'ayant
paflée, métez-la dans une phiole de
verre , dans laquelle vous jéterez
quelques tranches de limon qui foit
aigrelet.
En été & en automne , dans tontes
les maladies chaudes, & même truand
il y auroit un flux de ventre bilieux,
on rafraîchit tres-à propos la tifane
avec la nége ou la glace. Il faut pour¬
tant prendre garde qu'il n’y ait point
d’obftruélions , ou quelque engage¬
ment confiderable , ny quelque in¬
flammation interne du foye, de la
rate , du mefentere , de la plevre ,
des poumons , ou de mattice ; alors
hpire à la glace, eft un poifon mor¬
tel , parce qu’il fige & épaiffit encore
davanage la matière qui caufe l’in¬
flammation , & la rend incapable
d’aucune refolntion , d'où s'enfuit
infailliblement la mortification de la
partie.
Tifane pour la fièvre quarte , Sc
autres maladies caufées par la mélan¬
colie.
Prenez une once de racine de brufe,
demie poignée de ceterac : le tout
P •
Chap. VIII .Delà Tîfane 8 r
étant boüilly dans fix livres d’eau,
fervez-vous de céte décoéfion palfée
pour le boire ordinaire, feule ou avec
du vin délicat , pourveu que la fièvre
ne l’empéche.
Pour les maladies chaudes de la
..poitrine l’on fait une tifane avec
l'orgç entier , la reglilïc , les raifins
netoyez de leurs pépins , les jujubes»
& quelques tranches de pommes re-
netes.
Troifiémement on ordonne des
tifanes pour defecher dans les mala¬
dies froides & humides du cerveau ,
des nerfs , & femblables ; comme par
exemple.
Prenez une once de racine de fqui-
ne coupée en petites tranches , ou
autant de *farfepareille coupée tres-
menu ; fix livres d’eau de fontaine :*
faites-la infufer fur des cendres chau¬
des pendant douze heures , & après
faites-la bouillir jufques à. la réduc¬
tion de la troifiéme partie , ajoutant*
fur la fin demie drachme de canele
. ou de coriandre , mis dans un noiiet ;
l’ayant palfée , on s'en fervira pour la
boillbn ordinaire.
D 5
8 1 Part. T. Des Alteratlfs. Sert. F.
Quatrièmement les tifanes , s'or¬
donnent dans les flux de ventre , ou
la dyfentcric caufée par quelque hu¬
meur chaude, pour arrêter. Par exem¬
ple.
Prenez de la raclure d’ÿvoire & de
corne de cerf , de chacune demie
drachme, fix livres d’eau de fontaine,
faites- en une décoétion. Ou bien
Prenez une once de rôles rouges
feches trois livres d’eau tiede , une
drachme d’efprit de vitriol : faites les
infufer fur les cendres chaudes pen¬
dant iix heures. Et l’ayant palfé l’on
y peut ajouter quatre onces de fiicre»
Ce'te forte de tifane s’apelle com¬
munément , là teinture de rofes.
On peut diflbudre dans chaque
prife de céte tifane, du fyr®p de coins,
ou de grenades, ou un peu de conlerve
de Gcnes , ou de Julcp Alexandrin ,
qui Ce fait ainfi.
Prenez dix onces d’eatr rofe , Sc
deux onces de fucre blanc. Faites les
an peu bouillir , pour s’en/ervir à la
cuilliere on avec de l’eau, pour la
boillon ordinaire. Ou bien
Prenez d'eau rofe , du fuc de coins
Chap. V 1 1 ï. Vêla Tifane. 8$
8c de grenades de chacune quatre on¬
ces, trois onces de fucre blanc, faitcs-
les un peu boiiillir , pour s’en fervir
à même fin.
Quand il n’y a point de fic'vre,ny
aucune pourriture , ny flux de ventre,
pour adoucir la toux , arrêter l’envie
de vomir , &c remperer l’ardeur de
la bile , la tifane fuivantc eft tres-
bonne.
Prenez d’eau rofes , du fuc de gre¬
nades & de limons fraîchement ex¬
primé , quatre onces de chacun , trois
onces de fuerc blanc , faites-les un
peu bouillir , & vous en fervez com¬
me nous avons déjà marqué.
Toutes ces fortes de tifanes font
propres dans le flux exceflif des hé-
morrhbides & des mois , dans le
crachement de fang & femblablesin-
difpofirions. La fui van te décoétion
eft aufli profitable pour les mêmes
maladies.
Prenez une once & demie de racine
de la grande conlolide, & trois livres
d’eau de fontaine. Faites-les bouillit*
& l’ayant paflee, fervez vous-cn pour
la boilTon ordinaire. Ou bien ,
84 Part. I. Des ALtratifs. Scd. T.
Prenez une drachme de raclure
d'yvoire , & trois livres d'eau de fon¬
taine, faites -les bouillir un peu de
tems , & l'ayant paflee fervez vous-
en ou feule, ou y ajoûtant du fuc. de
limons , ou de grenades , ou du Julep
Alexandrin.
On peut aufïï pour le meme fnjet
faire une tifane de la feule infufion:
de millefeuilles & de pimpinelle, erv
été à froid , en hy ver fur les cendres
chaudes , pendant quatre heures.
Cinquièmement , on fait des ti-
fanes pour rafraîchir , ouvrir les con¬
duits fermez par des obftru&ions ,
& nourrir tant foif peu , lors qu'il effc
neceffaire d'adoucir l’acrimonie des
humeurs , ôter les obftru&ions , 8c
empêcher une trop grande maigreur,
comme dans les fièvres bilienfes , &
lentes , dans une grande fecherelTe 8c
extenuement dé tout le corps, & pouu
ceux qui abhorrent les bouillons* Par
exemple.
Prenez une poignée d'orge entier,
de ux onces de racine de gramen ; fai-
tes-les bouillir avec un petit poulet
dans fix livres d’eau de fontaine, juf-
Chap. ï. Des Altérât. Cephal.
ques à la réduction de la moitié : 1er
malade en prendra un verre deux ou
trois fois le jour & autant la nuit.
«jji *1? 'Ü? ; $ <$?
SECTION IL
Des Alteratifs Jpecifiques.
ïjSSj? Ans la curation des maladies
glgffig on n' employé pas inditferem-
ment toute forte de remedes , mais
on choifrt ceux qui font propres &
fpecifiques pour la partie qui foufre:
comme dans les maladies du cerveau
on fe fert des céphaliques , & ainfi
des autres.
Les alteratifs fpecifiques donc ne
font pas feulement ceux qui prépa¬
rent les humeurs , mais qui pat une
certaine propriété de fubftance , for¬
tifient les parties , en les conrervanr,
ou rétabliflanr dans leur premier
tempérament , lors qu'ils corrigent
leur intempérie.
Il faut obferver , que comme il n’y
a point de maladie où il n'y ait cornr
86 Part. I. Des A Itératifs . Seéfc.II.
plication , auiïi c’eft rarement qu’il
n’y ait qu’une feule partie qui foutre :
Et pour ccte raifon , dans toutes les
maladies , il faut joindre les indica¬
tions , ayant toujours plus d’cgard
à la maladie qui prclTc davantage, ou
à la partie qui foufre le plus.
CHAPITRE I.
Des Altérât if s céphaliques.
LE cerveau à caufe de fon propre
tempérament froid &c humide ,iâ
figure & fa fituation , cil fouvent at¬
teint de maladies froides & humides -,
& quelquefois auflî il foufre des in-
difpofitions chaudes & feches à rai--
fon d’un fang , ou d’une bile échau-
fée ; Si d’autrefois auiïi il relient des
maladies , qui participent des unes &
des autres, & où il y a mélange d’hu¬
meur, comme la letargieda typhoma-
nie , Si le Coma veillant , qui eft une
maladie dans laquelle les malades ont
toujours les yeux fermez , en forte
qu’ils feinblent dormir , bien que ve-
Chap. I. Des Mterat. Cep h al. %j
ricablemcnc ils délirent 8c veillent, 8c
que fi on les touche tant Toit peu, ils
ouvrent d'abord les yeux , en jetant
des regards affreux , 8c ils retombent
dans leur premier fommeil, qui efi: in¬
terrompu & troublé de plufieurs ima¬
ges, & vifions qui les oblige à veiller.
Pour ce fujet les remedes cephali-
3ues ou ils échaufent & dedechent
ans les maladies froides & humides t
6u ils rafraichidfent & incrafTent dans
les chaudes & feches > ou Ils font mê¬
lez des uns & des autres.
Voicy un apozéme pour l'apople¬
xie , épileplic, paraly fie,tremblcmcnr,
douleur & intempérie froide.
Prenez des racines d’année , de
valériane , de pcoine mâle , qui aura
été arrachée au déclin de la lune , une
onet de chacune : du poîypode 8c du
guy de chêne, demie once de chacun
des feuilles de betoine , de chamepi-
te , de primevère , de melifle , de ci-
corée avec la racine , 8c d'agrirooine »
une poignée de chacune : de la graine
de peoine male , de fefely de Marfeil-.
le, 8c de coriandre, deux drachmes de
chacun : des fleurs de romarin , dû
88 P «art. î. Des Alteratlfs. Seéfc. II.
tillot i & de muguet , une pincée de'
chacune. Faites bouillir le tout juf-
ques à la rédudion d’une livre & de¬
mie, qui eft dix-huit oncesrpour quatre
prifcs, qu’on pafTera Couvent, ajourant
à chacune demie once de fy rop de fte-
chade , ou d’oximel fimple , qu’on
donnera le matin trois heures avant
que le malade prenne un bouillon.
On peut métré à chaque dofe de
cét Apozéme quelqu’un des .remedes*
chymiques fuivans , ou les donner
avec quelqu’ autre liqueur.
De l'eflenee de melifie, ou d’Ange-
lique , ou de zedoaire , jufques à dix
goûtes , ou un fcrupule de leur ex¬
trait : ou un fcrupule de fel d’ Angéli¬
que ou de melifTe ; on deux grains
d’extrait d’ambre gris ; ou de l'efprit
anripopleétiquede Schroder , défais
fix goûtes jufqu’à dix.
Notez que dans cét apozéme que
nous venons de décrire, il y faut tou¬
jours ajouter quelque rafraichiirant,
& ceux particulièrement qui fonr
propres pour le foye & pour la ra¬
te , afin que lors qu’on échaufe le
cerveau , on n’auguaente pas la cha-
Chap. I. Des Altérât. Ctphal. 89
leur du fahg & de vifceres.
Comme par exemple dans le délire,
dans la manie, dans une intempérie
chaude & feche des efprirs , on peut
ordonner la décodion -fuivante.
Prenez demie once d’orge mondé :
des racines d’ozeille , de buglofe , &
de cicorée , une once de chacune }
des feuilles des deux efpeces de bu¬
glofe , de laitue , de cicorée & de
pourpier , une poignée de chacune :
des femences de courge, de citrouille,
de concombre, de melon, de laitue 8>c
de pavot blanc , une drachme de cha¬
cune : des fleurs de buglofe , de bour¬
rache , de violetes , & de nymphée ,
une pincée de chacune. Faites boiiil-
lir le tout dans une quantité fuffifan-
te d’eau , à la redu&ion de trois pri-
fes de fi x onces chacune , ajoutant à
chacune une once de fyrop de viole¬
tes , ou de nymphée , & une demie
drachme de fel de prunelle.
Vous trouverez des exemples de
Juleps & d’Emulfions dans leur pro¬
pre chapitre en la première fe&ion.
jo Part. I. Des Alteratlfs. Se#. II.
CHAPITRE II.
Des Alterat 'tfs de/linez, .pour les
yeux , <2* des Collyres.
ON apellc ophthalmiques ces re¬
mèdes qui font propres & parti¬
culiers pour guérir les maladies des
yeux , & fortifier la veuë.
La forme du remede fous laquelle
ils's’ordonnent , s’apelle collyre , qui
efl un topique ophthalmiquc propre
pour les maladies des yeux.
Ces collyres, fe compofenr de plu-
fieurs façons ; ou en forme liquide >ou
en poudre , ou en Uniment , ou cata-
plâme ; d'où l’on ctably la difference
des collyres , en collyre liquide , &
collyre fcc ; néanmoins par un long
ufage , le liquide feul eft proprement
dit collyre.. Les ufages. des collyres
font premièrement pour repoufler
l’humeur dans le commencement de
la fluxion , ou de l’inflammation, qui
vient d’une caufe chaude.
Vous noterez que les répereuflifs
clup. 1 1. Des Collyres. «, x
froids , ne doivent pas être beaucoup '
aftringens , mais feulement médiocre¬
ment , principalement dans le com¬
mencement , auparavant la faignée
& la purgatipn , de peur d’arrêter trop
court les humeurs , & d’en en empê¬
cher la diflipation. Par exemple.
Prenez des eaux dç rofes , & de
plantin , deux onces de chacune ; une
once de blanc d’œuf, que vous aurez
battu longtems , en ayant ôté l'écu¬
me , des trochifques blancs deRhafis
fans opium , demie drachme. Faites
un collyre dont vous en verferez
quelques goûtes dans l’œil , & vous
métrez deifus des linges mouillez de
ce même collyre. Ou bien ,
Prenez un blanc d’œuf, battez-le,
ajoûtez-y de l’eau rofe , & en lavez
l'œil.
Prenez deux onces de mucilages
de femcnce de pfy Ilium & de coins ,
que vôus aurez extraits avec l’eau rô¬
le , de la liqueur de blanc d’œuf bat¬
tu , & de l’eau de plantin , une once
de chacune , deux grains de camfrc.
Formez-en un collyre. Ou bien ,
Prenez un morceau d’alun, battez-
Part.I. Des Altérât Ifs. ScA. II.
le avec un blanc d’œuf, juiqu’à tant
qu’il ait la confiftançe d’onguent ;
étendez-en fur un linge, 8c apliqucz
le chaudement fur les yeux, 8c chan-
gez-le quand il fera fec. Ou bien.
Prenez un fcrupule 8c demi de fcl
de Saturne , deux onces d’eau rofe ,
mêlez le, & vous en lavez les yeux.
Secondement on compofc des col¬
lyres pour apaifer la douleur , qui eft
quelquefois tres-grande j les yeux
ayant un fentiment trcs-ddicat. Par
exemple.
Prenez un once & demie de mucila¬
ges de femcncede coins 8c de pfy Ilium
qui auront été tirez avec l'eau rofe ;
du lait de femme, 8c de l’eau de blanc
d’œuf, ayant ôté auparavant l’écume,
une once de chacun ; des trochifques
blancs de Rhafis fans opium , demie
drachme, faites-en un collyre.
Ou bien fervez-vous feulement du
lait de femme qui fc porte bien , que
vous vous ferez jeter de la mammelle
dans l’œil : ou bien il faut métré def-
fus une pièce deliée de chair de mou¬
ton, ou de chevreau, ou de veau, que
vous changerez fouvent.
Chap. 1 1. De/ Collyres. t>f
Si on veut Te fervir de cataplâmes,
en voicy des exemplès.
Prenez une once de pulpe d’une
pomme douce , qui aura cuit fous la
cendre , une once & demie de muci¬
lages de femence de guimauve , tirez
dans l’eau rofe , de l’eau de blanc
d’œuf j que vous aurez battu avec
l’eau rofe , demie once. Faites un ca-
taplâmc. Ou bien ,
Prenez une once de pulpe de poju-
tnc cuite fous la cendre , demie once
de mie de pain blanc , avec du lait de
femme , faites un caplâme.
Vous noterez que quand la dou¬
leur eft violente , on peut ajoûter à
ce cataplâme un grain d’opium > & du
fafran.
Troifiemement on fe fert des col¬
lyres pour repercuter, & arrêter la
douleur quand la fluxion eft accom¬
pagnée de douleur. Par exemple.
Prenez une once & demie d’eau de
plantin , une once de mucilage de
femence de pfyllium tiré avec l’eau
rofe , demie drachme de troçhifques
blancs de Rhafis, avec l’opium. Faites
un collyre.
£4 Par. I. Des Alteraùfs. Se<5t. I.
Quatrièmement pour repercuter ,
8c un peu refoudre , comme quand
l'inflammation eft dans (on augmenf,
dans quelle rencontre il faut repouf¬
fer l’humeur qui fl'uë , digerer celle
qui eft tombée , & apaifer la douleur.
Par exemple.
Prenez d’eau rofe , &d’eufraife,
une once de chacune, du lait de fem¬
me fraichemcnt tiré de la mammelle ,
demie once , de tuthie préparée , un
fcrupule & demi. Faites un collyre.
Ou bien.
Prenez d'eau rofe , & d'eau d'un
blanc d'œuf battu , ayant auparavant
ôté l’écume , une once &c demie de
chacune , de tuthie préparée , & des
trochifques blancs de Rhafis ! fans
opium, une drachme de chacun. Faites
un collyre.
Cinquièmement pour refoudre
quand l’inflammation eft dans fon
état, auquel tems il faut digérer l’hu¬
meur , & un peu repercuter. Par
exemple.
Prenez une drachme de farcocolle,
que vous aurez un peu abrevée de
lait , demie drachme de tutie prepa-
Chap. 1 1. Des Collyres.
rce , des mucilages , de graine de
coins , tirez avec l’eau rofe , & de fe¬
nouil , deux onces. Faites un collyre.
Ou bien ,
Prenez une drachme & demie de
tuthie préparée, dix grains de vitriol
blanc > un fcrupule d’alocs lavé , deux
fcrupules de fucre candy. ConcalTez-
les , & les infufez dans les eaux de
fenouil , & d’eufraife , une once 6c
demie de chacune. Pallëz-les, & en
laites un collyre. Ou bien > ‘
Prenez quinze grains de fel de Sa¬
turne , trois grains de fel armoniac >
trois onces d’eau rofe ; mélcz-les pour
ftn collyre. Ou bien ,
Prenez un fcrupule de vitriol blanc,
quatre onces d’eau de plantin. Infu-
fez-lcz, paflcz-les , 8c vous en fervez
pour un collyre.
Sixièmement pour delTecher , &
digérer.
Prenez de tuthie lavée dans l’eau
d’eufraife, une once & demie ; d’aloè's
hépatique aulfi lavée » une demie
drachme ; de bon miel,& de pomma¬
de fraichcment faite , demie once de
chacun. Faites un collyre, dont vous
p<î Part. I. Des j4lteratifs.*Se&. II.
en frorerez doucement les coins des
yeux , Sc les paupières. Ou bien ,
Prenez de l’eau de la Reine d’Hon¬
grie , deux drachmes, deux onces de
l’eau rofe , mélez-les, 3c vous en Ser¬
vez pour un collyre.
Septièmement pour déterger , &
confumer les taches des yeux , & en
digerer les reftes , Sc en ôter les cica¬
trices.
Prenez deux drachmes de lucre
candy , huit grains de vitriol blanc *
d'os de feche , d’excrement de lézard,
Sc de myrrhe, demie drachme de cha¬
cun. Faires-en une poudre tres-fubti-
le , que vous incorporerez avec du
miel de May , Sc de la pommade fraî¬
chement faite.
Huitièmement pour les déman¬
geai fons , & la gale des paupières.
Prenez du vin blanc , Sc d’eau rofe,
une once de chacune, d’aloës hépati¬
que pulverifé une drachme. Mélez-lc
tout , Sc vous en fervez pour laver les
paupières un peu tiede.
Dans l’ufage de ces collyres , il
faut prendre garde de ne s’en pas
fcryir que l’on n’aye fait les remè¬
des
Chap. III. Des B trinques. 97
des généraux , ou bien les faire tous
en même - tems. Secondement qu’il
faut fe fervir rarement des feules pou¬
dres , parce qu’ils caufcnt la fluxion
quand ou les a foufflées dans les
yeux.
CHAPITRE III.
Des Béchiques.
ON apelle béchiques ces remè¬
des qui font cracher ; on le£
nomme auffi thorachiques à raifort
de la partie qu’ils vuident , qui eft la
poitrine , que les Grecs & les Latins
apellent Thorax. Car les medica-
niens béchiques font ceux qui font
deftinez pour le poumon , & les au¬
tres parties de la poitrine , & qui pré¬
parent les humeurs qui y font enfer¬
mées pour eftre plus facilement jécées
par la toux.
Afin que les humeurs qui font dans
*a poitrine forcent fans beaucoup de
Peine , elles ne doivent pas eftre trop
gtollicres, parce qu'elles refilent aux
E
5 8 Part. I. Des AUeratifs. Soft. II.
efforts que l’on fait pour les jeter j
ny.auffi trop déliées, parce qu’el¬
les fe feparent par le mouvement
de la toux , & n'ont pas allez de
confiftance pour les cracher ; mais
clics doivent avoir une confiftance
médiocre : & pour ce te raifon , il
y faut employer deux fortes de bé-
chiques.
Les premiers font ceux qui échau-
ftnt , atténuent , détergent , & inci-
fent la pituite : Les féconds, ceux qui
rafraichilfent, temperent, hume&enr,
6 épai fllircnt la bile , & qui abatent
fon acrimonie.
On fatisfair à ces deux intentions
par le moyen des Apozémes , des Ju-
leps, desémulfions , des 'bouillons ,
& des loochs.
Voicy l’exemple d’un apozeme qui
préparé la pituite dans toutes les ma¬
ladies froides de la poitrine , dans
l’afthme , ou courte-balene , dans les
obftruétions des poûmons , dans un
catarrhe caufé par la pituite, & autres
fcmblables maladies.
Prenez des racines de brufe , d’a-
py , & d’aunéc , une once de cha-
CKap. III. Des Bèchiqaes. 99
cune : des feuilles de ru (Tl 1 âge , d’hyf-
fope , de fcabieufe , de lierre qui
rampe à terre , de capillaires , & de
cicorée avec la racine , une poignée
de chacune ; de reglifle ratifiée 8c
concaflee , une demie once *, une once
de raifins mondez & netoyez : de fe-
mence de guimauve & de melon ,
éleux drachmes de chacune : des fleurs
de buglofe , de bourrache , de viole-
tes , & de camomille , une pincée de
chacune. Faites boiiillir le tout pour
quatre prifes , à la réduction de dix-
huit onces : ajoutez à chaque dofe
une once de fyrop de capillaire , ou
d’oxymel Ample.
Ou fi vous voulez un Julcp, pour
la même indication.
Prenez des eaux de fcabieufe , 8c
<lc tuflilage , deux onces de chacune ;
d'eau de canellc , deux drachmes ,
d’oxymel fimple , ou de fyrop de
capillaire , une once.
Lors qu’il faut changer la forme
du rcmede , on peut préparer dcj,
hoüillons avec des racines , &/$?$
herbes de l’apozéme que nous a|y'o/is
décrit. Et on peur ajouter à chaque
E 1 fevs
^ %
N*
ioo Part.I . Des ^Itératifs. Scd.ïl.
prife quelqu'un des remèdes chy ini¬
ques fuivans.
Quatre goûtes d’huile d’anis tire'e
chymiquement : ou fix goûtes de
teinture de fouphre , ou dix grains de
lait ou de magiftere de fouphre : ou
quatre grains de fleurs de benjoin :
de la teinture de vitriol, d’antimoine,
jüfqu’à fix goûtes.
On peut aufli prendre ces reme-
des chymiques , comme en opiate,
tabletes , bolus , &c. ayant pourtant
auparavant fait les remedes géné¬
raux .
Prenez des fleurs de benjoin trois
grains , du magiftere de fouphre, fix
grains , donnez - les tous les matins
pendant quinze jours , dans un œuf,
ou bien avec quelque conferve, com¬
me de capillaire , d’aunée , ou autres
propres au defl’ein qu’on a.
Il y a icy trois chofes à remar¬
quer. Premièrement , que quand il
y a la fièvre , ou une intempérie
chaude des vifeeres , il faut ordon¬
ner des décodions de béchiques
rafraîchi flans , & de parties fub-
tiles.
Chap. 1 1 1. Des Be’chiques. i0 1
Secondement , qu'il faut ajouter
aux altcratifs qui échaufeivt beau¬
coup ceux qui adoucirent , ^ui hu-
mc&ent, 8c qui rafraîchirent un peu,
de peur que la pituite fechée par une
trop granUe chaleur , ne s'atache en¬
core plus opiniâtrement à la partie ,
8c pour ce fujet , il y faut mêler la
cicorée , la reglillc , les raifins , les
fcmenccs de melon , de mauve 8c
femblablcs.
Troifiémemcnt lorfque l’on a def-
fein de difpofer , 8c préparer une pi¬
tuite qui eft amalfée dans la poitrine,
il faut toujours avoir égard à la tête,
& aux vifeeres, 8c tâcher de décou¬
vrir , fi elles ne foufrent point quel-
que intemperie chaude, ou s’il y a des
obftrudions, ou fi elles font foibles ;
ou enfin s’il y a un amas d’humeur
dans les autres parties de l’abdomen ;
alors il faut fonger â ces indifpofi-
tions , 8c ne les pas négliger ; parce
que l’on travaillerait inutilement à
guérir la poitrine , fi on n’employoic
pas au fil tous fes foins à ôter les cau-
fes antécédentes, 8c les maladies com¬
pliquées.
ïoz Part.ï. Des Alt eratif, s. Se&II.
Voicy une décottion béchique pout
incrafler la bile , & les humeurs iub-
tiles, qui adoucit, humcéte, & rafraî¬
chit , & qui donne une médiocre con-
fîftancc à la matière des crachats , en
la ph hilie, inflammations des pou¬
mons', & autres.
Prenez des fciiilles de cicorée avec
la racine , de capillaire , de pimpi-
nelle, de la pulmonaire, des deux for¬
tes de buglofe , une poignée de cha¬
cune j des femenccs de melon, de con¬
combre , de citrouille , de courge , de
laitue, & de pavot blanc , de chacune
deux drachmes ; dereglifTc, & de rai-
lins mondez de leurs pépins , de cha¬
cun demie once, huit jujubes, de l’or¬
ge entier , & des fleurs de buglofe, de
bourrache, & de violetes , une pincée
de chacune. Faites bouillir le tout
pour quatre dofes à prendre le matin
& le loir , ajoutant à chacune une
once de fyrop de jujubes, de violetes,
ou de capillaire.
Pour cuire , préparer , & aider à
cracher la matière de l'empyeme , on
l’ordonne ainfi.
Prenez des racines de la grande
Chap. III. Des B c chique s. io î
cinfolidc , & de guimauve , une once
de chacune ; des leiiilles d'agrimoine,
de cicorée avec la racine , de capil¬
laire, de fcabieufe, & detuflilage, une
poignée de chacune : des femences de
melon , de concombre , de citrouille,
& de courge, de chacune deux drach¬
mes ; de regliile ratifiée & concalTce ,
& de raifins mondez , une once de
chacun ; d’orge entier , & des fleurs
de bourrache, de buglofe, & de vio-
leces , une pincée de chacune. Faites
bouillir le tout pour quatre dofes,
vous diflbudrez à chacune une once
de fyrop de tuflilage , ou de capil¬
laire.
La déco&ion fuivante eft tres-fin-
guliere , lorfque l’on crache le fang ,
& contre la dyfcnterie.
Prenez des racines de pentaphille ,
de tormentille , & du grand fymphy-
tum , une once de chacune :des feuil¬
les de cicorée fauvage avec la raci¬
ne , de pourpier , de planfin, de lierre
terreftre , de prêle, & de mille-feuille,
une poignée de chacune ; de femence
de laitue , de pourpier , & de pavot
blanc , deux drachmes de chacune a
io4 Part.1. Des Alteratf s. Sc&.lï.
des rofes ronges , & des fleurs de pà*-
vot rouge , une pincée de chacune.
Faites bouillir le tout ,& l’ayant paifé
tous en prendrez dix-huit onces, aux¬
quelles encore toutes chaudes vous
jéterez de conferve de rofes , & de
pavot rouge , une once de chacune ,
&c demie fcrupule d'cfprit de vitriol ;
vous les lailferez infufer fur les cen¬
dres chaudes pendant trois heures,
paflcz-les en fuite , pour quatre pri-
ies , vous dilfoudrez à chacune fix
drachmes de fyrop de_ rofes feches ,
ou de coraux , que vous donnerez le
matin & le foir.
CHAPITRE IV.
Des Loochs.
CE mot de Looch eft Arabe , le*
Grecs les apellent Eglegmes ? 5c
les Latins LtnÙus , ce que nous pou¬
vons dite en François , le'cher.
Le Looch eft un médicament qui
efl: d’une confiftancc entre le fyrop ,
5c l’opiate , étant plus épais que le
fyrop , & plus liquide que l’opiatc ,
qui eft propre pour les maladies de
la poitrine , & que Ton prend en le
lai liant tomber petit à petit fur la
trachée artere , & en le fucçant , &C
léchant à un bâton de reglilfe un peu
concaflc.
Il y a deux fortes de loochs , l’un
que l'on gardoit dans les Boutiques ,
qui n’eft plus en ufage ; l'autre que
l’on nomme magiftral , qui s’ordonne
fur le champ , félon la neceffité du
mal.
Il fe compofè de poudres béchi-
ques , & de fyrops , ou de pulpe de
fruits , de poudres , Sc de fyrops , ou
de décoftion peétorale. Il fe fait
pourtant plus communément de pou¬
dres , Sc de fyrops , & quelquefois de
conferves.
Le tems de s'én fervir eft quand il
faut attirer, & faire fortir la pourri¬
ture qui eft dans la poitrine.
Lesufages des loochs font premier
fement pour aider à cracher , quand
la matière eft froide & compare ,
comme dans la courte-halene , qui
eft l’afthrae > dans la toux caufce pac
io6 Part.I. Des Alreratifs. Seéb.ll.
une pituite qui eft attachée aux lo¬
bes des poumons »& autres maladies-
Par exemple.
Prenez de la poudre compofée,
nommée diairis fimple , & de fucrc
candy, deux drachmes de chacun : de
conferve de tuflllage, & de capillaire,,
demie once de chacune , d'oxymel
fcillitique , la dofe que l'on jugera
être necelfaire : de tout cela faites un
looch , que le malade prendra avec un
bâton de reglille , en le léchant dou¬
cement. Ou bien
Prenez des fquilles préparées, deux
drachmes , de la poudre de diairis , 8c.
d’hylfope , line demie drachme de
chacune , un fcrupule de myrrhe ,
deux grains de fafran,de miel du mois,
de May , ce qu’il en faudra. Faites un
looch. Ou bien
Prenez de bon miel , &C du beurre
frais , une once de chacun , du fucre
candy , deux drachmes , de terebin-
tbine de Yenife , lavée dans l’eau de
feabieufe , demie drachme , & en fai¬
tes un looch. Ou bien ,
Prenez du fyrop de rullilage & de
capillaire , une once & demie de cha.-
m
Cfiap. IV. Des Looc&J. 107
cun , d’oxymcl (impie , une once ;
mélez-les , dont le malade s'en fervira
avec un cuillier , en l’avalant douce¬
ment.
i. Pour ayder à cracher quand la
matière eft déliée & chaude , dans la
plcvrefie , & l'inflammation des pou¬
mons , &c.
Prenez des penides , & de fucre
candy , deux drachmes de chacun ,
demie drachme de la compofition de
diatragacantum froid , du fyrop de
violetes , & de jujubes , en qu’il en
faut , faites un looch pour s’en fcrvir
avec un bâton de reglifle.
Quand la matière eft mélangée
d’une humeur déliée & grofliere ,tl y
faut mêler quelques atténuatifs , par
exemple.
Prenez des penides & de la compo¬
fition de diairis Ample, une drachme
& demie de chacun , de fucre rofac
une drachme , du fyrop de tu (El âge
ce qu’il en faut pour un looch.
Voicy un looch pour incrafler &
doucement déterger dans l'empyeme.
Prenez de la pulpe de la racine de
guimauve , ou 4e raifins» une once &
ïo8 Part.I. Des Alterdtîfs. Seéï.IL
demie , de fucre candy demie once ,
du fuc de regliife demie drachme , du.
fyrop de tuffilage ce qu'il en faut,
pour faire un looch.
3. Pour arrêter le crachement de
fan g :
Prenez une once de conferve de-
rofes , deux drachmes de la compofi-
tion de diatragacant froid, du fyrop de
rofes feches, ce qu’il en faut pour un
looch. Ou bien ,
Prenez trois onces de fuc de pour¬
pier, une drachme & demie dégommé
Arabique , de fucre rofat ce qu’il en
faut pour faire un looch. Ou bien
Prenez le blanc d’un ccuf, battez- le
avec de l’eau rofe, & en ôtez l'écume,,
ajoutez - y de la fevnence de pavot
blanc & de plantin , demie drachme,
dechacune, unfcrupule d’amydon, &
de fucre rofat ce qu’il en faut pour
faire un locch. Ou bien.
Prenez du- fyrop de violeres , de
rofes feches , & de pavot , de chacun,
deux onces , mêlez-les , & vous en
donnerez au malade trois fois la nuit
&c autant le jour , une ou deux cuiW
lerces , en l’avalant doucement..
Chap. IV. Des Loochs. rogr
II faut prendre garde que par l'u-
fage des aftringens on n arrête dans-
les poumons le fang extravafé.
4. Pour deirccher & confolidcr les1
ulcérés des poumons dans la phthifie.
Prenez de la conferve de rofes , 8c
de la grande confolide , une once de
chacune ; de la gomme tragacant 8c
Arabique , un peu torréfiée , de cha¬
cune deux drachmes > de la femence
de plantin 8c de pavot blanc , demie
drachme de chacune » du fyrop de
rofes feches ce qu’il en faut pour fai¬
re un looch.
Ou bien le fuivant qui eft tres-bon
dans la toux invétérée , pour confo-
lider les ulcérés du gozîer, & du pou¬
mon , pour adoucir la trachée arrere»
dans la toux, quand on craatxe le fang:
qui vient du gozier,dans ldcatarrhc»
& dans l’enroüeure.
Prenez de la pulpe de la racine,
de guimauve , ou de rcglilTe , trois
onces ; des mucilages de la gomme
Arabique 8c de tragacant extraits,
avec l'eau rofe, une once 8c demie»
die lucre rofat , ce qu’il en faut pour
ïtc Part.I. Des ^Itératifs. Seét.lL
5 . Pour la fluxion d’une humeur fub-
rile qui tombe fur la poitrine dâs ceux
qui crachent le fang,avec la toux, pour
l'enroüeure,avec la fièvre ou fans elle.
Prenez fix onces d’eau rofe, de grai¬
ne de coirts mondée , une once & de¬
mie , de fucre blanc , ou candy , deux
onces. Métez-le tout dans une phiole,.
où vous les taillerez pendant quatre
heures , & de céte liqueur mucilagi-
neufe , le malade prendra fouvent
avec un cuiliier le jour & la nuit.
On en peut aulïl préparer d’égale
portion d’eau de pavot rouge & de
lofes.
CHAPITRE V.
Des Cardiaque*.
ON apelle cardiaques les remè¬
des qui fortifient le coeur, réta¬
blirent les efprits , & qui chafTent la
malignité. Le cœut s’affoiblit ou à
eaufe de quelque intempérie froide ou»
chaude , par quelque eaufe froide ou
chaude , avec malignité ou faits clic ;;
Ch ap. V. Des Cardiaques. rrr
c’cft pourquoy les remedes que l'on y
employé font froids , ou chauds , ou
qui combatent la malignité.
Dans quelque accident qui vient
d’une caule froide, comme pour avoir
pris du poifon froid ; ou qui fe foit
•engendré dans le corps , dans la mor-
fure d'un chien enragé, dans la perte ,
& autres femblables , pourveu qu'il
n’y ait point de fièvre , ou du moins
qu’elle ne foit pas forte , l’apozéme
fuivant pourra être ordonné.
Prenez des racines de tormentille ,
de zédoaire,ou de gentiane une demie
once : des feiiilles de melifle, de fea-
bieufe , de chardon béni , & de feor-
dium,une poignée de chacune : d’écor-
ec de citron ieche , trois drachmes ;
de graine de citron & de chardon
béni, deux drachmes de chacune ; une
drachme & demie de raclure d’y voi¬
re ; des fleurs des deux fortes de bu-
glofc , & de romarin , une pincée de
chacune.Faites bouillir le tout à la ré¬
duction d’une livre Si demie pour trois
dofes, a joutez à chacune fix drachmes
de fyrop d'écorce de citron, pour pren¬
dre le matin fie le foir. Ou en Julcp,.
1 1 1 Part.I. Des Altérât Ifs. Seft.II,
Prenez des eaux de meliire & de
chardon béni , de chacune deux onces
&: demie , d’eau naphe , demie once ,
d’eau de canelle , demie cuillierée3 du
fyrop de kermes , demie once.
On peut diilbudre dans cét apozé-
me ou Julep, ou dans l'eau de fca-
bicufe,ou dans du vin3un ou deux des
remèdes Galéniques & Chymiqucs
fuivans.
De la confection d’al kermes depuis
une demie drachme jufques à une.
De la thériaque depuis une demie
drachme jufques à une.
De l’eau theriacalc de Baudcron ,
itne cuillierée.
De l’eau theriacale camfrée, jufques
à demie once.
Du fel volatil de viperes depuis
dix grains jufques à quinze.
De l’elixit de propriété de Paracelfe
depuis huit gouttes jufques à douze.
De l’extrait de bezoard de Querce-
tan dépuis demi fcrupulc jufqn'à un.
Du Magi Itère d’ Ambre gris depuis
deux grains jitlqu’à quatre.
D’ellence d’ambre gris dé puis ûx
goûtes jufqu’i huit.
Chap. V. Des Cardiaques, j i ;
Dans un accident prenant , & où
les forces fe difïlpcnt entièrement , la
force du mal ne donnant pas le tems
de préparer quelqu’ autre remede , le
fuivant , fera tres-à propos.
Prenez de la confection d’alkcr-
mes , ou de theriaque vieille , demie
drachme, ou une drachme , mélez-là
avec un peu de vin , ou d’eau de ca-
nellc , & la donnez.
Souvent ces eirences que nous ve¬
nons de nommer fe donnent feules
avec quelque eau particulière , ou du
vin. Par exemple.
Prenez du ici volatil de vipères
dix grains, d'eau de feorzonere, ou de
chardon béni , une once & demie ,
donnez-le long-tems devant ou apres
le bouillon. Ou bien ,
Prenez deux grains de magiftere
d’ambre gris,d'eau theriacale camfrée,
demie once, donnez-le comme dcllus.
Il faut prendre garde de fe fervir de
ces remedes , lors qu’il y a une grande
chaleur dans tous les vifccres,ou que
la fièvre eft'violcnte ; c’eft pourquoy
l’on ne les doit employer que dans
une caufc froide, ou que la malignité
i 1 4 Part.T. Des Alterat'fs. Se<£t. II.
cft fi grande avec un abatement des
forces, que la fièvre foitou tres-petite,
ou qu'il n’y en air point du tout.
Dans les fièvres malignes , pour¬
prées , peftilentieles , véroles , & au¬
tres fembiables où il faut abatre la
grande chaleur, ôter les obftrudions,
corriger la pourriture & la malignité,
& provoquer la fueur.
Prenez des racines de cicorée , de
brufe , & de tormenrille , de chacune
une once : de feuilles de cicorée , de
feabieufe, de capillaire, de pimpi-
nelle , & d’ozeille , une poignée de
chacune ; des graines de melon , de-
courge,de citron, & de raclure d’y voi¬
re une drachme de chacune; des lom-
mirez de feordium , & des fleurs de
buglofe , de bourrache & de violetes,
une pincée de chacune. Faites une dé¬
coction pour trois dofes , ajoutant à
chaque dofe demie drachme de fel de
prunelle , & quatre goûtes d’cfprit
de vitriol ou de foulfre , & demie
once de fyrop de limons , pour pren¬
dre le matin & le foir.
On y peut ajouter des remedes
Çalcniques & Chymiques quelqu’un
des fuivans.
Chap. V. Des Cardïœqseef. r Tf
De la confection de hyacinthe de¬
puis demie drachme jufques à une.
Aux femmes qui font fujetes aux
paillons hyfteriques on y met de la
poudre de la. confection hyacinthe ,
fans mufe 8c fans ambre , jufques à un
fcrupule ou une demie drachme.
De la poudre du coeur 8c du foye
de vipere , jufques à demi fcrupule.
Du fel de chardon beny , ou de
feabieufe , jufqu’à une demie drach¬
me , ou un fcrupule.
Du Bczoard Jovial ou minerai *
jufqu’à un demi fcrupule.
De l'antimoine diaphonique, de'-
nuis un demi fcrupule, iufqu’à un.
De l’efprit de nitre jufqu’à dix
goûtes.
De l’efprit doux, ou cryftal doux de
fel commun , jufqu’à un fcrupule.
Delà pierre beloartique véritable ,
jufqu’à quatre ou fix grains.
De l’eau thcriacle .rafraîchi flan te,
une cuillierée.
De l’eau thcriacle camfre'e une de¬
mie cuillierée , ou une entière.
Du fel volatil de vipères jufqu’à
dix grains.
ï 1 6 Part. I. Des Alteratifs. SeCh II.
De la mixtion fpiritueufe jufqu'à.
demie drachme, ou une drachme ; qui
fc fait d'une once d’eau theriacle cam-
frée , & d’efprit de tartre 8c de vitriol
de chacun une drachme.
Notez que s’il y a des vers , on y
doit ajouter un fcrupulede la poudre
contre les Vers , à chaque prife , &
s’il y a des convulfions, on y met un
fcrupulc de la poudre contre l'haut-
mal.
Comme en Jnlep.
Prenez des eaux de feabieufe, de
pourpier, & de fcorzonerc, de chacu¬
ne deux onces , du fyrop de limons
line once 8c demie j de confection de
hyacinte un fcrupule : de la poudre
de vipères, 8c contre les vers, de cha¬
cun un demi fcrupule , du fel de pru¬
nelle demie drachme.
.S’il y a quelque inflammation au
dedans , ou que la fièvre foit forte ,
il faut fc donner garde de ces compo-
fitions theriacales, &dufcl de vipè¬
res , & de femblables qui dcilechenc
trop.
Quelquefois on donne des cardia¬
ques en poudre , avec quelque eau
C hap. VI. Des Stomachiques, nj
cordiale , ou du bouillon : par
exemple.
Prenez du bezoard animal , du Tel
de prunelle, & du magiftere de perles,
de chacun demie drachme. Prencz-en
un fcrupulc avec du bouillon, ou d'eau
de fcorzonerc , ou de feabieufe, deux
ou trois fois le jour. Ou bien.
Prenez du bezoard minerai deux
drachmes ; du bezoard jovial demie
drachme;du fel de prunelle une drach¬
me & demie. Faires-en une poudre, de
laquelle vous donnerez un lcrupule.
CHAPITRE VI.
Des Stomachiques.
LEs remedes ftomachiques font
ceux qui font particulièrement
deftinez pour l’eftomac , & qui pré¬
parent les humeurs qui y font , & qui
en même-tems aydent & fortifient la
co&ion & les autres fondions de céte
partie.
De ces remedes ftomachiques , les
uns font froids, les autres chauds,fclon
I t 8 Part.I. Des AUcratlfs. Se&.II.
que l'cftomac eft attaqué d'humeurs,
ou de maladies froides ou chaudes.
Notez qu’ils ne doivent pas être
trop apéritifs , ny trop diurétiques ,
mais un peu aftringens , & qui ayent
quelque raport au propre tempéra¬
ment de céte partie , afin d’en confcr-
ver la force.
Le premier ufage , dans une indif-
pofition froide , comme le dégoût, le
langlot , l’envie de vomir, le goût dé¬
pravé , l’inflation , & la diuolution
de l’eftomac , la lienterie , &c.
Prenez des racines du calamus aro-
maricus , & du galanga , de chacune
demie once ; d’écorce de citron fcc ,
trois drachmes , des feiiilles de men¬
the, de betoine, & d’abfynthe,de cha¬
cune une poignée ; de graine de fe¬
nouil , de citron , & de coriandre , de
chacune une drachme ; des fleurs de
fauge , une pincée. Faites boiiillir le
tout pour trois prifes, ajoûtant à cha¬
cune , demie once de lyrop de coins
pour prendre le matin & le foir.
Des remedes Chymiques on peut
fe fervir d’huile d’anis depuis fix
goûtes jufqu’à douze.
Chap. VI. Des Stomachiques, i xy
D’eau thcriacale dix goures.
D’eflence d’ambre gris depuis trois
goures jufqu’à cinq.
Du Magiftcre d’ambre gris jufqu’à
quatre graii^.
De l’Elixir d’ambre gris jufqu’à
demi fcrupule.
D’Elixir ftomachique jufqu’à dix
grains.
De l’Elixir de Qucrcetan jufqu’à
demie cuillierée.
De l’Elixir de propriété depuis huit
goûtes jufqu’à dix.
Et des Galéniques : demie drachme
de confettion alkermes.
Demie drachme d’opiatc de Salomon.
Des trochifques de rhubarbe juf¬
qu’à un fcrupule.
De l’Ele&uaire apellé aromatiewn
rofatum , ou de celuy de diambra ,
jufqu’à demi fcrupule.
On peut prendre ces remedes feuls
à jeun , ou dans chaque dofe de l’apo-
zéme , ou dans une cuillierée de vin,
ou dans une liqueur convenable , ou
avec un peu de conferve de rofes , en
bolus , par exemple.
Prenez une drachme de conferve de
ïio Part.I. Des Alteratifs. ScCt.IÏ.
rofes, du magiftere d’ambre gris, trois
grains , pour prendre le matin à jeun
pendant deux jours, en bcuvant apres
un peu de vin.
En opiatc pour la m£me indica¬
tion.
Prenez demie once de confcrve de
rofes , de conferve de romarin , deux
drachmes : de confection d’alkermes
Sc d’opiate de Salomon , de chacun
une drachme 5 de l’elixir d’ambre gris,
ou de la poudre de diambre , demie
drachme, du fyrop d’abfynthe ce qu’il
en faut pour faire une opiate.dont oit
prendra une drachme à jeun, en bcu¬
vant apres un peu de vin trempe.
Ou bien en poudre.
Prenez des efpeces de l’elcCtuai-
re ar ornât Ui rofati , trois drachmes ,
d’ambre gris , iîx grains ; de fucre
trois drachmes, faites une poudre,
dont la dofe fera un fcrupule , ou
demie drachme.
Ou en tabletes.
Prenez une once de confc&ion
d’alkermes , du magiftere d'ambre ,
ou de la poudre de diambre,une demie
drachme , du fucre ce qu’il en faut
pour
Chap. VI. Les Stomachiques, rir
pour faire des tableres, que l’on pren¬
dra feules , ou diifoutes dans du
bouillon.
Notez premièrement que quand on
veut fortifier un eftomac froid , il eft
meilleur de donner les remedes fous
une forme folide, parce qu’ils demeu¬
rent plus ai fé ment & plus long-tems
dans l’eftomac.
Notez fécond ement qu’il faut pren¬
dre garde , que lors que l’on veut
échaufer l’eftomac,de ne pas augmen¬
ter la chaleur des autres parties ; car
fouvent la foiblelle de l'eftomac vient
de la trop grande chaleur des vifcercs,
& alors cétc foiblefle femble être une
froideur naturelle de céte partie : Et
pour ce fujet quand on a deifein de for-
lifier un eftomac froid par les remè¬
des que nous avons propofë qui font
chauds.il faut qu’il foît naturellement
froid , non pas à raifon d’une mai¬
greur, ou de la perte de fa chaleur na¬
turelle caufée par une intempérie
chaude du foye, comme l'on voit arri-
ver fouvent en ceux qui ont des obftru-
ftiôs invétérées compliquées avec une
1iucmperic chaude , & dans des iu-
Mi Prat.I. D es A Itératifs . Se£t. II.
difpofitions venans des hypocondres,
dans lefquelles les raports & les vo-
miflemens aigres ne font pas des mar-
que s d’un eftomac froid , mais d’une
grande chaleur des vifeeres , & d’une
humeur mélancolique fermentée.
z. Dans une indifpofition chaude,
îorfque toute la vigueur de l'eftomac
femble être entièrement perdue.
Prenez des racines de cicorée 8c d’o¬
seille, une once de chacun.e:des Feuil¬
les de plantin , d’ozeille & de cicorée,
une poignée de chacune ; des graines
de plâtin & de coin , de chacune une
drachme ; des rofes rouges & des fom-
mitez d’abfynthede Pont, une pincée
de chacun. Faites-les bouillir jufqu’à
tme livre & demie pour rrois dofes ,
pour prendre le matin & le foir ; ajoû-
tant à chacune fîx drachmes de fyrop
de grenades, ou de corail, ou de coins.
Ou bien dans un vomiflement de
bile, & le débord de la même humeur
par delTus & par defl'ous,dans la lien-
teric, venant d’une caufe chaude,& au¬
tres accidens où l’eftomac cft échaufé,
& entièrement atFoibly , la déco&ion
fuiYantc cft tres-bonne pour le forti-
’Chap.VI. Des Stomachiques, njf
fier , & en mêmc-tems le foye.
Prenez des racines de cicorce , 6c
de tormentiile , de chacune demie
once ; du fanral rouge Sc du citrin, de
chacun une drachme & demie;des ta¬
marins , une once ; de graine de coin
6c de plantin,une drachme de chacu¬
ne ; des rofes rouges & des balauftes ,
une pincée de chacun. Faites bouil¬
lir le tout. Prenez une livre 8c demie
de céte décoétion paflee , dans la¬
quelle vous dilToudrez une once 5 C
demie de conferve de rofes de Gènes ,
6c quinze goûtes d'efprit de vitriol
pour trois prifes , que l’on reïterera
fouvent.
En Julep lors que l’cftomac cft
échaufé & abatu.
Prenez des eaux de laitue & de rô¬
les , de chacune deux onces & demie,
du fyrop de coins fix drachmes, du fel
de prunelle demie drachme.
On peut ajouter à chaque prife de
l’apozeme&du Julep de demie drach¬
me ou une drachme entierg de con¬
fection de hyacinthe.
Du magiftere de corail depuis iîx
gtains jufqu’à dix.
F z
ii4 Part.I. Des Alteratlfs. Sc&.II.
Du fel de corail jufqu’à un demi
fcrupule.
Du Tel d’abfyntc ou de cicorée ,
jufqu’à un fcrupule.
Lors que les forces de l’eftomac
font beaucoup abatuës , on y peut
ajouter du magiftere d'ambre , ou de
l’Elixir ftomachique, &c. qui échau-
fent & qui fortifient , dans les dofes
que l’on a marquées.
L’opiate fuivante fortifie & rafrai-
chit l’eftomac & le foyc dans une in-
difpofition chaude.
Prenez de la conferve de rofes de
Gènes & de cynorhodon , fîx drach¬
mes de chacune ; de la confection
de hyacinte , une drachme & demie ,
du magiftere de tartre , & de corail ,
une drachme de chacun -, du fel d’ab-
fynte & de cicorée de chacun une
demie drachme > de fel de prunelle,
une drachme ; d’ambre gris , ou de
fon magiftere , un demi lcrupule , du
fyrop de corail ou de grenades , ce
qu'il en faut pour compofer une
opiate , dont on en prendra deux fois
le jour le matin & le foir , de la grof-
feur d’une petite noix.
Chap. V I. Des Hépatiques. 1 1;
CHAPITRE VII.
Des Hépatiques.
LEs remedes hépatiques font ceux
qui corrigent l’inremperie du foye,
qui ôtent les obftruébions , Se qui en
même-tems par leur legere aftriétioiv
le confervent dans fa forçe , ou l’y
rétablilfent.
Et par ce que le foye cft quelque¬
fois attaqué d’une intempérie froide ,
comme dans l’hydropifie , la cakexié
&mauvaife habitude de tout le corps,
& autres longues maladies ; quelque¬
fois Sc tres-louvent, d’une intempérie
chaude , comme dans les fièvres con¬
tinues , & les tierces intermittantes ,
par un fang échaufé & bouillant :
c'cft pourquoy on ordonne tantôt des
akeratifs rafraichilfans , tantôt de
ceux qui échaufenr.
Dans une indifpofition froide, com¬
me dans des obftrudtions formées par
des humeurs grofilercs & vifqueufes,
dans la cakexie , les pâles couleurs
3 16 Part. I. Des A Itératifs . Seéb.ïï.
& autres femblables, on peut ordon¬
ner l'Apozéme fuivant.
Prenez des racines d’apy , de perfil,
de panicaut, de chacune une once : de
tow'ws capillaires, & des feuilles d'a-
grimeine, une poignée de chacune,de
chamepyte , demi poignée : des fom-
mitez d’houblons & d'afperges , de
chacun une demie poignée : des grai¬
nes d'apy & de perfil, deux drachmes
de chacune: des fommitez d’abfynthe
ic des fleurs de foucy, de chacune une
pincée. Faites bouillir le tout pour
«rois dofes , ajoutant à chacune une
«ncc de fyrop de cicorée fimple.
De ces memes Amples on peut
faire des bouillons alteratifs , & on
peut ajouter ï chaque prife une demie
drachme de tartre calybé , ou quel¬
qu’un de ceux qui font marquez dans
Je troifiéme chapitre de la première
feétion , qui traite des Bouillons alte¬
ratifs.
Quand on veut en même-rems for-»
tificr & ouvrir les conduits fermez par
les obftruftions , on peut y métré de
la poudre de diambre ou de diarho-
flon depuis un demi fcrupule jufqu’à
€hap. VII. De H/patiqm. tij
un : ou des trochifquqs des rhubar¬
be un fcrupule ; ou pn fçrupule de
ceux d’abfynthe j ou la même dofe de
Ton extrait : ou de l’elixir de propriété
depuis fix goûtes jufqu’à douze ; ou
de celuy d'ambre gris , jufqu’à demi,
fcrupule.
Il faut prendre garde que dans une
indifpofition froide du foye, il ne
faut pas employer des remedes qui
échaufent trop , parce qu’ils l’affoi-
bliroicnt encore davantage par la trop
grande diflipation qu’ils cauferoient
mais plutôt il faut fe fervir de ceux
qui incifent , atténuent , détergent »
£c qui, ont peu d’aftridion,.
Dans une indifpofition chaude
caufée par la bile , & une pituite ÔC
mélancolie brûlée , on peut ordon¬
na une décodion fuivante.
Prenez des racines de gramen , de
brufe y & d'afperges , une once de
chacune : des feuilles de cicorée
avec la racine , d’agrimoine , de ca¬
pillaires , de fumeterre , & de cetcrac,
de chacune une poignée ; des graines
de melon , de courge & de citron , de
chacune deux drachmes ; des raifing
il U Part.!. Des jilieratifs. Scét.IÏ.
mondez ; une once ; des fleurs de
violetes , de bourrache , de buglofe
& de cicorée , une pincée de chacu¬
ne. Faites bouillir le tout pour trois
prifes , ajoutant à chacune une once
de fyrop de cicorée Ample , ou de
capillaire.
Des mêmes Amples on en fait des
bouillons , dans laquelle on diflouc
quelqu'un des apéritifs Galéniques Sc
Chy iniques déjà cités, mais principa¬
lement du tartre vitriolé , ou calybé,
du fel d'abfynte , &c.
CHAPITRE VIII.
Des Splenitiques.
LEs Splenitiques font des remedes
deftinez pour la rate , qui fubti-
lifent & détergent céte humeur ter-
reftre & grofliere, qui y cft contenue.
Les fplcnitiques , (elon Galien , font
fcmblables aux hépatiques, mais plus
forts , qui ont moins d'aftriélion , k
raifon des humeurs plus groflicres
dont la rate abonde.
Chap.VlIL Des Splenîtîques. uj
Quelques-uns font chauds, médio*
creraent néanmoins, & douez de par¬
ties fubtiles, qui font propres pour la
mélancolie naturel^ ; d’autres qui
font médiocrement rafraichiirans , &C
qui font pour l’atrabile.
Les mêmes décoctions que nous
avons décrites dans le Chapitre des
Apozcmes , pour préparer la mélan¬
colie & l'atrabile , peuvent avoir lieu
ici ; aufqueUes on peut ajouter d'au¬
tres remedes apéritifs en opiates ; pi¬
lules , poudres , tabletes , que l’on
trouvera en plusieurs endroits de ce
Livre.
La décoClion fuivante peut être
utile dans le Scorbut , les Vertiges,
pour les mélancoliques , hypocon¬
driaques , & autres fera blés maladie?,
où le foye & la rate font atteintes
d’obftruCtions , & d’intemperie ac¬
compagnée de foibleire.
Prenez des racines de cicorée , de
brufe & d’apy , une once de chacune :
des feuilles d’agrimoine , de cicorée,
de pimpinelle,de l’herbe aux cuilliers
( c’eft la cochlearia , ) de cerfeuil , de
tcrle > & de fumeterre , une poignée
3)0 Part. T. Des AUtraùfs. ScA.IT.
de chacune : de tartre calybé , de
graine de melon , de courge , & d'a-
py, de chacune deux drachmes .quel¬
ques tranches de pomme renette , dej
fleurs de buglofe , de bourrache , de
violetes , & de geneft > une pincée
de chacune. Faites bouillir le tout
dans une fuffifante quantité d'eau, ou
de petit-lait de chèvre pour quatre
priles que l'on prendra Le matin & le
foir, ajoutant à chacune du fyrop de
jricorée fimple une once.
On peut diiloudre dans chaque
prife, une demie drachme de teinture
de Mars , ou demi fcrupule de Tel d'é-
nrevifTes de rivière i ou de fel d’abfyn-
the dépuis quinze grains jufqu’à un
fcrupule j ou du Tel de l’herbe aux
cuilliers , ou de germandrée , depuis-
un demi fcrüf ule jufqu’à un ; ou d'ef-
prit de fel armoniaque jufqu’à fix oa
•huit goûtes , & autres femblables que
nous avons marquez dans le Chapi¬
tre des Bouillons alteratifs , & de la-
Déco&ion hépatique-
Chap.lX. Contre les vers , &c. t $ i
CHAPITRE IX.
Des Aheratifs propres aux
Jntejlins.
LEs Inteftins outre plufieurs mala*
dies qui leur font communes avec
les autres parties du corps , ils ont
cela de particulier , à raifon de leur
conformation , de leur fon&ion , &
de leur tempérament , d’étre plus fu*
jets à contenir des vents > & des vers ;
?>our lefquels nous donnerons icy des
pccifiques dans la forme qui leur efk
propre.
Des Spécifiques contre les Vers.
Les fpecifiques contre les vers fonç
des medicamens qui par une qualirç
manifeftCj amere , aigre, acre, oleagir
neufe ou aftringente ; ou qui pa? unç
Îiualité occulte & fpecifiquc , peuvenç
aire t^ourir céte vermine.
tes remedes amers , acres , aigres
fa* le vu futilité pcnçtr«mt céte fu^.
J $ r Part.I. T>es Alteraùf). Sed.II.
tiance dont s’engendrent les vers , les
diflïpent : les aftringens en refl'errant
les pores ; les oléagineux en bouchant
empêchent la tranfpiration dont ces
înledes vivent , & par ce moyen les.
fufoquenr.
Voicy un Julep pour tuer les vers-
dans la fièvre caufêe par la ver¬
mine.
Prenez des eaux de pourpier & de
cicorée , deux onces de chacune ; de
coufedion de hyaeinte , & de la
poudre contre les vers, un fcrunule de
chacune ; de coralline demi- lcrupu-
le , de fyrop de limons demie once.
Ou en décodion.
Prenez des racines de chien-denrr
de cicorée , & d’ozeille , une once-
de chacune : des feuilles de cicorée T
de pourpier » d’ozeille , & d'agrimoi-
ne , de chacune une poignée, du feor-
dium , demi; poignée ; d’orge entier
une pincée ; de raclure d’yvoire une
drachme ; dès feuilles de bourrache r
de buglofe, de violetes , & de cicorée;
dé chacune une pincée. Faires bouillir
Te tour pour quatre prifes ; vous ajou¬
terez à chacune demie once de fyrop
Chip. IX. Contre les Fers , &c. t $ $
de limons , & d'efprit de vitriol , trois!
goûtes : vous les donnerez le matin 5c
le foir.
Vous y pouvez ajouter un fcrupulc
de confection de hyacintc, & autant
de poudre contre les vers.
D’efprit de nitre , ou de foulfre , ou
de fel , jufqu’à quatre goures.
Des trochifques de corail ou de
corne de cerf, un lcrupule.
De vraye pierre bézoardique qua¬
tre grains.
De poudre de vers tirez de la terre ,
fechez dans le four, demie drachme.
Les vers caulênt quelquefois aux
en fan s, des vomilfemens, des dégoûts,
des alfoupilTemens fans fièvre, ou avec
fièvre : à quoy on obviera par la fui-
vanre potion.
Prenez trois îmees d’eau de pour a.
pier,de confection de hyacinte demie
drachme^ de poudre contre les vers 5c
de coralline, un fcrupule de chacune,,
de fyrop de limons demie once.
On peut employer pour la même
fin les remedes fuivaus tant Galenii-
ques que Chymiques.
De la poudre d'hier a plcra, un fcrifc-
1 J 4 Part. I. Des Altérât if s. ScA.IT.
pule : de la thériaque vieille une de¬
mie once : de la poudre de viperes un
demi fcrupule : du mercure précipité
jufqu'à fix ou dix grains.
La poudre fuivante eft aulli tres-
fpecifique.
Prenez de coralline & de corne de
cerf préparée , de chacune demie
drachme , de la graine contre les vers,
& de la poudre d’hiera picra, de cha¬
cune un fcrupule. Vous donnerez de
céte poudre demie drachme chaque
femaine à jeun, avec un peu de pana¬
de. Ou bien ,
Prenez une drachme de rhubarbe
çhoifie, de graine contre les vers, & de
coralline, de chacune une drachme -,
de mercure doux une demie drachme »
vous donnerez de céte poudre jufqu'à
demie once -, elle purge doucement les
enfans , & tuë les vers , ou empêche
qu'ils ne s'engendrent.
Dans les fièvres malignes quand les
vers font de la partie, on peut donner
le Julep fuivanr.
Prenez d’eau de feorzonere, de fcar
bieufe , & de pourpier , deux onces
de chacune , du fyrop de limons» une
Chap.IX. Contre les Vert, &c. r yf
once & demie ; de poudre de vipères ,
& de graine contre les vers, de cha¬
cune une demi fcrupule,du Tel de pru¬
nelle une demie drachme , de con¬
fection de hyacinte un fcrupule.
Quelquefois la fièvre, les vomifle-
mens, & les convulfions arrivent par
un mouvement extraordinaire caufé
par des vapeurs qui s'élèvent de lai
pourriture & de la malignité : & en>
ce te rencontre ,
Prenez quatre. onces d'eau de pour¬
pier , trois drachmes d'eau theriacale,
de confection de hyacinte , ôc de 1»
poudre contre les vers , de chacune un
fcrupule que vous donnerez en une
frife , ou en deux , félon l’âge de
enfant.
Au défaut d’eau theriacale, on peut
mettre de la thetiaque dépuis un icru-
pule jufqu'à demie drachme.
Des Carmiuatifs.
Les carminatifs ont beaucoup de
raport aux diaphoretiques j ils échau-
fcntjils fubtilifenr & diiïipent comme
infenfiblement , les vapeurs & les
Vents qu’une matière froide produit*
i } (î Part.I. Des Alteratifs . SeéMf.
On s’en fert dans les coliques
dans les douleurs & fufocation de la
matrice cauféts par les vents , & par
une matière froide. Par exemple.
Prenez d’eau de chardon béni , fix
onces ; d’eau de la Reyne d’Hongrie,
une drachme 8c demie ; d’efpric de nî-
tre , dix goûtes ; donnez céte potion
un peu tiède. Ou bien ,
Prenez fix onces de décoction
d’abfynte , d’efprit de tartre un feru-
pule ou deux , donnez la tiède.
Ou bien le Julcp fuivanr.
Prenez trois onces d’eau nafe , de
vieille thériaque un fcrupule , une
cuillierée d’eau de canelfe , ou fix
goûtes d’huile d’anis extraite chymi-
quement. Ou ces tabletes.
Prenez demi fcrupule d’huile d’a-
nis , une once & demie de fucre dif-
fout dans l’eau de canelle. Faites - en
des tabletes.
Il faut prendre garde dans l’ufage
de ces remedes à une erreur qui fc faïc
a fie» fouvent , quand principalement
dans les maladies des hypocondres ,
dans la colique bilieufe , dans les.
Tifceres échaufcz , 8c une grande
Chap. X. Des Méphitiques. 1 j 7
fermentation des humeurs , il s’élève
des ventofitez produites par une cha¬
leur acre & forte ; & dans céte oca-
fion , il ne faut pas donner les reme-
des chauds , tels que nous venons
de décrire , mais les rafraichiflans
temperez & qui hume&ent , en y mê¬
lant ceux qui difeutent & refolvent
doucement.
CHAPITRE X.
Des Néphntiquts.
ON nomme ces remedes néphri-
tiques qui fervent à guérir les
maladies des reins. Outre plufieurs
maladies que les reins ont de com¬
mun avec les autres parties du corps ;
elles ont encore de particulier , la
grande chaleur, le calcul, le fable, les
humeurs vifqueufes ; & la rétention
des ferofitez qui font deftinées pour
l'urine. Et félon ces diverfes indica¬
tions , on employé plufieurs fortes de
«cmedes.
t- Pour la chaleur des reins & de:
1 3 8 Part.I. Des Alteratifs. Sett.IT.
l’urine , dans les indifpoiitions chau¬
des des reins & de la vdïie , on peut
fc fervir du Julep fui vaut.
Prenez des eaux de laitue , de
pourpier, & de nymphée, de chacune
deux onces , du fyrop yiolat , ou de
nymphée une once & demie , du fel
de prunelle , upe drachme.
En Apozéme.
Prenez de racines de cicorée une
once & demie ; de la racine de gui¬
mauve, & de reglilfe, de ohacune
demie once : des fciiilles d'ozeille, de
laitue , de pourpier , & de fraifier, de
chacune une poignée: des extremitez
de mauve demie poignées ; des grai*.
«es de melon, de concombre, de cour¬
ge , de citrouille, & de pavot blanc ,
de chacune une drachme ; des fleurs
de violetes , de mauves , & de nym-
phéç , une pincée de chacune. Faites
bouillir le tout pour trois prifes,ajoû-
tant à chacune une once de fyrop de
violetes , ou de limons, ou de altlvea,
& une drachme de fel de prunelle.
Pour des Emulfions voyez le Chapi¬
tre quatrième de la première Seébion,
Il y a à remarquer qu’il ne faut pas fc
fervir des feuls diurétiques & des de-
Chap. X. Des Nephritiques. 1 3 9,
teriifs , dans un débord d’urine acom-
pagnc d’acrimonie , & chaleur de
reins ; mais il faut mêler aux rafrai-
chiiïans & déterfifs , des aftringens
bénins & qui épaiflilfcnt , comme
font la laitue , le pourpier, le fraifier,
le plantin , les graines de coins , de
pfyllium, &c.
Le fécond ufage des nephritiques
eft pour rompre les pierres qui font
dans les reins & dans la veflïe ; ce
qu’ils font premièrement par une pro¬
priété occulte : & fecondement par
une qualité manifefte , par la faculté
qu'ils ont de déterger & d’incifer ,
acompagnée d’une fubtilité de partie*
fans pourtant beaucoup de chaleur ,
félon le fentiment de Galien , de peur
qu’ils n’endurciflent davantage la
pierre. Troifiémement par l’âpreté
qu’ils ont , par laquelle ils diminuent
la fuperficie de la pierre, en raclant
ils la brifent infenfiblcment.
Les Chymiftes raifonnent tout au¬
trement touchant les remedes nephri-
tiques.Tachenius foûtient que la pier¬
re fe forme par l’union de l'acide &C
de l’alkali qui s’épailHHeut avec un
1 40 Part.I. Des Mter4tifs. Seft.II.
cxcrement terreftre. Et il le prouve
ainfi. Prenez une pierre qui ait été
formée dans les reins ou dans la vef-
fie ; mettez-là dans un cornue , vous
en verrez fortir l’alkali par la force
du feu , & les pièces demeureront
au fonds , qni fe briferont entre les
doigts.Quc fi vous jetez delfits l'alka-
li que vous en aurez extrait , ils re¬
tournent en leur premier état de pier¬
re : Cet Auteur croit que la pierre
ne fe peut dilToudre que par fon fem-
blable , à fçavoir par une liqueur qui
prenne le milieu entre l'acide & l’al¬
cali , 8c qui loit tres-fubtil, afin de
mieux penctrer.
Voilà qui eft tres-ingenieufement
inventé , fi que ce fçavant Homme
avance par la force du rationnement,
fe trouve aufli véritable par l'expe-
rience dans les corps. C'eft une maxi¬
me allurée dans la Chymie,que les fem-
blables font dilfous par les fembla-
b!es ; non pas pourtant,que le diflol-
vant & ce qui eft capable d'étre dif-
foût foient femblable en fubftance ;
comme fi , dit cét Auteur , une chofe
fe dilfolvoit par la même qui la corn-
Chap. X. Des Nephritiques. 14*
pofe i mais ccte refiemblance eft dans
une certaine aimable proportion qui
fc trouve en eux à raifon de leur figu¬
re , des conduits & des pores ; d’ou il
arrive qu'ils s'unifient & Te mêlent
facilement , par ce moyen nous vo¬
yons que le vinaigre difiout le plomb,
8c l'étain le fer : les matières oleagi-
neufes font pénétrées par celles qui
participent du fel , & celles -cy par
les fulphurécs , bien qu’elles foient
fort diftemblables en fubftances : un
menftruë bénin difiout un corps qui
a beaucoup de confiftance , & qui rc-
ilfte à un autre menftruë beaucoup
plus fort : ce que l'on obferve dans
l’cfprit volatil du fel marin , préparé
comme il faur, lequel n'ayant aucune
acrimonie difiout l’or , ce que l'eau
forte ne peut pas faire.Cét efprit s’in-
finuë doucement dans les pores, & fans
rien perdre de fes forces il pénétré
les petites parties de l’or, conlume 8c
brife tout ce qui s’opofe à fon effet j
mais l’eau forte s’affoiblit au premier
choc qu’elle donne, & devient incapa¬
ble de pénétrer dans les autres parties,
& de les diftgudre. Céte même eau ,
I4i Par.ï. Des Alteratïfs. Se&. II.
pénétré & dill’oût les métaux & les
pierres les plus dures, ce qu’elle ne fait
pas dans la cire, dans le îbulfre,& les
autres chofes graffes ; tant il eft vray
qu’il y a dans les minéraux 8c dans les
métaux certaines particules , qui ont
tant de raport avec quelques menf-
trucs particuliers,de la façon que nous
avons dit , qu’ils fembltnt s’élever du
centre de la liqueur pour aller à leur
rencontre, & s’unir plus fortement.
Bien que les Chymiftes par leurs
expériences femblent nous perfuader
céte do&rine , ce qu’ils ne pourront
néanmoins pas fe vanter de faire par
aucun diflolvant touchant les pierres
qui fc trouvent dans les reins & dans
la veffie. Et encore que Tachenius
fe donne cét avantage , il y a lieu
pourtant de croire qu’il ait dit par
théorie feulement , jufqu’à ce que des
exemples fatisfallent & convainquent
de ce qu'il avance.
Il y a des diflolvans qui extérieure¬
ment rompent véritablement les pier¬
res , mais qui étant pris intérieure¬
ment ne les fendent pas fans un grand
danger de la vie, tel qu’eft l'eau fortCr-
Chap. X. Des KTephrltlcjUtt.
Que fi on peut donner quelque acide
moins mal-faifant , auparavant qu’il
foit arrivé aux reins , ou lors qu’il efl;
tombé dans la veflïe , il rencontre
quelques alkalis aufquels il fe joint ;
ou quelques corps heterogenes , avec
lelquels en bouillant il fe hurte , &
entrechoque , & par ainfi il perd Tes
forces , & Tes pointes.
Tous les dilïolvans que jufqu’à
prefent on a crû avoir la force de
brifcr les pierres , ne le font d’autre
maniéré qu’en ôtant les eau fes ante-
cedantes qui font difperfées par tout
le corps , ou en confirmant dans les
reins , & dans la veflie l'alkali qui s’y
rencontre, ou en abforbant l’acide, ou
en tirant par la diflblution , la pierre
endurcie, ou rompant les liens qui te-
noient comme étroitemét unies & fer¬
rées toutes fes parties. Céte dernière
façon bien qu’elle foit difficile , elle
n’excede pourtant pas les forces de
l’Art ou de la Nature. Et principale¬
ment fe trouvant à prefent des mens¬
trues très-doux prefque infipides , 8c
nullement acres , qui pénétrent entie-
rcment les minéraux , & les métaux ,
14+ Part!. Des Alteratifi. Scét.II.
& qui font plutôt leurs effets que les
plus violens qui font corrofifs : &
qu'il y a des eaux minérales qui ont
de l'acidité , qui brifent , & qui font
fortir les prières qui ne font pas en¬
cor beaucoup endurcies , & d'autres
néphritiques qui font connus depuis
long-temps , & de nos jours une lorte
de pierre qui cft fi fameufe parmy
les Efpagnols. On peut encore ajou¬
ter les fuivans , par exemple cét Apo-
zéme.
Prenez des racines de perfil, d'apy,
ôc d’arréte-bœuf , une once de cha¬
cune , de bois néphritique, demie on¬
ce ; des feuilles de faxifrage, de parié¬
taire , d'agrimoine , de calcitrape,&
de fenoiiil marin , une poignée de
chacune ; de graine de milium Jolù, ou
petit grernil , de perfil , de paliure, de
crcffbn d’eau , ou berle , deux drach¬
mes de chacune ; de raifins mondez
une once , des grains d’alkckenge
deux drachmes ; des fleurs de tanaile,
& de verge dorce, une pincée de cha¬
cune. Faites unedécottion pour trois
prifes ajoûtant à chacune une once
de fyrop de reffors de la deferiptio»
Chap. X. Des Nûphrhiques. r4j
de Ferncl , ou une once d'oxymcl Am¬
ple , ou fquillitique.
De ces mêmes Amples , on peut
faire des bouillons , & diifoudre à
chacun , comme aufli dans les dofeS
de l’qpozéme , ou dans quelqu’autre
liqueur fpecifiquc quelqu’un des re-
medes fuiyans , tant Galéniques que
Chymiques.
Du hic de limon fraîchement ti¬
ré , jufqu’à demie once , ou une
once.
D'cfprit de terebinthine, depuis Ax
goûtes , jufqu’à dix.
De l’efprit néphritique de Schro-
der , depuis Ax goûtes , jufqu’à
huit.
D’cfprit de tartie , depuis delnie
drachme , jufqu’à une.
Du fel de vitriol nitré de Schroder,
jufqu’à un fcrupule.
Du fel de tartre , de genevre,
d arrete-bœuf , jufqu’à un demi fcru¬
pule.
De l’elixir néphritique de Schro-
uer j jufqu’à une cuillierée.
De l’huile de feorpionsde Matthieu.
*e » jufqu’à une drachme.
G
146 Part.!. Des Alterttifs. Sed.II.
De la poudre de porcelets , jufqu’k
un fcrupule.
De l'efprit de Tel , jufqu’à fix
goûtes.
Des cendres de feorpions , jufqu’à
un fcrupule , ou demie drachme.
On eftime fort la décodtion fui-
vante , pour chafler la pierre , & le
fable qui font dans les reins , & dans
la veine.
Prenez du bois néphritique demie
once > du perfil avec la racine trois
onces ; des grains d’alkekenge, & de
crème de tartre , demie once de cha¬
cun. Faites bouillir le tout dans un
pot de terre, avec quatre livres d'eau,
j-ufqu’à la confomption de trois li¬
vres , vous ajouterez à la fin Une
drachme & demie de canelle, du fucre
eandy trois onces , le fuc de trois li¬
mons fraichcment tiré, retirez prom-
tement dü feu le pot , & quand la dé-
coftion fera rafroidie , paffez-là fou-
vent , vous en donnerez fix onces le
loir & le matin. Ou bien ,
Prenez d’huile d’amandes douces*
thée fans feu , deux onces , du fuc de
limons tout fraichcment tiré & du
Chap. X. Des Néphrétiques. 147
fyrop d'althrea deFernel, une once
de chacun. Ce Julep eft fouverain
dans la colique ren ale, pour faire tom¬
ber la pierre des reins. En U place du
fyrop , on y peut mctrc une once de
fucre candy , & quand la douleur eft
prenante , au lieu de fucre ou de fy¬
rop , on y peut métré demie once de
fyrop de pavot.
Le Julep fuivant eft au fil très-bon
quand il y a fupreflion d’urine , Sc
dans la douleur prenante.
Prenez du fuc de pariétaire , & de
fenouil marin, de chacun une once SC
demie , du fuc de limons fraîchement
tiré, & d'huile d'amandes douces, une
once de chacun.
On en peut préparer un ainfi fur
le champ.
Prenez des eaux de pariétaire , de
guimauve , ou d'écorce de fèves , de
chacune trois onces,- du fyrop de vio-
leres, ou d’althaea, une once & demie,
de l’efprit de tartre , ou de terebin-
Thincjdemi fcrupule, ou au défaut de
ces efprits, on y peut métré une once
de fuc dé limons.
3* Pour chaiïer le fable , & les hu-
G 2
148 Part.I. Des Alteratlfs. Sed.II.
meurs vifqueufes qui font dans les
reins : pour fatisfaire à céte indica¬
tion , on ne fe fert point d’autres re¬
mèdes , que de ceux que l’on a pro-
pofé pour rompre la pierre.
4. Pour faire uriner ; & les remè¬
des qui acomplident céte indication,
s’apellent diurétiques ; à fçavoir
ceux-là qui par la fubtilité de leur
fubftance font pifTer , dcfquels nous
parlerons en fon lieu.
5. Pour arrêter le fang qui fort avec
l’urine. Pour ce fujet la décodion
fuivante pourra fervir.
Prenez des racines d’ozeille , &
de la grande confolide , une once de
chacune : des feuilles de plantin , de
laitue, de pourpier,& de mille-feiiille,
une poignée de chacune; de graine de
pavot blanc , & de pourpier , deux
drachmes de chacune ; des jujubes, &
de la reglifle , demie once de chacune,
des fleurs de nymphée , & de rofes
rouges, une pincée de chacune. Faites
une décodion pour quatre dofes, que
lion donnera le matin & le foir , ajoû-
ranr à chacune du fyrop de' corail,
ou de rofes fcches , ou de pourpier ,
Chap. X. Des Nephritlques. 14$
une once , de fcl de prunelle une
drachme.
Quand il y a douleur caufée par l'a¬
crimonie de l’urine , avec du fang ,
on y ajoute fouvent du fyrop de pa¬
vot trois drachmes.
On y peut aulli métré quelqu’un
des remedes fuivans , tant Galéniques
que Chymiques. Comme ,
Des trochifques de Gordon , juf-
qu’à demie drachme.
Des trochifques d’alkekenge fans
Opium, jufqu’à un fcrupule, ou demie
drachme.
De ceux de corail , ou de terre fi-
gilléc , jufqu’à demie drachme.
Et fans omettre ceux que nous
avons raportez dans le Chapitre
des bouillons pour le crachement de
fang.
6. Pour un débord , & un cxcez
d’urine.
Prenez trois onces de bois de len-
tifc , du bois néphritique une once Sc
demie, du fel de prunelle, demie once.
Faites - les infufer dans huit livres
d’eau de fontaine , fur les cendres
chaudes , pendant vingt-quatre heu-
» jo Part.!. Des uiltermifs. Seéb.IÏ.
tes , & après une legere décodion ,
& l’ayant paflTée , le malade s’en fer-
vira pour fon boire ordinaire , &
fouvent le jour & la nuit , jufqu’à
un verre.
En forme d'opiate.
Prenez de la conferve de cyno-
ihodon , une once & demie -, de la
conferve de fleurs de cicorée , & de
nymphée, une once de chacune , du
fel de prunelle deux drachmes , du
magiftere de coraux > une drachme 8c
demie » de l’opiate de laudanum »
quinze grains , avec du fyrop de ca¬
pillaire faites une opiate , dont vous
donnerez trois drachmes , ou demie
once tous les foirs , auparavant que
ie malade fe méte au lit.
Ou en liniment.
Prenez de l’onguent rofat , quatre
onces , lavez-le avec de l’oxycrat , &:
ajourez - y trois drachmes de fel de
prunelle, & une drachme & demie de
lucre de Saturne , vous en ferez un
Uniment avec du fuc de cicorée, dont
vous en froterez les reins trois fois
le jour.
Chap. XI. Des Hydriques, tj j
CHAPITRE XI.
Des Hyfteriques.
LEs medicamens hyfteriques font
ceux qui font particulièrement
deftinez pour la matrice dans les di-
verfes maladies qui l’ataquent.
L’ufage de ces remedes fe prend
des diverfés indications.
i . Pour arrêter le mouvement de
la matrice dans une fufocation.
Prenez d'eau d'armoife , & de na-
phe , une once & demie de chacune ;
de l’eau de canelle dix goûtes, du
caftorcum deux grains. Faites une
prife pour donner promtement à U
malade.
Quand il y furvient des fympro-
mes qui marquent de la malignité ,
& du danger , comme des mouve-
mens convulfifs , & épileptiques ,
pourveu qu’il n'y ait point de fiè¬
vre , ou du moins qu’elle ne foit pas
forte.
iji Part.I. Des jilteratif s. Secb.II.
. Prenez des eaux de melille , &
d’armoife, une once & demie de cha¬
cune , de vieille thériaque , demie
drachme , du caftoreum deux grains.
Faites une prife.
Il eft bon d'ajouter dans ces po¬
tions , ou dans quelque eau fpCcifi-
que , comme d’armoife, de fleurs d’o¬
range , de meliire , de naphe , quel¬
qu’un de ces remedes Chymiques fui-
vans.
De l'eau de la Reyne d’Hongrie,
depuis dix- goûtes , jufqu’à quinze.
De l’huile d’ambre , jufqu’à fix
goûtes.
D’eau theriacale , jufqu’à demie
once.
Des pilules hyftetiqncs d’Horftius ,
jufqu’à demie drachme.
De l’extrait hyfterique de Schro-
dcr, dépuis un demi fcrupule, jufqu’à
demie drachme.
De l’antimoine diaphonique, de¬
puis dix grains, jufqu’à quinze.
Du fcl de Jupiter, ou d'étain , juf¬
qu’à quatre grains.
Du fel antimonial , depuis trois
grains , jufqu’à quatre.
Chap. X I . Des Hypriques. i j j
De l’efprit de fel armoniaque , juf-
qu'à dix ou douze goûtes.
Lors qu’il y a de violentes tran¬
chées » caufées par la chaleur , il faut
donner de l'opiare de laudanum ,
depuis deux grains , jufqu’à crois.
Ou bien ,
Prenez de l’eau de fumererre qua¬
tre onces , de l’efprit de fel armonia-
*que , douze goûtes , d’antimoine dia¬
phonique , demi fcrupule , de l’eau
de la Reyne d’Hongrie , dix goûtes y
donnez céte potion en une prife, ou
en deux fois. Ou bien ,
Prenez des eaux de melitfc , & de
naphe , une once & demie de chacu¬
ne , d'eau theriacale , demie once , de
l’opiate laudanum deux grains > d'hui¬
le de gerofles , trois goûtes ; donnez
céte potion dans une prife quand
l’aecez eft violent caufe par la cha¬
leur , ou quand il y a quelque mé¬
lange.
On donne le laudanum avec un
heureux fuccez quand la caufe qui
fait les aceez eft violente Si chaude ,
pourveu que les forces ne foient
ttop abatués, ou qu’il n’y ait queU
G s
r/4 Part.I. Der AkeratifiScû.ïl.
que grand aiToupiirement , imitant
en cela Hippocrate , qui dans de
femblables rencontres , donnoit des.
remedes compofcz avec le fuc de
pavot.
Et moy-même, j-’ay arrêté trcs-fou-
vent des mouvemens hyfteriques tres-
violens, & tres-dangereux avec ce re¬
mède. Et j’en raporteray deux exem¬
ples. Le premier fut dans une fille»
maigre , d’un tempérament mélanco-
que , 8c atrabilaire , aflTés âgée , qui
avoir une fièvre double tierce , avec
des convulfions , & une contra&ion
des membres , qui luy canfoit de tres-
grandes douleurs.. Après la faignée
necefl’aire des bras , du pied , & les
autres remedes évacuatifs 8c alteratifs,.
je donnay ordre que la malade prir
deux heures avant l’accez , deux,
drachmes de l’opiate fuivante ; elle en
prît trois^ fois , & la violence des.
fymptomes fut apaifee.
Le fécond exemple fut dans une
fille fanguine & mélancolique, qui.
toutes les nuits droit dans un délire
hyfterique » dans lequel elle rioit 8c
chamoit : ces accidens furent cal-
Chap. XL Des HyfleriqMes. ij;
mez, apres les remet! es généraux, tant
cvacuatifs , qu’alteratirs , par l’ufagc
de la même opiate ; dont voicy la
defeription.
Prenez de conferve de fleurs de
crcorée, une once & demie; de con¬
fection de hyacinte , fans mufe , 8c
fans ambre, une drachme, du mjagiftere
de perles , & du fel de prunelle , une
demie drachme de chacun ; de l’opiate
de laudanum , un fcrupulc, du cafto-
reum dix grains , avec du fuc de me^
lille , ou de cicotée faites une opiate
de laquelle vous donnerez une drach¬
me quand la malade fe métra au lit ,
en beuvant après trois onces d'eau de
cicorée.
Le fécond ufage des hyfterfques
eft pour faire venir , ou avancer les
mois. Surquoy il faut noter que les
remedes qui procurent les mois , ne
fubtilifent pas feulement le fang,mais
encore débouchent les v ai de aux de
la matrice ; car ils font chauds, 8c de
parties lubtiles , fans pourtant beau¬
coup dellccher , de peur qu'en delle-
chant trop le fang>ils n'ôtent la ma¬
tière des mois > 8c c 'eft en cela que
i y d Part.I. Des Akeratlfs. Seél.H.
les medicamens qui procurent les
mois , different des diurétiques j cac
ceux-cy en abfumant , ou en coagu¬
lant , preftent le fang , & par ainft
il fe fait une feparation d'une fubf-
tance fereufe , qui eft la matière des
urine».
On les donne en apozémes , en
bouillons, opiate , poudre, tableres ,,
dont vous en trouverez des exem¬
ples dans chaque Chapitre de ces
formules.
Le troifiéme nfâge eft pour ar¬
rêter les mois qui fluent trop : Par
exemple , céte décoétion pourra fen-
vir..
Prenez des racines de fympHyturr),,
ic de tormenrille, une once de cha¬
cune ; des feuilles de pourpier , de
plantin , de prêle , de la grandecon-
iblide , & de mille- feuille, une poig¬
née de chacune ; de graine d’ozeil-
fe , & de plantin , deux drachmes de
chacune ; des rofes rouges , & de
fleurs de balauftes, une pincée de cha¬
cune. Faites une décoélion pour trois
dk>fesr ajoutant à chacune une once-
de fycop d t coins x ou de rofes fa-
CFiap. X I. Des Hyfiericjuer, rjj
ches , pour prendre le matin , 6c le
foir.
Vous trouverez des exemples de
bouillons , d’opiate , de tabletes , 8c
de poudre , dans chaque Chapi¬
tre qui cft deftiné pour ces formu¬
les.
Il faut remarquer que fouvent dans,
ces pertes , il y a complication de tu¬
meurs , d’abfcez , d’abondance d?hu-
meurs dans le meféntere > d’obftruc-
tions dans les viieeres , aufquelles il
faut remédier y auparavant que d’ufet
des aftringens , & d’autres qui épaif-
fiftent : 8c alors il faut employer les
apéritifs , 6c déterfifs les plus doux ,
én y mêlant quelques aftringens , 8t
êpaifliftans, & y ajoutant de rems en
temps des purgatifs qui, ne ioient pas
violens.
Le quatrième ufage eff pour net¬
toyer la matrice des imputerez qu’el¬
le contient , comme dans les fleurs
blanches , 6c autre fcmblable. Par
exemple.
Prenez des racines d'alperges , d’a-
Py > de brufe , de chacune une onco ;
des racines d’arillolochc ronde 6c de.
* 5 3 Part.I. Des Alteratifs. Sed.II.
gentiane, de chacune demie once ; des
feuilles de cicorée avec la racine , de
tous les capillaires , d'agrimoihe & de
melille, une poignée de chacune ; des
fommitez cParmoife une demie poi¬
gnée -r de graine de melon., de courge
& d'apy, deux drachmes de chacune ».
des fleurs de foucy , une pincée , fai¬
tes une décodion pour trois dofes
ajoutant à chacune du fyrop intitulé
des deux racines.
Il faut continuer cét apozéme pen¬
dant quelques jours , en y mêlant des
purgatifs de tems en tems. Il faut aulK
remarquer qu'il y a quelquefois com-
flkation d'obftrudions avec ces ma-
adies de matrice * aufqitellcs.il faut
pourvoir parles fpecifiques qui font
propres à chacune.
Le cinquième ufage eft pour ayder
la conception , ce qui fe fait par ces
remedes qui corroborent lia matrice
par une chaleur modérée , la réjoüif-
fem par la vertu aromatique qu'ils
ont, &l'apuyent par leur aftrüdion.
Notez que les- remedes que prefque
tous les Auteurs ordonnent contre la
fterilité fout extrêmement chauds >
Chap. XI. Des Hy fl triques. jjp
bien que pour l'ordinaire il y ait une
intempérie chaude des vifceres ; c’eft
pourquoy il faut travailler à ôter au¬
paravant les caufes antécédentes de la.
fterilité , les intempéries , les obftruc-
tions , 8c les amas d’humeurs qui font
autour de la matrice. Pour céte fin on
employé les alreratifs & les purgatifs-
contraires , 8c les eaux minérales. Er
apres que tout le corps aura été fuffi-
famment purgé & netoyé de tout
ce qui fembloit Pembarralfer ; les*
principales parties libres de toute
obftrnétion , 8c rétablies dans leur
premier tempérament , il faut em¬
ployer fes foins à fortifier la matrice,,
8c k la remettre dans fon premier état,
& dans fa jufte température , ce que
Pon pourra faire par les opiates , les,
tabletes , les parfums , &c. Par exem¬
ple dans une indHpo&tion froide.
Prenez des racines confites de pa¬
nicaut 8c de fatyrion, fix drachmes de-
chacune -, de confection d'alkcrmcs
«ne drachme & demie ; de la poudre
de l'éle&uaire de diamofehi & de
gemmis , deux fcrupules de chacune,,
d'ambre gris demi fcrupule , faite»
t6o Part.l. Dcr /4lteratifs. St&.ÏÏ.
une opiateavec du fyrop de confiturtt
d'écorce de citron , de laquelle vous
donnerez une drachme ou deux , le
matin & le foir , en beuvant apres un
.peu de vin.
Dans une intempérie chaude.
Prenez de confcrve de rofcs & de
cynorhodum , une once de chacune
de confeétion de hyacinte deux drach¬
mes , de magiftere de coraux & de
raclure d’y voire , une drachme , de
chacune: de perles préparées, de grai¬
ne de kermes pulvsrifée , &de maftic,
une demie drachme de chacun , avec
du fyrop de grenades faites une opiate,
dont vous en donnerez la grolfeur
d’une noix foir & matin , lorfque la
perfonne fe mettra au lit , en beuvanc
un peu enfuite, d’eau de plantin.
Vous remarquerez premièrement
que les chofes odorantes font contrai¬
res aux femmes fujetes aux partions-
hyftcriques , ou qui les abhorrent na¬
turellement , & pour ce fujer il ne
faut point employer des compo lirions
où le rpufe &c l’ambre entrent.
Secondement qu’il ne faut point
fe fer vii' des ait rin gens dans le teins-
Chap. X I. Des Hydriques, r 6 1
que les mois s’aprochent , mais feu¬
lement trois jours apre's qu’ils ont
celle.
Vous trouverez des exemples des
tabletes & des parfums dans leur
propre chapitre.
Le lîxiéme ufage eft pour faciliter
l’acouchement , & faire fortir l’arrie-
ïefaix , ou l’enfant qui eft mort dans
le ventre de la mere.
Par exemple dans un acouchement
difficile.
Prenez d’eau naphe & d’armoife ,
line once & demie de chacune , d’eau
de canelle deux drachmes, de confec¬
tion d'alkermes, & des trochifques de
myrrhe , une demie drachme de cha¬
cun , de fafran fix grains. Donner
ce Julep en une prife ou en deux.
La potion fuivante eft plus forte ,
mais anlïi elle échaufe davantage , &
pour ce fujet elle eft plus propre aux
femmes plus froides & plus robuftes.
Prenez du diéfcam de Crete , des
ariftoloches longue & ronde, & des
trochifques de myrrhe, de chacun de¬
mi fcrupule, de fafran & de canelle,
de chacun dix grains , de confection
i6i Part.I. Des Akeratifs. Sedl.II.
d’alkermes demie drachme ; d’eau na-
phe & d’armoife , de chacune une
once & demie. Faites une potion que
vous donnerez en une prife.
On peut donner des remedes chy-
miques quelques-uns des fuivans dan*
les potions déjà décrites , ou dans du
bouillon , ou du vin , ou quelque li-i
queur fpecifique comme l’eau naphe,
l’eau d’armoife.
De l’eau impériale jufqu'à trois
drachmes.
De l’eau diftillée d'une tête de cerf
jufqu’à une cuillierée.
De l'huile d'anis depuis ilx goûtes
jufqu’à dix.
- De l’huile de candie jufqu’à cinq
goûtes.
De l'huile d’ambre jufqu’à douze
goûtes.
Ces mêmes remedes fervent auflî
pour faire fortir l’enfant mort, & l’ar-
ricrefaix.
Prenez garde néanmoins, de ne pas
vous fervir de quelques remedes qui
échaufent trop , s’il y a un excez de
chaleur dans les vifeeres , principale*
ment quand l’enfant meurt , & que
Cïiap. XII. Des Arthritiques.
l’acouchement difficile eft caufe par
la violence de la fîévrff ; alors ces for¬
tes de remedes caufcroient une in¬
flammation & une mortification dans
ces parties baffes.
CHAPITRE XII.
Des Arthritiques.
LEs remedes arthritiques font ceux
qui font préparez & comme dcfti-
uez pour fortifier les parties nervcu-
fes éc membraneufes, dont les jointu¬
res font compofées , ou pour guérir
les maladies qui y furviennenr.
De césremedes les uns fe prennent
par la bouche , les autres s’apliquent
fur les parties. Nous ne parlerons
point icy des internes, parce que félon
les diverfes indifpofitîons des vifce-
res , & la nature des humeurs , ils
changent j & on y doit employer ces
remedes que nous avons déjà raportcz
dans fon lieu pour leur préparation.
Les externes ou topiques font dif»
ferents, félon la divcrfité de l’humeur
1^4 Pavt.I. Des A Itératifs. Sed.II.
qui tombe fur la partie , ou qui y eft
déjà arrêté , & la diverfité des fymp-
tomes. D’où on peut voir les divers
ufages des topiques.
Le premier eft dans le commence¬
ment de la fluxion ; car alors fl l’hu¬
meur qui la caufc eft chaude , il en
faut abatre l’ardeur , & empêcher le
progrez de la fluxion , par des reme-
des néanmoins qui ne pouffent pas
{•lus avant l’humeur qui incommode
es jointures.
On fe fert ordinairement de l’oxy-
crat tiède, qui tempere & répercute.
Ou bien.
Prenez des feuilles de jufquiame ,
de morellc & de plantin , de chacune
une poignée. Faites-les boÿillir dans
l’oxycrat. Er quand vous aurez paffé
ladécoétion , vous en fomenterez la
partie deux ou trois ibis le jour. Ou
bien.
Prenez des eaux de plantin , de ro-
fes , & de morclle , trois onces de
chacune ; du fel de Saturne , demi?
once : mêlez le tout pour fomenter la
partie incommodée.
Dans une indifpolition moins
chaude.
Chap.XII. Des Arthritiques, i
Prenez d’cfprir devin reûifié demie
livre , du fel de Saturne demie once.
Faites-en une fomentation.
Remarquez qu’il ne faut pas fe fer-
vir de ces topiques, qu’en même-tems
on ne faifc les remedes généraux ; de
peur que la matière n’aille plus avanr,
& que la douleur ne s’augmente.
Le fécond ufage des topiques eft
pour apaifer la douleur. Par exemple.
Prenez du lait fraîchement tiré ,
demie livre , fervez vous-en tout tiède
pour fomenter la partie. Ou bien ,
Prenez une poignée de feüilles de
Yerbafcum, des fleurs de camomille,
& de rofes rouges , une pincée de
chacune. Faites - les bouillir dans le
lait , & vous en fervez pour fomen¬
tation.
Ou bien en cataplâme.
Prenez demie livre de mie de pain
blanc , faites - la infufer & boiiillir
dans le lait j ajoûtez-y deux jaunes
d’œufs, & un fcrupule de fafran. Fai¬
tes-en un cataplâme. Ou bien ,
Prenez demie livre de fiante de va¬
che ; des Feuilles de jufquiame & de
violetes , de chacune une poignée ,
1 66 Part.I. T) es Attentifs. Se<ft.TL
mêlez-les avec du lait en forme de
cataplâme. Ou bien ,
Prenez de mocle de calTe trois on¬
ces , de mie de pain blanc bouillie
dans le lait, fix onces ; de vitriol brûlé
demie once. Faites-en un cataplâme.
Le troifiéme ufage eft pour digerer
l'humeur qui eft arrêtée fie imbibée
dâs la jointure,la douleur étant palle'e.
Prenez une livre d’eau de chaux ;
d’urine d’enfant demie livre , d’efprit
de vin redtifié, trois onces, mêlez-les,
& en fomentez la partie malade. C'eft
un tres-bon remede pour fortifier les
jointures , & refoudre les humeurs.
Ou bien ,
Prenez d’eau de vie & de vin blanc,
de chacun demie livre -, de vitriol &
de verdet , de chacun deux drachmes.
Mêlez le tout, & mouillez des linges
dedans que vous apliquerez fur le
mal , en y ajoutant demi fcrtipule de
camphre. Ou bien ,
Prenez d’eau de vie 8c d’urine , de
chacune demie livre ; d’efprit de tartre
ou de terebinthine , de chacun demi
once , dont vous vous fervirez pour
baffiner la partie malade. Ou bien ,
Chap. XIII. Des Hydrotiques. tg7
Prenez des feuilles d’armoife , de
calamus , & de fange , une poignée de
chacune : des fleurs de camomille ;
de millepertuis , & de rofes rouges de
chacune une pincée. Faites boüillir le
tout dans de l’eau &du vin rouge, fur
la coulature d'une livre & demie, vous
ajouterez du fel commun , ou de ni-
tre, deux onces. Servez-vous-en pour
badiner la partie malade.
Les bains des eaux qui participent
beaucoup de foülfre, du nitre, du bi¬
tume , & de l’alun, & la bouc qui s’en
tire apliquée detïus la partie incom¬
modée , fervent beaucoup pour refou¬
dre pour fortifier , comme aufli le
bain d’eau de la Mer.
CHAPITRE XIII.
Des Hydrotiques.
LEs hydrotiques font des remedcs
propres pour deflecher, ouvrir les
pores, & provoquer les fueurs, ils con¬
viennent à plufieurs maladies qui en
ttïême-tems ataquent plufieurs parties.
3 68 Prat.I. D es Alteratifs. Sed.II.
Et parce que dans l’ufage des hydro-
riques il faut obfcrver une diète exac¬
te , c’eft pour cela que l’on apelle diè¬
te une décoftion faite d’un ou de plu¬
sieurs fudorifiques pour Simplement
préparer les humeurs , ou pour vuidcc
par la tranfpiration , ou par la fueur.
Céte dècodion fe compofe d’une
ou plufieurs racines, comme de fqui-
ne, de falfeparcille, du bois & de 1 ’è-
corce de guavac,de fairafras,dé buys,
de lentifc , & d'autres femblables. Le
guayac eft propre aux maladies &
tempetamens froids : la fquine & la
falfepareille aux chauds, & qui font
contraires à ceux qui font maigres &
d’un tempérament trop chaud.
Pour chaque once de racine , il y
faut mètre une livre d’eau ; & aupa¬
ravant que de les faire boiiillir, il faut
les laiflcr infufer pendant vingt-qua¬
tre heures , ou moins quand on veut
moins delfecher : Il faut que le vaif-
feau dans lequel fe fait la décoètion
fpit bien fermé : & elle fe doit faire à
petit feu jufqu’à la confomption de
i*a troifiéme partie. La dofe eft de fix
ou huit onces , félon l’âge , que l’on
donnera
Chap.X III. Des Hydroiiques. 165
donnera le matin à jeun, & quelque»
fois le foir fur les quatre heures. Si
l’on veut provoquer les fueurs,il fau¬
dra couvrir la per fonne de couvertes,
ou la mette dans un lieu propre à
fucr.
Il en faut continuer l’ufage pendant
quinze, vingt , ou trente jours, félon
la neceflit^ cle la maladie , l'âge & le
temperament.il faut garder un régime
de vivre qui atténue &qui defleche ;
moins pourtant dans des temperamens
chauds , pourlefquelson metra quel¬
ques racines qui diminuent la chaleur
8c la force de defTccJaer du fudorifique.
Auparavant la dicte il faut difpofer
le malade par des alteratifs 8c purga-
tifs , de peur que par la violence du
fudorifique , les humeurs fe venant à
fondre, ne fe jétent par tout le corps.
Ht parce que par l’ulage des fudorifi-
ques ce qu’il y a de plus fubtil dans
les humeurs fe diflipe, & le plus gref¬
fier demeure , il faut tous les fix ou
huit jours donner des purgatifs j 8c
les autres jours , fl on le trouve à
Propos , donner des lavemens.
Il y a trois fortes de fudorifiques,
H
170 Part.I. Des Akeratlfs. Se&.II.
ou de dicte -, l’une alterative , l’autre
fudorifique,& latroifiémc purgative.
Le premier ufage eftdans la verole,
maladie des jointures , fluxions du
cerveau inveterées, toutes autres ma¬
ladies froides , & principalement qui
font depuis un longtems , dans des
corps froids & gras.
Prenez du bois de guayac raclé,
quatre onces ; de l’écorce du même
guayac deux oncesilailfez les infufer
pendant vingt-quatre heures fur les
cendres chaudes, dans fix livres d'eau
de fontaine; apres faites les bouillir à
petit feu, jufques \ la réduction delà
moitié. Vous en donnerez fix ou huit
onces , en couvrant bien le malade , fi
l’on veut provoquer , la fueur , ou
bien entrant dans des étuves.
Prenez de racine de fquine ou de
falfepareille , coupée en petits mor¬
ceaux trois onces , trois livres d’eau
de fontaine , laiflez-lcs infufer pen¬
dant 14 heures , & apres faites-les
bouillir jufques à la moitié , vous en
donnerez comme nous avons déjà,
marqué dans la precedente décoébion.
Quand on craint de trop delfc-
Chap.XÏII . Des Hydrotiques. 171
cher , la rédudion de la décodion
ne doit pas paficr outre la troifiéme
partie.
Dans les vifceres échaufez , dans
des humeurs Talées & brûlées , dans
la toux & autres indifpofttions chau¬
des , on peut ajouter à la fin de la
décodion demie once dereglifie , &:
deux onces de râifins , de la cicorce
avec fa racine, d’agrimoine & de pini-
pinelle , de chacune une poignée.
Quercetan dans l’intemperie chau¬
de des reins, avec ulcéré , dans une
difficulté d’urine cauféeoar une pitui¬
te Talée & mucilagineufe , ordonne la
fuivante décodion.
Prenez de racine de Tquine coupée
en tranches,une once,d’eau de fontai¬
ne fix livres , du Tue de limons troi»
onces ; laiflez les infufer pendant dix
heures ; faites les bouillir jufques à la
confomption de la troifiéme partie :
pafiez-la , & en donnez au malade
pour Ta boilTon ordinaire , 8c dans le
telle du jour il en prendra fix ou huit
onces , deux ou trois fois.
On compofe quelquefois ces
„ décodions de plufieurs de ces ra--
H z
l-ji Part.I. Des Jlteratifs. Sed.II.
cincs enfcmble. Par exemple.
Prenez trois onces de racine de
guayac ; une once de racine de falfe-
pareille , que vous laiflerez infufer
dans lîx livres d’eau de fontaine. On
bien de guayac, de falfepareille & de
fquine ; ou de falfepareille & de fqui-
ne ; ou de falfepareille & de faflafras,
ou de fquine & de bois de lentifc , en
choifiifantlcs fudorifiques qui con-
vienent mieux à l’humeur qui eft
l’auteur du mal , & au tempérament
du malade.
Il faut remarquer que dans la Verole,
l’ufage des fudorifiques eft nuiiible
aux temperamens çhauds &fccs;il y a
plusd’all'urancc aux bouchets compo-
fez de fquine ou de falfepareille , aux
bains, & aux fridion mercurieles.
Pendant l’ufage du fudorifique les
humeurs les plus fubtiles fe refolvent,
& les plus grofïicres demeurent , le
corps s’cchaufc & deffechc ; & pour
l’in on dion du mercure il faut que les
corps foient humedez,& que les hu¬
meurs foient fluides , c’eft pourquoy
les fudorifiques njuifent à ceux que
l'on veut froter de mercure.
Chap.XIII. T) es Hydrotiques. 173'
' La fuîvante décôétion eft bonne
pour les maladies froides & humides
du cerveau,& même à la verole,pour
jwécaution , 8c dans la gonorrhe'e
invcterée, dans un corps, humide.
Prenez d’antimoine crüd V groflïe-
rcment pilé , 8c mis dans un nouer ,
quatre onces : de falfeparetile coupée
en petits morceaux , 8c de coques de
noix pulverifées , trois onces de cha¬
cun. Laiflèz-les infufer pendant 14.
heures fur les cendres chaudes dans
huit livres d'eau de fontaine. Faites
les bouillir à petit feu jufques «1 la
moitié : paflez la déco&ion & la gar¬
dez dans une bouteille de verre, donc
vous en donnerez le matin à fix heu¬
res, le foir à'quatre , 8c quand le ma¬
lade fe va métré au lit. La dofé fera
de huit ou fix onces, pendant quinze
eu vingt jours.
Il faut bien prendre garde de mêler
des acides danscéce décoétion , com-
thed’elprit de vitriol, de fouphre , de
fel de tartre & autres femblables : car
ces efpiits pénétrent 8c ouvrent l’anti J
moine , 8c en exaltent les parties ful-
phureufes ; 8c decéte façon rendent
H J
174 Paït.ï. Des AlterAtifs. Seét.IÏ.
la dcco&içn trop vjojentç , émerique
Çc purgative ; bien que de foy il foit
feulement diaphonique & deficcatif.
CHAPITRE XIV.
Des Bouchets.
PEndant tout le tetns de la dicte
l'on ordonne un boucher, ou fé¬
condé dcco&ion pour laboilTon ordi-
naire , qui fe fan des mêmes racines
qui ont iervi à la première décoction.
Par exemple.
Prenez les racines reliées de la pre¬
mière -décPéfcion , faites- les infufer
fur les cendres chaudes pendant dou¬
ze heures dans, huit livres d’eau de
fontaine ; faites les enfuite bouillie
jufques à la confomption de la troi-
fiéme partie ; ladécoétion étant paf-
fée,.le malade s’en fer vira pendant ù.
boi lion ordinaire. Que A on laveur
rendre, plus forte on y ajoûteraune
once de falfepareille.
On ordonne quelques fois les bou¬
chers fans dicte dans les maladies froi-
Chap. XIV. Des Bouchets. i7;
des & humides du cerveau, des nerfs,
de la poitrine, dans la gonorrhée, &C.
Par exemple.
Prenez des racines de fquine cou¬
pées en tranches , ou de falfepareille
coupée en petits morceaux , une once
& demie , faices-la infufer pendant
douze heures dans dix livres d'eau de
fontaine ; faites-les bouillir jufques
à la confomption de la troifiéme par-
tiç , & l’ayant paflee , le malade s’en
fervira pour la boiffon ordinaire.
SECTION III.
Des Aller al ifs & Vurgatifs.
L arive fouvent que l’on eli
obligé à raifon de l'abondance
des humeurs , & de leurs mauvaifes
qualitez de mêler les purgatifs avec
les altèratifs. Et ainfi tous une même
forme de remede l’an tempere les hu¬
meurs , & on les vuide , ce qui fe fait
de la maniéré que nous propoferons.
H 4
»7 6 Part.I. Des Alteratifs. Se&.IÏI.
CHAPITRE PREMIER.
Des Apozémes purgatifs.
LEs apozémes purgatifs font ceux-
là qui ne préparent pas feulement
les humeurs , mais qui les vuident
aufli en mêlant des purgatifs avec les
alteratifs.
Il y a quatre fortes de ces apozémes,
félon la différence des quatre humeurs
que l’on veut purger : comme le cola-
gogue qui purge la bile > le phlegma-
gogue la pituite ; le melanagogue, la
mélancolie ; lJhydragogue,les ferofi-
tez -, on y ajoute celuy qui purge
les quatre humeurs en même tems ,
ou plufieurs àla fois.
Ces Apozémes fe compofent des
mêmes fimples que les alteratifs ; on
y ajoûte les purgatifs fimples avec
leurs corrcêtifs , comme le polypode;
le féné , l'agaric , le turbith , la raci¬
ne de mechoacan, d'hellebore, & au¬
tres fcmblables.
On ne met pas la rhubarbe dans
la décoêtion , mais en infufion feule¬
ment, parce qu’en bouillant fa vertu;
Chap. I. Des Apozémes purg, 177
purgative avec la partie volatile fe
dimpe , la plus groflicre , & terreftref
& aftringente demeure dans la dé¬
codion. On ne doit pas aufïï or¬
donner la racine de jalap , parce
que les chofes oleagineufes > & rc-
nneufes ne fe Fondent pas par les
aqueufes , ou certes que tres-foibU-
ment.
On doit garder céte dofe dans
les purgatifs , que s’ils font violensy
il en faut mettre au double plus dans
la décodion que dans l'infufion } que
s’ils font médiocrement forts , il en
faut mettre au triple ; que s’ils font
doux y au quatruple. Par exemple >
.s'il y a une once & demie de poly'-
pode , & de féne , la dofe du tur-
bith , des bermodates , & de l’agaric
fera de demie .once , de rhubarbe in*
fuféc trois drachmes,ou demie once :
l'on ajoute dans la. dilfolution quel¬
que fyrop purgatiF , & quelquefois
on dillout alternativement dans les
prifes de la poudre ou de la refi¬
ne de jalap -, 0.11 quelqu’ autre extrait
purgatif, félon le delfïin que l'on a.
Ces apozémes s'ordonnent ordi-
>78 Part.I. Des jilteratifs. Sett.III.
nairement pour trois ou quatre pri¬
ses.
Notez que la dofe des purgatifs
doir être plus forte dans la décoétion
que dans l’infufion , premièrement
parce que la violence du feu diffipe
la force des purgatifs qui confite
dans un efprit volatil. Secondement,
parce que la liqueur étant remplie ,
& comme toute abrevée des parties
des alteratifs que l’on y a fait boiiiU
lir , à caufe de la vifcofité , & le trop
d'épaifl'eur qu’ils luy communiquent
par la cuite , eft moins propre pour
recevoir les facultez des purgatifs :
Et pour cela c’elè du devoir d’un fçà-
vanr Artifte , de ne pas faire bouillir
Jes purgatifs à grand feu.
Auparavant que de donner ces
apozemes purgatifs , il faut ouvrir la
veine k ceux que l’on juge qu’elle eft
neceftaire , & tout autant de fois que
la difpofitkm du malade, & la nature
du mal le permettront ; & donner une
purgation minorative, c’eft à dire qui
ne loit pas violente. Et quand les hu¬
meurs trop échaufées empêchent l’ef¬
fet de la purgation, il faut donner des
Chap. I. Des Apozernes purg, 1 79
alteratirs Amples, en décodion, ou en
bouillons, 6c meme faire des fomen¬
tations.
Des Apoze'rnes pour purger U bile.
Ces Apozémcs font bons pour les
maladies caufées par une abondance
de bile avec des obftru&ions dans les
fièvres tierces bâtardes , 8c pour ôter
les relies qui demeurent apres les fiè¬
vres intermittantes, 6c continues. Par
exemple.
Prenez des racines de brufe , 8c
d’afperges, de chacune une once -, des
feuilles de cicorèe avec les racines ,
d’agrimoine, de pimpinellc, 8c de ca¬
pillaire, de chacune une poignée ; de
polypode de chêne concalTé , 8c de
fend mondé , une once 6c demie de
chacun , de tamarins une once , de
cryftal de tartre demie once, de grai¬
ne de coriandre 8c de fenouil , demie
drachme de chacune ; des fleurs de
violetes, de bourrache, 8c de buglofe,
une pincée de chacune. Faites boiul-
lir le tout pour trois dofes , 8c dilTol-
ycz à chacune une once de fyrop rofac
1 8o Part. T. Des Alteratifs. Scft.III.
iolutif , pour prendre tous les matins,
trois heures avant que prendre un
boiiillon.
En la place de ce fyrop , on y
peut ajoûter une once d'eau de rofes
pales de neuf infufions , ou une on¬
ce de fyrop de cicorée avec la rhu¬
barbe.
Si les premières dofes ne purgent
pas fufhfamment , on dilfoudra dans
la derniere prife une once de manne.
Si la faifon , & le grand feu des
humeurs ne l'empêchent , on peur
en place de la manne , y dilfoudre
trois drachmes, ou demie once de l'é-
le&uairc de cîtro , ou de diaprunum
compofé.
Des Apoz.érnes qui purgent U pituite .
Cçs Apozémcs fervent dans les in-
difpofitions froides & humides dît
cerveau , des nerfs , dans I‘apoplcxier~—
paralyfie , tremblement , dans les fiè¬
vres cauQcs par la pituite ; dans les
obftruêHons faites par la pituite.
Prenez des racines d’ache , d'af-
PCrg«s x de fenouil > de perfil > & de
Chap.I. Des Jpoze'mts purg. jSï
brufe , fix drachmes de chacune > des
racines d’aunée , & de valériane , de
chacune demie once : des feuilles de
cicorée, d’agrimoine , de germandre'e
& de betoine , une poignée de cha¬
cune; de polypodede chêne concaiTé,
& deféné, une once & demie de cha¬
cun , d'agaric nouvellement trochif
qué , & des fiermodares , demie once
de chacun ; de turbith gommeux , Sc
de racines de mechoacam,de chacun
trois drachmes ; de coriande , & de
graine de fenouil , une drachme de
chacun , des fleurs de geneft , une
pincée. Faites une décoétion pour
trois prifes qui ne feront point clari¬
fiées , mais paflees fouvent , ajoutant
à chacune une once de fyrop rofat
foludf.
Dans la derniere vous difloudrez,
fi les precedentes n’ont pas aflez
purgé , trois drachmes , ou demîe
once de l’cle&uaire de diacarthat», ou
de diaphonie.
z8z Part.I. Des A Itératifs . ScéUlI.
Des Apozemes qui purgent la
mélancolie.
On s’cn fert dans toutes les mala¬
dies caufées par l’humeur mélancoli¬
que, pourveu qu’il n’y ait point de
grande chaleur dans les humeurs , ou
quelque empyreume caché ; & dans
ce cas , il faut premièrement em¬
ployer les alteratifs , tant internes
qu’externes , & les purgatifs bénins
en tifane, l'infufion de callc, & autres
femblabics. Voicy un exemple de ces
fortes d’apozémes.
Prenez des racines d’ache , de fe¬
nouil , & de perfil , de chacune une
once , de la racine d’aunée , & de l’é¬
corce de la racine de frêne, de chacu¬
ne demie once -, des feuilles de ci-
corée , de fumeterre , de ccterac , de
melilTe , & d’agrimoine, une poignée
de chacune ; des fommitez , d’afper-
fes , & d’houblons , demie poignée
e chacune -, de polypode de chêne
concaffé , & de féné mondé, une once
& demie de chacun? des racines d’hel-
lebore noir préparé , demie once, d’a-
Cap. I. Des Apoze'm. purg. j g ;
garic nouvellement trochifqué, & de
racine de mechoacam, trois drachmes
de chacun i de tartre calybé , deux
drachmes ; de graine de fenouil & de
periil , de chacune une drachme, d’é-
pityme , des fleurs de violetes & de
ioucy , une pincée de chacune. Fai.
res une déco dion pour trois dofes.
Ajoutant à chacune une once de fyrop
de pommes compofé , & dans la der¬
nière, s’il eftneceflaire , dilfolvez-y
trois drachmes j ou demie once de
confedion d'hamec.
Des Apozcmes pour purger les profitez.
Ces apozérries s’ordonnent quand
il y a un amas de ferofitez dans le bas
ventre &dans les veines , dans l’hy-
dropifie, dans une mauvaife indifpo-
fition de tout les corps , que l’on
nomme cakexie. Par exemple.
Prenez des racines d’apy,de brufe,
de fenouil , une once de chacune i
des racines de panicaut , & d’iris de
pays , de chacune fix drachmes : des
feuilles d’agrimoine , de polytric , &c
de choux marin, une poignée decba-
1 84 Part.I. Des A Itératifs . Se&.lII.
cune : de polypode de chcne concaf-
fée, &deféne mondé , de chacun
un once & demie , de turbith & de
racines de mechoacam , trois drach¬
mes de chacun ; de graine de fenouil
& d’hyeble,une drachme & demie de
chacune des fleurs de tamarife &
de geneft , une pincée de chacune.
Faites bouillir le tout pour trois do-
fes , ajoutant Si chacune un once de
fyrop derofes pâles,deneufinfufions;
ou une once de fuc d’iris de pays dé¬
puré , Sc que l’on aura fait un peu
bouillir avec du fucre j ou une once
de fyrop rofat folutif , ou autant de
celuy de fleurs de pefehier.
On peut ajouter dans la pre¬
mière & dernière dofe , fix ou huit
grains de refine de jalap ; ou bien
dix ou douze grains de poudre de
racine de, jalap , ou demie drachme,
ou une drachme de tabletcs de diacar-
iham.
Des Apoze'mes pour purger quand il y a
mélange à' humeur s.
L’ufage de ces apozémes cft dans
Chap. I. Des Apoaémes purg. i
les obftruébionsinveterées des vifceres
avec amas d'humeurs mêlées enfemble,
& pour la préparation des humeurs
qui fe doit faire pour la curation de la
verole , quand le bas ventre eft com¬
me farcy d'impuretez. Par exemple.
Prenez des racines de brufe , &
d’ache , une once de chacune ; d’é¬
corce de la racine de capes , de frêne-
& de tamarife , demie once de chacu¬
ne •, des feuilles de cicorée avec la
racine , de tous les capillaires , une
poignée de chacune , de l'hellebore
noir préparé avec du vinaigre , trois
drachmes ; du polypode de chêne
concafTc , & de féné mondé > une
once & demie de chacun ; d’agaric
fraîchement trochifqtié & d’hermo-
dates , demie once de chacucun ; de
tutbith gommeux & de racines de me-
choacam, de chacun trois drachmes,
de graine de fenouil , d’apy , & de
perfil , une drachme & demie de cha¬
cune ; d’epithyme & de fleurs de
violctes , de bourrache & debuglofe,
une pincée de chacune: faites bouillir
le tout pour trois dofes non clarifiées,
mais pallées plufieurs fois.Vous ajoîU
1 8 6 Part.I. Des Alteratifs. Se&.III.
terez dans la décoébion trois drach-
mes de rhubarbe qne vous aurez fait
infufer dans l’eau de cicorée avec du
fantal citrin , & que vous aurez ex¬
primé } & à chaque prife de cét apo-
zéme vous , difloudrez une once de
fyrop rofat folutif, ou du fyropdc rô¬
les pâles de neuf infufions, qu’il pren¬
dra pendant trois matins,trois heures
auparavant que prendre un bouillon.
CHAPITRE II.
Des Bouillons alteratifs &
purgatifs.
LEs bouillons purgatifs Ce font
quand on infulc , & on fait un
fieu bouillir du féné dans les boüîl-
ons Amplement alteratifs dont nous
avons parlé dans la première feélion :
on y dilîout quelquefois de la manne,
ou quclqu’ autre elcétuairc ; dont voi-
cy-des exemples.
Prenez du féné mondé trois drach¬
mes , d’anis &de creme de tartre, de
chacun demie drachme , de fuc de li-
Ch.II. Des Bo'ùll. ait. & pnrg. igy
«ions nouvellement tiré , une once.
Lai liez les infufer pendant demie heu¬
re, & enfuite bouillir quelque peu
dans un bouillon rafraichillant que
vous preflerez, & que vous donnerez
à feptou huit heures du matin.
Il faut prendre garde de ne métré
point dans ces bouillons des acides,&
autres chofes aigres , dans les mala¬
dies de la poitrine , comme la toux,
crachement de fang , & autres fem-
blables.
On doit aulïï ordonuet tin bouil¬
lon purgatif dans chaque quatrième
pvife des alteratifs , par exemple.
Prenez trois drachmes de féné mon¬
dé , d’anis & de creme de tartre de
chacun demie drachme , faites-les in¬
fufer & enfuite un peu bouillir dans
chaque quatrième prife du bouillon
alteratif , & dans la huitième prife
l'on y dillbudra une once, ou une on¬
ce & demie de manne de Calabre.Quc
fi l’humeur prédominante oblige , &
que la fièvre, n'y répugné pas, princi¬
palement quand il raut vuider des hu¬
meurs grofliercs , pituiteufes & mé¬
lancoliques, on y dilfo-ut trois drach-
r88 Part.I. Des Alte{*tifs. Se&.III.
me , ou demie once de l’ele&uaire de
citro , ou de diacartham.
Voicy une formule d'un bouillon
purgatif pour la curation ou précau¬
tion dans des perfonnes foibles &
maigres ; dans les maladies chaudes
de la poitrine , la toux , le crache¬
ment de fang , l'afthme , la difpoii-
tion àlaphthifie.
Prenez des racines de bugle & de
cicorée , de chacune une once ; des
feuilles de cicorée , de pimpinelle,
de capillaire , & d’agrimoine , une
poignée de chacune. Faites-les boiiil-
lir avec un morceau de colet de veau,
ou de mouton ; l’ayant paflfé vous y
ferez un peu bouillir ttois drachmes
defénénetoyé , d’anis & de creme de
tartre , demiedrachme de chacun , &
en fuite l’ayant pafïe & prelfc vous
diiroudrez une once , ou une once 8c
demie de manne.
Chap. III. Des Syrops Mag. i8<>
CHAPITRE III.
Des Syrops Magijlraux.
ON fait les Syrops Magiftraux,ou
de décodion d’alteratifs , & de
purgatifs , ou de fuc des herbes avec
du lucre , en les faifant bouillir, juf-
ques à la confiftance de fyrop.
On fe fert des décodions d’alte-
ratifs dans les maladies inveterées du
foye , de la rate , & du mefentere ,
quand on a dellein de purger & d’ou¬
vrir.
On employé les fucs dans les
maladies qui dépendent des hy-
pocondres , & des autres indifpofi-
tions mélancoliques caufées par l’a-
trabile , comme les cancers , in,
flammation des hypocondres , le
feorbut , quand il faut humeder &
rafraichir ; & en céte rencontre les
fucs font meilleurs,parce qu’ils abon*
dent plus en fels qui font dans les
plantes, que les décodions, dans lef-
quelles il fc rencontre moins de fel
i<) o Part.I. Des AUeratifs , Sed.III.
volatil àraifon du feu qui en a fait la
dillipation.
La dofe des purgatifs dans ces fy-
l'ops doit être trois ou quatre fois
plus forte que dans les apozémes.
On y ajoute du fucrc ou un peu
de miel avec le fucre dans les indifpo-
fitions froides des poumons , tant
afin qu’ils fe confervent plus long-*
tcms , que pour les rendre plus agréa-*
blés à prendre.
La proportion de la liqueur au fu-
creou au miel doit être double } ou
triple ; fi , par exemple il y a trois li¬
vres de liqueur , il faudra métré une
livre & demie de fucre, ou félon quel¬
ques-uns, une livre, félon que l'on le
veut faire plus ou moins épais,ou que
l’on le veut plus purgatif;car plus l’on
y mettra de fucre , il en fera moins
purgatif, & il échaufera davantage.
La dofe eft jufques à une once 8C
demie , ou deux onces , félon que le
fyrop eft plus ou moins purgatif, les
humeurs que l'on veut vuider, & l’â¬
ge du malade.
On le donne avec du bouillon , oà
Ton aura fait cuire des herbes félon
l'intention que l'on a s6u avec du pe¬
tit lait ,ou a^ec des eaux de buglofe,
ou de bourrache, ou autre fembïable.
L'ufage de ces fyrops eft dans les
maladies longues du foye , de la rate >
dans les indi (portions des hypocon-
dres , toute forte de mélancolie , dans
les maux de matrice , des poûmons,
dans les fcorbutiques,dans les cancers,
dans lcfquels apres les remedes géné¬
raux tant preparans que purgatifs ,
pendant un mois ou davantage, l’on f&
lert de boiiillons alteratifs , de petit
lait d’anefle, & de fix en fix jours, ou
de huit il faut purger doucement ; ou
parce que ces fortes de maux durent
plufieurs mois , ou qu’étant guéris ils
retournent ; on purge par ces fyrop»
une ou deux fois le mois.
Voicy un exemple d’un fyrop ma-
giftral fait d’une décoékion qui prépa¬
ré & purge indifféremment toutes les
humeurs.
Prenez des racines d’afperges , de
brufe & d’ache, une once & demie de
chacune ; d’écorce de racines de ca¬
ptes , & de- frêne, de chacune une on¬
ce i des feuilles de tous les capillaires*
1 9 1 Part.I. Des A Itératifs . Sc&.III.
d'agrimoine , de cicorée avec la ra¬
cine, une poignée de chacune ; des
fommitez d’aiperges & d’houblons ,
demie poignée de chacun ; de graine
d’ache & de perfil , demie once de
chacune; des fleurs de violetes , de
buglofc Sc de bourrache , deux pin¬
cées de chacune. Faites boüillir le
tout , & dans deux livres Sc demie de
la coulature,infufez-y & faites un peu
boiiillir , félon les réglés ordinaires,
de polypode de chêne concalFé , &
de féné mondé , trois onces de cha¬
cun ; d'agaric nouvellement trochif-
qué > d’hermodates , & du turbit
gommeux , une once de chacun , de
racines de mechoacam , demie once ;
d’epithyme , une once ; de canelle &
de graine de fenouil , une drachme &
demie de chacun. Faites-en l’expreflîô
jufques à une livre & demie , & y
dilfolvez une once de rhubarbe infü-
fée dans de l’eau de cicorée avec du
fantal citrin ; une livre & demi de
fucre blanc. Faites un fyrop que vous
ferez cuire comme il faut.
Le fyrop fuivant , cft plus propre
quand la chaleur prédomine.
Prenez
Chap.IH. Des Syrops Mag,
Prenez des racines d’alperges , de
brufe & de buglofe , de chacune
deux onces i des feuilles de cicorée
■8c de tous les capillaires, une poignée
de chacun ; de reglilïe ratilïee , 8c de
raifins mondez , & de crème de tar¬
tre , une once de chacune ; des fleurs
de violetes , de bourrache , de buglo¬
fe, 8c de cicorée, deux pincées de cha¬
cune. Faites bouillir le tout , & dans
deux livres de la coulature , infu-
fez - y , 8c faites un peu bouillir de
polypode concall’é , & de féné mon¬
dé , trois onces de chacun ; d’agaric
fraîchement trochifqué , & des her-
modates , une once de chacun ; de
tartre vitriolé une drachme ; dans
l’expreflion d’une livre & demie ,di£.
folvez-y une once de rhubarbe qui
aura infufé dans l’eau d<* cicorce avec
du fantal citrin , & que vous expri¬
merez : ajoutez - y fix onces de l’eau
de neuf infufions de rofes pâles , &
une livre & demie de fucre blanc ,
faites - les cuire en la confiftance de
fyrop.
Voicy un fyrop magiftral fait de
fucs.
I
IP4 Part. T. Des Altérât Ifs. Se&.Iir.
Prenez deux livres des lues nouvel¬
lement exprimez & dépurez de cico-
rée , des deux efpeces de buglofe,
d'houblons & de fumeterre ; du fuc
de pommes de renetes , & des neuf
infuiîons de rofes pâles , une livre de
chacun ; de féné mondé quatre onces,
de polypode de chêne concairé , de
graine de cartham & d’épithyme,
deux onces de chacun ; de racines
d’hellebore noir préparées avec le vi¬
naigre , une once & demie ; d’agaric
nouvellement trochifqué , du turbith
& de racines de mechoacam , deux
onces de chacun -, de tartre vitriolé
une once, de gerofles, & de gingem¬
bre , de chacun une drachme , faites
les infufer & bouillir le tems qu'il
faut : dans deux livres de la coulature,
diflolvez une once & demie de rhu¬
barbe qui aura infufée avec du fantal
citrin dans une livre des lues , & que
vous exprimerez ; ajoutez - y vingt
onces de fucre blanc. Faites -en un
fyrop.
Le fyrop fui vanteft très- bon dans
les maladies qui ont leur caufe dans
les hypocondres , dans les amas des
Chap.III. Des Syrofs Mag. 19-
humeurs bilieufes brûlées , dans la
phthifie , crachement de fang,.& au¬
tres indifpofitions -, dans lefquclles il
faut purger fouveut,& quel’on craint
lin remuement d'humeurs , principa¬
lement dans les perfonnes foibles ,
maigres, & qui ont les vifeeres échau-
fez.
Prenez une once de féné mondé ,
une drachme de coriandrcjdemie once
de rhubarbe , une drachme de fantal
citrin , & vingt onces d’eau de cico-
réc ; mettez-les infufer fur les cendres
chaudes pendant fix heures ; dans la
coulature que vous aurez preilee dif-
folvez quatre onces de moclc de caf-
fe nouvellement extraite , que vous
lairterez encore infufer pendant qua¬
tre heures , aulïi chaudement , en re¬
muant de tems en tems avec une cuil-
liere : partez & exprimez la, & enfui-
te vous y ajouterez & diiïoudrez trois
onces de manne , & quatre onces de
fucre blanc , faites-les fondre à petit
feu fans bouillir , en remuant fou-
vent avec une cuilliere , faites un fy-
rop d’une confiftence telle qu’elle doit
dtre.
rit)é Part.I. Des Altérât ifs. Seét.IIÏ.
La dofe de ce fyrop eft jufqu’à
deux ou trois onces.
Voicy comme on fe fert de ces
fyrops magiftraux.
Prenez deux onces du fyrop ma-
giftral cy -devant ordonné , (plus ou
moins félon l’âge, la nature de la
maladie , & l’effet déjà reconnu de
la compofition ) diffolvcz - les dans
un boüillon rafraîchi (Tant, ou dans
du petit - lait , ce que vous jugerez
qu’il en faut , que le malade prendra
le matin. Que s’il ne purge pas affez,
faites un peu bouillir dans le boüil¬
lon ou dans le petit-lait , deux ou
trois drachmes de féné , 8c l’expref-
fion en étant faite, vous y dillou-
drez le fyrop comme nous avons déjà
marque.
Ch.1V. De la Die't. ait. &purg.
CHAPITRE IV.
De la Diète alterative & pur*
gative.
LA diète ou eft alterative & fudo-
rifique , de laquelle nous avons
traité dans le douzième Chapitre de
la fécondé Sedion ; ou elle eft aufli
purgative , de laquelle nous traiterons
dans ce Chapitre.
Céte forte de diète n’eft autre cho-
fe qu’une décodion qui delTeche , ôc
qui provoque les fueurs , & qui éva¬
cue par le bas.
Céte décodion fe fait de fudorifî-
ques & dans la même dofe que nous
avons marqué dans la fécondé Sec¬
tion ; on n'y met les purgatifs qu’eni
petite quantité , & quatre fois moins
que dans les apozéincs , parce que
les forces ne pourroicnt pas fuporrer
Une fi grande évacuation qui fe feroic
par le bas , & par les fueurs en même-
tems.
. Le tems de prendre ces décodions
T5>8 Part.I. Des Altérât ifs. SeéUlI.
cft le marin à fix heures , pendant dix
oü quinze jours , fi les forces le per¬
mettent, & que le mal le demande: Au¬
trement on n’ordonne céte diète pur¬
gative que pendant les cinq ou huit
premiers jours , & apres ayant ôté les
purgatifs on côtinuc les fudorifiques.
On fe fert de céte forte de diète
dans des corps cacochymes & forts ;
dans les maladies froides & humides,
du cerveau , des nerfs ; pour ôter les
xeftes d’une apoplexie, dans la goûte,
l’afthme venant d’une caufc froide ,
dans la verole , &c. Par exemple :
Prenez déracinés de fquinc & de
falfepareille » une once & demie de
chacune , trois livres d’eau de fontai¬
ne. Laificz les infufer pendant 24.
heures, &c cnfuite faites-les bouillir à
la réduction de la moitié, en ajoutant
à la fin de polypodc de chêne , & de
féné , une once de chacun ; de tur-
bith , d’hermodates , & d'agaric
nouvellement trochifqué deux drach¬
mes de chacun , de graine de fenouil,
une drachme, de canelle demie drach¬
me ; palfez la déco&ion, & le malade
en prendra tous les matins &c.
Ch.IV. De la Dlet. ait. & purg. 1 9 p.
Il y a à remarquer qu’il ne faut pas
provoquer les fueurs par force , mais
feulement couvrir le malade des cou¬
vertures ordinaires , afin qvie la tran-
fiidation ou l’expiration en foit plus
libre.
Pendant tou le tems de la diète , il
faut fe fervir du bouebet fuivant.
Prenez deux onces de falfepareille
6c huit livres d’eau de fontaine , fai-
tes-les infufer 6c bouillir comme il
faut } l’ayant pallé > le malade s’en
fervira pour fa boilfon ordinaire.
Il faut que les alteratifs 8c les éva-
cuatifs precedent l’ufage de ces diètes,,
de peur que les matières étant comme
fondues ne s’échaufent , ou ne fe jén
tent fur quelque partie foible & inca-,
pable de les foûtenir.
On fe fert de cétc dicte purgative
pour ôter les reftes d’une apolexie*
ou d'un» paralyfie qui luy a luccedé ,
dant laquelle on doit faire boüiUijj
des feuilles de betoine, dcmelüfe, de
l'arthritique 6c de la primevere , de
chacune une poignée ; en prenant gar¬
de néanmoins que les vifccres ne foient
pas échaufez. , qui en céte rencon-
I 4
fo'o Part.T. Des Altertûfs. Seft.TIT.
rre nous obligent d'y métré plutôt
des rafraichiiîans pour modérer la
chaleur.
CHAPITRE V.
Des Optâtes.
L’Opiate eft un médicament de
molle confîftancc , qui n'eft pas
pourtant liquide , compofé de plu¬
sieurs chofes , cbmmc de confervcs ,
d'éleCtuaircs , de boudres , de fyrops,
& autres chofes lemblablcs.
L’ufage des opiates eft première¬
ment pour préparer , & pour ouvrir
dans quelque intempérie , & obftruc-
tion des vifeeres , dans une fupref-
fion des mois, dans les pâles couleurs,
toutes indifpofi lions mélancoliques ,
& autres femblables , ayant pourtant
fait les remèdes généraux.
Par exemple dans une indifpofltion
chaude.
Prenez de conferve de fleurs de
cicorée, une once , de fafran de mais
apéritif, fix drachmes > de confection
Chap. V. Des 0 fiat es. 201
de hyacinthe , & de magiftere de tar¬
tre , une drachme de chacun , de pou¬
dre de diarhodon , deux fcrupules, du
fyrop de capillaire ce qu’il en faut
pour faire une opiate , dont on en
donnera tous les matins deux drach¬
mes, en beuvant enfuite un peu d’eau
de cicorée , & fe promenant douce¬
ment pendant une ou deux heures,
& après trois heures vous donnerez
un bouillon fait avec des herbes ra-
fraichiflantes , pendant dix ou douze
jours.
Notez qu’il ne faut pas ordonner
des Tels lixiviaux , comme d’abfynte,
de tamarife , de cicorée, & autres
Semblables , quand il faut métré l’a¬
cier , ou autres remedes calybcz dans
l'opiate car ces fortes de Sels précipi¬
tent tellement l’acier,qu’il n’y demeu¬
re que la partie aftvingente.
Dans une indifpofition , où il y a
mélange de froid & de chaud on peut
ordonner l'opiate Suivante.
Prenez des con Serves de capillaire
& de fleurs de bourrache, fix drachmes
de chacune , d'acier préparé , une on¬
ce ; de confection de hyacinthe & de
loi Part.I .Des Altérât if s. Seét.IIï.
diarhodon , de chacun une drachme,
de l'efprit de t artre trois drachmes;dc
fyrop de capillaire , ce qu’il en faut
pour faire une opiate , dont vous en
donnerez deux drachmes chaque
matin.
Voicy une opiate aperitive fans
acier quand les obftru&ions commen¬
cent , & font légères , acompagnées
d’une fièvre lente , ayant auparavant
fait les remèdes généraux.
Prenez une once de conferve de
fleurs de cicorée, demie once de con¬
ferve de cynorhodon , de confection
de hyacinte , & de tartre vitriolé ,
quatre fcrupules de chacun , de fel de
frêne , & d’abfynte , demie drachme
de chacun , de la poudre de l'élcétuai-
re des trois fantaux , deux fcrupules ,
du fyrop de cicorée fimple , ce qu’il
en faut pour former une opiate , dont
vous en donnerez deux drachmes
chaque matin.
Dans les obftruCtions inveterées ,
on peur ajouter dans les optâtes ,
une drachme & demie de l’efprit de
gomme ammoniaque , ou de l’efprit
volatil du fel ammoniaque , julqu'à
Chap. V. Des Optâtes. i0)
trois drachmes : & autres femblables
remcdes chymiques dont nous avons
parlë dans le troifiéme Chapitre de
la première fe&ion en traitant des;
Bouillons apéritifs.
Notez qu’aprés la cinquième > ÔC
dixiéme dofc de l’opiate , il faut or¬
donner un remede purgatif, pour vui-
der la matière qui a été préparée ; otj
mêler céte poudre fuivante dans l’o¬
piate.
Prenez de la poudre de diacar-
tham , une drachme , un fcrupule
d’hiere picre , quatre grains de dia-
grede , mêlez céte poudre avec deux
drachmes de l’opiate prefcrire , que
vous donnerez dans la cinquième &
dixiéme prife.
Les opiates s’ordonnent aufli quand
il faut ouvrir & purger en même-temÿ,
quand la matière eft groiliere, & le
corps robufte , dans les matières des
vifeeres , de la matrice , du mefente-
re , avec des obftru&ions inveterées.
Par exemple dans une indifpofition
chaude.
Prenez de confcrve de fleurs de
«icoiée une once > du fel de Murs.»
104 Part.ï. Des Mterxtlfs. Scéï.Iir.
deux drachmes , de féné mondé , de
rhubarbe , & d’agaric nouvellement
trochifqué , Une drachme & demie de
chacun -, de racine de mechoaeam,une
drachme, de magiftere de tartre , deux
fcrupules, de la poudre de l’éleétuaire
des trois fantayx , demie drachme ,
avec du fyrop roiat folutif, vous ferez
une opiate , dont vous en donnerez
deux ou trois drachmes pendant dix
jours.
Voicy une opiate dans une indif-
pofition caufée par une matière grof-
fiere & opiniâtre à furmonter.
Prenez de la conferve de capillai-
»c , & d’acier préparé avec le foulphre
fïx drachmes de chacun , de gomme
ammoniaque fondue dans le vinaigre,
& paflee par le tamis , trois drachmes,
de féné mondé, d’agaric nouvellement
trochifqué , 8c de rhubarbe , deux
drachmes de chacun, de racine de me-
choacam,& de jalap,de chacune demie
drachme , de la poudre de diarhodon,
& des fecules de brioine, demie drach¬
me de chacun , du fyrop de pommes,
compofe , ce qu'il en faut pour faire
une opiate, dont vous en donnerez.
C h ap . V. Des Opîafct. i
deux drachmes , ou trois chaque ma¬
tin , pendant dix ou douze jours.
Ou bien fervcz - vous de la fui-
Vante.
Prenez de féné mondé , de rhu¬
barbe , & d'agaric nouvellement tro-
chifqué , trois drachmes de chacun ;
des hermodares, & de racine de ja-
lap, de chacun une drachme & demie;
de coriandre , & de graine de fenouil»
de chacun une drachme ; de fel de
Mars trois drachmes, de miel ce qu'il
en faut pour faire une opiate , donc
vous en donnerez trois drachmes, ob-
fervant les réglés comme deflus.
Notez premièrement que l’on au¬
gmente ou diminue la dofe des
chofes , dont on compofe l’opiate,
félon que l'on a deffein de h con¬
tinuer.
Secondement que dans l’ufage de
l'acier , il faut faire un peu d’exercice
aprc's chaque prife afin que les apéri¬
tifs pénétrent plus avant,& que les hu¬
meurs comme déjà ébranlées , cedent
plus promtement à la vertu du remè¬
de. Il faut que les perfonnes robuftes
fe promènent par des lieux feabreux
10(5 Part.I. "Des Alteratlfs. Scd.ITI.
& difficiles j les moins robuftes , &
les plus foibles , par des plaines , &
des chemins égaux , pendant deux
heures , en fe repofant de rems en
teins , de peur de le la lier. Trois heu¬
res après avoir pris l’opiate , il faut
boire un bouillon où il y ait cuir
des herbes aperitives , & rafraic h if-
fan tes.
Troifiémement avant l'ufagedc l’a¬
cier que l’on a mis dans la compofi-
tion de l’opiate , il faut avoir fait les
remedes généraux, tant pour difpofer
les humeurs , que pour les vuider en
partie ; pour modérer & temperer la
chaleur , s’il y en a , & afin que les
humeurs qui ont été comme fondues,
& fubtililées par la force de l’acier ,
ne fc jétent encore plus avant dans les
parties ocupées par les obftruéHons :
qu'au contraire les remedes généraux
ayant été fuffifâmment faits, les hu¬
meurs reliantes dans les petites vei-
nes,& dans les parties les plus cachées
font atténuées , & détergées par la
-pefantcur de l’acier , & par la force
de fon fel volatil , & en même- teins
vuidçcs pai les purgatifs,
Chap. V. Des Optâtes. %oj
Le troifiéme ufage des opiates
eft pour rafraîchir, & épaiiïïr, comme
dans une toux violente & opiniâtre
dans le crachement de fang , perte de
mois exceflive , tant pour une entière
curation, que par précaution après les
remedes généraux. Par exemple :
prenez de conferve de rofes , & de
la grande confolide , une once de
chacune : de confc&ion de hyacinte
une drachme, de perles préparées , de
corail rouge , & de graine de plantin >
de chacun demie drachme, de l’opiate
de laudanum, un fcrupule , & avec du
fyrop de rofes feches compofez une
opiate , dont vous en donnerez une
drachme ou deux, tous les foits, en fe
couchant, beuvant par deilus un verre
d'eau de pavot rouge, & de pourpier.
Ou bien.
Prenez de conferve de rofes de
Gènes , de cynorhodon , & du grand
fymphytum , flx drachmes de cha¬
cune, de la poudre des fleurs de pavot
rouge , & de graine de pavot blanc-,
une drachme de chacune, de la pou¬
dre du bol d'Armenie,demie drachme,
de gomme tragacant , & de graine de
lo2 Par.I. Des Alteratlfs. Sed.III.
guimauve , de chacun quatre (crapu¬
les j faites une opiate avec du fyrop
de rofes feches , dont vous en donnc^
rez deux drachmes , trois fois le jour ,
le matin , à quatre heures du foir , &c
en fe couchant.
Le quatrième ufage des opiates eft
pour fortifier , & pour ce fujct il
faut prendre la peine de lire la der¬
nière partie qui traite des Corro¬
boratifs.
CHAPITRE VI.
Des Bolus.
LE Bolus eft un médicament à la
vérité folide, mais pourtant mol ,
ai n fi apellé, parce que l'on l’avale par
morceaux.
Les bolus fe font d’éleduaires ,
de pulpes , de conferves , de pou¬
dres , que l’on met en une confiftance
qui fe puille avaler fans mâcher.
On en compofe pour préparer,
& difpofer les humeurs , comme par
«xemple le fuivant qui eft apéritif.
Chap. V I. Dés Bolus. ia$
& par confequent propre pour les
©bftruCtions des vifceres , dans la
cakcxie , fupreflion, des mois , dans
les maladies caufées par la mélan¬
colie.
Prenez du fel de Mars , fix grains
ou huit , ou dix, de conferve de fleurs
de cicorée deux drachmes. Formcz-
en un bolus, que vous donnerez pen-'
dant quinze jours , entre-mélant des
purgatifs en tifane , de cinq en cin<j
jours , & faifant un peu d’exercice »
comme quand on a pris l’acier en
opiate.
Voicy l’exemple d’un bolus rafrai-
chiflant, & corroboratif, que l’on
Peut donner dans les fièvres , & le
lendemain que l’on a pris un pur¬
gatif.
Prenez de conferve de rofes , deux
drachmes , de confection de h y acui¬
té, demie drachme, de fel de prunelle,
& de la poudre de l’cleCtuaire des
ttois fantaux, de chacun un fcrupule.
tout cela mêlé- enfemble , faites- en
ün bolus.
Bolus aftringcnr pour le flux de
Ventre.
210 Part.I. Des Alteratlfs. Se&.III.
Prenez de confcrve de rôles ron¬
ges , une drachme & demie , de tro-
chifqucs de coraux , & de terre figjl-
léc , un fcrupule de chacun j avec du
fyrop de grenades , faites - en un
bol us.
En voicy un autre pour apaifer la
douleur dans la dyfenterie , & pour
arrêter tous flux de fang, & pour faire
dormir , dans le choiera worbus , 8c
tout flux de ventre caufé par la
bile.
- Prenez de confervede rofes rouges,
demie drachme , de l'opiate de lauda¬
num , deux ou trois grains. Faites-en
un bolus pour donner à l'heure que
l’on jugera à propos , le matin ou le
fbir.
Ce même bolus eft aufli très - bon
dans toute forte de phrénefie, & dans
la manie , & dans toutes les maladies
où il y a des fymptomcs qui caufent /
une alienation d’cfprit.
Il faut néanmoins prendre garde
quand on ordonne le laudanum aux
cnfans , aux vieillards, & à ceux qui
font extrêmement foiblcs , de ne pas
palfer la dofe d'un grain ou deux, s’il'
Chap.VII. Des Pilules, ni
elt abfolumcnt neceflaire de le leur
donner.
On fait aufli des bolus pour d’au¬
tres ufages , comme pour provoquer
la fueur , & les urines.
Il y a aufli des bolus pour purger ;
'pour ce fujet vous verrez le Chapitre
qui traite particulièrement des bolus
purgatifs.
Il y en a encor qui fortifient , pour
cela vous confulterez le Chapitre des.
bolus corroboratifs.
CHAPITRE VII.
Des Pilules.
LEs pilules font des medicamens
de forme folide & ronde, que l’on
fait tant pour préparer, que pour pur¬
ger & fortifier.
On les apelle catapoties , parce
Î[ue l’on les avale entières. Ce qui fe
ait ou pour cacher le mauvais goût
des ingrediens qui les compofent , ou
afin qu’elles demeurent plus long-
temsdans l'eftomac, quand on veuç
i 1 1 Part.I. Des Alteratifs. Se&.III.
fortifier *, ou afin qu’elles attirent des
parties les plus éloignées , quand il
faut purger ; ou quand il y a de l'eau
ou de la pituite dans le bas ventre.
Les pilules fe compofent d’aperi-
tifs , de diurétiques , de purgatifs , Sc
de corroboratifs , félon la diverjfité
des indications qui fe prefentent : on
incorpore ces poudres , avec du fy-
rop , ou du miel , des mucilages , ou
du vin cuit , afin de les métré plus
facilement en maire.
Les pilules font deftinées pour plu-
fieurs ufages premièrement pour
ouvrir & déboucher dans les obftruc-
tions des vifeeres , dans les pâles
couleurs , dans les maladies caufees
par l’humeur mélancolique. Par
exemple.
Prenez de l'acier préparé avec le
foulfre , une once ; de la poudre de
diarhodon , une drachme, avec du fy-
rop de capillaire , formez des pilules,
dont ladofe fera une drachme pour
prendre chaque matin pendant neuf
jours , beuvant après chaque prife de
l’eau de buglofe ,ou de cicorée, ayant
auparavant fait les remèdes gé-
Châp. VII. T)es Tildes. 2I j
néraux , & entremêlant les purgatifs,
&même à la fin.
Ou bien celles-cy.
Prenez demie once d’acier préparé,
ou deux drachmes de fiel de Mars ; de
gomme ammoniaque fondue dans le
vinaigre, trois drachmes ; d’alocs lavé
dans l’eau de cicorée, deux drachmes;
de tartre vitriolé , quatre fcrupules ,
avec du fyropde capillaire formez des
pilules : la dofe eft jufques à deux
scrupules.
Les fuivantes font bonnes pour les
femmes fujetes aux fufocations de
matrice , pour fe preferver de ces ac-
cidens :
Prenez de gomme ammoniaque pre-
Îarée avec le vinaigre, une drachme;
acier préparé avec le foulfre , deux
drachmes ; de myrrhe rouge , & de
caftoreum,fix grains de chacun ; demi
fcrupulede fafran ; d’efprit volatil de
fel armoniaque , quinze goûtes ; in¬
corporez le tout avec du fyrop de car
pillaire,formez quarante pilules,dont
■vous en donnerez quatre en fe mét-
*ant au lit pendant deux ou trois jours
chaque femaine.
i 14 Part. I. Des Alteratifs. Se&.III.
Cclles-cy font propres pour faire
uriner , chaifer le fable , & déterger
les ulcérés dans la gonorhée.
Prenez de terebinthine de Venifc,
& de vitriol blanc, une once & demie
de chacun ; mélez-les dans un .mor¬
tier de pierre , en les broyant jufques
à ce qu'ils foient incorporez. Formcz-
en des pilules de la gro fleur d’un pois;
la dofe fera d’une ou deux drachmes
pendant fixou huit jours, les matins,
trois heures auparavant que prendre
un bouillon.
Secondement pour ouvrir & purger
en même teins dans les obftru&ions
invétérées des vifcercs , dans les fiè¬
vres quartes , lacaitcxie , la fupref-
fion des mois , &c. quand il faut en
même tems préparer & vuider les hu¬
meurs. Par exemple.
Prenez une once d’acier préparé
avec le foulfre;d’alocs lavé dans l’eau
dccicorée , de féné mondé de rhu¬
barbe , & d’agaric nouvellement
trochifqué,dcux drachmes de chacun,
de gomme ammoniaque fondue dans
le vinaigre , & paifée par le tamis»
trois drachmes , de fécule debryoine»
Chap. VII. T) es Pilules.
& de poudre de diarhodon , de cha¬
cun demie drachme ; de fafran demi
fcrupule, avec de l’oxymel faites une
malle , dont vous en donnerez une
drachme pendant huit ou neuf jours,
trois heures auparavant que prendre
un bouillon , fe promenant une heure
ou deux.
Ou bien celles -cy.
Prenez d'aloçs préparé , de gomme
ammoniaque fondue dans le vinaigre
& paiïee par le tamis , trois drach¬
mes de chacun -, de féné inondé , de
rhubarbe, & de myrrhe choifie , une
drachme & demie de chacun j demi
fcrupule de fafran : faites une malle
avec l’oxymel fquillitique, dont vous
Çn donnerez deux fcrupules de deux
jours lJun, deux heures avant que di-
ner.
Pour la fufocationde matrice.
Prenez de l'a (Ta fœtida , du cafto-
reum , de l’opiate de laudanum deux
grains de chacun. Formez-cn trois
pilules que vous donnerez fur le
champ.
Pour arrêter la toux quand la ma-
ii<j Part.I. Des A Itératifs . Se&.III.
tiere eft falée Sc fubtile,& que la toux
cft continue.
Prenez une drachme de fuc de re-
gliilc , demie drachme de myrrhe,
quinze grains de l’opiate de lauda¬
num ; avec du fyrop de pavot formez
des pilules , dont vous en donnerez
dix grains tous les foirs à l'heure du
fommeil.
Pour arrêter dans toute forte d«
flux de fane , & à la fin de la gono¬
rhée.
Prenez demie drachme des pilules
de bdellium,des trochifques de kara-
bé, &de coraux , un fcrupule de cha¬
cun, demie drachme de maftic , avec
du fyrop de rofes rouges faites des
pilules , dont la dofe fera jufques à
demie drachme.
Il y a des pilules Amplement pur¬
gatives dont vous verrez des exem¬
ples dans le fixiéme chapitre de la fé¬
condé partie , qui traite des pilules
purgatives.
CHAPI
Chap. VIII. Des Pmdrts, iî?
CHAPITRE VIII.
Des Poudres.
ON prépare facilement les pou¬
dres , lors que l’on ordonne de
pulverifer des medicaraens qui ont été
fechez , foit que l’on prenne des mix¬
tes fimples , ou de$ végétaux , ou des
minéraux.
U y a des poudres oui fe gardent
toutes préparées dans les Boutiques „
que l’on nomme officinales , d’autres
que les Médecins ordonnent félon la
diverfité des indications , & on les
apele Magiftrales , dont les ufages
font pour l’intérieur, ou pour Inté¬
rieur.
Les ufages internes font première¬
ment pour préparer , comme dans
les obftruûions invétérées , dans la
*akexie , les pâles coleurs. La pou¬
dre fuivante , apellée la poudre ca-
keftique de Quercetan , eft très
Propre pour ces maladies i en voicy
la defeription.
R
J. 1 8 Part. I. Les A Itératifs . Se&. IlT.
Prenez de limaille d’acier calcine'e
avec le foufre , une once ; de fécules
de la racine d’aron , une drachme &
demie ; d'ambre gris , douze grains ;
de l’eflcncede coraux & de magiftere
de perles, de chacun quatre fcrupules;
du fucrc blanc ce qu’il en faut. La
dofe eft jufqucs à demie drachme que
l’on prend le matin pendant quelques
jours.
Ou la fui vante.
Prenez d'acier préparé avec le fou¬
fre , & de fucrc blanc, de chacun une
once , faites une pondre de laquelle
vous donnerez une drachme & demie
tous les matins pendant dix jours ,
trois heures auparavant que prendre
un bouillon.
Contre les fièvres intermittantes.
Prenez du diétam , & des feuilles
fechées de feordium , deux drachmes
de chacun ; de graine de chardon be-
ny , & de corne de cerf préparée, de
chacun une drachme; de l’antimoine
diaphonique, demie drachme ; faites
une poudre trcs*fubtile ; la dofe fera
d’une drachme à prendre une heure
avant l’acccz , en beuvant par dellus
Chap. VIII. Des Poudres, xnj
trois onces d'eau de chardon béni- ou
<le fcabieufc , continuant pendant fix
jours , ayant fait les remedes géné¬
raux. Ccte poudre n’eft propre que
dans un corps gras & humide , non
pas maigre & lec.
On a cherché jufques il prefent
arec beaucoup de foin,& inutilement,
un remedequi arétât les fièvres in¬
termittentes , ou les déracinât entiè¬
rement , que l’on nomme vulgaire¬
ment , un chafle- fièvre. La Nature
nous en a découvert un , par les heu-
reufes expériences que l’on a fait dans
ce fiécle , qui eft tiré des végétaux,
tres-fimple, bénin , point malfaifant*,
qui s’accommode à tout âge , à tout
tempérament , qui jufques à prefent a
fait des merveilles étant donné félon
les réglés d’une méthode raifonnablc:
il arrête comme un charme, les accez
pendant vingt- jours , quelquefois
pendant un mois entier, & fouvent il
cteint entièrement la fièvre. C’eft l’é¬
corce d’un certain arbre étranger, qui
tellemble à un jeune elyène , qui au
goût eft amer, & a quelque chofe d’a-
ftringeant , on l'apelle china -china :
no Part.I. Des ^4 Itératifs. Sed.III.
& on l'ordonne, decéte façon.
Prenez deux drachmes de china chi¬
na mis en poudre, faites-les infùfer
riede dans trois onces d'eau de fon¬
taine ; vous donnerez l’eau & Ja pou¬
dre long-tems avant l’accez , n’ayant
rien pri? trois heures auparavant,
8c ne prenant rien de trois heures
apres.
L’infufion fc fait un peu tiède pen¬
dant trois heures , plus ou moins, cela
n’importe; quelquefois on la fait dans
Ju vin. blanc , ce qu’il ne faut pas
pourtant faire , lors que les vifeeres
fie les humeuts font échaufez ; & l’ex-
perience fait voir qu’il, n’arréte pas
moins la fièvre quand on le met in-
fufer dans l'eau commune, que fi on le
mettoit dens l'eau de cicoree , de fu-
meterre , de buglofe , ou de rofes, ou
que fi on le mèloit avec de la con-
ferve de cicoree , de cynorhodon ,
ou avec de la pulpe d’une pomme
cuite.'
Le tems de l’ordonner & de le
prendre eft ou libre , ou forcé. Dans
la curation ordinaire quand il n’y a
point quelque fâcheux accident qui
Chap. VIII. Des Poudres, m
prefle , il eftbon de préparer le côrps
tant par les alteratifs que par les pur- »
gatifs , avant que de le donner : mais
lors qu'il y a lieu de craindre que les
forces ne fe diflipent par la violence
de I’accez , ou par la malignité des
humeurs, ou enfin par quelque étran¬
ge fymptome , il ne faut pas atten¬
dre céte exa&e préparation d’hu¬
meurs ; car le malade paurroit mou¬
rir devant ce tems-là. Nous avons
veu dans pluficurs malades que la
violence de la fièvre , l’abondance Si
la malignité des humeurs menaçoient
d’une mort prochaine , les forces
tant du cerveau que du cœur venant
à manquer dans les accez , ayant pris
une , deux ou trois foisde cote pou¬
dre, que les accez , Sc toute la ma¬
lignité de la fièvre ont beaucoup di¬
minué, n’ayant nullement ou tres-peu
vuidé par le bas , à raifon du peu de
tems qu’il y avoir. Mais on ne fe fert
de cére méthode irregulicre que quand
les forces font entièrement ruinées par
la grandeur des fymptomes, ou que
les malades font menacez d’une mort
prochaine.
K 5
a il Part.I. Des Alteratifs. Sedt.III.
Il faut raifonner de la même façon
du rems que l’on doit prendre céte
poudre ; car fouventelle arrête l’ac-
cez , fi on la donne dix-huit ou vingt
heures devant le commencement du
paroxyfme, principalement fi on ne
la donne pas une fois feulement, mais
trois ou quatre fois tout de fuite, une
fois le jour longtems avant l’accez ,
ou le commencement du redouble¬
ment : de cête façon comme par plu-
fieurs coups réitérez , elle détruit Sc
emporte plus afluréraent la fièvre , 8c
bien fou vent empêche la rechute -, Sc
pour l'éviter on compofe une opiare
de lamême poudre avec de la confcr-
ve de fleurs de cicoréc ou de cyno-
rhodon , dont le malade ufera trois
fois dans lafemaine, ou davantage, le
matin à jeun , 8c les jours entredeux
on luy donnera un lavement. Mais
s'il n’y a pas allez d’intervalle pour
donner céte poudre dans le tems que
l’on fouhaitera , comme il arrive
fonvent dans les fièvres fubintrantes,
8c dans la double-tierce continue , il
faut choifir le tems que la fièvre cft
moins forte > & fi l’on n’a pas encora
Chap. VIII. Des Poudres, u. 5
ce choix , & que tout aille de mal en
pis , il la faut donner eu quel tems
que ce fpit duparoxyfme.
La ^ofe de céte poudre eft de deux
drachmes ; pour les enfans , félon la
force de leur âge,jufques à une drach¬
mes demie drachme, & lors qu'il la
fautreiterer,il fuffit d’en donner deux
Scrupules.
Céte poudre eft merveilleufe con¬
tre toutes les fièvres intermittantes ,
quotidienes, tierces, quartes ; comme
aufli dans toutes les maladies où il y a
une confiderable fermentation d’hu¬
meurs fubtiles , principalement fi elle
retourne périodiquement, comme dans
le choiera morbus , dans le flux de
ventre fymptomatique, & autres fem-
blables , alors on la donne avec de
l'eau rofe , ou de pourpier, ou que s'il
y a crainte d’un vomiflement , on la
mêle avec de la conferve de rofes.
Pource que c'eft des qualitcz Sc de
le façon que céte poudre opéré ; pre¬
mièrement , entant qu'elle eft amere
au goût , elle eft chaude & feche , &
de parties fubtiles , par le moyen des¬
quelles elle ouvre, elle atténue £c rc-
,5 K 4
ii4 Part.I. Des Alteratlfs. Sect.ïir.
loue, & en remuant par un mouve¬
ment convenable, elle précipité le fer¬
ment de la pourriture:Et entant qu’el¬
le a de la ftyptidté, elle eft un peu
aftrmgcante, & par ainfi-eUc bride le
mouvement des humeurs , & fortifie
les parties , principalement tclle-là
où eft le foyer de la fiévrc;& par céte
énergie des parties hetcrogencs , elle
arrête mervéillcufemcnt ces boiiillon-
nemens des fièvres , ce que peut-être
elle ne feroit pas , fi l’on donnoit for»
cfprit , fort extrait , ou Ion huile.
Secondement on voit par fes ef¬
fets que la façon d’operer de céte
poudre , eft telle ; car fi ayant donné
la poudre, la fièvre celle , & qu’apres
quelques jours , ou même longtems
apres , on donne un purgatif, la four-J
ce de la fièvre s echaufc , & les mou-
vemens de la fièvre fe renouvellent,
l’empyreume qui avoir été comme af-
foupy & lié par le charme de la pou-
tire venant à s’émouvoir de nouveau.
C’eft pourquoy il ne faut purger
qu’un mois apres, faifant donner feu¬
lement quelques lavemens , & gardeç
un régime de vivre.
Chap. VIII. "Des Poudres, ny
L’ufage du cafte eu boiiron cft fort
ancien chez les Arabes & les Turcs y
& maintenant ailés commun aux Eu¬
ropéens -, c'eft une forte de fève Arabi¬
que , que ceux du pais apellenr
Ce fruit eÆcompofé de partiesdubti-
les, chaud au premier degré, & fec au
fécond, lequel ayant été torréfié dans
une pocle comme il faut , & mis eu
Poudre , l'ayant fait bouillir dans
eau jufqu'à-ce qu’elle en ait pris la
teinture, l’humant peu à peu , il fait
des merveilles à ce que l’on dit : il
dégage les efprits qui étoient comme
alloûpis , il les purifie & les rend plus
fubtils ; il chalfc les vapeurs & les
Vents , il dcffeçhe les humiditez du
cerveau , & de toute l’habitude du
corps : C’eft pourquoy par l’experien-
ce de plufieurs fameux Auteurs, il efl:
tres-bon à la douleur «de tête , aux
vertiges, à l’alToupillément .aux ca¬
tarrhes , à la palpitation du cœur , à
lafoiblclîedercf cornac ; & même aux
obftruébions du foye , de la rate & de
■la matrice. Mais c’eft la difficulté de
fçavoir la façon qu’il opéré ces «effets î
h c’eft par fou fel volatil dont il abon-
n6 Part.I. Des Alceratifs. Scd.III.
de beaucoup ; il eft confiant qu’il
fortifie l’eftomac &c le cerveau par
ion odeur qu’il a en foy, quoy qu’on
le garde long-tems , & par fon fuc
oléagineux & bal famique qu’il jeté.
Mais je croirois qu’il eft plus propre
aux remperamens froids & humides ,
ou moins chauds , que non pas aux
perfonnes maigres & atrabilaires , Sc
quand le fang eft tout converty en
ferofitez. Yoicy de la façon qu’on le
pre'pàre.
Prenez de la poudre de cafte , qui
ait été bien auparavant fricafté , une
cuillierée , jettez - là dans dix onces
d'eau bouillante , faites -là bouillir
lentemenr , en remuant fouvent avec
un cuillicr , jufqu’à tant que l’eau
en ait pris la teinture , que l’on pren¬
dra chaudement à jeun avec un peu
de fiicre trois fois la Termine , l’hu-
inant peu à peu. U y en a qui avalent
la poudre avec la liqueur , pour lors,
il faut la laill’cr moins bouillir.
Mais que dirons-nous de céte her¬
be du Japon & de la Chine , qui s’a-
pelle Tbe , dont on en raporte les fa-
cultez fuivantes. Elle foulage la ticej
CIup. VIII .Des Poudres. ll?
& empcche que l’on ne foie acablé
de fommeil ; abat les vapeurs , forti¬
fie l’eftomac , nétoye les reins de la
pierre & du fable , guérit la douleur
de tête , ôte la laffitude , difïïpe la
fluxion qui tombe fur les narines ,1a
difficulté de refpirer, les tranchées de
ventre , elle échaufe modérément , &
en refferrant l’orifice du ventricule ,
elle arrête les vapeurs qui s’élèvent
pour procurer le fommeil.
On fe fertde céte herbe en pluficurs
façons : Premièrement en fubftance,
quand étant fechc , on en donne une
demie drachme , ou une drachme en¬
tière dans un verre d’eau tiède. Se¬
condement , en décodion on en don¬
ne jufqu’à une drachme & demie, en y
ajoutant du fucre,pour la prendre avec
plus de plaifir , 8c on la boit chaud.
Troifiémement en la diftillation dans
le bain marie avec les eaux apropriées.
Quatrièmement, on la met infufer juA
qu’à une once & demie dans ciuelque
eau cordiale, ou de bon vin délicat ,
dont on en prend jufqu'à trois ou
quatre cuillierées , en y ajoutant un
peu de fuçre, Cinquièmement, on eu
2 1 8 Part.I. Des Alteratifs. Sed.îIT.
lait des extraits , que l'on met en pi¬
lules , la dol'c eft jufqu’à dix grains.
Sixièmement, on en fait des parfums ,
de la même façon que l'on fe fert du
tabac dans. des tuyaux ou pipes , pour
les maladies froides de la tête , de la
poitrine , & pour la fluxion qui tom¬
be fur les narines.
Poudre contre les vers pour les
enfans.
Prenez de la graine contre les vers
demie once, de fené mondé une drach¬
me 8c demie j de coriandre, & de corne
de cerf brûlée , un fcrupule & demi de
chacun , faites-en une poudre , dont
vous en donnerez deux fcrupules ou
une drachme, pendant trois matins.
Contre l’avortement.
Prenez une drachme de grains de
kermcs ; de fantal rouge & de racine
de tormentîlle , demie drachme de
chacun ; des perles 8c des coraux
préparez , un fcrupule de chacun ; des
•tabletes perlées , nommées , mantes
Çbrifii , deux drachmes. Faites une
poudre de tout , dont la dofe fêta
juiqu'à une dem e drachme que l'on
^rcadra dans un œuf , le marin.
Chap. VIII. Des poudres, zzy
Contre la pierre.
Prenez la quantité que vous vou¬
drez de pierres qui font forties des
BeinSjOit qui ont été tirées de la veille,.
»iettez-les en poudre très- fine, &
donnez -là, ayant fait les remedes gé¬
néraux. Céte poudre nétoye la pitui¬
te mucilagineufe qui eftatachée aux
reins & à la veille , en atire le fable ,
& brife la pierre. Ou bien ,
Prenez du fel de fèves , de prunel¬
le, & de crème de tartre, une drachme
de chacun, faites-en une poudre dont
vous en donnerez demie drachme ou
ujie trois fois la femaine à jeun , avec
un peu de conferve de rofes , ou un
-eeuf. Ou bien ,
Prenez des yeux d’écrevifles pré¬
parez, d’ambre blanc, & de crème de
tartre , deux drachmes de chacun ; de
la pierre néphritique préparée , une
drachme & demie , des clopoEtes pré¬
parez , deux fcrupulcs , de noix muf-
cade demie drachme. Faites une pou¬
dre du tout , dont la dofe eft jufqu’à
demie drachme
Les féconds ufages internes des pou¬
dres, c’eft pour purger, voyez la
1 jo Part.I.D« Alteratifs.Sz&M\.
conde Partie qui traite des purgatifs.
Troifiémcment , il y en a qui forti¬
fient ; voyez le Chapitre des Cardia¬
ques dans cére première Partie , &en
la troifiéme le Chapitre des Corro¬
boratifs.
Les ufages externes des poudres ,
font premièrement pour exfolier les
os. Par exemple.
Prenez des racines d’ariftoloche
ronde , & d'iris de Florence , un feru-
pulc & demi de chacune ; de myrrhe
& d’alocs , une drachme de chacun,
d'euphorbe un fcrupule. Faites une
poudre du tout , pour métré fur l’os
corrompu , ou carié. Ou bien ,
Prenez d’ariftoloche ronde , d’etv-
phorbe & d’iris de Florence , une"
drachme de chacun ; de fabine feche,
d'alun brûlé, & de mercure prccipiré,
un fcrupule de chacun ; d’alocs & de
myrrhe , de chacun demie drachme ,
d'huile de gérofles , dix goûtes. Fai¬
tes une poudre du tout pour métré fur
l’os carié , que l’on lavera auparavant
avec de l’eau d’alun.
Pour confirmer les chairs pourries
& déterger dans un ulcéré malin.
Chap. VIII. Des Poudres. 2 j %
Prenez du mercure précipité rouge,
demie once : reduifez - le en poudre
donr vous en mettrez deux fois le jour
fur l'ulcere. Ou bien ,
Prenez de l’eau de feche , de fucre
candy & de tutie préparée , de cha¬
cun un fcrupule , de vitriol , demi
fcrupule. Ou bien ,
Prenez des racines d’ariftoloche
ronde & de gentiane , deux drachmes
de chacune , de myrrhe , d'aloës, de
plomb brûlé , & de tutie préparée de
chacun une drachme. Faites une pou¬
dre du tout pour métré fur l'ulcere.
Pour les ulcérés du gozier dans la
\crole , & antres indifpofitionsoù il
y a de la malignité.
Prenez du ioulfre vif demie once »
de myrrhe rouge , d’alun faccarin ,
deux drachmes de chacun ; de maftic
& d’encens , de chacun une drachme
& deux fcrttpules. Vous mêlerez une
once de céte poudre avec une livre
de vin blanc fublimé.ou camfré, pour
s’en fervir à laver l'ulcere.
L’Alun faccarin fe fait d'alun de
roche , d'un blanc d’œuf & de fucre
mêlez enfemble ,8c fechez.
1 3 i Part.I. Des Alteranfs. Seét.IÏI.
Le vin fublimé fe fait de dix grains
de bon fublimé infufez dans une livre
de vin , que l’on fait bouillir fur les
cendres chaudes jufq.u’à la confomp-
tion de la troifiéme partie. Le vin
camfré fc fait de la même façon.
Il ne faut pas ufer de ce rernede
quand l’ulcere eft fcc, ou quand l'hu¬
meur eft fubtile & acre , & le corps
chaud ., fec & maigre , mais quand
l'ulcere abonde en fanies pituiteufes,
gluantes & épailles : dans la première
circonftance , il eft meilleur d’em¬
ployer les eaux un peu alumineufes
ou vitriolées , ou ferrées, principale¬
ment fi elles font minérales.
Pour arrêter le fang.
Prenez d'alocs , de myrrhe & de
vitriol , une drachme & demie de
chacun -, de bol d’ Arménie, de terre
figillée , & de fang de dragon , une
drachme de chacun. Faites une pou¬
dre du tout pour métré fur la partie
d’où fluc le fang.
Ou bien ,
Prenez d’encens, d'alocs , de bol
d’Armenie & de poils de lièvre cou¬
pez très- menus , de chacun une égale
Chap. IX. Des Tabletes. j
partie ; incorporez-les avec un bldnc
d'œuf, & apliquez - les fur la par¬
tie bleflée. Céte poudre eft de
Galien.
La poudre de fymparie.
Prenez du vitriol de Venus , la
quantité que vous voudrez expofez
le au Soleil pendant tout le tems que
le Soleil eft dans le figne du Lion ,,
& enfuite métez - le en poudre tres-
fubtile.
CHAPITRE IX.
Des Tabletes.
LEs tabletes fondus médicament
folide compolé de poudre & de
fucre que l’on fait fondre dans une
liqueur convenable , & que l’on fair
cuire jufqu’à une confiftance qu’il
puiffe s'arrêter pour être coupé en ta-.
bletes : ce mot de tabletes vient de la
forme plate & égale qu’elles ont.
La proportion de la poudre & du fu¬
cre , que l’on doit garder en les com-
pofant , eft qu’il faut qu’il y ait une
i}4 Part.I.,25« ^Itératifs. Se&.III.
drachme de poudre pour chaque once
de fucre.
Il eft à remarquer qu’il ne faut pas
dilloudre le fucre dans une liqueur
qui foit aigre, comme le fuc de li¬
mon , car il ne pourroit pas fe pren¬
dre ; & encore beaucoup moins fi on
y méloitlcs efprits acides de vitriol ,
de foulfre , ou même l'huile.
Le premier ufage des tabletes eft
pour préparer dans les obftru&ions
invétérées , dans les fièvres inter-
mittantes , dans la mélancolie , &c.
Par exemple.
Prenez demie once d’acier préparé
avec le foulfre: de confection de hya-
cintc , une drachme ; d’ambre gris
On demi ferupujç, quatre onces de
fucre fondu ÔC cuit dans l’eau de ci-
coréc. Formez des tablétcs , donc
vous en donnerez deux drachmes
chaque matin pendant dix ou quinze
jours , en beuvant après de l’eau de
cicorée.
Ou bien ,
Prenez du fel de Mars, trois drach¬
mes ; de canellc , demie drachme *
trois onces de fucre fondu & cuic
Ch ap. I X. Des Tabletes. a $ j
dans Peau de cicorde ; faites des ta¬
bletes dont la dofe fera jufqu’à deux
drachmes.
Ou bien ,
Prenez, du magifterc de tartre, trois
drachmes ; d’efprit de gomme ammo¬
niaque , un detnifcrupule ; quatre
onces de fucre fondu & cuit dans
quelque eau convenable , la dofe eft:
jufqu’à une drachme & demie, pour
prendre chaque matin.
Pour épaiflir & incrafler une flu¬
xion fubtile qui tombe du cerveau.
Prenez du lucre rofat en tabletes »
quatre onces , dont le malade en tien*
dra ibuvent à la bouche.
Ou bien ,
Prenez de la pulpe de la racine de
reglifle , ou de guimauve , demie on¬
ce ; de la poudre de l’éle&uaire dia -
nargaritum filgidam , & d'amydon
fait fans chaux, de chacun une drach¬
me ; du fucre fondu & cuit dans l’eau
rofe , quatre onces ; formez des ta¬
bletes.
Pour l’afthme, ou courte-haleine.
Prenez de pulpe de la racine de
guimauve , Sc du grand fymphy tura*
x j 6 Partil. Des Altérâtes. Se6t.HI.
deux onces ; des fleurs de foulfre
une drachme i des fleurs de benjoin ;
un fcrupule , quatre onces de fucre
fondu & cnit dans l'eau de tuflilage.
Faites* en des tabletes.
. Ou bien ,
Prenez du lait ou des fleurs de
benjoin , un fcrupule ; quatre onces
de fucre fondu & cuit dans de l’eau
de rofes ou de lys. Faites-en des ta-
bletcs.
. Le fécond ufage des tabletes eft
pour purger -, voyez le Chapitre des
tabletes purgatives.
Le troificme pour fortifier , voyez
la Sc&ion des Corroboratifs.
117
SECTION IV.
Des Alteratifs & Corroboratifs
externes.
CHAPITRE I.
Des Epitbémes.
SjfePithéme dans toute la force de
^®fon nom fignifie tour médica¬
ment que l'on aplique au dehors ;
néanmoins proprement parlant, on le
prend pour Un remede qui eft deftiné
pour les parties nobles , pour les pré¬
parer & fortifier.
Il y a deux fortes d’épithemes , les
équidés & les folides.
Les liquidés fe compoient d'eau, ou
décodions convenables , foit feu-
lcs > foit en y mêlant les conférions .
Poudres , ou éleduaires. Pbur faire
pénétrer on y ajoute du fuc de limons
1 3 8 Part.I. Des Alteratlfs. Se&.lV.
ou du vinaigre , ou du vin , ou qucl-
qu’eau fpiritueufe , de rofes , de na-
phe , avec cétc proportion que pour
chaque livre de liqueur, il y ait deux
drachmes de confection, une de pou¬
dre , & une once & demie de liqueur
pour faire penetrer ; on y ajoute du
camfre dans les maladies chaudes , SC
du fafran dans les froides jufqu’à
quatre grains. On les aplique tié-
des aux parties nobles , & quelques-
fois froids fur la tête , comme dans
la manie.
On les aplique k toute heure »
quand la foiDlelle des forces eft pref-
lante , ou qu’il y a quelque caufe qui
diffipe & épuife les forces d’abord.
Quand on a le choix , c’eft principa¬
lement le matin & le foir , dans l’in-
tervale qu’il y a de la prife d’un
bouillon à l’autre.
Voicy la façon de les apliquer :
on prend une pièce d'écarlate , ou
qudqu’autre greffe toile que l’on
trempe dans la liqueur de l’épitheme»
l’on la prelTe un peu , & on l’apliqne
fur la partie : on le renouvelle quand
il ell fec , ou qu’il eft trop froid ; #
Chap. I. Des Epithimtt. 1 ? ?
on continue pendant une heure deux
fois le jour.
Les ufages des épithemes font pre¬
mièrement pour altérer & fortifier le
cœur j dans les fièvres , où il y a
grande chaleur , &. abatemenr des
forces. Par exemple.
Prenez des eaux de buglofe , bour¬
rache & de rofes , de chacune trois
onces ; de fuc de limons & d’eau na-
phe , une once de chacune ; de cam¬
phre trois grains. Faites un épitheme
f'our apliquer tant foit peu tiède fur
e cœur , deux fois le jour.
Dans la fièvre ardente & maligne.
Prenez des eaux de feabieufe , de
buglofe , de bourrache , & de rofes de
chacune trois onces ; d’eau de fleurs
d’orange une once & demie ; de con¬
fection d’alkermes & de hyacinte»
Une drachme de chacune ; de la pou¬
dre de diamargaritum froid , deux
fcrupules ,• de camphre & de fafran
trois grains de chacun.
Après Implication des épithemes ,
A faut froter la région du cœur du
lûtiment cordial qui fuir.
Prenez de confection d’alkcrmcs 8c
240 Part.1. Des A Itératifs . SeCUV.
de hyacinte, une drachme & demie de
chacune ; du Tue de limons , ou de
pommes , ce qu’il en faut pour faire'
un Uniment pour mettre fur le cœur
après Implication des épithemes.
Dans la fièvre maligne , il faut ufer
du Uniment fuivanr.
Prenez une drachme & demie de
confection d’alkermes ; de l’huile de
Scorpions de la description de Mat-
thiole,ce qu’il en faut pour un liniinét.
Ou bien on fait une inonCtion de la
Seule huile de Scorpions de Matthiole,
ou de beaume du Pérou , ou des deux
mêlez enfcmble ; ou même fans Uni¬
ment, on aplique un épitheme foli-
de , dont on doimera des descriptions
plus bas.
Quelquefois après les épithemes
on aplique un pigeon coupé par le
milieu, que l’on faupoudre, quand on
veut, d’une drachme de poudre de lé-
leCtuaire de diamargaritum froid.
Les féconds ufages des épithemes
font pour rétablir & fortifier les
efprixs dans une fyncope.
Dans un accident froid ou chaud,
en fe fert fur le champ du vin feul ,
ou
"Chap. I. Des Epitbemes. a. 41
■on l’on y mêle de la thériaque ou
de la confection alkermes , que
l'on aplique un peu chaud £ur le
•cœur ; que s'il y a du tems d'en pre-
Îajrerun autre , l’on peut ordonner le
divan t.
Prenez des eaux de feabieufe , de
melille , &derofes , de-chacune trois
onces d'eau do la Reine d’Hongrie,
•demie once , de confection alker-
>mes , & de hyacinthe , une drachme
de chacune , de la poudre de diam-
■brc y deux ücrupules , de fafran cinq
grains.
Il faut éviter le mufe , & l’ambre
-dans les femmes, principalement dans
celles qui font lujctes aux fufaca-.
*ions de matciccu
Troifiémement pour temperer la
•chaleur ., & la.fecherelfe de la poitri¬
ne dans les fièvres fynoques , & ar¬
dentes , ayant auparavant faigné fuf-
faramentjce même épitheme eft boa
dans la fièvre hétique.
Prenez d’orge mondé une pincée,
de graine de melon, de concombre, de
courge , de citroüille,deux drach-
iIa£s de chacune 5 des fleurs de wio-
L
i4i Part.I. Des A Itératifs . SeéUV.
lctes , & de nénuphar , une pincée de
chacune. Faites bouillir le tour ; pre¬
nez une livre de la coulature,à laquel¬
le vous ajoûtcrez deux onces d'huile
d’amandes douces. Faites un èpithe-
nie pour apliqucr fur la poitrine un
peu tiède, deux fois le jour ; apres
vous froterez la poitrine d’huile d'a¬
mandes douces.
Quatrièmement pour rafraichir un
foye échaufé , & le fortifier > foie
que la fièvre y foit , ou non. Par
exemple.
Prenez des eaux de cicorée , de
plantin , & de pourpier , de chacune
trois onces , de vinaigre rofat une
once & demie ; de la poudre de l’elc-
ftuaire des trois fantaux , & de dia-
rhodon , de chacune une drachme >
de camphre quatre grains. Faites un
épitheme pour apliquer deux fois le
jour fur le foye.
Ou le fuivant , en déco&ion.
Prenez des fcüilles de cicorée , de
pourpier , de violetes , d'agrimoine >
& de plantin , une poignée de chacu¬
ne ; des graines de melon, de concom¬
bres, de courge , & de citrouille»
Chap. I. Des Epirhemet. 143
deux drachmes de chacune , de fantal
dtrin , & du rouge , de chacun une
•drachme & demie de rofes rouges,une
pincée. Faires bouillir le rout,& dans
deux liyresd^la coulature , vous
ajoûtçrez éïux onces de vinaigre ro¬
fat , & une* drachme & demie de fel
de prunelle. Faites un épitheme pour
le foye.
Dans le flux des hémorrhoides ,
dans la cakexiccaufée'’par une caufc
chaude, le foyeitant foihle , ayanr
fait les remedes généraux on peut
apliquer l'epitheme fuifânt fur lc
foye.
Prenez des eaux de cicorée , d’a-
grimoine , & de rofes , de chacune
huit onces ; faites-y bouillir du fan¬
tal rouge , Sc citrin coupez en pièces,
de chacun une once. Ajoutez à fa cou¬
lature trois onces de vinaigre rofat ,
& quatre grains de camphre. Faites
un épitheme pour apliquer fur la ré¬
gion du foye.
Apres l'épi thème, fervez-vous du
Uniment fuivant.
Prenez trois onces d’onguent rofat
de Mcfué , que vous laverez dans
L z
j 44 Parti. Des Mteraùfs. Seél.IV.
l’oxycrar une drachme de fucre de
Saturne , avec du fuc de cicoréc , ou
de plantin , faites un Uniment , dont
vous en frotterez la région du foye,
& des lombes apres Implication de
1 epitheme.
Notez qu’il ne faut point employer
les épithemes qu’apres les remedes
généraux , de peur que le corps
n’ayant pas été vuidé, l’on ne repouf¬
fe davantage les humeurs fur les par¬
ties nobles , & qu’elles s’y figent en¬
core plus.
On fait auffi des épithemes que
l’on aplique aux tefticules pour ra¬
fraîchir les parties nobles , comme
dans une maladie chaude , tel qu’eft
le délire , la phrcnéfie , une fièvre
chaude, & l’hemorrhagie. Par exem¬
ple.
Prenez deux livres d’oxycrat, trem¬
pez des linges dedans , que vous
apliquerez froid aux tefticules. Ou
bien.
Prenez des eaux de morelle , de
plantin , & de rofes , trois onces de
chacune > cinq grains de camphre i
mêlez- les pour le meme ufage.
Chap. I. Des Epithemes. 24;
Dans une maladie froide , dans
U fyncope , la fiévft maligne , les
forces fe diflïpant, Sc autres accidens
où toute la chaleur du coeur femble
être éteinte par quelque caufe froi¬
de, tant interne qu’externe : & même
quand les forces font beaucoup
affaiblies par quelque maladie chau¬
de , l’on peut employer l’épitheme
fuivant.
Prenez demie livre de bon vin , &
trois drachmes de confe&ion alker-
mes. Faites un épitheme pour apli-
q«er chaud aux tcfticulcs.
Des Epitheme s folides.
i-oç dpithemes folides fe compo¬
sent de conletvts w— je COn_
ferions , de poudres , & de fucs, avec
céte proportion que pour trois onces
de conferve , il y ait deux drachmes
de confe&ion , une drachme de pou¬
dre, de fuc, d’ean,ou de fyrop,ce qu’il
en faut.
Cesépithemes folides s’apliqucnr
*pres les liquides.
L 3
246 Part.I. Des Akeraùfs. SeCt.IV.
On fe fert quelquefois des feuls
épithemes folides , quand principale¬
ment il y a plus grande neceflité de
forti fier que de préparer.
L’ufage de ces épithemes eft pour
rétablir & conferver les forces. Par
exemple.
Prenez de confèrvc dcrofes , & de
buglofe , de chacune une once & de¬
mie > de confection alkermes , &
de hyacinthe, de chacune une drach¬
me , de la poudre de diamargaritum
froid , de diarhodon,dçmic drachme
de chacune , avec du fyrop de pom¬
mes , faites un épitheme folide , pour
apliquer fur le cœur.
Dans la lipothymie , & dans la
fyncope , &c. ,
pr<.„P^ j - ../Uve de fleurs de ro¬
marin, & de violetes, de chacune une
once & demie , de confection al¬
kermes , & de vieille theriaque , une
drachme dç chacune , de poudre de
diambre , demie drachme , avec du
vin ou d'eau theriacle , faites un
épitheme pour apliquer fur le cœur.
Pour la plevrefic, fièvres malignes*
& peftilentiellcs.
Chap.I I. Des Fomentations. 147
Prenez de conferve de rofes & de
fleurs de bourrache , une once & de¬
mie de chacune ; de confedtion al-
kermes une drachme & demie ; de la
poudre de diamargaritum froid une
drachme,avec de l’huyle de feorpions-
faites un épitheme folide pour le
cœur.
Contre les vers où il y a vormlTc-
ment , dans les enfans.
Prenez trois onces de la theriaque
apellée diatcjfaron -, de la poudre de
maftic & de mente fcche , demie
drachme de chacune , avec du fyrop
d'abfynthe faites un épitheme folide
pour métré furie nombril.
CHAPITRE M.
Des Fomentations.
LEs fomentations font un remede
liquide , qui s aplique à diverles
parties ; félon ladiverfité des indica*-
tions qui fc prefentent.
Elles fe coinpofcnt de décodions
de racines & d'herbes propres au^
L 4
248’ Part.I. Des Jkeranfs. Sett.lV.
parties malades ; oh les fait auiïî quel¬
quefois d’oxycrar , défait, d’huHeôc
«Peair &c.
La liqueur dans laquelle on fait la
décoékion eft ou l’eau fimple, ou l’eau
& le vin quand il faut fortifier j ou le
lait quand il faut apaifer la douleur -,
ou l’eau de forge , ou fimple dan?
laquelle on a trempé l’acier, quand il
faut rcfierrer. Pour penetrer davan¬
tage on y ajoûte du vinaigre, dans les
maladies chaudes , & du vin blanc
dans les froides. 1
En été on fomente avec des gros;
linges doubles : dans les autres faiions
avct des pièces de draps de laine
blancs, quelquefois avec des éponges,
ou des veflies de bœuf.
On fomente une ou deux fois le
jour , félon la neceflité du mal , &
que le malade le permet , le matin
deux heures apres avoir pris un bouil¬
lon , ou bien , d’abord avoir pris un
julcp,ou la dofe d’un apozéme ; le foir
avant que prendre un bouillon , ou
devant que fouper.
Les ufages des fomentations font
premièrement pour temperet la cha*
Chap. II. Des Fomentations. 149
leur des vifeeres 8c des humeurs qui
font dans le bas ventre , foit qu’ il y
ait fièvre ou non. Par exemple.
Prenez des racines d’oxylapathum
deux onces ; des feuilles de mauve &
de guimauve , de cicorée, de laitue ,
de violetes, d’agrimoine, une poignée
de chacune ; de graine de melon , de
concombre , de courge & de citrouil¬
le , de chacune deux drachmes ; de
fan t al citrin coupé bien menu , demie
once ; de rofes rouges & de nymphée,
une pincée de chacune. Faites bouil¬
lir le tout ; dans la coulaturede trois
livres > ajoutez quatre onces de vi¬
naigre rolat. Eaites des fomentations
par tout le bas ventre , avec des piè¬
ces de grolïe toile , deux fois le jour
«m peu tiède, pendant une heure.
Secondement pour ramollir , ra¬
fraîchir, ouvrir 8c fortifier qu and il y a
dureté &tenfion dans les hypocondres
avec obftru&ions > ce qui arrive pref-
que toujours dans les fièvres conti¬
nues 8c iutermkantes, & dans d’autres
maladies où il n’y a point de fièvre.
Prenez des racines de guimauve & de
kgathura acutum, une once & demie ;
L J
a fo Part.î. Vef Altnatifs. Se&.IV.
de chacune > des feuilles de mauve 8C
guimauve, de violetes , de cicorée
avec la racine , de capillaire , & d’a-
grimoine, une poignée de chacune*
de graine de guimauve & de lin , une
once de chacune ; de fantal citrin
groflieremcnt pulverifé, demie once
de rofes rouges, une pincée. Faites
bouillir le tout ; dans la coulaturc de '
trois livres ajoûtcz quatre onces de
vinaigre rofat. Faites des fomenta¬
tions pour tout le bas ventre.
Notez premièrement que dans ces
fortes de décodions & femblables , il
y faut métré des fpecifiques qui for¬
tifient , qui , fclon la penfée de Ga¬
lien dans un livre intitulé , Le petit
Art , font douez d'une fubftance fpi-
titueufe, & d’une faculté quelque peu
aftringentc , pour confervcr le tem¬
pérament 8c la force des patries , qui
s’affoiblifTent par les alteratifs 8c la¬
xatifs. Ces fpecifiqoes corroboratifs
font , les fantaux curia & rouge , les
rofes ronges , l'abfynte , la canelle , le
fpica-nard , 8c aurres femblables. il
faut employer les chaudsdans les in-
difpohtions chaudes, & les froids dans
les froides.
Chap. II. Des Fomentations, i j i
Notez en fécond lieu, qu’il ne faut
ufer des fomentations, qu’aprés les re-
medes généraux,autrcment en fondant
les humeurs, elles les poufferoient fur
les parties déjà embarraüées d’obf-
trudiions & d’amas d’humeurs , ou
rempliroient le ventre de vents , lors
que les humeurs groflieres étant en
trop grande quantité , fe fermentent
fans pouvoir être diffipées parlatranf-
piration : elles caufcnt aulïï quelque¬
fois la fièvre par la liquation & agita¬
tion des humeurs qu’elles procurent ;
c’eft pour cela que l’on dit communé¬
ment & avec raifon,que les corps caco¬
chymes & réplis d’impurctez, ne doi¬
vent point être baignez ny fomentez.
La fuivante décoétion peut fervir
dans les maladies , où le ventre cft
trop libre , comme dans la diarhéc ,
la dyfenterie , débord de bile par def-
fus & par delfous , perte des mois ,
flux des hémorroïdes , &c.
Prenez des racines de biftorte , de
tormentille , de quinte - feuille , une
once de chacune : des feiiilles de ci-
corée avec U racine , d'agrimoine ,
de plantin , de prêle > de malcte de
api Part.I. Des ^Itératifs. SeéhlV'.
pafteur , & du verbafcum, une poi¬
gnée de chacune ; de fantal rouge ,
groflïérement trituré , une once ; de
rofes rouges & de balanftcs , de cha¬
cun une pincée. Faites une décottion
pour trois livres , ajoûtanr à la fin
du vin rouge & de vinaigre- rofat ,,
trois onces de chacun. S’ils y a flux
die fang confiderable , ou la fièvre,,
ou chaleur des vrfceres , il n’y faudra
point mettre de vin..
Quelquefois avec le flux de ventre,
ou le flux de fang, comme nous avons
remarqué dans le Chapitre des Hyfte-
riques , fl y a des embarras dans les
hypocondres avec obltruftions des
viiccres, alors il faut joindre les dî-
verfes indications,*: mêler les aftrin-
gens avec les émollitifs & les apéri¬
tifs ; Sc on y métra plus de ceux
dont l'indication eft plus preflante.
Par exemple..
Prenez des racines d’ozeillc , & de
qaihrefcüîlle , deux onces de chacu¬
ne : des feuilles dé mauve , de cico-
rée avec la racine , die prêle &: d'a-
çrunoine , nne poignée de chacune-'
graine de pourpier & de paliurt
Chap. 1 1. Des Fomentations, tj.j,
«Te chacune trois drachmes ; de fantal
rouge une once : de rofes rouges, une
demie poignée. Faites bouillir le tour,,
quand vous l'aurez pâlie , ajoutez-y-
quatre onces de vinaigre, pour fo-
mcnrer tout le bas ventre.
Quatrièmement pour ramolir , &
difcuter dans la colique, & autres ma¬
ladies caufécs par les ventofitez , ou
qui naiflent de quelque caufe froide..
Par exemple.
Prenez des racines de guimauve,.
Sc du jonc aromatic , une once
demie de chacune : des feuilles de
mauve , de calament , de pouliot , de
marjolaine, & défommitez d'an et h,,
une poignée de chacune ; des fleurs
de camomille , & de melilot, une pin¬
cée de chacune. Faites bouillît le roue
dans de l'eau de fontaine, ajourant
fur la fin quatre onces de vin Blanc»,
fervez - vous de la coulature pour des¬
fomentations.
Les fomentations qui fe font pour
la plevrefie , pour la douleur des
reins , ou de quelqu’autre partie , doi¬
vent être compofées de ramolliiifs „
d^anodyns , & de refolutifs.
1/4 Part.I. Des Alteraùfs. Se&.IV.
Prenez des racines de guimauve ,
& de lys , une once de chacune ; des
feuilles de mauve , & de guimauve ,
de violetes ; de pariétaire , une poi¬
gnée de chacune $ de graine de lin ,
& de fenugrec , une once de cha¬
cune ; des fleurs de camomille , &
de melilot , une pincée de chacune.
Faites bouillir le tour , & de la cou-
lature fomentez - en le côté malade ,
ou les lombes , ou quelqu’autre
partie malade , chaud , avec des
pièces de toile , ou une veflîie de
bœuf, deux fois le jour. Après les
fomentations vous noterez le côté
d'huile d’amandes douces , ou de
■quelqu’autre Uniment propre au mal,
eu y métant deflus un cataplâme,
félon que l'on jugera être necet-
faire.
Cinquièmement , pour fortifier
l’eftomac , aiïbibly par quelque in-
difpofition froide , ou mêlée. Par
exemple.
Prenez des racines de fouchet , de
jonc aromatic , une once & demie de
chacune : des feuilles d’abfynte , de
mente , $c de marjolaine , de chacune
Chap. 1 1. Des Fomentations, x y j
«ne poignée, de fpina-nard, & de fan-
tal rouge grofflerement trituré , -de
chacun demie once : de rofes rouges,
& de fleurs de jonc , de chacun une
pincée. Faites bouillir le tour dans
égale partie d’eau , Sc de vin rouge ,
de la coulature tiède vous en fomen¬
terez la région ombilicale , deux fois
le jour.
Il fam prendre garde que les vi£
ceres ne foient trop échaufez ; car
le foye repofe fur l’eftomac, & la
rate du côté gauche en eft très-
proche.
Des Embrocations „
Les Embrocations different Je»
fomentations , en ce qu’on les verfe
d'en -Haut fur la partie malade ; quel¬
quefois auffi on les apliqne comme
les fomentations.
Les ufages des embrocations font
pour tempérer la chaleur de la tête ,
& pour faire dormir dans les fièvres
ardentes , la phrénefie , la manie , &
-dans toute forte de délire confidera-
ble. Par exemple.
l $6 Part. T. Des A Itératifs . Se&.rV.
Prenez des feuilles de violetes , de
laitue , de morelle , & de betoine , de
chacune une poignée ; de graine de
guimauve , & de pavot blanc , trois
drachmes de chacune ; des fleurs de
violetes , & de nimphée , une pincée
de chacune. Faites bouillir le tout,
de la coulature vous en fomenterez le
devant de la tête , deux fois le jour
ayant auparavant rafé les cheveux :
ou bien fervez - vous du feu.1 oxy-
erar.
Dans l’apoplexie , & autres mala*-
dies accompagnées d’allbupiflément,
caufées par une matière froide :
Prenez des racines de zedoaire , St
d’iris de Florence, une once de cha¬
cune rdes feuilles de betoine, de fau-
ge , de romarin , & de marjolaine, de
chacune une poignée , de bayes de
laurier , une once & demie; de fleurs
de ftecade , une pincée. Faites bouillir
le tout dans une égale portion d’eau ,
& de vinaigre, rervez-vous de la
coulature pour des fomentations, que
vous ferez avec des éponges, ou de»
linges , ayant auparavant fait les te -
modes généraux-
CTiap. ïî. Des Fomentations'. ïf?
On peut ajouter icy ces fortes de
fomentations qu’on nomme feches»
qui fe font avec des fachets où l'oit
met des herbes, & autres chofes aro¬
matiques convenables , on les met
tremper dans le vin rouge, ou dan»
quelqu’autre liqueur.
L'itfage eftdans le flux de ventre»
dans le débord de bile , dans la dy fen-
terie , quand les forces des parties
naturelles fe diffipent.
Prenez des racines de fouchet , &
de jonc aromatique , une poignée de
chacun , de canelle, dé noix mufeade,
& de gerofles, deux drachmes de cha¬
cun , de rofes rouges , trois pincées.
Joutes deux fachets piquez ; & faites-
les tremper dans bon «,*n . & ap-
^-165 tiédes alternativement fur
iril , le matin & le foir , pen¬
dant une heure.
Des Lotions.
Les Lotions font de certaines fo¬
mentations , qui fe compofent diver-
fement , félon les diverfes parties , &
ks indications que l'on x.
1 j 8 Part.I. Des Alteratifs. Se&.IV.
Premièrement pour les ulcérés , la
teigne , & les poux de la tête.
Prenez des racines d’iris de Flo¬
rence, & d'aunée, deux onces de cha¬
cune ; des feuilles d'abfynte,de fauge,
de betoine , & d'auronne , une poi¬
gnée de chacune , de graine de vigne
lauvage , d’ortie , & de foulfre vif,
de chacun demi once -, des fommitez,
de petite centaurée , & de ftœchade ,
de chacune une pincée. Faites bouillir
le tout dans une égale potion d’eau ,
& de vin rouge , ou dans une leflive
de farment : Servez -vous de lacou-
lature pour en laver la tête chaud
le matin ; fcchez - là enfuite , &.la
frotez de quelque onguent propre au
Hui. r ./■ .
secondement , pour Fortifier les
pieds, dans la cakexie, la goûte , &c.
Prenez des feüillcs de fauge , de
romarin , & d'abfynte , de chacune
une poignée ; des fleurs de fauge , &
de rofes, de chacune une poignée, de
fel & d'alun , de chacun demie once.
Faites bouillir le tout dans de l'eau ,
& du vin pour laver les pieds le ma¬
tin & le foir.
Chap. III. Du Bain , &c. 25^
Troihémement , pour faire dormir
dans le délire > dans la phrénefic,
où les veilles font exceflïves , &c.
Et même pour ceux qui fc portcnc
bien.
Prenez des feuilles de mauve , de
violetes , de laitue , & de morellc ,
une poignée de chacune ; de têtes
de pavot blanc , une poignée &
demie , des fleurs de nymphée , une
demie poignée. Faites - les bouillir
dans l'oxycrat. Lavez - en les pieds
le matin , & le foit à l'heure du
fommeil.
CHAPITRE III.
Du Bain , & du demy-Bain .
LE bain efl: une immciflon de tout
le corps , dépuis la tête en bas ,
dans quelque liqueur que ce foit.
Il y a deux fortes de bains , le fim*
pie , & le compofé.
Le bain fimple fe fait de feule eau
tiède , ou d'huile feule , ou de lait , ou
d’eau & d'huile.
l5o Part .l.Des Altérât ifs. Se&.lV.
On fc fert du bain d’eau douce
froide pour rafraîchir tout le corps ,
& relferrer , & rafermir la peau , &
les pores. On employé le bain d’eau
tiède pour humeéter les corps mai¬
gres & fecs , & les vailleaux qui
croient retirez , atirer les humeurs à
la peau , & pour refaire ceux qui font
atteints de la fièvre hétique , ou qui
font fatiguez d’un long chemin.
On prépare aufli des bains d’eau
de la mer, pour delfecher , & difliper
les humeurs qui font difperfées par
toute l’habitude du corps , pour ra¬
fermir la peau , & fortifier les join¬
tures.
Ceux qui fe préparent avec de
l’huile feule , ou d'huile , on ,
font pour apaifer les douleurs de coli¬
que . *;de reins , quand il n’y a point
d'inflammation . pour relâcher la
peau , & ramolir tout le corps, princi¬
palement dans les convulfions.
On en fait de lait pour humeéter
encore davantage quand le corps eft
extrémément fec , & atenué.
Quelquefois en la place du bain
on K fert de la grape encore échau^
Ch ap. T 1 1. Du Bain , &c. t
fée du vin pour fondre , & refoudre
les humeurs qui font dans toute l'ha¬
bitude du corps, & dans les jointures,
8c pour fortiner encore davantage les
parties externes quand elles font dé¬
livrées des humeurs excrementiciett-
fes qui les acabl oient.
Les bains chauds naturels font
pour les maladies froides , lefquels
ielon le divers mélange des métaux,
8c autres minéraux participent de di¬
vers Tels , & efprits , & par céte rai-
fon font ues-bons à plufieurs indif.
pofitions.
Les bains compofez fe font de dé-
.coétions de racines, d’herbes, de grai¬
nes de fleurs ; & quelquefois de fel,
de foulfrc , & d’alun , quand on
veut faire des bains qui aprochent
des naturels.
Les racines , & les graines s’or¬
donnent à livres , & à onces ; les
herbes à faifeeaux , les fleurs à poi¬
gnées , & les minéraux à livres , & k
onces.
Le tems pour entrer dans le bain f
c'eft le matin & le foir , ou bien le
*datin feulement, ou lcfoir,devantlcs
1<>1 Part.l. "Des Alteratifs. Scâ.IV.
tépas , évitant le grand froid , & les
chaleurs exceflives ; il faut que la
conco&ion des viandes /bit faite , &
que la nature fe foir déchargée des
excremens tant du ventre que de la
ve/ïie : Le bain doit être tiède en
entrant , de peur que par fa chaleur
il n’échaufe trop , ou que par fa froi¬
deur , il ne caufe des friffons , il ne
ferme les pores , & empêche la pé¬
nétration du bain, Ôc la rranfpiration
des excremens fuligineux.
On prend le bain pendant l'efpace
d’une heure plus ou moins , félon que
les forces le permétent , & que le
corps le peut iouffrir. Après le bain >
il faut elluyer le malade , fie qu'il de¬
meure en répos. Auparavant que d'y
entrer, ou du moins demie heure après
en être forty , il eff bon de donnet ï
ceux qui font maigres , extenuez , ôc
foibles, un bouillon rafraichilfant.dtf
lait , ou du petit-lait, ou un orge paf-
fé. Le bain eft contraire aux affamez.
Il le faut continuer pendant trois
jours , fi on fe baigne deux fois le
jour ; ou pendant fix ou huit , fi une
fois feulement. On doit obfcrver tou-
C h ap. 1 1 1. Du Bain , &c . x
tes ccs précautions,rant dans les bains
fimples que compofcz. Quelquefois
en entrant dans le bain on donne une
prife de tifane laxative , ou quel-
3u’autrc purgatif , principalement
ans les maladies' mélancoliques qui
ont leur fiégc dans les hypocondres ,
dans les indifpofitions hyfteriques, &
dans des corps échaufez , & maigres.
Soit que l’on ordonne les bains par
précaution , ou pour une entière co¬
tation , il faut avoir fait les remedes
généraux pour ôter les embarras , 8c
les obftruftions , les durerez , & ten¬
ions des vifeeres ; de peur que les
humeurs étant fondues par la chaleur
du bain , ou devenues trop coulantes,
te atenuées , ou rcpoufTées au dedans
par le froid > elles ne fe jétent fur
Quelques parties foiblcs > ou déjà in-
difpofées.
Les ufages des bains font premie-
tement pour rafraîchir , & humeéler,
«pîand les vifeeres font échaufez ,
P°ur abatre la chaleur des reins, dans
la difficulté d'furinç , & dans la fièvre
«étique. Par exemple.
Prenez des feuilles de violetcs , de
i &4 'Patt.ï. Des Alteraùfs. SeftJV.
laitue , de mauve, de cicorée , des
deux efpeces de buglofe , un faifceau
de chacune * d’amandes douces ba¬
illes dans un mortier, & mi Tes dans
un fachet , demie livre ; des fleurs de
violetes , & de nymphée, une poigne'c
•de chacune. Faites bouillir le tour
dans de l’eau de fontaine , ou de ri¬
vière pour un bain, dans lequel tiède
le malade entrera le matin à fept
Jieures , & le foir à quatre , & il con-
linuera pendant trois jours, plus ou
•moins (elon la neccflité.
Apres que le malade eft.forty du
tain , il le faut froter d’un Uniment
■rafraichilfant propr e la maIadie,ou
k la partie indifpofée.
Secondement , pour refTerrer dans
le flux e-xceflif de fang des hémor¬
roïdes , dans les pertes de mois , Sc
le flux de ventre, ayant auparavant
fait les remedes généraux.
Prenet des racines de -biftorre , SC
de la grande confoUde, une livre de
chacune -, des feuilles de plantin , de
cyprez , de renoiiée , de pain de co¬
cu , & de prèle , de chacune une pot
gnçe £c demie j d’écorpe de
Chap. I I I. Du Bain , &c. ify
Je balaulles , & d’alun , de chacun
une poignée 8c demie ; de rofes rouges,
deux poignées. Faites bouillir le tout
dans de l’eau de fontaine ; à la fin
vous y ajouterez demie livre de vi¬
naigre rofat.
Troifiémement pour delPechcr dans
la paralyfie, fi on n’a pas la commo¬
dité des bains naturels.
Prenez deux livres de fel commun,
de foulfrc , &c d'alun , une livre de
chacun ; des feuilles de pouliot , de
fauge > de charriepyte , d’hyfope , &
de romarin , un faifeeau de chacune ,
des fleurs de ftecade , de romarin , &
de fauge , deux poignées de chacu¬
ne. Faites bouillir le tout dans l'eau
«joûtant à la fin trois livres de via
fQuge , pour un bain.
Des Demi-bains.
On apelle demi - bain quand le
^alade n’a de l’eau que dépuis l’ori-
«ce de l’eftomac , jufqu’au milieu des
euilfes.
P«ifqu’il faut une moindre quan-
Cc de liqueur pour le demi -bain que
M
t66 Part.I. Des si Itérât ifs. Seft.IV.
pour le bain entier , aulïi il faut beau¬
coup moins de racines , & d'herbes )
le demi-bain n'étant pas fimple , mais
compofé.
Les ufages du demi-bain, font pre¬
mièrement pour corriger la chaleur ,
& la fecherefle des vilceres.
Prenez des feuilles de cicorée , des
deux efpeces de buglofe , avec les ra¬
cines , de laitue , & de fumeterre , de
chacune une poignée > d'amandes
douces batues dans un mortier, demie
livre , des fleurs de nymphee , & de
rofes , deux poignées de chacune.
Faites bouillir le tout dans de l'eau
de fontaine , ajoutant à la fin fix on¬
ces de vinaigre rofat , pour un demi1*
bain.
Secondement pour la douleur , &
colique des reins , la fupreffion d'uri¬
ne , &c. Par exemple.
Prenez des racines de guimauve', &
de lys , de chacune demie livre j des
feuilles de mauve , de pariétaire ,'de
violetes , de barule , & de réfors , de
chacune trois poignées , de graine de
lin, de perfil, & de fenouil > det»<
onces de chacune. Faites bouillir ^
Chap. I V. Des Etuves, ig 7
tout dans l’eau de fontaine pour un
demi - bain. On y peut ajouter de
l’huile d'olives ,ou du vin blanc juf-
qu'à une livre & demie.
Troiiiémemenr pour faire venir les
mois.
Prenez des feiiilles de mauve , de
f uimauve , de pariétaire , d’armoife,
e valériane , trois poignées de cha¬
cune ; de graine de lin & de fefely ,
de chacune trois onces ; de fabine &
de diéfcam, trois poignées de chacun ;
fleurs de 'chamepyte& des fommitez
de millepertuis , une poignée de cha¬
cune. Faites bouillir le tout pour un
demi-bain.
CH A P I T R E I V,
Des Etuves :
PAr les étuves on entend une cer¬
taine façon de fuer qui fc fait par
l’aide d'une vapeur chaude & féche ,
ou chaude & humide qui échaufe le
Malade & le provoque i fuer.
On fait fuer de pluficurs façons
dans les étuves.
M i
16 8 Part.T. Des Alteratifs. Se&.IV.
Premièrement , ou dans les bains
chauds par le moyen d’une vapeur
tres-chaude qui ouvre les pores , &
qui attire les humeurs qui font dif-
perfées par toute l’habitude du corps.
Céte façon de fuer eft tres-bonne aux
maladies froides de la tête , des nerfs ,
aux mal habituez , que l’on nomme
cakeûiqucs , aux gouteux , &c.
Secondement , en métant le mala¬
de dans une cuve fous un pavillon,
que l’on échaufe par une vapeur qui
s’élève de dix ou douze cailloux ran¬
gez dans céte cuve , lcfquels étans
rougis on verlè deftus quelque dé-
coéltion d’herbes , qui font diapho¬
niques , ou bien on jéte dans céte
décoétion, qui doit être dans la cuve,
ces cailloux rougis.
Troifiémement , ou dans l’archer,
ou ce qui eft plus commode , dans
céte forte de bocte faite de bois 'SC
de carton , dans laquelle on fait
mc'tre le malade , ayant pourtant
la tête dehors , y étant allis on
l’envelope tout , excepté la tête qu’il
fort fouvçnt , pour pouvoir mieux
rcfpirer & prendre un peu d’air }
Cllap. I V. Des Etuves. x6<y
on met dedans un pot ou terri¬
ne pleine d'eau de vie à laquelle
on met le feu , & par la vapeur de
céte eau , les pores de la peau s’ou¬
vrent.
On Ce fert de céte façon de fucr
dans les maladies déjà énoncées, dans
le rhumatifme , dans la verole. Dans
céte derniere quelquefois on provo¬
que les fucurs, même avec le cinabre.
Ce que l'on ne doit faire qu’aprés
les remedes généraux & particuliers ,
ayafu par plulieurs fois purgé !• ma¬
lade.
Ces fortes de remedes comme ils
font très - propres dans les maladies
froides , & aux perfonnes grades ,
aulli ils font contraires aux tempera-
tnens chauds ôc fecs. On employé
aulli quelquefois ce même remede
pour quelque partie feulement , com¬
me dans une longue fciatique,oudans
U douleur inveterée de quelque par¬
tie : Dans ce cas on met la partie ma¬
lade dans quelque petite cuve , ou
quelque machine de bois faite en mo¬
de d’arc ; on la couvre bien, & par
les vapeurs de l'cfprit de vin , ou de
M j
îyo Part.I. Des Alteratïfs. Se&.IV.
quelque ddco&ion diaphonique, ou
de vinaigre dans lequel on aura Jeté
un caillou rougi , on l'a fait fuer.
CHAPITRE V.
Des Parfums.
LE parfum eft un médicament fec
ou humide qui par la force de la
chaleur ou du feu jere des odeurs pro¬
pres à diverfes maladies.
Il y a des parfums fecs > & d'autres
humides.
Les fecs fe font de poudres aro¬
matiques ; que fi on les incorpore
avec quelque gomme , on en forme
des trochifques.
L’ufage de ces parfums eft premiè¬
rement pour fortifier Pc préparer dans
une intempérie froide & humide du
cerveau , dans le catarrhe , &c. Pac
exemple.
Prenez deux drachmes de ladan ».
de ftyrax , de jonc aromatique , une
drachme & demie de chacun ;dc ben¬
join d'encens, & de bois d'aloes >
Chap.V. Des Parfums, tyi
tïois drachmes de chacun ; d’ambre
& de mufe , deux grains de chacun.
Faites une poudre que vous jéterez
fur des charbons ardens pour parfu¬
mer les couvertures de la tête du ma¬
lade 3 & qui en atirera aufli les va-
f>eurs par le nez & par la bouche , en
e metant au lit. Si on veut former
des trochifques , vous incorporerez
céte poudre avec de la gomme de
tragacant que vous aurez fait fondre
dans l'eau rofe ; on fe fert de ces tro¬
chifques comme de la pojudre.
Quand on fait ces parfums pour
les femmes , il c/r faut ôter le mufe
& l’ambre.'
Secondement , pour de^echcr les
nlceres veroliques de la bouche & du
gozicr.
Prenez du ftyrax , de myrrhe Sc
d’encens mâle,deux drachmes de cha¬
cun ; de benjoin trois drachmes ; de
cinabre une drachme , avec des muci¬
lages de gomme de tragacant , faites
des trochifques, jétez-en un fur le9
charbons ardens dont le malade en
recevra la fumée par la bouche.
Troifiémement pour faire fuer dans
M 4
171 Part.I. Des Alteratifs. Se£fclV.
l'archet , ou dans le pavillon , cônv
me nous avons dit dans le Chapitre,
précédant , pour la curation de la.
verole.
Prenez une once 8c demie de cina¬
bre, de ftyrax, 8c de myrrhe calamite*
«ne drachme de chacune ; de refine.-
de pin , deux drachmes, de terebinthi-'
ne ce qu’il en faut pour former des-
trochilques , pour un parfum.
On fait aum des parfums de cafto-
rec , de plumes de perdrix, de papier*
d'alfa puante , feuls ou mêlez , pouc
prefenrer au nez dans les fufocations
de matrice.
Les parfums humides ne font qu’u¬
ne vapeur de quelque liqueur, comme
de vinaigre , de vin , d'eau rofe, d’eau
naphe , que l’on fait échaufcr dans
un pot.
. Dans les indifpofitions de matrice
on reçoit ces parfums par une chaire
percée , ou un entonnoir : dans les.
maux d'oreille par un tuyau fait en
forme d'entonnoir.
On s’en fert pour arrêter les mois ,
ou pour les procurer ; dans la dyien-
terie , ils fe font d’aftringens ; dans la.
^ Chap. VI. Dm Oxyrhoâ'ms. 173
décente du fondement , pour arrêter
hémorroïdes , & en apaifet les
douleurs , à quoy le parfum fuivant
fera bon.
Prenez des feuilles de pain de cocu ,
& de racines de porreau , une poignée
de chacun, de graine de lin une once*
Faites-les boüiflir dans l’eau dont vous
en recevrez la vapeur tiède par le bas
dans une chaire percée.
CHAPITRE VI. »
Des Oxyrhodins.
OXyrhodin dans toute la force de
fon nom fignifie un médicament
compofé de vinaigre & de rofes : mais
communément on le prend pour un
médicament qui s’aplique à la tête,
au front & au col.
Les oxyrhodins fe compoTent-
d’huile rofat & de vinaigre , obfer-
Vant cére proportion que pour trois
-Opçes d’huile , il y ait une once de
Vinaigre rofat.
Qa s en £crr premièrement dans les
M 5
Z74 Part.!. Des Alteratifs. SeCt.IV.
fièvres , dans la douleur de tête, dans
le délire , ou qui foir actuellement ,
ou pour le prévenir, dans la lérar-
gie , dans cctç forte d'alToupifiement
que l'on nomme Coma veillant , &
autres fcmblables maladies , où le
cerveau eft extrêmement e'chaufé.
Par exemple.
Prenez quatre onces d’huile rofat ,
une once & demie de vinaigre rofat ;
faites-en un oxyrhodin pour métré
tiède fur te devant de la tête, qui aura
été auparavant rafé , & au front,,
avec des étoupes de chanvre , deux
& trois fois , tant le jour que la nuit.
Au lieu d’huile roiàt on peut pren¬
dre celuy de violetcs , de nymphée>
©u de pavot.
Ou bien ,
Prenez trois ©nets d’huile rofat».
«T eau roft 6c de plantin une once d©
chacune ; de vinaigre rofat , une once
3c demie 'r pour faire un oxyrhodin
«p*e vous apliquerez comme deflus.
11 faut les change© quand ils s'é-
cfeaufenr , on quand ils fe rafroidif-
4ènt , par ftx ou fept fois.
Les remèdes généraux doivent avoir
Chap. VIT . Des Frontaux. i7j
précédé ; car il ne faut pas apliquer
des topiques repercuflifs ; le corps
étant encor tout plein d’impuretez.
Quand il y a inflammation , il ne faut
pas continuer outre le premier tems
& le commencement du fécond ; car
alors il faut mêler des refolutifs avec
les repercuflifs , comme eft l’huile de
camomille.
Secondement , les oxyrhodins
s’ordonnent dans la diarhée & dans
ladyfenterie quand il y a une grande
chaleur, ou inflammation entière : on
les aplique tiédes depuis le nombril
juqu’à l’extremité du bas ventre,
avec des étonpes.
CHAPITRE VIL
Des Frontaux.
LEs frontaux font un remede topi¬
que qui s’aplique au front Ample¬
ment , fans froter.
Ils fe compofent d'herbes , & de
fleurs bacucs & trempées dans le vi-
^gre j ou d'onguens , de poudres ,
Part.I. Des ^Itératifs. Se&.JV.
d'eau rofe , de blanc d'œuf , de vinair
gre rofat , & d’autres femblables : on
les inet entre deux linges , & on les
aplique au front & aux tempes.
Les uftges des frontaux font pre¬
mièrement pour arrêter l’hémorragie,
& les fluxions qui tombent fur les
oreilles & fur les yeux. Par exem¬
ple.
Prenez de poudre de bol d’Armenie
de rofes , & de terre figillée , une
drachme de chacune ; de maftic de¬
mie drachme ; de foie farine , quatre
fcrupules ; bâtez le tout avec un blanc
d'œuf de d’eau rofe , métez-le fur des
troupes , faites un frontal pour apli«-
quer au front & aux tempes.
Secondement pour apaifer la doub¬
leur de tête. Par exemple.
Prenez des feuilles de laitue & de
violetes ; de chacune demie poignée ;
deux onces de pulpe de courge j cou¬
pez & hachez - les , métez - les enffe
deux linges pour apliquer au front SC
aux tempes.
Troihémement pour faire dormir.
On fait communément un frontal
*vec uu blauc d'œuf batu.a.vec l’e*ur
Chap. VII. DesTrotnanx. îyy
rofe & le vinaigre rofat , que l’on met
fur des étoupes.
Ou bien dans les fièvres où il y a.
des veilles exceflives , & des délires „
quand il. faut les faire plus forrs.
Prenez des feuilles de lairué , de
nymphée , & de jufquiame , une
poignée de chacune y de grains d’é**
carlate une drachme -, batez-les dan9
un mortier avec de l’eau rofe & d»
vinaigre rofat &. en faites un.
frontal.
Ou le fuivanr.
Prenez une once de conferve dè-
rofes ; d’onguent populeum , demie
once ; de la poudre pour repofer de la
defeription de Nicolas ,.une drachme*
de grains d’écarlate demie drachme -,
mêlez le tout avec un blauc d’œuf
que l’on aura bâta avec de l'eau rofe,.
& faites un frontal pour apliquer ail
front & aux tempes , que l’on renoua
vellcra tous les. loirs.
T78 Part.I. Des Alteratifs. Sed.IV.
CHAPITRE VIII.
Des faim de rofes.
ON s’ en fert dans la diarée , dans
la dyfenterie, dans le vomilfe-
ment & dans toure diflipation des par¬
ties qui fervent à la nourriture de tout
le corps , apres les remedes généraux.
On aplique avec heureux fuccez
fur tout le bas ventre un pain de ro¬
fes, que l’on aura fait tremper dans le
vin rouge , on dans une indifpofition
chaude dans une égale quantité d’eau
rofe & de vinaigre , en métant par
deflus quelque poudre apropriée. Par
exemple.
Prenez de poudre d’encens,de maf-
ftic , de rofes , de corail rouge , une
drachme de chacun ; faupoudrez - en
un pain de rofes qui aura trempé dans
l'eau rofe, avec une troifiéme partie
de vinaigre , ou dans du vinaigre r o~
fat , de l’eau rofe & du vin , en égale
portion , ponr apliquer chaudemenc
fur le bas ventre.
Chap. IX. Des Ltmmenr.
Il y faut lai (Ter pendant deux ou
trois heures , apres quoy on frote la
partie avec quelque huile ou Uniment
convenable.. On aplique les pains de-
rofes une ou deux fois pair jour, félon
que l’on Le juge à propos.
CHAPITRE IX.
Des Lirimens.
LEs Linimens ont une confiftance
qui eft entre l’huile & l’onguent
ils font plus épais que l'huile, & plus,
liquides que l’onguent.
Us fe compofent d’huiles, de graif.
fès , de beurre , de poudres , de moë-
les , & d’onguens. La proportion
que l’on doit garder , eft que fur deux
parties d'huile > il y en ait une de
graifles, ou de beurre, & une drachme
de poudre.
La dofe de tout le liniment eft
jufqu’à quatre onces,, plus ou moins,
félon la grandeur de la partie malade.
On n’y met point de cke, parce qu’el¬
le ferme les pores.
1 S O Part.ï. Des Alteraùfs. Se&.lV.
Les ufages des linimens font pre¬
mièrement pour rafraîchir ,&.apaifec
la douleur dans les parties extrême¬
ment échaufées. Par exemple.
Prenez de l’onguent rolat , & du
cerat rafraichiffant de Galien , l’un
& l’autre lavez dans l’o'xycrat , de
chacun une once , de felde Saturne^
une drachme , du fuc d’endive , ce
qu’il en faut pour un Uniment.
Il faut froter la partie échauféc, ou
enflammée , en Hyver tiède , & ai
Etc froid.
Secondement pour adoucir, & mo¬
dérer quand il y atenfion à la poi¬
trine, comme dans l’inflammation des
pdûmons , dans la plévrefie , dans la
toux , on ne fe fert que d’huile d’a¬
mandes douces pour les linimens de
la poitrinei
Dans une indifpofltion froide , ou
mélec de la poitrine.
Prenez de l’huile de camomille,
& de lys , une once de chacune :■
d’onguent pc&oral , ou du beurre
frais, demie once. Faites-en un li-
niment pour toute la poitrine. Ou-
bien ,
Chap. IX. De! Linlmeht. 2^
Prenez d’huile de camomille, deux.
Q’ices, d’onguent d’althæa, une oiice..
faites un Uniment pour froter tiède
*e côté malade.
Troifiémement pour rafraîchit, re-
’âcher , & adoucir la douleur des-
reins, lorfqu’H n'y a point de fièvre.
Prenez une once d’onguent d’al-
ïhaea , d’huile de feorpions de Mat-
jhiole , une diachme & demie, d’huit
*e de lys , ce qu’il en faut pour faire-
Uu Uniment , dont 011 frotera les-
fombes.
Quatrièmement pour refouire , &
fortifier dans la paralyfie , & dans lat
convulfion. Par exemple.
Prenez d’onguent mattiat, une on-
Ce j de thetiaque vieille , trois drach¬
mes , du ftyrax liquidé , & d’eau de
'le> deux drachmes de chacun, d’hui-
c de rue y ce qu'il en faut pour faire-
*?n Uniment ,. dont on frotera l’épine
,u dos , & les parties qui font para¬
lytiques.
On fe peut fervir pour le meme
fojet du heaume de Guidon.
Cinquièmement pour apaifer lea
°ulcurs des hémorroïdes , & cm
*8 J. Part.!. Des Alteratlfs, Se&.IV.
diflîpcr les tumeurs. Par exemple.
Prenez deux onces d’onguent rofar,
lavé dans l’eau rofe , deux drachmes
de mercure crud ; mêlez le tout , SC
en faites un Uniment.
CHAPITRE X.
Des Onguent.
LEs Onguens font un remede to¬
pique qui fe compofent d’huile ,
de graifle , de moelle , de refîne , de
poudre , de cire , & autres chofei
femblablcs , que l’on réduit à une
confiftance plus ferme que le Uni¬
ment.
La proportion des ingrediens »
qu’il faut garder , cft que pour une
once d’huile , il y ait une quatrie'me
rartie de poudre , & de cire : pouf
ordinaire on ne limite pas la quanti'
té de la cire , mais on la laide à la
prudence de l’Artifte.
Il n’y a que l’onguent nutritif, qU*
fe fait fans cire , & fans feu.
La dofe de tout l’onguent cft juf-
Chap. X. Des Onguem.
*1**^ trois ou fix onces , ou une-
«vre : félon la grandeur de la partie
qu'on doit oindre. Quelques-uns mê-
J*nt des fucs aux huiles , & les font
“Oüillir enfeinble , jufqu’à la con^
*°mption des fucs.
Il y a des onguens ofKcinaux,qu’or*
garde tout préparez dans les Bouti¬
ques j comme l’onguent rofat , le po- '
puleum , l’althteà , defquels on fe fert
ou feuls> ou mêlez enfemble.
D’autres que l’on nomme magis¬
traux , que les Médecins ordon-
^nt fur le champ : qui ont plufieur»
•fages.
Premièrement pour ramollir , Sc
Jcfoudre les tumeurs dures , 6c apai-
^r les douleurs qui nairtent dé
Quelque caufè froide. Par exem¬
ple.
Prenez d’onguent d’althaea > ou du
«*folutif , ttne once de chacun , d’on-
8ucnt d’Agripa , & de canard > demie
®nce de chacun -, mêlez le tout , & en
aitcs un onguent.
, Onguent nutritif pour les dartres
^ la peau , pour les petits ulcérés ,
** legcres inflammations.
i.$4 Part.T. Des Alteratlfs. Scd.lV.
Prenez fie la lythargc d'or réduite-
en poudre tres-fine , la quantité que
tous voudrez > d'huile rofat , & de
Vinaigre , de chacun autant que la
lytharge batuc dans un mortier er»
pourra con fumer , & qu’elle ait une
coniîftance raifonnable.
En place du vinaigre quand il faut
plus rafraîchir que dellecher , l’on
nourrit la lytharge avec l’eau rofe ot»
de plantin,
. Secondement pour la gale , & lcs>
demangeaifons. Par exemple. •
Prenez du foulfre en poudre , que
vous laverez & abreuverez avec du
fuc de limon , une onee ; de graille de
pourceau , ou de beurre frais , une
once & demie , de fcl commun une
drachme. Faires-c» un onguent pour
s’en oindre le loir quand on fe métra-
ait lit.
Troi fié moment pour faire venir la
Cilivation , dans La curation de la
vérole.
Prenez quatre onces de bon mer¬
cure, que vous aurez éteint avec de
la térebinthine , ou de la falive , de
graille de pourceau une livre » d’on^
Chap. X. Des Onguent.
guent martiat , une once ; d'huile de
camomille , une quantité fuffi Tante,
faites en un onguent pour en frotter
les extremitez , les féiïes , & l’épine
du dos.
On rendra ce't onguent plus fort,
fi on augmente la quantité du mer*
cure , jufques à fix onces pour une li*
Vrede graille. Et encore plus fort,
fi on en met jufques à huit onces.
Que fi on met une égale quantité de
mercure & de graille l'onguent en fe¬
ra tres-violent.
Pour les perfonnes délicates , &
Maigres , & qui ont la facilité à cra*
cher , on met la moindre dofe du mer*
®u»e ; pour les plus robuftes , on met
« proportion les dofes que nous avons
Marqué. Quelquefois on commence
Par la plus petite dofe du mercure,
^ apres on l'augmente quand ou
que la falivation vient lente¬
ment.
Le rems propre pour faire ces
fri&ions , c'eft le Printems, & l'Au-
tomne. On les fait le matin à fix heu-
Jcs. Dans les perfonnes foibles , il
4ut donner un bouillon auparavant ;
Part.ï. Des j4heratifs.ScSt.lv.
ou immediatementapres avoir pris un
verre de bouclier fait avec la fqui-
ne , commençant les frictions par les
pieds » & finiflant par en haut. Ces
fri&ions générales fe font rarement
deux fois le jour , fi ce n’efl: aux per-
fonnes robuftes. Mais celles qui Te
font à quelque partie feulement , fe
doit être le foir , & à fes extremitez,
afin d'aider les premières friétions ,
en procurer les effets , & que la na¬
ture fe vuide plutôt par les falivai
xions.
Gn continue ces fri&ions pen¬
dant trois, quatre, ou cinq jours, juf-
ques à ce que le flux de bouche vien-
•ne jque fi,quand il commence à venir,
il neft pas allez copieux , il faut lé
faire avancer par des friétions parti¬
culières le matin , & le foir à quatre
heures.
Dans les perfonnes grattes , d’ui»
tempérament pituiteux , & dans ceux
où l'on craint une foiblptte de nerfs,U
faut ajoûter aux onguens demie once
de ftyrax liquide.
Quelquefois quand le flux de bou¬
che commence, on celle les friétionS/
Chap. X. Des Onguent. *87
principalement dans des corps dcli-
cats, & foiblcs } car on ne les doit
Pas continuer lî long-tcms , quand le
flux de bouche vient aifement, parce
que les mouvemens de la Nature bien
r«glez , font foibles au commence*
ment, & s’augmentent à la fuite ; c’eft
pour ce fujet qu’on celle les frittions
Pendant un jour ou deux : que fi
dans ce tems il fernble que la Nature
f°it languiifante , & qu’elle s’oublie
de fe décharger pat le flux débouché,
*1 faut renouveler les frittions tout
autant de tems que l’én le jugera à
propos.
On connoit que le flux de bouche
( quieft lacrife de la verole ) doit
arriver bien tôt , quajid le malade fp
plaint d’une grande lalfitude , il y a
inflammation de bouche , & dçs gen¬
cives , des tumeurs , & des petits uL>
ccres dans la bouche.
Apres la frittion, il faut cnyeloper
malade de draps chauds , le mettre
enfui te au lit, & le laifler bien couvert
pendant une heure.
Notez que fi le malade fuë beau¬
coup , il ne le faut pas acabler dp
2t 8 8 Part. T. Des A Itératifs . Scdt.IV.
couvertures, mais en métré feulement
pour faciliter une plus abondante
tranfpiration , & pour faire penetrer
davantage l'onguent. On laide le
malade en cét état pendant une heu¬
re plus ou moins , félon fes for¬
ces i apres cela il le faut elfuyer , SC
luy donner un bouillon une heure
apres.
Pendant tout le t-ems des friéHons»
il faut nourrir le malade avec de
bons -bouillons, & des panadesrquand
le flux de bouche s’aproche , il ne
kiy faut donner que des bouillons»
& quand la nature eft beaucoup
travaillée , ou que la fièvre cil vio¬
lente.
Il furvient quelquefois des fympto-
mes qui empêchent le flux de bou-
che,comme la fièvre, les convul fions»
l'efquinancie, la (ufocation,une fueur
trop copicufe , le flux de ventre > *
raiion de la grande chaleur des hu¬
meurs , & de leur agitation qui fe
jétent fur plufieurs parties , la nature
ne pouvant pas régler fon mouve¬
ment à la bouche , parce qu'elle eft
acablée ,& trop irritée : Alors il n®
Chap.-X. Des Onguent.
faut pas s'opiniâtrer aux frictions ,
mais félon la prudence du Médecin,
il faut faigner ou purger , ou même
faire l'un & l'autre , ou arrêter le flux
de ventre par des lavfcmens dcterfifs ,
& anodyns. Ayant calmé ce defor-
dre , fi le flux de bouche ne vient
point , il faut recommencer les fri¬
ttions , fi elles n'ont pas etc fuffi (an¬
tes , Sc que les forces les pui fient fu-
porter.
Il faut que le malade demeure dans
les mêmes draps , Si le jour , & la
nuit pendant fix ou huit jours , afin
de ne point détourner le flux de bou¬
che , fi ce n'eft que la violence de la
fièvre , une fueur abondante , ou un
flux de ventre , ou quelqu’ autre con-
fiderable fymptome oblige de chan¬
ger. Quand les fueurs , 5 c le flux de
Ventre qui furvienent font confidera-
•hles , il faut donner quelque relâche,
de laifler quelques jours d’intervalc
<ntre les friétions , afin que la na¬
ture puifle prendre fa première route,
de qu’elle cefle de porter les humeurs
*ux endroits où il ne faut pas. Dans
lequel tems il faut arrêter ce mou-
N
*9° Part.I. Des AU natifs. Se&.IV.
vtment d'humeurs par les lavemens»
& les autres remèdes qui auront été .
indiquez.
Avant que de venir aux fri&ions,
il faut préparer les humeurs : On
avoir coutume autrefois de commenr
cer par la faignée, de purger par apo-
zémes , Scde faire une diete iudorifi-
que pendant vingt ou trente jours ,
quelques-uns y ajoûtoiét les friétions
de mercure. L’cxpcrience a fait con-
n ûtre à prefent qu'il eft plus alluré
pour déraciner entièrement laverole>
8c procurer le flux de bouche , fi l’on
faigne le malade une , deux , ou trois
fois félon la quantité du fang , & les
forces , entremêlant des purgations
faites premièrement de féné, de calle,
de manne,ou de confe&iomd'hamech,
8c du fyrop rofat folutif : enfuite on
purgera avec le mercure , & le pré¬
cipité blanc , le diagrede , 8c autres
femblables purgatifs ; on ufera enfui*
d^ bouillons apéritifs , & rafraichif'
fans, 8c des bains pendant quinze oU
vingt jours ; Enfin pour dernier
mede qui emporte entièrement la vé¬
role , on employcra les fii&ions
mercure.
Chap. X. Des Onguent. ipt
Il faut obfcrver que s'il y a quel¬
ques autres indifpofitios compliquées
avec la verole, ce qui arrive aiTés
fouvcnt , comme des obftru&ions des
vifceres , 8c amas d'humeurs, une fiè¬
vre continue , ou intermitante , la
toux , une maigreur confiderable , il
faut ôter auparavant ces maladies , &
«es incotnmoditcz par des remedes
propres , & convenables, fans oublier
d'y ajouter des fpecifiques contre la
vérole. Et les ayant totalement guc-
ties , ou du moins beaucoup dimi¬
nuées , il faudra procéder méthodi¬
quement à la curation de la verole.
Il faut lailler fluer la bouche pen¬
dant trente , ou du moins vingt jours,
& enfuite purger le malade , aupara¬
vant que de le faigner , fi on le juge
neceflaire. S'il refte quelque intem¬
périe chaude des vifcercs , on don¬
nera des bouillons rafraîchiflans , 8c
°n fera prendre le bain ; que s'il y a
fctandc maigreur , on fera ufer du lait
d'anefle.
N t
îy i Part.I. Des Æterat'tfs. Sc&.lV.,
CHAPITRE XI.
Des Cerats.
CE mot de Cerat vient de celuy
de cire ; c’eft un rcmede qui eft
d’une conilftance entre l’emplâtre , 8c
l'onguent.
Les Cerats fe font d’onguens , 8c
en y ajoutant de la cire on leur donne
un peu plus de corps ; ou d’emplâtres,
"~avec des huiles on les rend plus
mois , ou bien on les compofe d’huile,
de poudre , & de cire.
La proportion des ingrediens , cil
que pour une once d'huile , il y ait
une drachme & demie de poudre , 8C
demie once de cire.
Le cerat rafraichiflant de Galien,
& le cerat fantalin font plutôt des
onguens , que des cerats.
Les ufages des Cerats font pre¬
mièrement , lorfque la partie malade
ne peut pas fouffrir la dureté , •& pc-
fanteur d’un emplâtre.
Secondement pour ramollir , re¬
foudre , 8c reflerrer , jamais pot)C
ïafraichir , parce qu’ils dchattft0*
Chap. Xi . î)es Cerats. a<jj
ancrant les vapeurs.
Le cerat fuivant cil fouveraîn pour
Jes playes de la tête , les contufions ,
& les fraétures du crâne.
Prenez deux onces de l’emplâtre de
hetoiné, d’huile rofat ce qu’il en faut
Pour faire un cerat que l’on apliqucra
*ur la partie malade.
Pour les duretez de rate.
Prenez de gomme ammoniaque
que l’on fera dilloudre dans le vinai¬
gre , & qu’on aura paflee par le tamis,
une once -, d’huile de câpres, de lys, &c
rie cire ce qu’il en faut pour faire un
cerat qu’on métra fur la partie deux
fois le jour.
Dans la lienterie&dyfenteria, &rc.
Prenez de poudre de maftic , de bol
d’ Arménie , de l'acacia , & du fang
de dragon , une drachme & demie de
chacun , deux onces d'huile de coins »'■
de la cire , ce qu’il en faut pour faire
un cerat. Ou bien ,
Prenez deux onces de l’emplâtre
pour l’eftomac , d’huile de coins , ce
rpr’il en faut pour faire un cerat, dont
^°us en froterez tout le bas ventre ,
deux ou trois fois par jour.
N 3
154 Par.I. Des Altérât ifs. SeéMV.
CHAPITRE XII.
Des Emplâtres.
CE mot d’emplâtre tire Ton origine
de fon effet , parce qu’il ferme
te bouche les porcs ; c’eft un remede
qui eft plus épais & plus gluant que
le cerar, & qui étant apliqné fur la
peau s’y atache plus fortement.^
Les emplâtres fe différencient en
ceux qu’on garde compofcz dans les
Boutiques des Apoticaires , qui fe
nomment Officinaux ; & en ceux que
les Médecins ordonnent fur le champ,
félon les diverfes indications , on les
apclle Magiftraux.
On les compofe des matières qu’on
emprunte des minéraux, des végétaux
& des animaux , que l’on incorpore
avec des huiles , ou de la refine,
graiffe, gomme, cerats, & autres cho-
fes fcmblables.La p; : portion que l'on
doit garder en les compofant , eft que
pour une once d’huile, il y ait fix
drachmes de poudre, & une once &
Chap. XII. "Des Emplâtres. 1 9 y
demie de cire.Si on y mec des graines,
elles tiennent lieu de la moitié de la
quantité des huiles , de forte qu'une
once de graille vaut demie once d’hui¬
le. Et parce que fouvent on ne peut
juftement déterminer la quantité de
l’huile & de la cire , on la lailTc à la
prudence de l'Apoticaire & de l'Ar-
tifte. On y mêle quelquefois des em¬
plâtres des Boutiques , félon les di¬
vers delfeins que l'on a.
Leurs ufages font quand il faut for¬
tement ramollir, aglutiner, meurir, di¬
gérer & cuire, car en bouchât les pores
delà peau, ils échaufent bcaucoup,dé-
fechent, fondent & atirem au déhors.
L’emplâtre fuivant eft bon pour pur¬
ger les ulcérés malins Sc cancrcux ,
& pour les cicatrifer.
Prenez trois onces d’huile oti vous
aurez fait bouillir de la limaille de
plomb ; de refine &de gomme éle-
We,trois onces de chacune •, du plomb
auquel il y ait la moitié de mercure
que vous ferez fondre , & qu’aprés
Vous métrez en poudre , demie otice ;
de ccrufe lavée , de tutlne préparée ,
& de la pierre calatuinaire , deux
N 4
i<)& Part.I. Des Alteraùfs. Sc&.IV.
drachmes de chacune ; de cire jaune
fondue & lavée dans l’eau de forge ,
une livre. Mêlez le tout pour faire un
emplâtre.
Pour diminuer la rate enflée.
Prenez de la racine de concombre
d’ane , cuite , petrie & pallee par le
tamis » trois onces ,de gomme ammo¬
niaque fondue dans le vinaigre, deux
onces, de galbanum & de fagapenum r
demie once de chacun , d’huile de câ¬
pres & de cire ce qu’il en faut pour
■aire un emplâtre.
CHAPITRE XIII.
Des Cataplâmes.
LEs Cataplâmes fe compofent de
racines , de feuilles , de graines ,
êc de fleurs , dans la même dofe que
pour les fomentations. On les fait
bouillir jufqu’à - ce qu'ils foient ré¬
duits comme en pâte ; on les bat dans
un mortier , & on les pafle par un ta¬
mis : on y ajoute des poudres, ou trois
ou quatre onces de farine, d’huiles ou
Chnp. XIII. Des Cataplàmes. j.97
de graille jufqu’à trois ou quatre
onces.
On en fait de croûte de pain rôtie
& trempée dans le vin., jetant pat
deflus quelque poudre cordiale juf¬
qu’à une ou deux drachmes.
Ils fe font audl de mie de pain
trempée ou un peu bouillie dans le
lait , y ajoutant des jaunes d'œuf, du
fafran, & quelquefois d’huile rofat.
On en fait allez fouvent de fruits ,
comme de coins cuits fous la cendre ,
que l’on bat dans un mortier , & que
lJon pafle enfuite par un tamis , y
ajoutant des poudres convenables ,&
du vin , s’il eft necefl’aire.
Les cataplâmes ont plulîeurs ufa-
ges.
Premièrement , pour apaifer les
douleurs dans le mouvement des flu¬
xions chaudes, ou des inflammations,
d’où il a pris le nom d’anodyn. Par
exemple.
Prenez demie livre de mie de pain
blanc , du lait , de chacun ce qu’il en
faut.Faites-les bouillir jufqu’à la con-
fiftance de bouillie , y ajourant deux
jaunes d’œuf, & un fcrupule de fafran,
N s
2 9 8 Part.I. D es Akeratif s. Seél.IV.
On y peut aufli ajouter deux pom¬
mes cuites , ayant ôté l’écorce & Ici
grains.
Quand la douleur prefle beaucoup,
apliquez le fuivant.
Prenez une poignée de jufquiame ;
de graine de laitue fie de pavot blanc,
demie once de chacune -, de fleurs de
camomille une pincée. Faites bouillir
le tout dans du lait de chèvre, fie
après l’avoir batu fie parte par un ta¬
mis , vous y ajouterez deux jaunes
d'œuf, fie un fcrupule de fafran.
Ces cataplâmes s'apliquent aux
hémorroïdes , aux jointures fie aux
autres parties j excepté dans la plé-
vrefic , fie aux émonûoires, où il faut
arirer la matière au déhors , on mêle
avec les anodynsdes émollians fie des
refolutifs.
Secondement , pour arrêter la flu¬
xion dans le commencement des in¬
flammations. Par exemple.
Prenez des feuilles de planrin, d’o-
zeille fie de joubarbe, de chacune un®
poignéèjdcs balauftcs,fie de rofes rou¬
ges , de chacune une poignée. F ai tel¬
les bouillir dans l’oxycrat > batez-les»
Chap. XIII. Des Cataplàmet. 199
& paflez-les ; ajoûtez-y deux onces
de rarine d’orge , & une once d’huile
rofat. Faites un cataplâme.
Si la douleur preile il faut mêler ce
cataplâme avec le cataplâme anodyn
qui a cté décrit cy-delfus , y ajoûtant
une once d’onguent populeum.
Pour rabatre l'acrimonie de l’hu¬
meur dans le charbon , & dans toutes
les tumeurs malignes. & enflammées,
on peut faire le cataplâme fuivant.
Prenez des feuilles de planrin &
d’ozeille, deux poignées, de chacune ;
du pain bis quatre onces ; de farine
de lentille deux onces. Faites - les
bouillir dans l'oxymel , & faites un
cataplâme.
Ou bien ,
Prenez de grenade douce-aigre, ou
douce, la quantité que vous voudrez,
faites -la bouillir dans le vinaigre,
batez-là,& en faites un cataplâme que
vous changerez de quatre en quatre
heures.
Si au milieu du charbon ou de l’hu¬
meur il y a quelque pullule noire, il y
faut apliquer un cautere , & /cari fier
les parties d’alentour , & après métré
JOO Part.I .Des A Itératifs . Se&.IV.
deflus le cataplâme.
Dans l’augment de l’inflammation
pour diminuer la fluxion , 5c refoudre-
legerement , on peut fe fervir du ca¬
taplâme fuivant.
Prenez trois poignées de feuilles
de fleurs de planrin ; des fleurs de ca¬
momille , melilot , 5c des fommitez
d'aneth , de chacune demie poignée.
Faites-les bouillir : & les ayant ba-
tuëi ajoûtez-y de farine de graine de
lin & d’orge , deux onces de chacune y
d'huile de camomille demie once.
Faites un cataplâme.
Ou bien ,
Prenez de farine d'orge & de len¬
tilles , trois onces de chacune, faitcr-
Ics cuire dans l’oxycrat jufqu’à la
confiftancede bouillie » ajourant à la
fin une once 5^ demie de beurre frais,
& une once d’huile rofar.
Quatrièmement pour faire avancer
la fupuration dans la plévrefie , ou
quand l'inflammation eft dans fa plu*
grande vigueur. Par exemple.
Prenez des racines de guimauve St
de lys , deux onces de chacune ; des
feuilles de guimauve, de mauve , de
Chap. XIII. Des Cataplamt. jet
vïoleces , & de pariétaire , une poi¬
gnée de chacune; de graine de lin Sc
de fenugree , une once de chacune ;
de figues grades, douze ;des fleursde
camomille & de melilot , une pincée
de chacune. Faites-les cuire , & les
ayant batues & padees , ajoôtez-y
d’onguent de althxa & de beurre fans
fel , une once & demie de chacun ;
d'huile de camomille deux onces , &
un fcrupule de fafran.
Cinquièmement dans un abate-
mentdes forces , foiblede d’eftomac».
grand vomidement , Sec.
Prenez de la poudre de mailic , de
rofes rouges , de canelle , & de gero-
rofles , demie drachme de chacun
faupoudrez - en une croûte de pain
rôtie , qui aura trempée dans du vin
pur , ou dans une égale portion de
vin rouge , Se de vinaigre , que vous
métrez chaude fur le nombril.
Sixièmement dans le flux de ven¬
tre, la dyfenterie , débôrd de bile par
dédits » Se par dedous , & le vomide-*
ment.
Prenez quatre coins cuits fous la cen¬
dre i-ou dans du fort vinaigre , batex.
;oi Part.!. Des Altérât ifs. Scct.1V.
les 8c les palTcz : ajoutez-y de la pou¬
dre de maftic , de corail rouge , 8c
de fantal rouge , de grains de kermes,
de chacun demie drachme. Faites un
cataplâme.
Dans le vomiffement & le débord
de bile par delfus 8c par deiTous.
Prenez quatre onces de levain qui
foit aigre & fort, métez-lcs tremper
dans de fort vinaigre & de fuc de men¬
the, ajoûtez-y une drachme de poudre
de menthe fcche. Faites un cataplâme
que vous métrezvfur le nombril.
CHAPITRE XIV.
Des Vefualoircs,
LEs Veficatoires font un remede
topique , lequel étant mis fur la
peau , éleve des veflïes fur l'épiderme
8c y atire des ferofitez.
On lescompofedeplufieurschofcs ;
mais ils fe préparent plus facilement
&avcc plus d’utilité ou d’un emplâtre
vcficatoire feul , ou en y ajoûtant de
la poudre de cantharides -, ou ils fc
Chap.XIV. Des Veficatoires. 303
font de levain & de cantharides pré¬
parées , c’eft à dire auxquelles on aura
ôté la tête & les ailes.
Les fm-api fines & les phenigmes fe
faifoient autrefois de pulpe de figues
& de moutarde , mais à prefent ils ne
font plus en ufage , les veficatoires
dont on fe fert maintenant font beau¬
coup plus d efer.
Leurs ufages font pour atirer des
humeurs à la peau , les vuider, en fai¬
re larévulfion&la dérivation dans les
maladies foporeufes, dans un catarrhe
qui tombe fur la poitrine, les yeux,les
oreilles, les dens &c. dans les douleurs
invétérées des jointures , de la feiati-
que dans les exoftofes veroliques, &c.
Dans les maladies de la tête on les
aplique fur les vertèbres du col ; dans
les maladies des yeux derrière les
oreilles , &c. Dans d’autres accidcns
on les met fur la partie malade. Il y a
des Auteurs qui veulent qu’il eft bon
de les métré aux poignets dans les
fièvres malignes.
La quantité des veficatoires fe
régie félon l’âge du malade , &
la grandeur de la partie malade fur
$c>4 Part.I. Des Alteratifs. Se&.IV,
laquelle on les aplique.
On fe fert dans les enfans de l’em¬
plâtre veficatoire feul , ou quand il
n'eft pas neceflaire d’un plus violent.
Par exemple.
Prenez deux ou trois drachmes de
l’emplâtre veficatoire , malaxez - les
avec de fort vinaigre , & en faites un
veficatoire.
Ou bien de l’emplâtre veficatoire
& de la poudre de cantharides ; quand
on le veut faire plus violent. Par
exemple.
Prenez trois drachmes de l’emplâ«
tre veficatoire , de la poudre des can¬
tharides préparées , quatre grains,,
avec du fort vinaigre ou de l’eau de
vie , faites un veficatoire pour apli-
quer aux vertèbres du col.
Ou bien ,
Prenez trois drachmes de l’emplâ¬
tre de gommes , de poudre de cantha¬
rides demi fcrupulc , avec du fort vi¬
naigre faites un veficatoire.
Ôn en fait de levain & de cantha¬
rides. Par exemple.
Prenez des cantharides préparées
une drachme , de yieL levain pétri S*
Cfiap.&IV. “Des Veficatoires. 3 of •
ramolli avec de fort vinaigre ,ce qu'il
en faur. Faires un veficatoire pour
apliquer aux vertebres du col.
Dans l’apoplexie & autres maladies
foporeufes , on les apliqne derrière
les oreilles. Par exemple.
Prenez demie once de l’emplâtre
v.eficatoire , un fcrupule de cantha¬
rides préparées , avec du fort vinaigre
faites . deux emplâtres en forme de
demi-lune que vous apliquerez der¬
rière les oreilles.
On laide les veficatoires fur la’par-
tle jufqu’à-ce qu'ils ayent excité plu-
fieur veflies , ce qui arrive quelque¬
fois dans une heure ; d’autrefois ils ne
font leurs effets que dans trois , qua¬
tre , ou fix heures.
Ayant ôté les veficatoires il faut
°uvrir les veflies , & métré deffus de
feuilles de bettes que l’on change
d’heure en heure , principalement en
dté. S’il furvient une inflammation, il
faudra oindre les parties enflammées
d'onguent rofat & de blanc de Rhafis
lavez dans l’eau de plantin ; fi la gan¬
grené arrive, il faut faire des feari fi ca¬
tion s & les laver avec l'eau de vie r îic
|0<> Part.I. Des Alteratifs. 'Scd.lV.
enfaite y apliquer le cataplâme que
nous avons décrie cy-delfus.
Il ne faut point venir aux vefica-
toires qu’aprés les évacuations uni-
verfelles. Dans l’apoplexie on les
aplique d’abord apres la purgation ,
ou la faignée.
CHAPITRE XIII.
Des Dropaces.
LEs Dropaces font un emplâtre qui
fe fait de poix , ils fe font aullî
quelquefois en mode de cataplâme.
Voicy comme ils fe font. Faites
fondre de la poix , ajoûtez-y un peu
d'huile, que s’il eft neceffaire, on y
peut métré du poivre , de l’euphorbe ,
du caftorée , du foulfre , de cendres
de farment , de falpétre &c.
t On les aplique chauds, ayant aupa¬
ravant rafé les poils , & on 1'; r ache
devant qu’il foit rafroidy , on le rc-
c haufe 6c on le raplique jufquV tant
que la partie devienne rouge.
Les ufages des dropaces font pour
Chap. XIII. Des Droptces. 307
attirer les humeurs en dehors , & les
ïefoudre.
Prenez de poix navale ou de Bour¬
gogne , une once 8c demie ; de pyrc-
ihre Sc de graine de crellon , deux
drachmes de chacun ; d’huile commu¬
ne trois drachmes : faites-les fondre,
dtcndez-les fur la peau, formez-enun
dropace qu’on apliquera fur la peau ,
ayant auparavant rafé le poil , & ou
l'ôtera auparavant qu’il foit froid ,
ce que l’on continuera jufqu’à tant
que la partie s’enfle un peu.
Secondement pour corriger les in¬
tempéries froides , & pour rapcller la
chaleur fur la partie rafroidie. Par
exemple.
Prenez de poix refine , de gomme
ammoniaque difloute dans l’eau de
vie , une once de chacune , de poi¬
vre & de foulfre vif, de chacun une
drachme ,• d'huile de pétrole demie
once , faites un dropace.
Troifiémement pour reparer la
tnaigrcur du bras , ou de la cuifle.
Par exemple.
Prenez quatre onces de poix nava-
» fix drachmes d’huile. Faites - lc9
$68 Part.î. Des Altérât Ifs. 5eA.IV.
fôndre & en faites un dropace.
Quelquefois au lieu des veficatoi-
rcs , on employé feulement la poix de
Bourgogne , que l’on étend fur de la
peau > & on l'aplique aux vertebres
du col , oit entre les deux épaujes.
Elle atire les feroficez de la tête &
des parties internes.
SECONDE PARTIE.
Des E'VMuàtifs.
A caufe de la maladie qui exccde
dtyggf» quantité indique les évacua¬
tions ; lefang , la faignée , les humeurs ,
la purgation , qui eft ou univerfelle y ou
particulière.
L‘ univerfelle eft celle qui vuide forte¬
ment une région du corps , & les autres
par une certaine fuite ; elle fe fait ou par
le bat, & on la nomme purgative ; ou par
levomiJfernent,& on l’apelle émetique ; ou
par les fueurs , & elle eft dite diaphon¬
ique.
L‘ évacuation particulière eft peur
quelque partie feulement. Le cerveau fe
fiïide par les narines , ce que l’on fait par
le moyen des errhines , & des fternutatoi-
res. fe poumon & la poitrine par les bé-
ehiques. L’eftomac par les vomitifs. La
partie gibbeufe du foye par les diurcti-
ques ; La convexe & les inteftins pq?
jio Part.II. Des Evacuaùfs. Se&.T.
les purgatifs : la matrice par lesf in j tes¬
tions & les pejfaires.
SECTION PREMIERE.
Des Evacuai ifs généraux } & pre¬
mièrement de ceux qui pur¬
gent par le bas.
îâffip A purgation, dans le fens qu'on
la prend icy, eft une évacuation
qui fe fait par le bas par l'ayde d'un
purgatif.On ne purge que les humeurs
excrementicieufes qui font contrai¬
res à la Nature, foit par leur quantité,
fbit par le vice de leur fubftance.
Les remedes qui procurent céte
évacuation fe nomment cathartiques»
ou purgatifs , qui fe divifent premiè¬
rement félon leur façon 5c la force
d'operer ; fecondement félon l’humeur
qu’on doit vuider.
De la première différence les un*
font bénins , qui purgent doucement
la première région du corps ; fans
lcfqucls on comprend les émolliens »
lés de'terfifs , Si les aftringens. Il y 4
Part. II. Des Evacuatifs. Scét. I. 3 u
d'autres purgatifs , que les Anciens
Oommoient éledifs,ou éradicatifs,qui
étirent fortement les humeurs non
feulement des premières voyes , mais
au(Ii des^ autres régions du corps j
d'où s'enfuit que la purgation fecon-
fidere ou comme entière 8c éleétive*
°u comme minorât! ve, ou enfin corn-
tue épicraftique.'
Selon l’humeur qu’on doit vuider,!es
Uns font colagogues,qui fontdeftinez
pour purger labilejles autres phlcgma-
gogues,qui vuident la pituite;d’autres
tuelanagoguesjqui évacuent la mélan¬
colie, d’autres hydragogues qui purgée
les ferofitez ; & les mêlez qui évacuée
en même tems pluficurs humeurs.
On n’a pas pu découvrir julques
a prefent comment eft-ce que les pur-,
gatifs opèrent. Quelques-uns veulent
que ce foit par une maligne qualité
qui corromp les humeurs qui font
dans les vai (féaux , & qui étant cor-
rompuës les vuide ; c’cft dequoy
Galien fe moque. D’autres veulent
que ce foit par une antipathie qui
tft entre le purgatif & les humeurs i
%iis fe fervir çlc ce terme , c'eft fa;-
5 1 z Part.IL Des Evacuatifs. SeCt.l.'
re voit fon ignorance. Les uns l’atri-
buant à une vertu femblable à celle de
l'aimant $ à une forme celefte , (elon
les Arabes ; à une irritation , à une
rcflemblance de fubftance , par la¬
quelle , félon Hippocrate & Galien,
Èc tant d'autres Auteurs qui font dans
ce fentiment, l'attra&ion élective des
humeurs fe fait. Mais à quoy bon
icy avancer la pierre d’aimant , qui
perd toute la force qu’elle a d’atti-*
rer lors qu'on la frotte de quelque
e fprit acide ou d’ail , & dont les po-
jes font trops grands pour communi¬
quer directement fes qualitez.A quoy
bon céte forme fabuleufe i Céte irri¬
tation laquelle feule ne peut rien : ou
Ccte.reifemblance, qui ne fe rencontre
n y. dans le tempérament , ny dans 1*
fubftance des purgatifs. La rhubarbe»
l’Ellébore &c. attirent les ferofitez ,
la bile & les autres impuierez (de la
pituite & de la mélancolie péle-méle»
quoyque groftieres & gluantes, par Ifi
moyen de leur fcl volatil & fubtij
qui eft dégagé dol» grande quantité
a’excremens.
Pour nogs,nous aifurons que la pur*
Part.II. Det Evacuaùfs. Se&.T. jtj
gation Te fait par l’irritation du purga¬
tif, par l’cxpulfion que fait la nature,
& par la fermentation des humeurs.
Le purgatif par la fubtilité de fes
parties, pénétre, agite & fond les hu¬
meurs ; par fon acrimonie , il ouvre
les vaiffeaux & les conduits ; par fon
odeur puante & défagréable il altéré
tellement les parties , qii’clles tâchent
autant qu’il leur eft poüible de s’en
défaire , & chaflcnt par l'aide du pur¬
gatif qui les preflé à fortir , les hu¬
meurs déjà agitées.
La nature pouife déhors , par l'cn-
tremife de la faculté cxpultricc qui
o'èt autre chofc que la faculté motive
des fibres à raifon de l'irritation qu'ils
tellement. Mais de fçavoir comment
elle peut fentir cétc irritation ,c'eft une
ehofe allés embrouillée j car fentir
ü‘apartient qu’à la faculté animale,
il faut pourtant établir un fen riment
Naturel qui le dîftingue de l’animal i
car les fibres n’étans pas dans un mon¬
ument continuel , mais quelquefois
knt dans le repos , il faut qu’il y ait
quelque chofc qui les détermine pour
*e mouvoir : Et il eft ncceflaire quelles
O
$»4 P art AJ . Vf s Evacuât Ifs. Seét.T.
le fcntent ; cîmt comment pourroienr-
elles être excitées à fe mouvoir , iï el¬
les ne Tellement pas ce qui les y exci¬
te. Je fcay que plufieurs expliquent
céte difficulté par l’exemple de la mé¬
canique , pat lequel il cft confiant
que les fibres des membranes & des
mufcles dans les animaux morts , SC
même l'embrÿon,qui n’a encore poinc
de fentiment animal , fe relTerre , fans
aucun fentiment , fi on verfe dellus
quelque liqueur acre , ou autre chofe
qui pique. Il n’en cft pourtant pas de
meme du mouvement naturel ; car
dans celuy - là il n'y a que la feule
contraction qui fe fait par les chofes
acides & aftringentes , & par le froid
qui condenfé, Sc même auflî par le
relâchement des parties retirées. Mais
le naturel cft compofé de contra&ion
Sc d’impulfion , par laquelle les par¬
ties chaftcnt ce qui les fâche & les
incommode. Ce n’eft pas icy le lieu
de traiter plus amplement de céte
matière.
Au mouvement du purgatif & de la
rature, il faut ajouter la fermentation
des humeurs ; car quand les partie*
Chap. t. Des Supofuoires. ?
'■héterogenées du purgatif & des hu¬
meurs s'unifient enfemble,il Te fait un
bouillonnement & un combat, qui eft
fuivi d’une réparation , précipitation,
ouverture des vai fléaux , & d’une ex-
fulfion qui fe fait par l’enrremife de
irritation des parties qui fe groflîf-
fent & s’enflent pour chaflcr ces cx-
■cremens. '
La matière des remcdes purgatifs
s’ordonne fous divcrfes formules ,
'tomme font les fupofitoires, lesclyf-
tcres , les potions , les bolus, les pou¬
dres & les pilules.
CHAPITRE I.
Des Supùfitoires.
LTs Supofitoires font un remede de
forme folide, ronde & un peu lon¬
gue que l’on met dans le fondement.
Les Anciens les faifoient en mode de
gros glands, & c’eft pour ce fujet que
l’on les nomme balanus , ou glatis.
Les fupofltoircs font ou Amples
compofez.
O z
3 1 6 Part.Il. Des Evacuarifs. Seét.I.
Les fimples fe font de racine ou de
tige de bette, de choux, de pourreaux,
de bougie frôlée d'huile ; de favon
blanc , 011 de miel fcul cuit jufqu’à
ce qu’il foit endurcy.
Les ufages des fupo'fitoires iimples
font principalement pour les qtfans ,
& pour ceux qui font déjà avancez en
âge , aüfquels un fimplc fupofitoire
fuffit.
Les compofez fc font de miel , de
fcl gemme , ou du commun , de tro-
chifques alhandal, de diagrede , du fel
armoniac , de nitre &c.
Leurs ufages font premièrement
pour réveiller la faculté expultticc qui
femblc s’être oubliée de la fondlion.
Secondement pour faire vuider les la-
vemens que l’on garde trop longtems.
Troifiémcmcnt pour ne pas abatre les
forces qui font déjà foibles , & pour
ceux qui ne reçoivent les lavemens
qu’avec quelque honte. Quatrième¬
ment dans les affe&ions foporeufes où
il faurque le ventre foit toujours libre.
Les fupofitoires fimples fc font de
miel écumé 8c cuit comme il faut >
y ajoutant , s’il eft neceiïaire , un peu
de fel.
Chip. I. Des Supofltoîres. jt 7
Voicy comme on fait les compcu
fez.
Prenez deux onces de miel écume ,
de fcl gemme une drachme & demie ;
faites-les bouillir enfemble , 8c en fai'
tes des fupofitoires.
Le fupofitoire fuivant cft plus fort
pour les maladies foporeufes.
Prenez d'hiere picrc , 8c de ici
gemme , demie drachme de chacun ;
de diagrede , quatre grains , du miel
ce qu’il en faut pour faire des fupoii*
toircs. Ou bien.
Prenez des trochifqucs alhandal
& de diagrede, de chacun demie fcrU-
pule , de fel gemme demie drachme ,
avec du miel écume & cnit fixités des
fupoiitoircs.
Dans les douleurs 8c flux des he-»
toorroïdes , 8c dans toute chaleur du
fondement , il ne faut pas employer
de remedes trop ficres, ou qui irritent
tant foit peu : dans quelle occafîon il
faut plutôt fc fervir de lénitifs, 8c qui
aHonpiflent la douleur , y ajoutant de
l'opium , fx on le juge à propos. Par
exemple.
Prenez des mucilages de graine de
O 3
$iS Parr.II. DvEvacuattft.Seâ.h
pfyllium & de coins , extraits avec
l'eau rofè, deux onces ; d’onguent po-
puleum demie once , un jaune d’œuf :
mclez-les & les métez avec du coton
dans le fondemenr.
Quand la douleur du fondementfft
«aufée par quelque inflammation, ou
par quelque fluxion d’un humeur acre,
comme dans la douleur des hémorroï¬
des, on y peut ajouter demie drachme
d'opium , & quatre grains de lafran ,
s’il y a grande douleur.
Pour reflerrcr le mufclc du fonde¬
ment relâché.
Prenez deux drachmes de jnaftic :
de fan g de dragon , de bol d’Arme-
rie, Sc de peudre de rofts rouges , de
chacun demie drachme, de mucilages
de coins tirez avec de l’eau de planu'n
ce qu'il en faut , pour faire comme
une forte d’onguent, Sc avec un lin^e-
fin Sc ufé , vous en ferez un fupolî-
toire que vous tremperez dans cét
onguent , & que vous métrez dans le
fondemenr.
Pour déterger l’ulcerc , on mé¬
tra delfus du miel rofat avec d**
coton.
Ghap. 1 1. Des Lavement. jjp
Pour deil’echer , & confolider.
Prenez de poudre d’encens , de
tttaftic , & de rofcs , deux drachmes
de chacun , & avec du fuc de plan-»
tin , & de blanc d’œuf , faites un
onguent.
CHAPITRE II.
Des Lavement.
UN Clyftere cft toute forte de lî*’
queur que l’on verfe avec une
fyringue dans les inteftins par le fon-
demenr.
*•' Les Clyfteres fecompofent de plu-
fieurs chofes , félon les divers buts
Rue l’on a , de décodions , d’eaux, de
Lies , d’huiles , de graiffe fondue , è.ï
lait , Je petit-lait , de bouillons , Sec.
On y dilfoûtdes chofes qui fatisfont
aux indications, & qui n’empêchent
pas la fluidité.
La quantité de la liqueur , & des
chofes qu’on y diiîoût ell diverfe,
jelon Page , la grandeur du corps , &
la nature de la maladie. Pour les en-
O 4
3 io Part.ïl. Des Evtcuatîfs. Se&.I.
fans , jufqu’k fix onces ; pour ceux
qui font un peu plus avancez jufqu’a
dix onces , pour les plus grands , juf-
qu'à une livre, ou une livre & demie,
& on ne patfe pas plus outre. Quand
on ordonne les lavemcns pour les
maladies de la veffie , des reins , des
inteflins , ou de la matrice , la quan¬
tité de la liqueur doit être moindre >
de crainte de pred’er trop ces parties >
& c’ét pour cela que l'on ne paffe pas
une livre. On y difloûtauffi quelque
opiate , du miel , des huiles , & on ne
doit pas exceder quatre ou fix on¬
ces. Les lavemcns fe doivent donner
tiédes;
Quand la douleur ou la fufoca-
tion prcflcnt , on les donne k toute
heurt ; que fi on a le choix , le rems
le plus commode c'ét le matin ; la
nature ayant coutume de fe vuider
d’ellc-mêmc en ce tems-là ; fi on les
donne après les répas , ce fera trois ou
quatre heures apres, pour ne point in¬
terrompre la concoéfion ; fi c'ét après
avoir pris un bouillon , une ou deux
heures après. Dans les perfonnes fai¬
bles , Ôc abatucs , il faut avoir pri*
Chap. II. Des Lavemnts. 311
auparavant quelque nourriture. Dans
les fièvres intermitantes , ou dans les
redoublemens , ce fera dans l'inter-
million , ou lorfque la fièvre dimi-
nuè , & jamais dans le commence¬
ment de l'âccez ; car par l'agitation
<jes humeurs qu'il caufcroit , il le
feroit avancer devant Ton teins ordi¬
naire.
Les Lavcmens font ou fimples »
quand il faut fatisfaire à une feule in¬
dication ; ou compofcz, fi l'on a plu¬
sieurs buts.
* Les fimples font ou purgatifs , ou
alteratifs ,ou corroboratifs. Les corn-
pofez font en même-rems alteratifs ,
& purgatifs , ou alteratifs , &c corro¬
boratifs , frc.
Leurs ufages font plufieurs.
Premièrement pour ramolir, 8c htt-
tnefter, quand les excremens font en¬
durcis , dans ceux qui font ordinaire¬
ment conftipez. Par exemple.
Prenez des feuilles de mauve, & de
guimauve, de violeies,de pariétaire*
de mercuriale , de betes , une poignée
de chacune ; de figues grafles , une
douzaine , de fon demie poignée , de
O S
yn Pan.Il. Des Kvacuatifs.Seët.f.
graine de lin , & de fenouil , demie-
once de chacune , ou en Eté on mec
de graine de melon, de concombre, de
courge , & de citrouille,, deux drach¬
mes de chacune , de fleurs de violetes»
deux pincées. Faces bouillir le tout „
& prenez une livre , ou une livre 6c
demie de la coulature , dans laquelle
vous dill'oudrez deux onces de mieL
yiolat , & autant d’huile de lys , 6c
demie drachme de fel. Faites un la¬
vement pour donner dans une heure
commode , &c.
Secondement pour rafraîchir , 6c
humeéter. On fe fert foavent de ces-
lavemens dans les fièvres continues ,
ardentes , & colliquatives , dans les
grandes chaleurs , & inflammations
des inteftins , & des vifccres , après-
avoir fait forcir les gros eacremens par
le moyen des lavemens rafraichilfans,
Sc purgatifs. Par exemple.
Prenez des feuilles de rrtauve , de
violetes, de laitue , de cicorée , d’en¬
dive , des deux fortes de buglofc , de
chacune une poignée ; de graine de
melon, de concombre , de courge , SC
de ctrioüillc,,de chacune crois dradb-
Chap. 1 1. Des Lavement. 3 1 $
mes , huit pruneaux, d'orge entier, de
fleurs de violetes , & denymphée, de
chacune une poignée. Faites bouillir
le tout dans de l’eau de fontaine, ou
d'oxycrat. Vous donnerez une livre
de la coulature feule en lavement, ou
s'il eft nece (Taire de lâcher, dilTolvcz-
y une once & demie de cafle , une
once de miel violât , & nne drachme
de fel de prunelle.
Il n’y Faut pas ajouter d'huile , ny
autre chofe oleagineufe , parce qu’ils
s'enflamment facilement, ce qu’il faut
obferver dans les autres lavemens que
l’on ordonne dans les fiéVres, on pour
une intempérie chaude des vifcéres ,
& des inteftins. Par exemple.
Prenez du petit-lait de chèvre une
livre , de miel violât , & de fucrt
rouge , une once de chacun. Faites
Un lavement.
Dans les pallions hylleriques qui
dépendent d’une caufe chaude , ayant
auparavant donné des clyfteres laxa¬
tifs , on en donne un d’une 'f ivre
d’oxycrat.
Troiflémement pour rafraichîr, ra~
»olir,ôc purger dans les conftipationi*
3, 14 Parr.ll. Des Evacuatlfs. Seél.I.
de ventre , dans les fièvres , &c. Paiî
exemple.
Prenez des racines , & feuilles de
guimauve , des feuilles de mauve , de
violctes , de parieraire, de cicorée, &
de laitue, une poignée de chacune;une
demie poignée de fem , de giaine de
melon , de concombre > de courge , &
de citrouille, de chacune deux drach¬
mes ; & lorsqu'il n’y a point de fié*
vie, demie once de graine de fenouil,
d’orge entier, & de fleurs de violetes ,
une pincée de chacun. Faites bouillir
le tout , & dans une livre & demie de
la cou! arure vous dilfoudrez - une
once de bon catholicon , de miel de
mercuriale , ou de violetes, deux on¬
ces. Faites un lavement , que vous
donnerez à une heure commode.
Dans ceux qui font difficiles à
émouvoir, ajoûtez-y de catholicon, &
de diaprunum fimple,ou de caflè,avec
le fucre , de chacun fix drachmes.
Dans les femmes qui font fujetes à
la fufocation de matrice , il ne faut
point métré de miel , ny autre chofe
douce dans les lavemens , & à leur
place vous y fubltiiuerez de catholi"
Chap. 1 1. Des Lavement, j zy
con , & de diaprunum (impie , de cha¬
cun fix drachmes , ou une once , &
demie de catholicon.
Quand il faut plus fortement ré¬
veiller la faculté expultrice , dilTol-
vez - y de catholicon , & de l’hiere
Simple de Galien , fix drachmes de
chacun , ou demie once , & une once
& demie de miel mercurial.
On fait quelquefois bouillir dans
la décoétion trois drachmes,ou demie
°nce de féné , & on l’ordonne après
}es herbes, & les graines. Néanmoins
il faut prendre garde qaie les hypo-
condres ne foient échaufez , ou qu’il
n’y ait quelque inflammation, & pour
lors il ne faut point fe fervir d’aucune
compofition chaude , comme font les
opiates purgatives*
Aflez fouvent lorfqu’il n’y a point
de fièvre , ou meme dans les fièvres
caufées pat la pituite , on dilToût dans
les lavemens de catholicon , 8c de
diaphenic , ou de diaprunum com-
pofé , fix drachmes de. chacun.
On n’y mer point d’huiles , parce
^ue par leur lenteur, elles diminuentla
force des purgatifs.
Part.II. Des Evacuatifs. Sedlr.T,
Aux petfonnes délicates , & qui
font fenfibles à la moindre chofe, aux¬
quelles les lavemens tant foit peu
acres donnent des tranchées , & qui
font fujetes au flux de ventre , on ne
doit donner que des lavemens lenitifs,
déterfifs,& qui purgent tant foit peu ,
prenant garde d'y rien métré qui foit
acre. Par exemple.
Prenez des feuilles de guimauve r
de mauve , de violetes , de cicoréer
de laitue , une poignée de chacune ,
de fon bien palFé, demie once , d’orge
entier , & de fleurs de violetes , &c
de nymphée , une pincée de cha¬
cune. Faites une décoétion du tour ,
& dans une livre de la coulature *
délayez - y une demie once , ou fi*
drachmes de bon catholicon , une
©nce & demie de miel rofat , pour
faire un dyftere.
Quatrièmement l’ufagc des clyfte*
rcs eft dans les maladies foporeu-
fe« , pour réveiller la faculté aflou*-
pie , & pouç/faire révulfion- Pat
exemple.
Prenez des ftüilles de guimauve*-
de mercuriale, de bette, de pariétaire r
Chap. T I. Des Lavement.
dliyilôpc , de calament , & de fauger
de chacune une poignée ; de graine
de fenouil, & d’ammi , demie once de
chacun , de féné une once -, des fleurs-
de camomille , 8c de melilot , une
pincée de chacun. Faites une décoc¬
tion , à une livre de la coulature r
vous y dilfoudrez de catholicon , 8c
de diaphenic , une once de chacun *
de miel mercurial trois onces. Faites
clyftere.
A la place du fénc , on y peut-
*aire boiiillir d’agaric, & de pulpe
de colokinthe , deux drachmes de
chacun.
Dan* ces fortes de lavemens on n’y
difloût point d’huile , parce que par
leur lenteur , comme on a de'ja re¬
marqué, ils diminuent la force des
purgatifs : & on ne s’en fert que
lors qu'on adeflcin d’amolir , 8c d’a¬
doucir.
Apre's que ce lavement aura été
donné , lï on ne le rend pas , on dif-
foudra dans une livre de la même dé-
*°&ion quatre onces devin émetique,
de une once de diaphenic.
Cinquièmement , pour dilïipcr les
ji8 Part.II. Des EvACuaùfs. Se&.I.
vents dans les douleurs de colique >
& autres indifpofmons venans d'une
caufe froide , on pourra fe fervir du
clyftere fuivant.
Prenez des racines de guimauve ,
de mauve, de calament , d'hyllope ,
d’origan, & deTauge, une poignée de
chacune, de graine de lin, de fenoiiil ,
& d’anis , trois drachmes de chacune,
des figues gralTes une douzaine , des
fleurs de camomille, & de melilor,
une pincée de chacune. Faites cuire
le tout , & vous diflbudrez dans une
livre de la coulature une once & de¬
mie de diaphenic , ou de bencdiéte
laxative , & deux onces de miel mer-
curial. Ou bien.
Prenez une livre de la déco&ion
cy-deflus ordonnée , diflolvez-y une
once d'hiere picre de Galien , deux
onces de vin émetique , pour un la¬
vement.
Dans une indifpofition chaude , SC
une colique bilieufe, il faut fc fervir
d’un lavement lénitif , rafraîchi flanr,
& dc'terfif, comme on l’a ordonné cy-
dcllus , ou vous en ferez un de boüil"
Ion de tripes , ou d'oxycrat , ou de
Chap. 1 1. Des Lavement.
tait, ayant pourtant donné d'autres
tavemens émolliens , rafraichiflans ,
& purgatifs , par lefquels il faut com¬
mencer , pour vuidcr les excremens ,
& dégager les parties.
Prenez des racines , & des feuilles
Je guimauve , une poignée, des feüil-
tas de mauve, de violetes, de parié¬
taire , & de laitue , de chacune une
Poignée , de reglifle concaiïcc , demie
°nce , une douzaine de grains de rai-
fins mondez de leurs pépins , d'orge
cnrier , & des fleurs de camomille ,
t»ie pincée de chacun. Faites bouillir
ta tout , & dans une livre de la coti-
tature, dilïolvcz - y de catholicon,
& de cafle , flx drachmes de cha¬
cun , de miel rofat une once & de¬
mie , & un jaune d'œuf. Faites un
dyftere.
Dans la douleur néphritique.
Prenez des racines de guimauve,
& de lys , une once de chacune , des
taiiilles de guimauve, de mauve , de
Pwietaire ,dc violetes, de branque-ur-
”ne, & d’agrimoine, de chacune une
poignée j de graine de lin, St de fenu-
8rcc , de chacune une once ; une dou-
3 30 Part.II. Va Evacuatifs. Se&.L
zaine de figues grades , des fleurs de
camomille , & de melilot une pincée
de chacune. Faites cuire le tout , 8t
dans une livre de la coulature , diilol-
vez-y de catholicon, 8c de diaphenic,
une once de chacun , de miel violât ,
& d’huile de lys , une once 8c de¬
mie de chacun. Si la fièvre y eft , ou
la conftitution grêle , 8c bilieufe , 8c
dans toute autre conftitution qui dé-
pend d’une caufe chaude , en la pla¬
ce du diaphenic , dilfolvcz - y de U
caire , du lcnitif , ou du diaprunun»
Ample.
Dans les autres Iavemens, délayez-
y une once de catholicon, de térebirt-
thine dilToûte avec un jaune d’œuf»
8c d'huile de fcorpions Ample , une
Once de chacun. Quelquefois on y
ajoute quatre onces de vin émetique»
avec une once de catholicon.
Dans les fufocations de matrice
provenantes d’une caufe froide , ort
peut fe fervir du lavement fuivant.
Prenez des racines , & des feuille»
de guimauve,une poignée, des feuilles
de pariétaire , de violctes , de laitue»
ic de morclle , une poignée de cha.-
Cliap. II. Des Lavement. 33,
cwne,des feuilles d’armoife demie poi¬
gnée 5 de fon & de fleurs de camomil-
*e » Une poignée de chacun. Faites
®°üillir le tout dans l'oxycrat. Dans
®ne livre de la coulature dilfolvez de
cacholicon Sc de diaprunum fimple ,
nne once de chacun , ou autant de
diaphenic , une once Sc demie d'huile
de inc, Sc quatre grains de caftorée.
Pour la même iudifpofition venant
d'une caufe chaude , on peut fe fervit
du clyftere fuivant.
Prenez une poignée de racine Sc
d-s feuilles de guimauve ; des feuilles
de violetes ,de pariétaire, de joubar¬
be Sc de laitue, une poignée de chacu-
Ue > d’armoile demie poignée ; de fon
& de ffeurs de camomille , une poi¬
gnée de chacun : faites bouillir le tout
dans l’oxycrat : dans une livre de U
coiilatuic , vous di (foudre z decatho-
**con Sc de diaprunum Ihnple , une
°nce de chacun.
. H faut éviter le miel , le lait , Sc
toute chofe douce qui caufent des
uiouvemcns de matrice.
Septièmement contre les vers quand
•a fièvre y eft ou non , dans les enfans
$ j z Part.II. Des Evacmttlfs. Seél.I.
il faut leur donner des clyfteres adott-
cilfans , purgatifs , & qui atirent les
vers. Par exemple.
Prenez des feiiilles de mauve & de
violetes , demie poignée de chacune;
de rcgliire concaflèe > demie once;
huit figues grades ; de raifins mondez
nnc once ; d’orge entier , une pincée.
Faites bouillir le tout, & dans fîx ou
dix onces de céte déco&ion, diflblvez
deux ou trois drachmes de catholi-
con, de miel rofat demie once, Si un
jaune d'œuf.
Ayant vuidé les excremens par ces
lavemens réitérés autant de fois qu’on
l’aura jugé à propos , il faut venir à
d’autres compofez de lait ; dont pour¬
tant on ne fe fervira pas quand la fiè¬
vre y eft caufée par la vermine ; ou
qu’il y a crainte de quelques mouvl-
mens épileptiques , parce que le lait
fe corrompt facilement , dont il mon'
te des vapeurs acres au cerveau.
Prenez demie livre de lait de ché* «
vre, dillblvez-y fix drachmes de miel
rofat , & un jaune d’œuf. Faites un
lavement.
Pour les enfans qui font un peu
Chap. 1 1. Des Lavemens. 3 3 3
plus avancez en âge vous y métrez
•leux ou trois drachmes de catholicon,
& une once de miel rofat.
S’il y a un flux de ventre & la
fièvre ,
Prenez une pincée d’orge entier, de
rcglille deux drachmes; une once de
r^ifins nétoyez de leurs pépins , une
Pincée de rôles rouges. Faites boüil-
jlr le tout , & dans nx onces de la cou¬
pure diilolvcz-y de lucre rouge & de
^icl rofat, fix drachmes de chacun, &
Un jaune d'œuf, pour un lavement.
Ou bien ,
Prenez demie livre de lait de chèvre,
”c rofes rouges demie poignée. Faites
*Jnc décodion, ajoûtez à la coulature
116 miel & de fucre rouge , demie on-
Cc de chacun , & un jaune d'œuf.
Huitièmement pour déterger &
adoucir l’acrimonie des humeurs dans
*adiarhée bilieufe , la dyfenterie , &
^‘bord de bile par delTiis & par def-
, Prenez une pincée d'orge entier,
^mic poignée de fon , de reglifle
^ de raifins , demie once de cha-
CUn > de graine da melon , de con-
. j 54 Part.II. Des Evacuatïfs. Se&.I.
comb re,de courge & de ci troü il le d eu X
drachmes de chacun ; de rôles rouges
une pincée.Faites bouillir le tout dans
de l'eau de fontaine , ou de petit-lair»
dans dix onces de la coulature vous
di (Poudrez une once & demie de miel
rofat, & une once de fucre rouge , Si
un jaune d’œuf. Ou bien ,
Prenez dix onces de lait de chèvre,
ou une livre, dilTolvez-y de fucre rou¬
ge & de fuc de plantin, de chacun une
once , & un jaune d'œuf. Ou bien.
Prenez demie livre ou dix once*
d’une émulfion faite avec les aman¬
des douces , & les quatre grandes fe-
mences froides , dans Peau d’orge /
-dilïolvcz - y une once de miel rofat/
& un jaune d’œuf.
Pour rabatre davantage l'acrimonie
de la bile, on peut dclloudre dans ceS
derniers lavemens deux onces de m11'
cilage de graine de coins & de l'herbe
aux puces, extrait dans l'eau rofe.
Quand le flux de ventre per fevete*
8c que la force naturelle des intefi»nS
fe perd , ou que quand dans un
hémorroïdal , ou des mois , il
£n même-rems rafraîchir , détergef*
CTiap. 1 1. Des La-mmens. j j j
adoucir & un peu reflerrer , leclyfterc
Vivant peut fatisfaire à toutes ces
indications.
Prenez des feuilles de laitue , de
plantin , de pourpier , de maLette de
Pafteur , de chacune une poignée ;
d'orge entier & de fon , une pincée de
cHacun ; de reglifle& de raifins,demie
°nce de chacun ; de rofes rouges une
Pincée. Faites bouillir le tout dans de
l’eau de fontaine , ou dans une décoc¬
tion d’une tête & d’un ventre de
•touton, ou dans du lait calybé. Dans
dix onces de la coulature vous diflou-
drez , du miel rofar & du fyrop de
rofes feches , une once de chacun , &
ün jaune d’œuf.
Quand il y a fi grande foiblcfle,que
lc malade ne peut pas garder toute la
quantité du lavement , il le faut reïte-
5er ^ diverfes fois de quatre en quatre
jjeurcs ; ce que l’on Fera aufii quand
numeur eftextrémément acre, ou que
iulcerc des inteftins cft beaucoup fale.
Quelquefois en même-rems il faut
^tisiaire à plufieurs indications , à
Ravoir de rafraichir, d’évacucr,de dé-
**rSer & de reflerrer , comme dans la
3 3 6 Part.U«£>£* Evacuatlfs, Scét.I.
diarhce , dyfenterie , flux des hémor¬
roïdes, & perte de mois, quand en mê¬
me - tems les excremens pechent en
quantité & en qualité dans les intes¬
tins. A quoy ce lavement pourra Servir.
Prenez des feuilles de cicorée , de
mauve , de violetes , de plantin , de
bourfe de pafteur & de renoiiée , une
poignéç de chacune ; de reglilSe ratiT-
féc, demie once ; une douzaine de rai-
fins > d'orge entier & de rofes rouges ,
une pincee de chacun. Faites bouillir
le tout , & dans une livre de la coula-
ture diflolvez demie once de catholi-
con fin , une once de miel violât , ÔC
un jaune d’œuf.
Neuvièmement pour reflerrer dans
le flux de ventre , la dyfenterie, perte
de mois , après avoir Suffisamment
évacué & detergé les humeurs.
Prenez des racines de la grande
confolide , "Une once -, des feuilles de
plantin , de bouillon blanc , de prête
de la petite corrigiole, & de renoiiée,
une poignée de chacun \ de graine de
plantin, & de pourpier,trois drachmes
de chacune ; des balauftes & de rofes
rouges , de chacune une pincée. F*1'
Chap. 1 1. Des tuvemens. 3 3 7
tes bouillir letout dans de l’eau ferrée,
ou dans de l’eau & du lait ferrez. Dans
dix onces de lacoiilature dilfolvez de
miel & de fucrc de rofes, fix drachmes
de chacun , & un jaune d’œuf.
On peut diffoudre dans ce lavement
félon la diverfitc des indications , du
fyrop de rofes fecheS & du lue de'
plamin , une once de chacun. Ou du
mucilage de graine de coins , & de
l’herbe aux puces , tirez dans l’eau
rofe , jufques à deux onces. Ou de
conferve de rofes di (Toute dans l’eau
de plantin , jufques à demie once, ou
Une once.
Quand il faut fermer & cicatrifer
* ulcéré, on ajoute dans ceclyfterc du
fui f de bouc jufques à une once, qu’on
dillbut dans du lue de plantin.
On y dilTout quelquefois pour la
même fin les poudres d’amydon , de
Somme Arabique , de maftic , de bol
d’ Arménie, jufques à deux drachmes.
Il arrive allez Couvait que Ton' ne
Peut pas garder long rems ces lavc-
jUtns à raifon de la violence de la dou-
.'Ur , ou d’une grande foiblelTe des
lnteftins,pour cela on partagera la de-
I»
$}8 Part.II. DesEv<*CHAnfs. Scd.I.
codion pour deux injedions , afin de
pouvoir faire en pluficurs fois, ce que
le peu de rems qu'on a gardé de lave¬
ment n’a pas pû achever.
Dixiémement on fait des clyfteres
pour nourrir & pour fortifier, premiè¬
rement quand la force de l'eftomac fe
dilïïpe ; Secondement quand le mala¬
de ne peut ny prendre , ny retenir au¬
cune nourriturejtroifiémement quand
il faut réparer les forces dilfipées. Par
exemple.
Prenez fix ou huit onces de bouil¬
lon de chairs , ajoûtez-y une once SC
demie de fucre , & un jaune d’œuf»
Sc faites un clyftere.
Ou bien ,
Prenez fix onces de lair, une once
de fucre rouge , & un jaune d’œuf»
pour un lavement.
S’il y a fièvre , il faut faire bouilli
des herbes rafraichi liantes dans 1e
bouillon dont vous ferez un clyftere
de la façon que nous avons mar-
que.
On en fait aufli d’orges , de laic
d’amandes, de lait & de miel, de bo'dil"
Ion de poulet & d’orge pâlie.
Chap. III. Des Votions pttrg, $
Auparavant que de venir à l'ufage
de ces lavemens , il faut avoir netoyc
le ventre de tous excremens , de peur
que par leur mélange , ils ne fe cor¬
rompent, & ne fa (lent point d’effet.
Il faut obferver un tems propre &
<ommode pour les donner , qui eft
l'heure du dîné ou du foupé , ou que
le malade commence à s’endormir ,
afin qu'il les retienne plus longtems ;
de c'eft pour cela qu’on en donne en
petite quantité , mais au(E plus fou¬
lent dans le jour.
CHAPITRE III.
Des Potions purgatives.
LA potion purgative eft un médi¬
cament liquide qui fe fait de dc-
coétion , ou d’infufton , ou en diflol-
vant divers purgatifs, feuls, ou joints
«nfemble.
La purgation eft toujours meilleure
Cn forme liquide & de potion , qu'en
aucune autre , dans desindifpofitions
chaudes , dans les obftna étions , &
P i
340 Part. II. Des Evstctiatifs. Seéhï.
quand il faut que le, re„mede opéré
promtement parce qu'elle échaufe
moins , pénétré & vuidc plutôt.
Dans céte forme de purger comme
dans toute autre , il faut difpofer le
corps en rendant les voyes; libres ; il
faut aufll préparer les. humeurs par les
elyfteres & les altcratifs : Si le malade
fc plaint de quelques douleurs, il faut
y remédier auparavant ; (i le corps 8c
les humeurs font échaufez ; on y
(pourvoira auparavant, par la faignée,
es fomentations , par les bouillons
altcratifs & rafraichiflans , enfin on
fera quelque legere évacuation par
le moyen des lavemens.
Apres que la purgation eft prife on
permet un léger fcmmeil, à ceux prin¬
cipalement qui ont l’eftcmac foible,
ou qui vomi lient facilement. Il ne
faut pas dormir quand le purgatif
commence à faire fon effet , qui eft
deux heures apres : On doit demeurer
en repos , de peur de s'échaufer par
trop de mouvement. Trois heures
apres il faut prendre un bouillon ^
demi-fait, afin que le mcdicament,s’il
cftdouxne fc convcrtilfe en nourritu*
Chap. III. Des Potions purg. 541
rc, ou que s’il eft violent, il n’échanfe
ttop,& en vuidât,il 11’épuife les forces.
La potion purgative , comme nous
avons déjà dit au commencement de
Ce chapitre , fe fait ou par décoékion
ou infuiîon , ou en dilfolvant les p’ut1-
gatifs fculs , ou mis érifemble.
La décotffcion fe fait quand on fait
bouillir trois drachmes ou demie once
de féné, de tamarins, ou du polvpode
^e chêne, jufques à demie once , dans
^ne décoétion rafraichiffante ou pe-
^orale, ou dans du petit-lait, y ajoû-
tant demie drachme d’anis ou de co¬
riandre prenaré.qui font lescorré&iff
du féné.
On préparé l’infufton quand le féné,
*e rhubarbe , l’agafic, avec leurs cor-
teéli fs fc mettent enfemble qu (épa¬
rgnent dans quelque liqueur. En été
l ûifufion fe fait à froid , ou tiède > en
Lyvcrà chaud.
La liqueur dans laquelle fe fait l’in -
*ufion, eft ou l’eau limplc, ou une dé¬
coction, ou un bouillon rafraîchi (fan r,
°u quelque eau diftilée.
Notez qu’il eft meilleur de faire l’in-
‘Ufîon dans l’eau de fontaineou qu -1*
P 3
34* Part- H. T>ts EvAcutu'ifs. Sctft.F.
qu’autre diftilée , que dans une déco¬
ction de pluAcurs herbes , parce que
la liqueur des Amples que l'on lait
bouillir étant pteflëe n'a reçu qu’une
legere fubftâce,qui enfuite ne peut pas
recevoir la vertu des Amples purgatifs
qui confifte dans une foible fubftance*
On ajoute fou vent dansl'infu/ïondu
fuc de limons fraîchement exprimé,
du fel de prunelle , & de creme de
tartre, quand on veut temperer la cha¬
leur des purgatifs , & en attirer plus,
fortement la teinture : car tous les
acides font très propres pour tirer la
^teinture d’un Ample purgatif.
Six ou huit onces de liqueur fuAfent
pour chaque dofe.
Les potions purgatives fe compo-
fent fouvent de décoétion & de diflo-
lurion;oud’infuAon &de dilTolution;
ou de déceélion, d’infu Aon Sc de dif-
iolution , dont nous donnerons des
exemples dans la fuite, fui vaut la dif¬
férence des humeurs , félon lefquelles
il y a des potions colagogucsdeitiuécs
pour purger la bile;d’autres phlegma-
gogues,pour vuider la pituite ; d'au-
tres melanagogues pour évacuer 1*
Chap. III. DA Votions purjr. 3 43
mélancolie ; d’autres hydragogues
pour les ferofitez ; d’autres panchy-
magogucs qui purgent univerfelle-
ment toutes les humeurs. Et dans
chacune de ces potions on y met les
purgatifs ou bénins on violens , que
l’on emprunte de la lifte des remedes
purgatifs.
Obfervez qu’il arrive rarement
qu’une feule humeur excede,ou qu’un
mul remede vuide une feule humeur;
& c’eft pour cela que quand on donne
quelque formule d’un fimple colago-
gue , par exemple , il eft principale¬
ment deftiné quand la bile excede ent
plus grande quantité, & les autres hu-
meurs moins, ou médiocrement, Se que
l’on connoit qu’à raifon de leur fluidité
ils céderont facilement à ce medica-
mët.On peut raifonner de la façon des
phlegmagogues 8c des melanagogues,
mfquels vuidantles humeurs plus gro-
ffieres,attirent aulll les plus lubtilcs.
S'il fe trouve quelque Critique qui
ccjéte les décodions 8c les autres
chofes que l’on employé pour le men-
ftruc des purgatifs , aptiyc fur ctte
rai(on , que tout ce que l’on y mec
P 4
3 44 Pat t.Ib Des Evâcuatifs. Sert.!,
remplir les pores de Peau, laquelle en-
fuite par ce moyen eft incapable de
produire aucun etfet des purgatifs
que l’on a fait infufer dedans. Qu’il
prenne garde fi toutes ces chofes ne
font pas neceffaires pour temperer la
chaleur 8c la fechercfle des parties»
des humeurs , 8c du purgatif ? El mê¬
me ne faur-H pas quelquefois com¬
battre la caufcdu ma!,foit qu’elle foit
chaude ou froide, par un'medicament
purgatif 8c alteratif en même tems î
Outre qu’une eau qui a pris la teinture
d’un fel tout autant qu’elle a voulu,
ne puiNelle pas encor recevoir celle
de quelques autres de diverfe nature,
comme l’experience fait voir du fel
commun , du nitre , de l’alun , 8c
de l’armoniac. Quelques-uns s’ima¬
ginent des porcs de diverfe figure
dans l'eau, pour recevoir les particu¬
les des Tels de diverfe nature. On
prouve néanmoins que ces pores ont
etc inventez à plailît , premièrement
par l’eau même , qui eft un corps
continu 8c fluide ; dans lequel il n’y
a rien qui empêche qu’une partie ne
s'unifie immédiatement à l’autre. Se-
Chap. III. Des Potions purg. 34;
condement , fi ccs potes font naturel¬
lement dans l'eau , font - ils vuides ?
point du tout ; que s’ils font remplis,
cft-cc du feu , de l’air, ou de la terre ?
ce qui ne fe peut pas foû tenir ; car
la terre décendroit , & l’air monre-
roit. Que fi à raifon de l’épai fleur de
l'eau , ces elemens font comme arrê¬
tez , l’eau n'aura pas naturellement
des porcs , mais ce fera par une divi-
fion de fcs particules qui aura été
faite par d’autres particules qui y fe-
ron mêlées.
Il faut donc conclure que des fub-
ftances tenues qui ont été exprimées
par l’infufion , la décoétion , ou la
diflolution,penetrent & fendent l’eau,
& quelquefois en fi grande quanti¬
té , qu’elle ne les peut pas fuporter,
c’eft pourquoy une partie va au fonds
de 1‘ eaiijce qu’on obfcrve dans les po¬
tions purgatives, les émulfions,le vin
cnit , la biere , dans le fuc de limons
& des herbes » car les parties les plus
groflrcres ayant été feparées des plus
fubtilcs , par la fermentation , font
précipitées & vont à fonds.
5 4<S Part.1T. Des Evacuatifs. SeéE. L.
D« Potions Colagogues.
La potion fui vante purge douce-
nient la brie ; elle cft propre à toute
repletion caufée par céte humeur,
aux fiéves tierces , intermitantes 8c
continues , &c.
Prenez deux drachmes de féné ; d’a-
nis demie drachme , de pulpe de cafle.
nouvellement extraite , fix drachmes»,
ou une once ; demie drachme de fel de
tartre. Faites-les infufer,& legeremenr
bouillit dans de l’eau de cicorée , ou
dans une décodion rafraîchi liante..
Dans l’expreflion pour une dofe dif-
folvez-y une once ou dix drachmes,
ou une once & demiff de manne & une
once de fyrop de fleurs de péchier ,
faites une potion que vous donnerez
le matin , trois heures devant que
prendre un bouillon , obfervant le ré¬
gime de vivre que l'on doit garder ce
jour-là. Ou bien,
Prenez demie once de tamarins, de
cicorée avec les feuilles & la racine,
une poignée ; faites les boiiillir ; dans
la coulature faites infufer deux drach¬
mes de féné avec de l’anis.une drachme
de rhubarbe avec du fantal citrin.Daus
Chap.III. Des Votions purg. $47
Pexpreffion vous dilfoudrez une once
& demie de manne , 8c une once de
fyrop rofat de neuf infufions.Ou bien.
Prenez des feuilles de cicorée, d’o-
zeille , & de capillaire , une poignée.,
de chacune ; demie once de tamarins ;
d’orge entier, & de fleurs de violetcs*
une pincée de chacun. Faires - les
bouillir, & dans la coulature métez-y
infufer trois drachmes de féné» demie,
drachme d’anis , une drachme de fel
de prunelle , & une once de fuc de
limons ftaichement prefTé. Diflblvez-
dans Pexpreflion , une once , ou dix
drachmes ; ou une once & demie de
manne , & une once de fyrop rofat
folutif.
Quelques-uns en place de la manne
•dïllblvent de lacafle, ou du diapru-
num Ample , ou du catholicum fin.
jufqu’à hx drachmes. Mais les per-
fonnes délicates abhorrent ces fortes
d'opiates qui rendent les potions trop
épaifles ; il eft plus à propos de les
métré dans l’infufion.
Il faut éviter les chofes douces dans
les femmes qui font fujetes aux paf-
60ns hyfteriquesjcomme nous dirons
348 Part. II. Evacuatifs. Se&.I.
dans fon lieu. Quand il y a des eaux
croupiflantes & qui font mêlées avec
la bile dans le bas ventre , au lieu du
fyrop rofat , on y peut fubftitucr une
once j ou une once & demie de fyrop
de neufinfufions de rofes pâles : Et
meme quand il n’y a point de fie'vre ,
pour atirer plus fortement les eaux ,
on y peut ajouter un demi fcrupule
ou fix grains de poudre de racine de
jalap , ou de fa refine : principale¬
ment quand il y a de la calfc dans la
potion.
Quand les vifeeres fdnt éc h au fez ,
& en été , on peut faire l'infufion
dans le petit-lait , pourveu qu’il foie
bien dépuré.
Les potions fuivantes font propres
pour purger plus fortement la bile ,
dans les fièvres intermitantes bâtar¬
des , dans la jauni lie , dans lçs fièvres
continues , à la fin , pour éviter une
rechute , dans ceux qui font robuftes*
qui ne font pas maigres , fie qui ont
les vifeeres échaufez.
Prenez trois drachmes de féné né-
rove de fes bûches , demie drachme
d’unis , fix drachmes de carte nouvel-
Chap. III. Des Potions purg. $49
lenient extraite , & une drachme de
crème de tartre. Faites-les infuferdans
Une fuffifante quantité de décoétion,
de cicorée. Dillolvez dans l’exprcf-
fion trois drachmes , ou demie once
de diaprunum compofé , ou de l’é-
leétuaire de fuc de rofes , & une once
de fyrop rofat folurif.
Ou bien ,
Prenez de feuilles de cicorée , d'a-
grimoine, & d’ozcillc, une poignée de
chacune; de tamarins, demie once >
de fleurs de violetes , une pincée.
Faites - les boiiillir. Mércz infufer
dans la coulature , trois drachmes de
féné, demie drachme d’anis ; de rhu¬
barbe avec du fantal citrin , & du fel
de prunelle, de chacun une drachme.
Diflolvcz dans l'exprefllon , de ca-
tholicon double & de l’éle&uaire de
■Aie de rofes , de chacun trois drach¬
mes, 8c une once de fyrop de fleurs
de péchicr.
Des Potions Pblcgmagoguet.
La potion fuivante purge douce¬
ment les humeurs pituiteufes qui font
dans la première région du corps :
«lie eft Les- propre dans toute caco-
5 jo Part.II. Des Evacudtîfs. Seél.ï.
chymie pituiteufe, & dans les fièvres
6 maladies caufées par céte humeur.
Prenez des Feuilles d'agrimoine, de
capillaires , & de betoine , une poi¬
gnée de chacune -, des lommitez d’ab-
lynte , une pincée. Faites-les boüil-
lir ; & dans la coulature pour une dofe
mctez infulér trois drachmes de fené
avec un peu d’anis ; de rhubarbe avec
du fantal ckrin, une drachme. DifToI-
vez dans l'exprelïïon, fix drachmes de
catholicon double , & une once de
fyrop rofat compofé. On peut encor
diflbudre dans l’éxprelïlon demie
drachme de poudre de diacartham :
ou bien en la place des fufdits, de ca¬
tholicon double , & de l’éle&uaire
de citro , de chacun trois drachmes.
Voie y une autre potion pour pur¬
ger plus fortement la pituite-
Prenez des feuilles d’agrimoine,de
capillaires , de pimpinelle & de betoi-
ne , une poignée de chacune ; des
fommitez de fcordiutn , une pincée ».
faites bouillir le tout. Métez infufer
dans la coulature pour une prife, tr ois-
drachmes de féné,avec un peu d'anis î
d’agaric trochifqué , & de racine dt
Chap.III. Des Votions purg.
mechoacam, une drachme de chacun,
du gingembre, un fcrupule. Dillolvez
dans l'expreffion de l'éleètuaire de
diacartham , ou de diaphenic , trois
drachmes, ou demie once, & une once
de fyrop rofat compoftv
En la place du diacartham , ou du
diaphenic, on y peut dilloudre de
diaphenic , & de catholicon, de cha-
cun trois drachmes.
La potion fuivante eft pour l’apo-
plexie , & autres maladies foporeufes,
qui décendenc d'une caufc froide.
Prenez trois drachmes de féné,avec
un peu d’anis , d’agaric trochifqué ,
& de turbith qui foit gommeux , une
drachme de chacun , de canelle demie
fcrupule. Faites-les infufer, & un peu
bouillir dans l'eau de betoine. Diuol-
dans l’expreffion , une once de
l'éle&uaire de diacartham.
Des potions meUnagognes.
Céte potion purge doucement la
"'élancolic dans les fièvres quartes,
dans les maladies qui ont leur fiège
dans les hypocondrcs , & dans toute
j y i Part.II. Des Evacuaùfs. Se£t.I.
cacochymie cauléc par l'humeur mé¬
lancolique.
Il faut noter qu’il y aplufieurs for¬
tes de mélancolie ; celle qui eft pro¬
duite par une bile brûlée , & des au¬
tres humeurs parla même voye d’a-
duftion , fe purge avec une potion
compofée de féné, de cafte, de manne,
de fyrop rofat , comme eft celle que
nous avons décrite pour exemple, pour
purger doucement la bile,ou avec une
tifane laxative , comme nous dirons
dans la fuite ; ou avec une infufion de
féné, & de catîc faite dans le petit-lait
qui foit bien dépuré.
Prenez trois drachmes de féné , de
coriandre préparé, demie drachme, de
cafte nouvellement extraite , une on¬
ce , de fel de prunelle , une drachme.
Faites - les infufer dans le petit - lait
bien dépuré , ou dans fix ou huit
onces d’eau de buglofe , & de ci'
corée.
Si la maladie eftcaufée par un ex¬
erçaient mélancolique , qui eft une
humeur froide & leche , la polio*1
fuivante fe peur ordonner.
Prenez de polypode de chcne cou-
Chap. III. Des Potions purg. 3 j 3
Cafle , demie once ; des feuilles de bu-
"^lole , de fumeterre , 8c de ceterac,
‘fe chacune une poignée* d'épithyme,
J»"e pincée. Faites-les bouillir, & dans
|a coularure pour une prife , métez-y
jufufer trois drachmes de féné , demie
drachme d’anis,une drachme de crème
tartre , difloute dans le lue de li¬
mons. Diflolvez dans l’expreflion fix
drachmes de catholicon double , 8c
ime once de fyrop de pommes com-
En place du catholicon quand il
necedaire de purger plus forte¬
ment , ayant auparavant préparé les
humeurs après la première potion ,
°n peut y dilïbudre de catholicon
"°uble , 8c de l’élc&uaire de citro , de
ehacun trois drachmes, ou trois drach¬
mes de catholicon , 8c deux drach¬
mes de confection hamcc. On peut
Jufli métré dans l’infufion avec le
®né , fix drachmes , ou une once dê
calTV.
On fait encore une potion plus
°rtc , fi dans la derniere décoétion ,
& infufion que nous avons ordonnée,
0,1 diiloût de la confeûion hamec.
î j4 Part. II. Des Evacttatîfi. Scét.ï.
ou de l’élcékuaire de citro , en plu?
grande dofe , par exemple , jufqu’àl
cinq ou fix drachmes.
Des Potions hyàragogues.
La potion hydragogue fuivante
purge doucement les ferofitez , dans
toute forte de maladie caufée par céte
humeur , & devant , 6c après l'ufage
des eaux minérales.
Prenez une poignée de feuilles de
cicorée , 6c demie once de tamarins.
Faites-les boiiillir,& dans la coul attire
métez-y infufer une drachme & demie
de féné , demie drachme de graine
contre les vers , 6c fix drachmes de
cafl’e nouvellement extraite.Diflolve*
dans l’expreflion une once 6c demie de
fyrop de rofes pâles de neuf in fa¬
nons , 6c demi fcrupule de poudre
de racine de jalap.
Dans l'hydropifie venant d’un*
caufc chaude , 6c dans tovue cacochy'
mie caufée par les féroiitez.
Prenez demie once de racine de
brufe , des feuilles de cicorée , #
d'hyeble, de chacune demie poignée»
Chap.III. Des Potions purg. jjj-
«uit grains de raifins mondez de leurs
Pepins. Faites -les boiiillir. Métez
^tufer dans lacoulature, trois drach¬
mes de féné , de coriandre préparé ,
& de fel de tartre , de chacun demie
drachme. Diflolvez dans l’expreffion
de manne , & du fyrop de l’infufion
de rofes pâles , de chacun une once
& demie , de poudre de racine de
i*dap , demi fctupule. Ou bien ,
Prenez une once & demie de m m-
ne de Calabre , diiTolvez-làdans trois
0r>ces de fuc d'iris de pais.
La potion fuivante purge plus for¬
tement les férofitez dans l’hydropi-
& autres maladies eau fées par des
impuretez fereufes , acompagnées
d’obftruébions.
Prenez des racines d’ache, & d’iris
de pais , de chacune demie once , des
‘eüilles d'agrimoine , & de cererac ,
de chacune demie poignée, de graine
d’hyeblc , une drachme , de grains de
tailins mondez, huit ; faites bouillir
*e tout, & faites infuler dans la coula¬
nte trois drachmes de féné , demie
drachme d’anis, une drachme de raci¬
ne de méchoacam, de canelle, & d’ef-
3 y Part.II. Des Evacuât 'fs. Sc&.ï.
prit de tartre , de chacun demi l'cru-
pulc. Dilfolvcz dans l'exprcflion trois
drachmes, ou demie once dcl’éleèkuai-
re de diacartham,&nnc once de fyrop
de rofes pâles de neuf infuiio.is.
Des Potions quand U y a mélange
d’humeurs.
Quand la pituite , & la bile excé¬
dent enfemble, ce qui arrive fouvent
dans les fièvres iutermitantes, dans J *
léthargie , le Corna veillant , & autres
accidens acompagnez de fièvre , otf
fans fièvre.
Si la bile prédomine.
Prenez des feuilles de cicorée >
d'agrimoine , & de pimpinellc , de
chacune une poignée , demie once de
tamarins , d’orge entier , & de fleurs
de violetes , une pincée de chacun*
Faites-les bouillir ; & métez infufcr
dans la coulaturc trois drachmes de
féné , demie drachme d’anis , de rh**'
barbe, avec le fantal citrin, & de crè¬
me de tartre , une drachme de ch»'
cun. Didolvcz dans l’exprcflion , une
once , ou une once & demie de mao-
C hap. III . Des Potions purg. 3 j 7
Uc , & une once de fyrop rolac com-
pofé.
On y peut difloudre au lieu de la
manne , fi on veut un peu plus for¬
tement purger, de l'éleétuaire de citro,
°u du diaprunum compofé , jufqu’à
trois drachmes , ou demie once ,
°u du catholicon Rouble , & de dia-
prunum compofé , de chacun trois
drachmes.
Quand la pituite excede la bile ,
°n peut diiïoudre demie once de l’é-
^eûuaire de diacartham , ou de dia-
phenic , ou de diacartham , & de
catholicon double , deux drachmes
de chacun.
Quelquefois la bile pèche avec la
mélancolie , comme dans les fièvres
partes, après la fin des continucs,une
partie des humeurs bilieufes s’étanc
changée par aduftion en mélancolie ;
ciuand la bile abonde fur la mélanco-
'c > ajoûtez dans la precedente infu-
*t°n flx drachmes de calîe nouvelle-
IîJc,1t extraite , & à l’expreilion , de
Garnie, & de fyrop de pommes com-
P°fd , une once de chacun.
Si les humeurs font trop grofîicrcs.
3 y S Part.II. Des Evatuatifs. Se&.I.
&c même fi la mélancolie prédomine »
au lieu de manne , dirt'olvez-y du dia-
prunum compofé, & de confection
hamcc , de chacun deux ou trois
drachmes.
Notez que fi dans ces humeurs , il
y refte quelques vertiges de chaleilr à
caufe de l’aduftion, & que les vifeeres
foient échaufez, il faut s’abrtenir des
purgatifs trop chauds, & fe fervif
feulement d’une infufion de féné , en
forme de tifane laxative , ou de féné,
•& de carte , avec du fel de prunelle ,
■& du fuc de limons.
Quand la pituite , &la mélancolie
excédent enlemble, que l’une ou l’au¬
tre prédomine , il faudra mêler les
opiares que nous avons citées cy- def-
fus pour l'une, & pour l’autre en par¬
ticulier.
Des Votions fanchymag(ygncs pour
tnfcmble toutes^ les humeurs.
S’il faut purger doucement ces hu¬
meurs contenu^ dans la première ré¬
gion , il faudra fe fervir de quelques-
uns de ces purgatifs décrits dans 1*
«itre des Colagogues.
C hap. III . Des Potions purg. $ j y
Que s’il les faut vuider des au¬
tres régions , dans des corps ro-
buftes acablez d’une quantité d’hu¬
meurs , fervez-vous de la potion fui-
vante.
Prenez des feuilles de cicorée , de
capillaire, & d'agrimoine, de chacune
«ne poignée, de tamarins,demie once,
des fleurs de bourrache, de buglofc ,
& de violetes , une pincée de chacu¬
ne : faites-les boüillir,& dans la cou-
lature , métez-y infufer deux drach¬
mes de féné, avec un peu d’anis,une
drachme de rhubarbe, avec du fantal
citrin , & demi fcrupule de canelle.
Vous difloudrez dans l’expreflion, de
catholicon , & de diaphenic , de cha¬
cun trois drachmes , & une once de
lyrop rofat folutif.
On peut métré en place du dia¬
phenic , du diaprunum compofé , ou
de l'éleduaire de fuc de rôles , ob¬
servant la même dofe.
Des Potions particulières.
Dans le flux de ventre , la dyfen-
*etie , débord de bile , &c.
$6o Parr.ll. Des Evacuatif. Seét.ï.
Prenez demie once de tamarins; des
feüiiles de pourpier , & de plantin?
une poignée de chacune, de rofes rou¬
ges , une pincée. Faites bouillir le
roue , & dans le coulât ure métez in-
fu'er une drachme de rhubarbe , demi
fcrupule de fantal citrin , de myroba-
lans citrins , frotez avec d’huile d’a¬
mandes douces , une drachme. Vous
dilloudrez dans l'expreffion une once
de lyrop rofat folutif.
Que fi à raifon de la quantité de
la matière , il faille un peu plus for¬
tement purger , difiblvcz - y demie
once de catlrolicon , ou de tryphera
pcrfica.
Notez qu’il arrive fouvent qu’avec
la diarhée, & la dyfcnterie , & autres
defordres du bas ventre , il y a dans
les vifeeres des intempéries compli'
quées d’obftruétions ; dans ccîcas les
trop aftringens font dangereux ; c’eft
pour cela qu’alors il faut mêler aux
aftringens, & corroboratifs des apé¬
ritifs , & des deterfifs , Si donner de
tems en tems le purgatif que nous
venons d’ordonner , auquel on peut
ajouter une drachme de lené,& demie
drachme
Chap. III. Des Votions purp. 3 61
drachme de crème de tartre, fi les hu¬
meurs font grofiîeres.
■ Dans les maladies de la poitrine ,
Pour putger les femmes enceintes, &
*es petfonnes âgées.
Prenez des feuilles de cicorée , de
capillaire , & de phnpinelle, une poi¬
gnée de chacune, demi once de tama¬
rins , de reglille ratifiée, & conciliée,
une drachmc;d’orge entier,& de fleurs
de violetes , de chacun une pincée,
faites bouillir le tout , & métez in-
‘ufer dans la coulature deux drachmes
de féné , avec un peu d’anis , une
drachme de rhubarbe , avec du fantai
citrin. Vous difloudrez dans l'expref-
**°n de manne , & de fyrop de fleurs
de péchier une once de chacun.
Pour ceux qui crachent le fang,
faut diminuer la quantité du fé-
’Jc > & il fuffit fi l'on y en met une
drachme.
Pour les femmes fujetes aux fufo-
H Cations de matrice,qui procèdent d’u-
^ caufe chaude, apres le paroxyfme,
°u dans le tems que l'on donne des re¬
ndes de précaution, la potion fui-
Vatite peut avoir lieu.
jÆi Part.U. Des Evacuatifs. Sc&.I.
Prenez demie once de tamarins, une
poignée de feuilles de cicorée , de
petit abfynthe , & de fleurs de pef-
chier,de chacune une pincée. Faites
bouillir le tout , & dans la coulature
vous métrez infufer deux ou trois
drachmes de féné, demie drachme de
graine contre les vers , de rhubarbe,
avec du fantal citrin , & de crème de
tartre , une drachme de chacun. Dans
l'cxprcfllon vous difloudrez du fyrop
de neuf infufions de rofes pâles , une
once.
Pour celles qui font plus difficiles ^
purger, on peut y difloudre demie on¬
ce de catholicon double , ou bien en
métré une once dans l’infufîon. Que
s’il n’y a point quelque refte de cha¬
leur , dans un corps robufte & plein»
en place du catholicon dans la dil-
folution, jufques à trois drachmes de
diacartham, ou de diaphenic , ou de
diaprunum compofé : ou apres l’e*' i
preflîon y diffoudre de catholicon (
double , & de l’ele&uaire de citr 9 >
trois drachmes de chacun , du fyr°P
de neuf infufions de rofes pâles , ullC
once.
■Chap. III. Des Votions purg. j tîj
<^uand les humeurs font brûlées ,
& mélancoliques , il les faut premiè¬
rement vuider avec le purgatif que
nous avons décrit cy-deflus ; & en¬
suite pendant tout le tems que l’on eft
dans l’ufage des alteratifs internes ,
& des topiques , il ne faut que don¬
ner fouvent la tifane laxative.
Des Potions purgatives pour les
enfant.
On donne k ceux qui viennent de
naître du miel rofat , ou du fyrop ro-
fatrdépuis demie once, jufqu’à une
ûnce.
Pour ceux de fix mois , & plus.
Prenez une drachme de féné , de
graine contre les vers , un Ictupule ,
faites - les infufer dans de l'eau de ci'
^orée , dans l’cxpreïïïon , jufqu'à
deux onces , dillblvcz-y une once de
fyrop rofat folutif , ou de fyrop de
cJcoréc compofé. Faites une petite po-
n°n , <^uc vous donnerez deux heu-
ÏCs apres , & devant , qu’il prenne 1*
lnarnmclle.
Pour ceux de deux ans.
3 64 Part.ll. Des Evacuatifs. SeéhI.
Prenez de féné , & de rhubarbe ,
une drachme de chacun ; de canclle
demi fcrupule ; faites - les infufer
dans l'eau de cicorée , dans l’expref»
lion jufqu’à trois onces, dilfolvez-y
du fyrop rofat compofé , une once.
Pour ceux qui font plus grands &
qui ont des vers.
Prenez de fe'né & de rhubarbe , une
drachme de chacun ; de graine con¬
tre les vers & de fantal citrin,de cha¬
cun demi fcrupule. Faites-lcs infufer
dans l’eau de pourpier j dans l’expref-
lion jufqu’k trois ou quatre onces dif-
folvcz-y une once de fyrop rofat fo-
lutif ou de fleurs de péchier.
On y ajoûte quelquefois r pourveu
que l’enfant ne foit pas araqué des
vers , pour purger plus amplement» •
trois drachmes , ou demie oncede
manne.
Quelquefois pour ceux qui font
robuftes & qui {ont atteins du haut
mal , ou qu’il y a à craindre quelque
fufocation par une abondance d’hu¬
meur , on ordonne ainfi les potions
purgatives. # '
Prenez une drachme de fe'né, demie
Chap.lII. Des Votions pur g. 365
drachme de graine contre les vers. Fai¬
tes -les infufer dans l’eau de cicorce
ou de betoine. Dans l'cxprcflîon de
deux ou trois onces diflolvez de vin
cmctique, Sc de fyrop de fleurs de pê-
chier , de chacun demie once.
En place du vin émetique on y peut
difl’oudre une drachme ou deux de
l’éle&uaire de diacartham , félon
1 âge Se les forces.
Il faut prendre garde que dans les
mouvemens convulfifs,il n’y ait quel¬
que inflammation dans le cerveau, ce
qui arrive fouvent. Car alors apres
la faignée Sc les vcntoufes , il ne faut
pas un violent purgatif , mais doux
Si bénin , de crainte que les humeurs
agitées n’augmentent l’inflammation
& les mouvemens épileptiques.
De la Tifane laxative , vulgairement
apellée royale.
Céte tifane fe fait de deux ou trois
drachmes de féné avec fon correctif
infufez dans un ou deux verres d'eau,
félon que l’on veut une ou deux dofes
pour prendre le même jour , le matin
* fix heures 5c à dix, ayant pris un
$.6 6 Part.ïl. Des Ev/icuatifs. Seét.l.
bouillon à huit, entre les deux prifes j-
ou bien fi les forces & le bon eftomac
le permétcnt , on prendra la première
dofe à cinq heures , & la fécondé à
lept, & le bouillon à neuf.
On ajoute avec le féné du fuc de
limon nouvellement exprimé , ou de
l’efprit de vitriol , ou de foulfre , ou
de crème ou fel de tartre, félon les di¬
vers delTeins que l’on a : la quantité
des acides fe détermine à une legere
& agréable aigreur.
L’infufion le fait en été à froid, en
hyver à chaud , ayant fait un peu
bouillir le féné devant ou après L’in-
fo fion.
Céte tifane eft propre pour les per-
fonnes délicates, chaudes, maigres, &C
pour ceux qui l’aiment, ou qu’il eft ne-
celfairc de vuider plutôt en plulteur*
fois , que par un feul remède : elle eft
atiflï bonne dans les maladies qui dé¬
pendent de la bile & d’une mélancolie
brûlée , lorfqu’il faut évacuer douce¬
ment les humeurs fans agitation ; #
enfin pour ôter entièrement les refteS
des fièvres tiérccs intermitantes, con¬
tinues & malignes.
Chap.III. Des Potions purg. 367
Notez que s'il y a quantité d’hu¬
meurs groflieres compares , & avec
beaucoup d’obftruéHons , la tifane
eft un rcmede tro£ foible , principa»-
lcment au commencement de la cu¬
ration -, c’eft pourquoy il faut premiè¬
rement purger plus amplement le ma¬
lade avec les remedes propres que nous
avons déjà ordonnez.
Ayant donc ôté la plus grande
partie des humeurs , les ti fanes laxa¬
tives réitérées de rems en tems feront
tres-à propos en ufage.
La tifane fuivante qui eft fiqaple
pourra fervir dans- les rencontres que
nous venons de nommer.
Prenez deux ou trois drachmes de
fené , demie drachme d’anis ; métez-
les infufer dans deux verres d'eau avec
du fuede limons nouvellement prellé,
jufqu’à une agréable aigreur, pendant
une nuit à froid en été , & en hy ver
à chaud. Prcllez - là , & prenez un
verre dans le tems 8c de la façon que
•nous avons marqué.
On peut faire une tifane tres-agréa-
ble pour une prife feulement de ccte
3 68 Part.II. Des EvacMtifs. Sedt.ï.
Prenez deux drachmes de féné , de¬
mie drachme de coriandre préparé >
«ne poignée de feuilles de pimpinellc
coupée bien menu: métez-les infufer
dans l'eau de fontaine avec du fuc de
limon fraîchement preffe, jufqu’à une
agréable aigreur : pafTez,& preflez-là»
èc en donnez huit onces. Ou bien.
Prenez trois drachmes de tamarins,
deux ou trois drachmes de féné , une
drachme de regliiïeconcairée , d’anis
& de crème de tartre , demie drachme
de chacun : Faites-les infufer dans
de l’eau de fontaine. Paffez l’infufion»
& prelTez le refte : vous en donnerez
huit onces.
Quand il y a quantité de bile, on y
peut faire infufer une drachme de rhu¬
barbe avec du fantal citrin.
Des mêmes purgatifs & rafraichif-
fans on en peut faire une tifane pour
deux prifes , augmentant la quantité
de l’eau pour l’infufion.
Dans le progrez des fièvres tierces
intermitantes on peut fe fervir de U
tifane fuivante.
Prenez demie once de polypode £c
chêne concalfé , trois drachmes de fe-
Chap. III. Des Votions pwg. 3 69
né j demie drachme de graine contre
les vers , une pincée de Commuez de
Petit abfynte. Faites-les infufer dans
l'eau de fontaine , y ajoutant du fuc
de limon ce qu’il en faut pour une
agréable acidité ,• l’infufion fe doit
faire à chaud , fi l’air n’eft extraor¬
dinairement chaud. Paflez la liqueur,
exprimez le marc , vous en donnerez
huit onces le matin trois heures de¬
vant un bouillon , & les reïterez Cou¬
vent , donnant entre deux des altera-
tifs internes & topiques. On peut
faire l’infufion dans du petit-lait très-
bien dépuré.
Dans les maladies caufées par la.
mélancolie , & les vifceres étant
échaufez ; on peut ajouter à céte tî fa¬
ne demie poignée de fumeterre, ou de
cicoréc, coupée bien menu.
Des potions avec le vin émetique.
Bien que tout émetique purge par le
vomi(Tement,néanmoîns le vin qu’om
Homme émetique > purge par le bas
quand on le mêle avec un purgatif
plus fort , ou qui cft en plus grande
370 Part.lï. Des Evacuatifs.SeÙ.f,
quantité. On le met dans une teinta-
re de fcné , par le moyen de laquelle
il purge plus copieufement parles (el¬
les que par le vomiirement. C’eft une
choie lurprenante , que le plus fort
fuive le mouvement du plus foible ?
Eft-ce parce que la faculté vomitive
qui eft dans l'antimoine qui copfifte
«fans un foulfre volatil & acre , eft.
un peu rabatue par céte teinture, d’otu
il arrive que de vomitif qu'il eft , il
dévient purgatif par les Telles. Il eft
confiant que l'antimoine ayant un peu
perdu de lon acrimonie,d'émetique eft
rendu purgatif, & céte même acrimo¬
nie étant encor atfbiblie » de purgatif,
il devient diaphonique ; ce qui fe
voit aufli dans le nitre , & dans plu-
fleurs autres. Le feu en dilîipant ce .
qu’il y a de fubtil & d’acre, l’eau e»!
adouciftant , en atirant , ou en éten¬
dant : les chofes huilctifés & refmeu-
fes en émoullént , diminuent , & mê¬
me changent quelquefois la force des
purgatifs qui évacuent par le haut 86
par le bas. Mais il n’y a rien qui tenir
pcreouquiatFoiblifte tant l’acrimonie
du fel purgatif, que l’acide -, dont.)*-
Chap. III. Des Votions purg. ?7I -
choc avec le Talé fait naître une cha¬
leur & un combat par lequel ce qu'il
y avoit auparavant de plus fort & de
plus violent eft adoucy , ou quelque¬
fois changé. L’hellebore , l’efule , le
granum Cnidium fe préparent & s’a-
douciiTentavec le vinaigre : l’antimoi¬
ne ne s’adoucit pas feulement par le
vinaigre, mais même dévient aftrin-
gent ; la gutte-gomme avec le vitriol,
d’émetique fe change en un purgatif
beaucoup plus doux : les Indiens
ôtent la violence à l’euphorbe avec
le fuc de pourpier , & Quercetan en
fait des pilules fudorifiques ayant
domté fa violence par l’efprit de vi¬
triol. Galien au Livre de la compofition •
des rnedicamcns félon les genres, enfeigne
qu'il faut corriger l’acrimonie des mé-
dicamcns que l’on emprunte des mé¬
taux avec le vinaigre les vins qui,
tiennent de l’aigreur. Tant il eft vray
que les acides font ennemis des tels des.
purgatifs , de forte ou qu'ils les aba¬
ttait ,ou qu'ils les détruifent entière¬
ment. Et ce n’eft pour d'autre raifoiv
■«pi’il arrive que ceux qui ont la fièvre
?7 i Part.II. T)ei Evacuât if s. Seét.I.
ladies dont les caufes font dans les hy-
pocondres , font difficiles à être vui-
dées. par les purgatifs,pendant que cé-
te humeur terreftre , acide 8c acre fe
fermente , fi ce n’eft que la force des
purgatifs fe diffipe par les acides qui
s’échaufenr. Il nefertrien de dire que
tandis que l’on fait bouillir l’antimoi¬
ne, les efprits acides du foulfre &: du
vitriol, & femblables acides changent
fa vertu toute defïïcative&diaphorc-
tique qu’elle eft, en une violente & ex¬
traordinaire purgative & émetiquei
Car on répond à cela que l’antimoine
n’a pas bien été ouvert alors , ny la
malignité de fon foulfre n’a pas été
tout-à-fait diffipée par la calcination
6c la détonation avec le fel de nitre ,
comme dans le fafran de Mars , dans
lequel le peu qui refte de foulfre de¬
meure corrigé par les parties fixes de
fon fel.
Levin émetiquefecompofcde ver-
te ou de régulé d’antimoine, de fafran»
des métaux , ou de magnefe opaline »
6c de vin blanc. Voicy la façon die
le préparer félon les plus celcbt**
Chytniftes»
C hap. ni. Des Potions pur g. $ 7 5
Prenez de bon antimoine, & de Tel
de nitre pur,de chacun parrics égales :
broyez-lcs fé parement , &c après mê-
lez-les comme il faut : métez-les dans
un creufet , ou dans uii mortier de
fonte , mérez-y le feu , & remuez-les
fouvent avec une fpatule de fer rou-
gie , jufqu’à tant que le feu n’y foie
plus ; ayant ôté la limaille, broyez le
fefte & lavez-le fouvent avec de l’eau
tiède. L'Antimoine ainfi préparé s’a-
pclle le fafran de Mars , ou le foye
d’ Antimoine , à caufe de fa couleur
qui reflemble au foye.
Il y a un autre antimoine tres-bon
qui a de longues lames» tres-cl aires &
ttanfparantes.
On le brûle plus commodément ,
fi on jéte la matière à diverfes fois,& à
la prcmiere,avec un charbon ardent ou
Un fer rouge vous allumez la matière;
Prenez une once de fafran des mé¬
taux préparé de la façon que nous
venons de dire ,une livre & demie de
k°n vin blanc, ou deux livres, raétez*
les infufer pendant vingt-quatre heu*
tc* dans une phiole bien bouchée ; 8c
8*tdez-le pour le befoin.
£74 Part.il. Des Evacuatlfs. Se&.l.
Son ufage eft dans l’apoplexie , &
autres maladies ioporeufes. Par exem¬
ple-
Prenez trois drachmes de féné ; de¬
mie drachme d’anis , faites-les bouil¬
lir dans l’eau de betoine : prellez-les»
prenez-en quatre onces , dans lcT-
quelles vous difloudrez deux onces
de vin émetique.
Quelques - uns le donnent jufqu’à
trois ou quatre onces , & le double
même aux perfonnes robuftes, grades
& remplies.
On le mêle quelquefois avec le
diacartham. Par exemple.
Prenez quatre onces de teinture de
féné , demie once de vin émetique, S&
une drachme de poudre de diacarthâ»'
S’il opéré lentement ny affés co¬
pieu fement , il faut donner la poudre
d’algarot , qui eft le mercure de vie r
duquel nous parlerons dans le Chapi¬
tre des poudres purgatives.
Le remede luivant fe donne
•heureufement dans les fièvres cont*j
nues, malignes, intermitantes, quand
la matière trop abondante menace d*
fegortcràla tête où clic caufe laph^
Chap. 1 1 1. Des Potions purg. y/f
toefie, ou quelque afloupirtement : Et
quand la nature acablée par l’abon¬
dance des humeurs & de leur rnalignr
qualité fucombe , & eft proche de la
mort , eft fouvent • rétablie dans fon;
Premier état par le même remede.
Prenez deux drachmes de féné, avec'
Un peu d’anis,infufez-les dans l’eau de
fontaine, & les faites un peu bouillir^
les ayant exprimées prenez en huit
oncesjdans Icfquelles vous dirt’oudrez
deux onces de vin émetique. Ou bien.
Prenez demie once de tamarins ; de
feuilles de cicorée, de laitue , & d’o-
zeille,de chacune demie poignée.Fai-
tes-les bouillir : métez infufer dans la
eoulature deux drachmes de fe'né, de¬
mie drachme de graine contre les vers,-
& une once de carte nouvellement ex¬
traite. Vous difloudrez dans l’expref-
fion,trois drachmes ou demie once, ou
fix drachmes,ouuneoncede vin éme¬
tique , comme on le jugera neceflaire
Par l’abondance des humeurs, la cont
titution forte, par les vifeeres plus ou^
moins échaufez , & enfin par l’âge.
Il faut que le Médecin agirte pru¬
demment dans l’ufage de ce remede.:-
$7<S PartJl. Des Evacuât ifs. Seét.T.
car il tue d’abord s’il y a des inflamma¬
tions confiderables dans les parties
internes ; & encore plus , fi le mal
eft encor dans fon augment, & que la
fluxion continué fur ces parties ; caf
alors il y a à craindre une mortifica¬
tion de la partie enflammée. De mê¬
me, s’il y a phrenefie,inflammation du
poumon , ou quelqu’ autre inflamma¬
tion des vifccres , la matière qui eft
atachée aux pores n’obéit pas , mais
s'éfarouche davantage , & travaille à
la gangrène ; alors il faut plutôt ufer
des alteratifs & des évacuatifs , par la
faignée , les ventoufes , les fangfues,
que de purgatifs par le bas. Il faut
donc donner le vin émetique , la
matière étant encore dans le mou¬
vement après plufieurs faignées du
bras & du pied ; en forte qu’il n’y ait
pas lieu de craindre que les veines
étant encore pleines de fang & de fé-
rofitez bilieufes,ils ne fe jétent fur le*
parties échaufées ; & afin que s’il refte
quelque portion de matière qui foit fi¬
gée , elle foit en petite quantité, pouf
la refolution de laquelle la feule natu¬
re puilîe fuffire, ayant été délivrée de
Chap. III. Des Potions parg. 377
ce qui l’acabloit par le fecours de ce
temede. On a donc befoin en cccy
d’un fage confeil , & ce n’eft pas fans
fujet que l’on doit avoir de l’horreur
pour l’abus d’un tel remedc, puifqu’il
y a lieu même de craindre quand on
en ufe à propos.
Dans ces Portes d'hydropifie qu’on
nomme afcitc & anafarque , prin¬
cipalement quand elles procèdent
d’une caufe froide , il fait vuider une
grande quantité d’impuretez : on
le donne de la façon que nous avons
déjà marqué , ou bien de la fui-
vante.
Prenez quatre onces de teinture de
lené , de manne & de vin cmetique
Une once de chacun.
Dans la préparation du fafran des
métaux , il faut prendre garde quand
on le brîile , à fa vapeur mlphureufe ,
car elle eft venimeufe.
L’édulcoration s'en fait quand on le
lave dans l’eau , pour en tirer les par¬
ties fixées du nitre, en filtrant trois ou
quatre fois l’eau , & après le laiflant,
afin que la matière fe lèche d’elle-mê¬
me. On connoît qu’il eft ailes édul-
57 8 Part.II. Des Evacumfs. S’e&.I.
core fi en le métant fur la langue il
n’a point d’acrimonie.
Pour regler la dofe du fafran des
métaux à la quantité du vin , on ne
peut pas errer dans une grande dofe >
parce que fi par exemple on met deux
onces de fafran des métaux dans une
livre devin blanc , le vin n’en tirera
pas davantage de teinture , que fi on
n’y en avoit mis qu’une once.
CHAPITRE IV.
Des Bolui purgatifs.
LEs Bolus purgatifs font un médi¬
cament, folidc à la vérité , mais
mol , fait de purgatifs fimples oU
compofez.
On fe fert des bolus purgatifs, pre¬
mièrement quand les médicamcns
dont nous nous voulons fervir pour
Ser, font trop défagréablcs, parce
s font la potion trop ép^iife, com¬
me le catholicon & la calTe ; ou parce
qu’ils font beaucoup amers. Seconde¬
ment quand on veut purger des ma-
Chap. IV. Des Bolus purg. 3 79
Jades qui vomiflent facilement.
Ces bolus ont plufieurs ufages.
Premièrement pour purger douce¬
ment la bile dans les maladies chau¬
des du foye 8c de la rate , & ceux qui
font fli jets à la colique renale 8c à la
pierre. Par exemple.
Prenez une once de cafle nouvelle¬
ment extraite , de rhubarbe en poudre
& de fel de prunelle, une drachme de
chacun , avec un peu de lucre ; faites
un bolus, que l’on prendra deux heu¬
res devant un bouillon.
Dans la gonorhée on peut ajouter
à ce bolus un fcrupule ou vingt-cinq
grains de mercure dulcifié.
Secondement pour purger, la bile
qui eft mêlée avec des humeurs grof-
fiercs , dans les fièvres longues inter-
mitantes , dans la colique néphriti-
que , & c.
Prenez de catholicon double &
de diaphenic , de chacun cinq drach¬
mes ; de crème de tartre une drach¬
me , avec un peu de fufcre : faites un
bolus.
Troifiémemenr, pour atircr les fé-
*ofitez dans la goutte , rhumatiime *
380 Part.II. Des Evaeuatifs. Se&.I.
maladies veneriennes. Pat exemple.
Prenez du mercure dulcifié , vingt
grains ; du diagrede , quatre grains >
de la poudte de racines de jalap >
demi lcrupule ; de cafife nouvelle¬
ment extraite , demie once , avec du
fyrop violât & un peu de lucre : fai¬
tes un bolus.
Dans l'hydropifie & autres mala¬
dies où il faut vuidcr les grands amas
d’eaux.
Prenez de gutte-gomme , quatre
grains > de mercure doux dix grains >
de poudre de jalap > demi fcrupule,
avec de la conferve de rofes : faites»
un bolus , que l'on prendra de quatre
en quatre jours pendant quinze ou
vingt jours , prenant dans les autres
jours des bouillons alteratifs avec des
racines de brufc , d’iris de pays , d’a-
grimoine , de ccterac , de cicore'e >
&c.
Si ce bolus ne purge pas ailes ,
y faut ajouter quatre grains de dia*
grede.
Pour ceux qui ne font pas beaucoup
avancez en âge, ou pour les vieillards»
atteins des mêmes maladies.
Clup. V. Des Poudres purg. 381
Prenez deux grains de gutte-
gomme , de mercure dulcifié, quinze
grains , de poudre de racine de jalap ,
demi fcrupule , avec un peu de con¬
serve de rofes 5 faites un bolus , ou
prenez la poudre feule , avec une
euilliercc de panade.
CHAPITRE V.
Les Poudres purgatives.
LEs Poudres purgatives fe font de
fimples qui ont la faculté de pur¬
ger , & qui font les plus agréables au
goût , y ajoutant leurs corre&ifs 6c
& du fucre.
On les prend avec du bouillon, ou
dans quelqu’autre liqueur apropriée ,
°ü on les mcle dans deux ou trois
cüillierccs de panade.
11 s’en faut fervir rarement & avec
circonfpeûion dans des maladies
'fiaudes , & lorfque les vifeeres font
®cKaufez, parce que les purgatifs pris
jn fubftance échaufent , 6c fondent
^ humeurs , & irritent beaucoup.
j 8 i Part .II. Des Evacuatifs. Se&.I.
Leurs ufages font dans les maladies
longues qui dépendent de la bile, dans
les vomiiî'emens périodiques , & pour
ceux qui font menacez d’hydropifie.
Prenez une drachme de rhubarbe
en poudre, demie drachme de crème
de tartre -, mêlez - les, & vous don¬
nerez céte poudre dans un bouillon
rafraichiflant , de cinq en cinq jours»
ou trois, fois le mois.
Dans les indifpofitions pituiteu-
fes foie pour précaution , ou curation
après les remedes généraux.
Prenez demie drachme de turbith
choifi , une drachme de crème de tar¬
tre , demi fcrupule de diagrede , dix
grains de canelle , ajoûtez-y un peu
de fucre & faites une poudre. La dofe
■cil dépuis une drachme jufqu’à qua¬
tre fcrupules.
Dans les indifpofitions rhumati-
ques , arthritiques , & veneriennes.
Prenez demi fcrupulc de racine de
jalap ; quatorze grains de mercure
dulcifié ; de diagrede & de crème de '
tartre, de chacun fix grains. Faites
une poudre , que l’on prendra avec
une cuillierée de panade.
’Chap .V. Des Poudres purg. j 83
Pour vuiderlcs eaux dans l'hydro-
pifie afcire.
Prenez quatre grains de gutte-
gomme , un fcrupufc de mercure dul¬
cifié ; de la poudre de la racine de ja¬
lap & de diagrede , de chacun Cix
grains. Faites une poudre que l’on
Prendra avec une cuillierce de panade.
Prenez de mercure de vie , & de
gutte-gomme, de chacun trois grains;
de poudre de racine de jalap & de
diagrede , quatre grains de chacun,
faites une poudre.
La poudre fuivante hydragogue eft
fort recommandée pourl'hydropifie.
Prenez de féné , de turbith gom¬
meux , & d'hermodates , de graine
d’hyeble , de racine de jalap & de
inechoacam, demie drachme de cha¬
cun ; de crème de tartre une drachme,
de gutte-gomme quinze grains ; de la
poudre de diambre , & de diarhodon
de de graine de fenouil, un demi fcru-
pule de chacun ; de fucre candy une
drachme & demie. Faites une poudre
du tout , dont vous en métrez deux
drachmes infufer pendant la nuit dans
^'atre onces de vinc blanc, donnez les
384 Part. II. Des Evacuatifs. Seét.I.
matin le vin & la poudre de cinq en
cinq jours ayant fait les remedcs gé¬
néraux.
La poudre Cornachine.
Prenez d’ Antimoine diaphonique
huit grains ; de diagrede préparé avec
le fouphre , un demi fcrupule , un
fcrupule de creme de tartre. Faites
une poudre pour prendre avec une
cuillieréc de panade.
On peut augmenter la dofe de l’an¬
timoine , félon la penfée de l'Auteur»
jufques à quinze grains , le diagrede
jufques à vingt , de creme de tartre
deux fcrupules.
L’Aureur de céte poudre luy don¬
ne tant de vertu, qu’il prétend qu’elle
faire des merveilles dans routes les
maladies qui font caufées par les ex-
cremens, dont il en a compofé un Li¬
vre entier.
De céte poudre & du mercure de
vie on peut préparer une poudre tres-
utile pour l’hydropifie, pour l’apople¬
xie , quand les autres remedes opè¬
rent trop lentement , ou moins qu’il
ne faut.
Prenez quatre grains de mercure de
vie#
Chap.VI. Des Pilules purg. 3 H r
vie , quatre grains de diagrede pré¬
paré la vapeur de foulfre , demi
îcrupule , d’antimoine diaphonique
huit grains , de crcme de tartre un
fcrupule. Faites une poudre.
U faut prendre garde que tes vifoe-
tes ne foient chauds & fecs, & que le*
humeurs ne foient plutôt brûlées que
pituiteufes , car alors les remedes
chauds & iècs caufcroïcnt des inflam¬
mations , ou des autres tumeurs.
CHAPITRE VI.
Des Pilules purgatives.
L Es Pilules purgatives fe compo-
fent de-diverfes efpeceS de Amples
purgatifs amers > actes & de maUvaife
^detir vy ajodtanf ce qui leur fert de
y^hicûle1, Sf l&s chofes qui avancent
’eur operation , ou corrigent les mau-
^ifes qualitcz , & confervent leur
'°>'nie.
1 Hy a-des pilules OfKcifiales qui -fe
confervent toutes préparées dans les
“étiques' comthc dés Voecies , d’a-
R
Part.TI. Des Evacuatifs. Se£t.l.
garic , arthritiques , &c.
D’autres Magiftralcs que les Mé¬
decins ont coutume d’ordonner félon
les diverses indications , que l’on
nomme communément Ufueles, parce
que l’on en ufe fréquemment. On
doit métré dans leur conipofition deJ
chofes qui en petite quantité font un
grand effer.
Leur dofe eft d’une drachme , juf-
qu’à quatre fcrupuLcs.
On doit prendre les pilules qui
purgent fortement , après le pre¬
mier fommeil , afin que la chaleur
étant retirée & reflerrée au dedans »
die furmonte plus facilement leur
folidité , 8c en avance l’operation*
Mais pour ce qui eft de celles qu*
purgent médiocrement , c’eft ai-
fez fi on les prend à quatre oU
cinq heures. U ne faut, pas dor¬
mir quand elles commencent à ope'
rer. On les prend quelquefois in*
mediatement devant un leger foUp«
comme celles qui font pour l’eft®'
mac , ou pour lâcher feulement
ventre.
On fe fert des pilules quand les m*'
Chap.VI . Des Pibtlespttrg. 3S7
-lades ont de l’averfion pour les medi-
•camens liquides , ou pour les folides,
qui font d'une grofTcur exceffive. Se¬
condement quand l’eftomac eft rem-
ply d'humeurs pituiteufes. Troifié-
mcment quand on veut atirerles hu¬
meurs de l’eftomac des parties les plus
éloignées. Leur ufage eft principale¬
ment dans les maladies froides , & en
hyver,oudans les invetcréestEnétéon
n’en ufe point du tout ; car tout médi¬
cament qui purge en fubftance pris en
petite quantité , eft acre & chaud.
Les pilules fuivantes attirent forte¬
ment les humeurs du cerveau , & des
autres parties dans une cacochymie
pituiteufcjfercufe, fimple ou melée.
Prenez de la mafte des pilules coccies
&d’agaric,dechacunedemie drachme,
des trochifques alhandal , de diagre-
de , de chacun quatre grains , d'huile
d’anis tirée chymiquement , quatre
goutes.Formezcinq pilules pour pren¬
dre apres le premier fommeil. AulTi
félon les diverfes maladies on préparé
des pilules des autres officinales, com¬
me pour la goutte, de la malle des pi¬
lles arthritiques , & d’hermodates 7
R z
3 S 8 Part.ll. Des Evacuatlfs. Seéfc.I.
pour les maladies froides de Peftomac,
des ftomachiques , de hiere , & d'a-
loes : pour purger la bile>des dorées :
pour la mélancolie , des grandes féti¬
des , & de la pierre lazuli ; pour les
maladies des yeux de celles que l'on
nomme lucis majores ; pour les lon¬
gues fièvres , des aggregarives , que
pour ce fujet onapellc polycreftes.
De plufieurs des pilules que nous
venons de nommer , on fait quelque¬
fois une malle ufuelle pour les mala¬
dies longues, pour laparalyfie, rrem-
blement , engourdi iTement , convul-
fîon , provenans d’une caufe froide
fercufe , avec une intempérie froide
& humide du cerveau.
Prenez de la malTe des pilules coc-
cies,& d’agaric,une drachme & demie
de chacune ; d'hermodates & d'agre-
gatives , demie drachme de chacune ;
de gutte-gomme corrigée avec l’efprit
de vitriol & de diagrede, demie drach¬
me de chacun ; de Mercure dulcifié
une drachme;dc la poudre dediamo£
chi un fcrupule ; avec du fyrop de
ftccade , formez une pilule. La dofe
eft de deux fcrupules, ou une drachme
Chap. VI. Des Pilules purg. 389
pour prendre de grand matin.
Pour précaution de la paillon hyf-
terique dans les femmes gradés 8c
froides.
Prenez de la marte des pilules
fetides , deux fcrupules ; des tro-
chifques alhandal , cinq grains ,
de caftoreum , deux grains. Faites
cinq pilules , pour prendre après le
premier fommeil.
Pour vuider les fero lirez dans les
maladies arthritiques , rhûmatifmes ,
hydropifies , maux veneriens.
Prenez de gutte-gomme, ou de fon
magiftere , quatre grains ; de mercure
doux , un fcrupule , de diagrede, cinq
grains , avec des mucilages de gomme
tragacant formez Trois , quatre , ou
cinq pilules.
Prenez de la mafle des pilules fine
ejuibus , demie drachme ; de diagrede
pre'parée avec de la fleur de foulfre ,
quatre grains , du mercure dulcifié
vingt grains. Faites cinq pilules.
Les fuivantes font polycreftes &
antiveneriennes.
Prenez des maires des pilules coc-
cies, demie drachme , de mercure dul-
R 3
WO Part.II. Des Evacuatifs. Se&.ïi
eifié quinze grains,de précipite blanc»-
cinq grains , avec quelques goûtes de
fyrop rofat-, formez quatre ou cinq
pilules.
Pilules ufuelles nommées angéli¬
ques.
Prenez deux onces de fuc de rofes
pâles , des lues dépurez de buglofe ,
de bourrache , de fumeterre , & des
fommitez d’hyeble » de chacun deux,
drachmes , de rhubarbe demie drach¬
me, de fantal citrin, demi fcrupule.
Laill'ez - les infufer pendant quatre
jours, après une forte ex preflîon, ajou¬
tez - y quatre onces d'aloës fucotrin
réduit en poudre tres-fubiile. Mêlez-
les , & cxpofez‘les au Soleil , en les
remuant fouvent avec la fpatule, juf-
qu’à-ce qu'elles ayent laconfiftance
de pilules , dont la dofe eft d'un fcru¬
pule , julqu'à demie drachme , demie
heure devant le fonper , une fois la
femaine , ou trois fois le mois.
Dans les maladies qui dépendent
d'une matière craife , mucilagineufe >
& tartareufe, avec des obftruûions»
&: amas d'humeurs ; d’où naiifent
quelquefois des fufocation* , des ver-
Chap. V I. Des Pilules purg. 39*
tiges , épilepfies , douleurs de tOter
foiblelTe d'eftomac , apres les remè¬
des généraux , & l’ufage des eaux mi¬
nérales j les pilules fuiv antes anti-
hydropiques font fort recomman¬
dées.
Prenez d’alocs fucotrin , lavé trois
ou quatre fois avec du fuc de lofes*,
trois onces *, de féné mondé , de rhu¬
barbe choific , 8c d'agaric rrochifqué,
une drachme 8c demie de clfacun ; du
diagrede préparé , avec le foulfre, &c
des trochifques alhandal , de chacun
demie drachme , de fel d’abfynthe ,
& de poudre de diarhodon , de cha¬
cun un fcrupule & demi , avec du
fyrop de rofes pâles , formez-en une
marte de pilules , dont vous en don¬
nerez demie drachme ,ou une drach¬
me le matin , trois heures devant un
bouillon , une fois la femaine , ou
trois fois le mois.
Il faut éviter l'aloës , &c tous les
remèdes où il entre , dans ceux qui
font fujets aux hémorroïdes , &c à
la perte des mois j car l’aloës a cc-
te faculté d’ouvrir les orifices des
veines. .
R 4
î«)i Part.II. Des Evacuât Ifs. Seét.î.
Voicy des pilules pour une dofe ,
pour le meme fujet.
Prenez de rhubarbe en poudre , 8C
de poudre d'hiere picre , de chacun
demie drachme , de canelle,de m allie»
fix grains de chacun , de diagrede, SC
de fei de tartre , de chacun quatre
grains , avec du fyrop rofat folutif»
formez trois pilules , pour prendre
matin.
CHAPITRE VIL
Des purgatifs Chymigues,
NOus décrirons dans ce Chapitre
les remedes ch y iniques qui fonc
fréquemment enufage,defquels feuls,
ou mêlez avec d'autres , félon la di.--
verfité des indications » on peut pré¬
parer un remede purgatif, en forme
de poudre, bo-lus., extrait, & pilu¬
les , &c.
On marque icy la dofe de ces pur¬
gatifs, comme fi on lesdonnoir feuls;
on la réglé plus particulièrement ,
félon les forces , l'âge , la quantité *
Chap.VIÏ. Des Purgatifs Chynt. 393
& la qualité des humeurs ; Sc félon
qu’on les mêle avec plufieurs ou peu
d’autres purgatifs.
L’extrait de féné d’une demie
drachme à une drachme.
L’extrait de rhubarbe, depuis un
fcrupule à une drachme.
Ces deux extraits purgent dou¬
cement la mélancolie , 8c les féro-
fitez.
La teinture de féné , ou de
rhubarbe , jufqu'à deux ou trois
cuillierées feule , pour les petits en-
fans ; ou on les dilfoût dans les pur¬
gatifs , que nous avons décrits cy~
delHis.
L’extrait de mechoacam , jufqu’à
demie drachme , ou une drachme ;
il purge la mélancolie , 6c les féro-
fitez.
L’extrait des myrobalans , jufqu’à
demie drachme , ou une drachme ; on
le prend avec un médicament aftrin-
gent 8c purgatif, ou. feul pour le flux
de ventre.
L’extrait de jalap , 8c fa refîne ,
depuis fix grains , jufqu’à demi feru-
pule.
394 Part.II. Des Evacuatifi. SèéF.K
Le magiftere de jalap , depuis dix
grains , jufqu’à dix-huit. La verti*"
purgative du jalap eft dans fa refine f
c’eft pour cela que l'on s'en doit plu¬
tôt fcrvir, ou en fubftance , ou en ex¬
trait, ou eu magiftere, qu’en infufion,
ou décoétion , parce que les chofes
aqucufes ne dillolvcnt pas les grades,
Sc les rcfineufes. Il purge doucement
les férofitcz.
L’extrait d’éfule,de demie drachme
à une drachme, fait le meme effet.
L'extrait d’hellebore noir , jufqu'à
demi fcrupule, ou un fcrupule. il
purge les férofitcz , Si les humeurs
groflieres, principalement les mélan¬
coliques ; afin qu’il purge plus com¬
modément, il faut le mêler avec d'au¬
tres purgatifs qui vuidant par le bas
luy otent fa force émetique.
L’extrait d’agaric, jufqu’à un fcru¬
pule , ou demie drachme : il vuide la
pituite , & la bile.
L’extrait de diacartham , jufqu’à
demie drachme, ou une drachme, pro-
duu le même effet.
Les trochifques alhandal , depuis
fix grains , jufqu’à dix. On les roôle"
Chap.VII. Des Purgatifs Chym. $ 95
avec d'autres purgatifs dans des bolus,
poudres , & pilules.
L’euphorbe corrigé , ou l’extraie
d’euphorbe , jufqu’à dix ou quinze
grains purge fortement les féroiitez»
& la pituite.
La gutte-gomme corrigée avecl’ef-
piit de vitriol , ou de tartre ; car ainfi,
elle perd toute la force qu’il a de faire :
vomir.
Voicy comme on la corrige.
Prenez de gutte-gomme la quantité
que vous voudrez , dilïolvez-là avec
l’elprit de vitriol , que vous ôterez
enfuite par inclination, vous ferez fe-
cher doucement le refidu : que ft l’on
fait cela trois fois , elle fera tres-bicn .
corrigée. La dofe eft de demi feru-
pule , jufqu’à un fcrupule » pour les
hydropiques, galeux, paralytiques, & :
autres maladies caufées par une pi¬
tuite , ou féroiitez , feules ou mêlées .
avec les autres humeurs.il arrive quel¬
quefois que la gutte-gomme ne peut :
pas fe fecher quand on l'abreuve une
ou deux fois d’acide de vitriol, ou de
foulfre ; alors il y faudra mêler de
l’eau qui attire les acides , lefquck.
396 Part.IL Des Evacuatifs. Se&.I.
étant otez , toute la malle fe feche
facilement apres.
L’extrait , le magiftere , & la refine
de feammonée , jufqu’à demi feru-
pule , ou quinze grains.
La feammonée vitriolée d’Hart-
man , lelon Schroder , dépuis dix
grains jufqu’à vingt.
L’extrait benedift, d’un demi feru*
pulc , jufqu’à un. Tous ces extrairs
purgent les humeurs bilieufes les
groffieres , & mucilagineufes.
L’extrait catholique de Francfort ,
dé puis un fcrupule , jnfqu’à deux >-
purge doucement toutes les humeurs
enfcmble.
L’extrait catholique de Sennert.
L’extrait panchymagogue d’Hartz
Hian , de Crollius , de Qtiercetan , de
Schroder , & de Glafer , depuis un
fcrupule , jufqu'à deux.
L’extrait hydragogue, dépuis demie
drachme, jufqu’à une.
La poudre panch ymagogne de Salas»
& de Qtiercetan purge les humeuss-
lereufes , bilieufes,. & pituirenfes (ans
incommodité. La dofe eft de demie
drachme , jufqu’à une.
Chap.VlI. Des Purgatifs Chym. 397-
La poudre panchymagogue de
C^uercetan.
Tous ces remedcs fe trouvent pré¬
parez dans plufieurs Boutiques : &
leurs dcfcri prions chez des Auteurs,
particuliers , & chez Schroder.
Le verre d’antimoine corrigé, pur¬
gatif, fe donne depuis trois grains,
jufqu'à cinq.
Le précipité ronge fixé ; de trois
grains , jufqu’à fix.
Le turbith minerai , dépuis trois
grains , jufqu’à cinq. On le donne
en poudre , en bolus ou pilules, &c-
Il fert dans les rhumatifmes , hydro¬
pi fies , goûtes , verole , gale , deman-
geaifon , Se les fièvres malignes.
Le mercure blanc précipité , de
quatre grains, jufqu’à fix. LamarqiBe
d’nn bon précipité eft que fi on en
frote rudement une piece d’or , elle
lie blanchir point , comme il arrive
par le fcul attouchement du mercure.
On le donne avec les pilules , en bo¬
lus , en poudre , ou avec demie once
de confection hameerdans la ve-
role , 6c La ladrerie , ou avec L’extrait
fui vaut.
55^8 Pàrt.II. Des Evdcttatifs. SeéLI.
Prenez une once de pulpe de co-
lokinthe, d’agaric blanc , d’hcllebore
noir, & de jalap,une drachme de cha¬
cun , coupez le tout de gros en gros,
Sc métez-le infufer avec cinq onces
d’efprit de vin reétifié. Lai liez - eu
faire la digeftion dans une cornue
longue,pendant quatorze jours. Après •
exprimez le menftruë par la manche
d’hippocras , ajoutez à la coulature
demie drachme de diagrede.
Le précipité verd dépuis deux grains,
jufqu’à huit. On l’eftime pour un
fpecifîque dans la gonorhée virulen¬
te , qu’il emporte lorfqu’elle eft dans
l’excez , & qu’il fait avancer quand
elle ne fluc pas ailes , en en conti*
ruant l’ufage , jufqu’à-ce qu’elle ne
ftuë plus.
Le Mercure fuhlimé doux , dé puis
un fcrupule, jufqu’à demie drachme.
Il y a des Artiftes qui fubliment le >
mercure , jufqu’à fix fois ; mais une
fublimation li fouvent reïterée , luy
ote entièrement toute fa vertu put'
gative , une troifiéme fublimation
fuflfit : & même fi dans la fécondé
fublimation on le trouve pur &c i «û*
Ghap.VII. Des Turgatifs CJiym. $ 9>.
pide , il ne faut pas palier outre.
Le mercure de vie , depuis quatre
grains, jufqu’à fix. On le nomme
suffi la poudre d' Algarot , & d’autres
l’apellent l’Aigle blanche:. on entend
néanmoins ordinairement par l’Aigle
blanche le mercure fublimé.
Mais parce que le mercure de vie
purge violemment par le voirrflle- -
ment , lee Médecins étant en peine ,
& travaillais pour luy ôter fa force
émétique , & pour corriger fa violen-
lence , préparent de céte forte le mer¬
cure de vie corrigé. .
Prenez du mercure dé vie,quevous
échauferez dans une phiole à feu de
fable , jufqu’à-ce qu’il commence à
rougir , enfuitc titez-le fouvent avec
l’cfprit de vin , de céte façon il purge
commodément par le bas, dépuis qua¬
tre grains , jufqu’à hx ou huit.
Toutes ces préparations fe trou¬
vent dans Crollius , Sennert , Schro-
der , Glafer-, Sylvius , Zuvelfer , Le*
teery , &.autres.
400 Part.II. Des Evetcuatifs. Scd.I.
CHAPITRE VIII.
Des Emetiques.
LEs emetiques ou vomitifs font
des medicamens qui étant in¬
commodes à l’eftomac , purgent pat
la bouche.
Il ne faut pas croire que côte fa¬
culté, que l'on nomme fpecifique, pat
laquelle un remede vomitif chaife les
humeurs par le vhaut,confifte dans une
certaine propriété , par laquelle il
poulfe en haut quelque humeur parti¬
culière, ou toutes enfemble ; car il pro-
duit cét effet par un fel volatil tics-
acre , qui irrite beaucoup les fibres dï»
ventricule, renverfe toute fon cccono-
mie,& oblige que les fibres étant une
fois refTerrez fe déchargent de ce qu*
les incommode , dépuis le fonds , ju-f-
qu’à l’orifice fuperieur, par la voye
la plus proche , & la plps courte*
L’exemple d’une fangfue fur laquelle
on met un grain de Tel, fait voir 1*
façon de la contta&ion de ces fibre5'
Chap. VIII. Des Emeriques. 4c rï
Secondement parce qu’il agite les hu¬
meurs , quand les parties héteroge-
ndes fe choquent enfemblc , dont les
Plus tenues, & les plus volatiles étant
Souvent mêlées avec les plus grolïie-
*es fe portent en haut ; & il arrive
Quelquefois en même-tems une éva¬
cuation par le bas , quand dans céte
fermentation , les plus groflieres font
précipitées.
Les vomilïemens ne tiennent pas
feulement lieu-de purgation particu¬
lière, mais auffid’nne univerfelle; car
fi l’émetique eft doux , il vuide l'efto-
tnac ; fr un peu plus fort , il vuide
au(Iî les parties voifines -, que s’il eifc
violent , il purge tout le corps..
Les émetiques font établis pour
trois fins.
Premièrement pour l’évacuation.
Secondement pour la révulfion.
Troifiémcment pour la dériva¬
tion.
L’ufage des vomitifs eft pour tou¬
tes les maladies qui viennent des inv-
puretez de l’cftomac , & des viteeres.
JJ s font très - bons dans le dégoût >
t’envie de vomir , la jauniffe , la ca-
4oi Part.II. Des Evacuât if s. Se&.T.
kexie , douleur de tête , vertige par
fympathic , fièvres intermitantes au:
commencement de l’accez , à caufe
que la matière qui fait la fièvre eft
alors dans le mouvement ; dans l’ul-
cere des reins , & de la veflie.
Le tems propre pour donner les vo¬
mitifs , eft quand le malade a envie’
de vomir, & qu’il s’éforce, fans pour"
tant pouvoir vomir.
Notez que fi céte envie de vo¬
mir eft fymptomatique à raifon d’u¬
ne grande quantité d’humeurs , une-"
grande chaleur , & mouvement des
humeurs , il ne faut pas les atircr en
haut ; mais plutôt les faire fortir par
les relies, pour éviter une plus grande
agitation des humeurs , & enfuirc la’
fièvre , principalement fi le tems de
la crifc s’aproche, & alors il ne faut
point interrompre le mouvement de
la nature.
Les émetiques font propres à ce*<
qui vomiflent facilement , & aux per'
ionnes maigres ; ils font contraires à
ceux qui ont la poitrine foible #
étroite , qui font fujets à la roux»
&aux phthifiques. Ils nuifent auÆ
Chap. VIII. Des Emetlques. 4^5
au* mélancoliques , aux vertiges, à la.
«atarade idiopatique, 8c aux pallions
hyfteriques.
. Les remedes qui font vomir dif-
'Crent en la façon d’operet ; car les
Ur>s opèrent par la feule quantité
*îu<on les prend ; les autres par leur
Qualité fâcheufe & incommode ; les
Autres par une vertu particulière , 8c
spécifique de toute leur fubftance :
dJoù il arrive qu'il y a des vomi¬
tifs bénins , d’autres médiocres , &
d autres violens. Les doux 8c bénins
font ceux qui ou en ramoli liant ou
jichant i'eftomac , principalement
^orifice fuperieur , en abatent les
forces , 8c l'orconomie , co mme tou-
chofes grades, & l’eau tiède ; ou
‘lui par leur poids , & pefanteur exci-
tCr>t la faculté cxpultrice •, ou en relâ¬
chant, & apefantilfant, comme l’huî-
le commune , jufqu’à fix ou huit
°Uccs. Par exemple.
Prenez fépt, ou huit , ou dix onces
d’eau tiède, félon l’âge & la force de
* Cornac, d’huile ou de beurre , deux
®uces, mêlez-les , que le malade pren¬
dra en un trait , 8c après un quart
404 Part.il. Des Evacuatlfs. Seft.I.
d'heure qu’il s'excite à vomir en mé-
tant les doigts le plus avant qu’il
pourra au gozicr , ou avec une pluifl*
engraillêe d’huile.
L’hydromel, l’eau d’orge, le bouil¬
lon gras & autres femblables chofes»
prifes en grande quantité, font la mê¬
me choie.
Ou bien ,
Prenez une once de racines de ré¬
fort ; de graine d’aroche de jardins
trois drachmes , des feuilles de gen¬
tiane 8c d’ancth , de chacune une pin¬
cée. Faites bouillir le tout dans l’enU
d’orge,ou dans l’hydromel. Dans huit
ou dix onces de lacoulature dilFolveï
deux ou trois onces d’huile commu¬
ne , faites un vomitif.
Un vomitif médiocre fe fait de
chofes qui par leur qualité mordicatt*
te irritent l’eftomac , & en détergeant
& incifant les humeurs les difpofent
à être vuidées. Par exemple.
Prenez trois drachmes de racine d®
cabaret, une drachme d’agaric blanc »
deux drachmes de graine d’ortie, un®
pincée de fleurs de geneft. Faites
bouillir le tout dans de l'eau d’orge*
Chap. VII. Des Emétiques. 405*
Oans huit ou dix onces de la coula-
ture diifolvez deux onces d’oxymel
IjUitique, fi c’eft pour une indilpofi-
lion froide ; ou deux onces de lyrop
accteux pour un vomitif.
Un émetique violent fe compo-
*5 de chofes qui par leur faculjé
jacheufe troublent confiderablement
l’tftomac & le renverfenr. Par exem¬
ple.
Prenez une drachme & demie d'hel-
lebore blanc , une demie once de ré¬
silié concalféemne drachme & demie
de graine d’hieblc , & un fcrupule de
canelle. Faites bouillir le tout dans
de l'huile & de l'eau : donnez huit
°nces de la coulature.
Ou bien,
, Prenez demie drachme de vitriol
blanc préparé , difiolvez-le4ans huit
Gllces d’eau commune, ou d'orge.
, Que fi l'on veut fe fervir des reme¬
ts chymiques.
Prenez demi fcrupule de fel de vi-
frl°l, dilFolvez-le dans trois onces de
eau ou de bouillon.
On le peut donner aulïï fans danger
*üx en fan s. On en peut augmenter la
406 Part. II. Des Evacttatifs. Seét.L
dofe pour ceux qui font plus avance*
en âge julques à quinze grains , ou à
un icrupule.
Le vitriol blanc vomitif fait le mê¬
me effet, depuis un fcrupule jufques à
une drachme. On le donne avec du
vin, du bouillon , ou quelqu’autre li¬
queur : il opéré doucement & heureU-
lemcnt dans les fièvres , comme aulfi
dans toute impureté de l’eftomac,danJ
la vermine, &c.
Prenez deux onces de vinémetiqiie#
donnez le ou feul, ou le mêlant avec
de l’eau d’orge , ou du bouillon. O#
bien,
Prenez quatre grains de mercure de
vie , deux drachmes de conferve de
rofes ; mêles les enfemble en formc
de bolus.
L’antimoine rouge fixe, donné jul¬
ques à quatre grains fait le même ef¬
fet.
Les fleurs de régulé d’antimoine»
données dépuis .quatre jufques à 1>*
grains. L’huile ou le beurre d’anti¬
moine jufques à demi fcrupule ou u)l
fcrupule, lcul , ou dans un boiiillon >
ou d’eau d’orge jufques à deux onces*
Chap.VIII. Des Emetiques. 407
11 eft bon dans les fièvres tierces,
longues 8c quartes, au commencement
de l’accez , ayant préparé auparavant
comme il faut , le corps.
L’infufion de verre d’antimoine
avec du vin depuis un fcrupule juf-
qu'à quatre fcrupules.
Il faut prepdre garde de ne pas ufer
trop imprudemment des antimonia-
ques , qui ne font bons que dans le*
maladies opiniâtres , 8c dans des corps
robuftes.
Auparavant que d’ordonner les
tmetiques , il faut avoir préparé le
corps par les alteratifs , & purgatifs,
& laignées, pour diminuer la quantité
des humeurs, & les rendre fluides ; &
afin que les plus groflieres qui doivent
dtre vuidées par le bas , ne foient pas
portées en haut , avec grand travail
&c fatigue d» malade.
408 Part.ll. Des Evacuatifs. Se&.I.
CHAPITRE IX.
Des Dinre tiques.
LEs Diurétiques font des rcmedes
qui par une vertu particulière pur¬
gent les férolitez par les urines.
Les parties propres à vuider ces hu¬
meurs aqueules font la partie gibeu-
fe du foye , les reins, & la veme , 1»
matrice , & tout le genre veneux.
Il y a des diurétiques proprement
& improprement tels.Les diurétiques
proprement dits four chaüds & fecs ait
troifiéme degré , iefquels étant douez
d’une fubftance tenue , s’infinuent fa¬
cilement dans les veines , fondent les
humeurs & le fang , & ainli feparent
lesférofirez ; d’où il arrive qu’ils paf*
fent facilement par les reins, & fe vui-
dent par les urines.
Les diurétiques que l’on nomme
improprement tels , ont une legere
vertu d'ouvrir , d’atenuer , & de dc-
terger , & font fimplement uriner , fe*
Ion Galien au quatrième & cinquième
chapitre
Chap.IX. DesViuretujuet. 409
chapitre des fmples ; & ils font mé¬
diocrement froids , ou legeremenc
chauds.
L’ufage des diurétiques médiocre,
ment rafraichiflans , eft dans les fiè¬
vres continues & intermitantes , dans
les obftrudtions des vifeeres & des
vailTeaux avec une intempérie chaude,
dans les maladies qui ont leur fiége
dans les hypocondres , & autres in-
difpofitions mélancoliques, des reins,
de laveffie , & de la matrice.
Si nous confultons la Chymie, dans
les fimples qui font véritablement
diurétiques , il y a du fel volatil , ou
ün acide volatil par le moyen duquel
ils dilfolvent les lérofitez qui font mê¬
lées avec le fang& les autres humeurs,
& qui eft arreté par les parties les
plus grollieres j de la même façon que
nous voyons que le lait qui bouc
lombe en petit-lait quand on y ajoute
Quelque liqueur aigre. Les (erofitez
üe font pas feulement feparéesdu fan g,
*^ais encore les parties excrementi-
c>eufes falines,groflleres & terreftres,
'Inifont portées avec lesferofitez. il
confiant que les medicamcns qui
4io Part.II. Des El/acuatifs. Sed.I.
abondent en Tel , & en acide volatil
font uriner , que l'on emprunte des
minéraux un peu acides , des efprits,
teintures , & Tels de tartre, de terc-
binthine , de nitre , d’armoniac , &c.
foit qu'ils agi flent immédiatement fur
le fang , en le diflolvant , foit qu’ils
ictabliifent , augmentent , ou fubli-
ment le levain acide & lixivial qui eit
dans les reins , par le moyen duquel
les férofitez font feparées du fang , &C
font précipitées par les tuyaux dans la
baffine. Tout ce qui lâche la fubitan-
ce des reins des conduits lymphati¬
ques, & qui élargit les voyes établies
par Bellinus , provoque à uriner SC
par confequent ces fimples doivent
être nommez diuretiques,bien qu’im-
proprement ; il les faut mêler avec les
proprement diurétiques , afin que le
fang fe change en férofitez , & qU®
les conduits qui les doivent recevoir
foienr ouverts & libres. Ce qui fe fait
tout autrement dans le flux d’urine»
qui eft une indifpofition contraire, ou
il faut lesràfraichir, incrafler, Sc tafi-
diocrement reflerrer, afin que la ma»c
du fang & les parties qui font deiti-
Chap. IX. Des Diurétiques. t
«ces j>our les routes de l'urine qui
dans céte forte de maladie font trop
relâchées, foient rétablies & fortifiées
■dans leur premier état.
Pour les diurétiques plus temperez,
voyez les Chapitres des Emuffions,
des Décodions, des Bouillons apéri¬
tifs & temperez, & des Néphritiques;
dans lefquels on peut dilfoudre quel¬
ques-uns des remedes Chymiques que
nous avons citez dans ces mêmes cha¬
pitres , entre lefquels les fuivans font
plus appropriez.
L’efprit de fel, ou de vitriol, ou de
foulfrc jufques à dix gouttes.
Le crème de tartre calybé,jufqu’à
demie drachme.
L’efprit de tartre vitriolé , jufqu’à
demi fcrupule.
La teinture , ou l’acide de tartre,
jufqu’à demie drachme.
La teinture de fel de nitre jufqu'à
tin fcrupule.
Le cryftal de fel de nitre jufqu’à
t*» fcrupule.
L’efprit urinai de fel armoniac jüf-
HU’à huit ou dix gouttes.
S a
4ii Part. II. Des Evacuatïfs. Sed.I.
L’efprit de vitriol doux , jufqu’à
deux fcrupules.
L’efprit de terebinthine, jufqu’à
fix , huit , ou dix goûtes.
Le fel de racines de fèves, d’ambre,
de terebinthine , de fcorpions jufqu’à
fix grains ou demi fcrupule.
Bien que la plupart de ces remedes
foient chauds , neanmoins ils rafrai-
chiifent par accident , parce qu'ils
vuident la matière qui eft chaude, ôc
qu’ils font les véhicules des apéritifs
rafraichifTans.
On peut icy ajouter les eaux miné¬
rales > nitreufes, vitriolées, calybées,
dont l’ufage , après les remedes géné¬
raux évacuatifs & alteratifs faits com¬
me il faut , font des merveilles pour
corriger les intempéries chaudes des
vifceres , ouvrir les obftruébions, ate-
nuer , détetger les humeurs groflïe-
res & gluantes , & les vuider par les
u ines.
Les diurétiques chauds font pro¬
pres aux maladies qui viennent d’un«
taufe froide.
Ces diurétiques fe compofent eu
Chap. I X. Des Diurétiques. 4 1 3
forme de décodion , comme nous
avons dit dans le Chapitre des Né-
phritiques apéritifs, y ajoutant quel¬
ques-uns des remedes chymiques que
nous avons notez dans le même en¬
droit.
Quand il faut fur le champ prépa¬
rer quelque diurétique dans les (u-
preflions d’urine ,pourveu qu’elles 11e
foient pas caufées par quelque in¬
flammation , on les donne en Juleps,
comme s’enfuit.
Prenez des eaux de gramen & de
cerfeuil, de chacune trois onces, d’ef-
prit de fel de nirre,demi fcrupule ; de
fel dJambre , cinq grains , de fyrop de
capillaire une once. Faites un Julep.
Ou bien ,
Prenez d'eau de tronc de fèves &
de fleurs de mauve, deux onces & de-
hiie,de chacune, d’efprit de terebinthi-
11e quatre goûtes , ou d’efprit volatil
de fel armoniac , dix goûtes. Au dé¬
faut de ces eaux , on peut fe fervir de
l'eau ou de la décodion de mauve,
de pariétaire , de gramen , &c.
Il faiut remarquer qu’on n’ordonne
pas les diuretiques dans ceux qui font
S J
414 Part. II. Des Evacuât Ifs. Se&.T.
labides, amaigris, quand les conduits
de l’urine font exnlcerez ouenflamez,
quand les parties honteufes , ou la
matrice font indifpofêes , la veflle
remplie, les conduits bouchez , quand
il y a encor beaucoup de matière , ou
que l’eftomac , ou les inteftins font
remplis d’impuretez , de peur que les
humeurs étant fondues par les diuré¬
tiques , ne foient portées aux parties
bouchées, & par ainfi que les obftru-
étions ne s’augmentent. C’eft pour ce
fujet qu’il faut auparavant préparer
le corps par les alteratifs& purgatifs*
CHAPITRE X.
Des Diapbor niques.
LA necefïïté de la rranfpiration eft
de telle importance pour la con-
fervation de la vie , que Sanétorius
examinant la chofe avec une grande
exa&itude , a pris garde que c’étolt:
une évacuation plus copieufe que tou¬
tes les autres qui nous font fenfibles»
prifes enfemble. Que fi céte tranfpH
Chap. X. Des Diaphoniques. 415
ration a tant de force que de tranfpor-
ter par les pores des parties & par les
arteres dans toute l’habitude du corps
une quantité confiderablc d’ordures
volatiles & groflieres qu’elle re¬
porte au dedans par le moyen des vei¬
nes le fang receu avec l’air pour la cir¬
culation éc pour rafraîchir ; que n’y
a-t-il pas à craindre de fa privation, en
arrêtant dans les vaill'eaux les vapeurs
échaufées,& empêchant le rafraîchit
fement de l'air , caufe fi fouvent une
chaleur &une pourriture dans les hu¬
meurs -, & il ne fe forme prefque ja¬
mais aucune fièvre qui diminue ou
qui celle entièrement , fans fucur ou
fans une libre tranfpiration.
Il n’y a pas lieu 4|4’é tonner en cela,
puifque l’évacuatid^qui fe fait par la
fueur, foit par l’éfort «e la Nature, ou
par l’ayde de l’Art , non feulement de
toute l’habitude du corps , mais auflï
des vaifleaux & des vifeeres , & de la
plus intime région du corps , dilloût
tout acide volatil , & tontes les au¬
tres particules des humeurs qui font
capables de refolution , en eau ou en
Vapeurs par les vaiffeaux dédiez à la.
416 Part.II. Des Evacuatifs. Seét.I.
refpiration , & par les foûpiraux des
parties internes & de la peau.
Les medicamens qui provoquent
les fueurs , s’apellent diaphoniques,
dont la force & la façon d’agir fe con-
noit en ce que ceux qui ont latranfpi-
ration libre , & firent facilement, qui
ont le fang fubtil , beaucoup féreux,
qui circule facilement, & les pores de
tout le corps ouverts, comme font les
fanguins fc les bilieux , principale¬
ment en été. De même les diaphore-
liques doivent avoir la force d’ate-
nuer, de fondre , & par confequent
de produire dans le fang une plus
abondante fermentation & circula¬
tion , & de porter aux pores de la
peau les parties volatiles des humeurs
qui font féparées , qui ouvrent en
raréfiant.
C’eft pour cela que les medicamens
diaphoretiques font ceux qui ouvrent
les pores , qui atirent les humeurs du
centre à la circonférence , & qui vtti"
dent infenfiblement ou fenfiblement.
Ceux qui provoquent les fueurs fen¬
il blement fe nomment hydrotiejues , ott
fudorifiques > defquels nous avons parle
Chap. X. Des Diaphoniques. 417
dans le treziémc Chapitre de la pre¬
mière Partie.
Ceux qui font fuer infenfiblement,
s’apcllent Amplement diaphoretiques ,
qui aident au panchant & aux élorts
de la Nature qui tâche de fe dégager
par céte évacuation , ou en ouvrant
les pores font forrit ce qu’il y a de
plus fubtil dans les humeurs.
Leurs ufages font premièrement
dans les fièvres malignes, pcftilentiel-
les, verole , rougeole , & autres mala¬
dies dans lefquelles il faut provoquer
les fueurs , principalement fi la Natu¬
re femble prendre céte route , ce que
l’on connoit par les puftulcs & autres
marques rouges qui paroifl'ent fut la
peau , & par les fueurs. Nous en
avons donné des exemples en forme
de Juleps & d’émulfions dans le pre¬
mier & quatrième Chapitre de la pre¬
mière Partie.
En forme de décodions , dans le
quatrième Chapitre de la fécondé
Partie , & dans le cinquième , de la
première Partie qui traite des Cardia¬
ques dans les maladies provenansd’u.
ne caufe chaude.
S S
4i 8 Parr.II. Des Evacuanfs. Se<£t.T,
Secondement dans toutes les fiè¬
vres, & autres accidens où il y a obfi-
tru&ions des pores de la peau , où il
faut dilïiper les humeurs du centre à
la circonférence , dans les jours criti¬
ques , quand on voit que la Nature
cil difpofée aux Tueurs ; ou pour luy
aider , quand elle agit lentement ÔC
foiblement. Par exemple.
Prenez des eaux de chardon béni r
de feabieufe , & de pavot rouge de
chacune deux onces ; de fel de char¬
don béni , ou de feabieufe & de con-
fedion de hyacinthe de chacun , un
fcrupule , de fyrop de capillaire une
©nce r faites un julep. Ou bien ,
Prenez fix onces de chardon béni ,
d’efprit de nitre , &de bezoard mine¬
rai , de chacun demi fcrupule ; de
fyrop de limons , une once.
On y peut fubftituer les fuivans..
D’efprit de fel doux , jufqif à un
fcrupule.
D’efprit de tartre jufqu’à dcflii-
fcrupule»
De la véritable pierre bézoarriquer
jfufqu’à quatre ou cinq grains.
De la poudre bézoartique animal >
Chap. X. Des Diaphor etiques. 41 9
jufqu’à demi fcrupule, ou quinze
grains.
La poudre fpiritale , 8c autres que
nous avons notez en parlant des Ju-
lcps 8c des Cardiaques.
Troifiémement dans le fcorbur , 8c
les maladies qui ont leur caufe dans
les hypocondres. Par exemple.
Prenez d'eau de chardon béni , &
de fumcterre, de chacune deux onces
8c demie , de Tel de l'herbe aux cuil-
liers , demie drachme.Faites un Julep.
On y peur fubftituer du Tel de cer¬
feuil , de fcabieufe, de tnelille, de fu-
meterre , de creffon de jardin , de be-
cabungue, jufqu’à demie drachme.
Du lel fixe ou du tartre,des mêmes
Herbes , jufqu’à un fcrupule.
Notez premièrement qu'il faut ôter
auparavant la plénitude par la faignce»,
& la purgation , tout autant que l’on
le jugera neceflaire ; félon le fenti-
ment de Galien dans l'onxje'me livre de
fa méthode , chapitre neuvième-, de peur
que les humeurs étant fondues 8c ate-
nuées ne Client portées plus avant»,
8c n’augmentent les obftruétions , 8c
ne foient emportées en trop grande
4io Parr.II. Des Evacuatifs. Seét.I.
grande quantité par route l'habitude
du corps , ou que ne pouvant être
dilfipées que tres-difficilement , elles
ne pourriirenr.
Notez fecondement qu’il faut choi-
fîr les diaphoretiques qui ayent quel¬
que raporr avec la maladie : & il ne le
faut pas contenter de les donner une
fois , mais il les faut réitérer tout au¬
tant de fois qu'il fera neceftaire , de
crainte que la matière & la caille du
mal ne toit plutôt agitée que vuidée.
Notez en troifiéme lieu , qu'il ne
faut pas donner les diaphoretiques
qui foient trop chauds , quand la fiè¬
vre eft acompagnée d’une chaleur ex¬
traordinaire , & qu’il n'y a point de
malignité.
Norez en quatrième lieu que le
tems propre pour donner les diapho¬
retiques eft quand la matière eft dans
le mouvement , & que la Nature fem-
ble prendre céte route : dans ceux
principalement qui naturellcmenC
tranfpirent facilement & beaucoup.
Dans les fièvres continués , ayant ôté
par lesévacuatifs la plus grande partie
«les humeurs , afin que le corps tranf-
Chap. X. Des Diaphoretiques. 41 1
pire avec- plus de facilité , & qu’il fe
aifpofe aux fueurs , principalement
quand il y a quelque malignité , dont
les impuretez fe portent d’elles-mêmes
à la fupeLficie du corps » pendant que
la Nature chafle au déhors les parties
féreufes de la malfe du fang par une
enchymofe , & un regorgement des
urines. Dans les fièvres intermitan-
tes , au commencement ou à la fin de
l’acccz qui eft le tems auquel la ma¬
tière eft dans le mouvement : parce
qu’au commencement la matière qui
caufe la fièvre eft chafi'ée par force de
fon fîége par un mouvement contrai¬
re j & à la fin on la poulie facilement
où elle fe porte d’ elle-même.
Notez en dernier lieu qu’il faut
prendre garde de ne pas trop ufer des
diaphoniques , quand le fang eft
trop fubtil , qu’il y a grande pourri-
turc , & dilïolution ; ce qui arrive
foixvent dans les fièvres malignes ,
pourprées, la petite verole, affe&ions
feorbutiques , &c autres femblables»
Car alors les diaphoretiques en fon¬
dant le fang , le fubtilifent , volatili¬
sent , & le corrompent. Mais plutôt
Vm.ll. Des Evacuât ifs. ScéLIÏ.
il faut en céte rencontre fe fervir de
déterfifs & de rafraichiflans bénins r
Sc de (impies qui abondent en alkali.
Les Anciens n'otdonnoient peut-être
pour autre fujet des poudres, potions,
conférions cardiaques dans lefquel-
les il y entroit la terre figillée, le bol
d’ Arménie , les coraux , les gommes
& autres femblables, qui imbibent
les acides , épaifïïlfent ce qu’il y a de
fubtil , & empêchent la trop grande
fermentation.
ff1
SECTION IL
Des Evacuait fs particuliers.
Prés les évacuations univerfeb*
les , il faut venir à la purga*
tiun particulière , qui n’eftque pour
use partie feulement , de laquelle il
, cft neceflairc de vuider les humeurs
. qui excédent en quantité,ou en quali'
té. Le cerveau: fe purge ou par les na¬
rines , ce que font les ftemutatoitc9
les errbincs i ou pur le palais , #
Chap. I . Des Sternutatoiret. 41 ^
alors on employé les mafticatoires &
les gargarifmes , le poumon & la poi*
trine par les béchiques : l’eftomac par
les vomitifs : la partie gibbeufe di*
foye par les diurétiques : les inteftins
& la partie convexe du foye par les
Telles , defqueis nous avons parlé en
fon lieu , mais les reins & la ve/lie fe
nétoycnt par l’aide des inje&ions , &.
ïa matrice par les pelfaires.
CHAPITRE I.
Des Slernutatoires.
LE$ Sternutatoires que les Grecs
nomment jnarmiques , font des
medicamens qui étant mis dans les
narines , excitent la faculté expultri-
ce du cerveau à chafler ce qui l’in¬
commode.
Ils fe compofent de /impies qui
font acres , mis en poudre. On les.
met dans les narines ou en les atirant
tout d'un coup , ou en les fouflant
dedans par quelque tuyau , comme
çourtoit être une plume.
4i4 P art. II. De/ Evacuat'fs. SeéLlI.
On les prépare ou en forme de pou-
dre , ou en forme liquide.
Leurs ufages font pour atirer les
excremens du cerveau , en difliper les
vapeurs , pour éveiller les malades
aiïoupis , dégager les fens qui font
comme engourdis , & pour faire for-
tir l'enfant mort , & l’arriere-faix du
ventre de la mere.
Une fimple poudre fternutatoire fe
fait de poudre de nicotiane feche , de
betoine , de fauge, d’iris de Florence»
de muguet , &c.
La compofée le prépare de (Impies
plus acres , mêlez enfemble pour les
maladies acompagnées d’un profond
afTbupiiremenr , & pour d'autres indi¬
cations , que nous avons marquées
cy-delfus. Par exemple.
Prenez de poivre long , & de
pyretre , de chacun demie drach¬
me , d’euphorbe, un fcrupule , fai'
tes une poudre, que vous fouflere*
dans les narines avec quelque pe*‘c
tuyau.
Ou bien ,
Prenez de poudre de nicotiane , #
d’hellebose blanc , de chacune dero‘c
Chap. I . Des Stermtatoires. 4 zj
drachme , de poivre blanc , un fcru-
pule , d'euphorbe , cinq grains. Faites
une poudre.
Ou bien ,
Prenez une drachme & demie de
poudre de tabac , demie drachme de
feuilles de betoine feches , d’helle-
bore blanc , un fcrupule , d’ambre ,
deux grains. Faites une poudre du
tout.
Dans les indifpofitions de la ma¬
trice au lieu d’ambre , métez-y deux
grains de caftorée.
En forme liquide.
Prenez de poudre d’hiere picre, de
gerofles,& de pyretre, une drachme en
tout ; d’eau de vie , ce qu'il en faut ,
tnêlez le tout , & en frotez le dedans
des narines avec une plume.
Il ne faut pas fe fervir des fternuta-
toires, quand il y a des humeurs crues
dans la tète, & dans la poitrine, fi ce
h’eft dans quelque accident preiTant,
c°nime dans l’apoplexie. Non plus
dans les defluxions du cerveau ,
dans les maladies des yeux , ulcères
des narines , dans les vertiges , & hé¬
morrhagies.
4i 6 Part. 11. Des Evacuatlfs. Sc&.lL
On ne les employé pas non plus*
qu’au préalable le corps n’ait été
purgé comme il faut, fi ce n’eft,com-
mc nous avons dit , dans quelque ac¬
cident prenant , parce qu’il fait que
les remcdes généraux precedent les
particuliers , de crainte que le corps
étant plein ou chargé , il ne fe faffe
un plus grand épanchement au cer¬
veau par l’agitation des humeurs.
CHAPITRE II.
Des Errhines .
LEs Errhines font des medicamen*
liquides qui étant préparez , ou
de feules eaux, ou de fucs, décodions»
ou femblables , ou des mêmes , auf-
quelson ajoute des poudres, on atir®
par les narines.
Les errhines fervent à plufieur*
ufages.
Premièrement pour purger le cer¬
veau des humeurs gromeres & gluau'
tes. Par exemple.
Prenez des feuilles de marjol a*-
Chap. 1 1. Des Errhmes. 4 ty
ne , de fauge , & de betoine, de cha¬
cune une poignée : broyez-les en y
ajoutant du vin blanc , & de l'eau
de betoine , de chacune quatre onces.
L’expreflion étant faite , attirez de
céte liqueur tiède par les narines trois
ou quatre fois le matin à jeun , la
tête baillée , & la bouche remplie
d’eau.
Ou bien ,
Prenez du fuc de marjolaine, &
de bette , exprimez avec du vin blanc,
trois oncesl Faites un errhine pour
s’en fervir comme nous avons mar¬
qué.
Secondement on fe fcrt des errhi-
nes pour temperer une ardeur acre des
narines , & du cerveau dans les fiè¬
vres , ou dans les fluxions acres. Par
exemple.
Prenez du lait de chèvre fraîche¬
ment tiré , trois onces , que l’on ati-
tera fouvent par lés narines.
Ou bien ,
Prenez de l’eau rofc, & de plantin,
deux onces de chacune. Servez-vous-
en comme auparavant.
Dans toute phrénéfie , & toute
418 Part.TI. D es Evacuatifs. Scd.II.
forte de délire provenant de caufe
chaude.
Prenez des feuilles de laitue , de
morelle , & de pavot rouge , de cha¬
cune demie poignée , des fleurs de
nymphée , une pincée. Faites bouillie
le tout , & de demie livre de la cou-
lature , fer vez- vous- en pour un et-
rhine.
Troifiémement pour nétoyer les
ulcérés des narines.
Prenez quatre onces de décodion
d'orge , du miel ou du fyrop rofat »
une once & demie. Faites un errhine.
Ou bien ,
Prenez d'orge entier , une pincée »
des feuilles de plantin 3 & d'abfynte*
de chacune une demie poignée , des
fleurs de mille-pertuis , une pincée.
Faites une décodion , dans demie li¬
vre de la coulaturç diflolvez une once
& demie de miel rofat. Faites un
errhine.
Quatrièmement pour fechcr , SC
reflerrer , ayant nétoyé l'ulcere.
Prenez des feuilles de plantin > SC
de bouillon blanc » de chacune une
poignée , d’écorce de grenade. , trois
Clup. 1 1. B es Errhines. 4z>
drachmes , de rofes rouges, une pin¬
cée. Faites bouillir le tout , & fer-
vez-vous de la coulature pour uti
errhine.
Cinquièmement pour arrêter une
hémorrhagie.
Prenez du bol d'Armenie, de terre
Sigillée , de fang de dragon , de
poils de lièvre hachez bien menu , de
chacun une drachme , mêlez le tout
avec du fuc d'ortie , ou avec un jaune
d’œuf. Formez des tentes ou des plu-
maceaux pour mètre dans les na¬
rines.
Sixièmement pour corriger la puan¬
teur des narines.
Prenez de l’eau rofe , & de na-
phe , de chacune une once & demie ,
de l’eau de marjolaine, une once ; de
ïnufe , deux grains , ou un fcrupule
de poudre de gerofles , pour les fem¬
mes. Mêlez le tout pour faire une er¬
rhine.
On peut auflï préparer des errhines
pour d’autres maladies des narines »
c°mme le polype , les ulcérés puans,
ayant fait auparavant les remedes gé-
üdraux , dans céte ocafton , comme
4j o Part.II. Des Evacuatifs. Se&.ll.
dans toutes les autres maladies , &
indifpo Citions.
CHAPITRE III.
Des Majlicatoires.
LEs Mafticatoires font des rnedica-
mens , lefquels en mâchant ari-
rent la pituite de la tête par le conduit
de l’os fphenoïde au palais.
On les apelle mafticatoires , parce
que l’on les mâche ; les Grecs les
nomment Apophlegmattfines , parce
qu’ils vuident le phlegme par 1*
bouche.
On les ordonne ou en noüet, ou en
malle de quelques poudres que l’oit
incorpore avec des mucilages : oü
fimplement feuls , comme de feiiilles
de laurier , de betoine , de fange , de
nicotiane , de racine de pyrétre, d’ir»s
de pais, & femblables, que l’on tient â
la bouche , ou que l’on enferme dan*
des noüets.
On fe fert des mafticatoires quand
le cerveau^eft rempli de pituite , dan*
Chap. I II. Des Mafiicatolres. 43 1
la douleur des dens , des oreilles ,
dans les maladies des yeux caufées
par une fluxion de férofitez , com¬
me aufli dans les maladies foporeu-
fes.
Un mafticatoire commun eft de
feuilles de nicotiane , ou de betoine ,
ou de laurier , ou de pyrecre » &c.
Ou bien ,
Prenez des racines de pyretre > de¬
mie drachme , de maftic , une drach¬
me ; métez-les en poudre groffiere,
& enfermez -les dans un linge qui
foit fin , & faites-en un noiiet , que
vous mâcherez pendant demie heure
le matin à jeun , la tète baiflee.
Ou bien ,
Prenez de gerofles , & de gingem¬
bre, de chacun un fcrupule, de l'herbe
aux poux , qui eft la vigne fauvage ,
demie drachme. Faites un noüet pour
lâcher le matin.
Ceux qui font fujets aux fluxions
^ui tombent fur le gozier , & fur le
Poûmon , aux ulcères de la bouche, à
fâcher le fane , & qui ont quelque
difpofition à la phthifie, ne doivent
Pas fe fêrvir de mafticatoires ; parce
43 1 Part.II. Des Evacuatifs.. SeéUI.
qu'il ne faut pas porter la fluxion,
iur des parties déjà indifpofées , &
foibles , de crainte d’un plus grand
mal.
CHAPITRE IV.
Des Gargarifmes.
LEs Gargarifmes font une forte de
remedc liquide , que l'on garde
dans la bouche , pour en gargarifec
pendant quelqne-tems le gozier.
L’ufagedcs gargarifmes eft premiè¬
rement pour atirer la pituite du cer¬
veau, du palais, du gozier, ayant au¬
paravant purgé le corps par les remè¬
des generaux. Voicy un exemple de
ces fortes de gargarifmes.
Prenez des racines de pyretre,& de
galanga , trois onces de chacune ; de
reglilfe, une drachme & demie -, des
feuilles de fattge , de marjolaine , SC
d'hy tfbpe, de chacune une poignée, de
graine de ftaphyfagre , une drachme»
de raifins nétoyez de leurs grains, a»»
nombre de fix , de fleurs de ftecade >
un®
Chap. IV. "Des Gargarifînes. 43 j
«ne pincée. Faites bouillir le tout ,
Prenez une livre de la coulature, dans
laquelle vous diiïbudrcz trois onces
d'oxymel fquillitique. Faites un gar¬
garifme pour s’en fcrvir le matin à
jeun , en s’en lavant la bouche pen¬
dant demie heure.
Secondement pour arrêter quelque
inflammation de la bouche.
Les gargarifmes fuivans aftringens,
& repercuffifs , font utiles dans le
commencement de la fluxion , & de
l’inflammation.
Prenez fix onces d’oxycrat, fer-
vez-vous-en pour un gargarifme.
Ou bien ,
Prenez d’eau de plantin , de rofes,
& de chévrefcüil ,dcux onces de cha¬
cune > une drachme de fel de prunel¬
le, & une once de fyrop de meures.
Mêlez le tout pour un gargarifme.
Ou bien ,
Prenez des feuilles de plantin , de
laitue , & de bourfe de pafteur -, de
chacune une poignée ; de rofes rou¬
tes , & de fommitez de ronfe , une
Hncée de chacune. Faites une dé-
c°&ion , dans une livre de la coula-
T
454 Part.II .Des Evacuatifî. Se&jr.
turc , ajoûtez demie once de vinaigre
rofat. Faites un gargarifme.
Dans le progrez de l'inflamma¬
tion , il faut mêler des lénitifs , com¬
me la reglifle , les raifins , & le miel
violât.
A la fin , il faut ufer d’un gar¬
garifme déterfif, & réfolutif. Par
Exemple.
Prenez des feuilles d’agrimoine, SC
d’hyflope , une poignée de chacune ,
de reglifle concaflec , trois drachmes»
de raifins netoyez de leurs grains»
au nombre de fix , d’orge entier , une
pincée. Faites bouillit le tout , ajou¬
tez à une livre de la coulaturc deux
onces de miel rofat.
Troifiémcment pour nctoyer les
ulcères de la bouche, & du gozier, SC
pour en apaifer la douleur.
Prenez des feuilles de plantin , d'a-
grimoine , de bourfe de pafteur , de
chacune une poignée ; d’orge entier »
une pincée. Faites une décoébion , *
une livre de la coulature diflolve*
deux onces de miel rofat , ou de ('/"
Chap. 1 V. Des Gargariflnes. 4 3 ;
Quatrièmement pour apaifer la
douleur des dens.
Prenez des racines de quinte- feuille,,
& de Toucher, de chacune demie oncij,
des feuilles de lierre , une poignée , de
rofes rouges, une pincée. Faitemne
décoûion dans l’oxycraç ,ou dans <ie
Peau , ou du vin. On fe fervira de la
-coulature pour un gargarifme , &
pour laver les gencives.
Cinquièmement pourtemperer l’ar¬
deur , & l'acrimonie de la bouche
dans les fièvres, ou dans le flux de
■bouche , après les friétions de mer¬
cure.
Prenez demie livre de lait , ou de
petit-lait , pour en laver la bouche en
forme de gargarifme. Ou bien ,
Prenez fix onces de décoétion d’un
■petit poulet, pour le même ufage.
Ou bien ,
Prenez fix onces d'émulfion d’a¬
mandes douces , tirée dans l’eau d'or¬
ge, du fyrop violât , une once. Faites
gargarifme. Ou bien ,
Prenez une livre de dècoètion d'or¬
ge , deux onces de fyrop de meures,
^aites-en un gargarifme.
4} 6 Part. II. Des Evacuatifs. Scét.ll.
CHAPITRE V.
Des Injcflions.'
CE mot d’injcétion généralement
parlant lignifie la même chofe
que lavement ; & en particulier on le
prend pour tout remede liquide , que
l'on jéte avec une fyringue dans quel¬
que partie interne.
La matière des injc&ions eft di-
verfe » félon la diverfité des parties >
&'des maladies. On les compofe de
liqueurs, de lues , d’eaux , de décoc¬
tion , ou de feules huiles , ou de
plufieurs de ces chofes mêlées en-
femble.
Les injc&ions ont plufieurs ufages,
félon la diverfité des parties , Si des
maladies.
Premièrement dans les maladies des
oreilles , pour apaifer la douleur , &
l’inflammation.
Prenez deux onces de lait fraîche¬
ment tiré, de la liqueur de blanc d’eeuf
batu , ayant ôté l’écume, demie once.
Chap.V. Vis înjeElïons. 437
Mêlez - les , & les fyringucz tiède
dans l’oreille. Ou bien ,
Prenez du fuc de laitue, & de mo-
relle , de chacun demie once , d’huile
d'amandes douces , tirée fans feu, de¬
mie once. Mclez - les & faites une
injeCtion.
Si l’abfcez s’ouvre , il faudra lé
fervir de l'injeCtion fuivantc , qui eft
dérerfive.
Prenez quatre onces de décoCtion
d’orge , & une once de miel rofar*.
Mêlez - les , & faites » en une in¬
jection.
Quand la matière eft grofliere , te
froide.
Prenez du fuc d’ache , & de por¬
reaux , de chacun une once , demie
once de miel rofat. Faites une in¬
jection.
Pour la dureté d’oreille.
Prenez d’huile d’anis tirée chymi-
quement , ou de gerofles, quatre goû¬
tes , métez-les dans l’oreille avec du
coton , ou mêlez-lcs avec d'huile d’a¬
mandes douces, ou ameres, ou un peu
de lait , pour les fyringuer dans l'o¬
reille.
T }
43 8 Part.II. Des Evacuât ifs. SeCt.IL
Secondement pour les maladies de
la poitrine , & pour fes playes > pour
l’empyeme , pour en netoyer le
pus ,
Prenez une pincée d’orge entier i
des feuilles d'agrimoine, d’hylPope ,
de plantin, & de pimpinelle, une poi¬
gnée de chacune, de rcgliflé ratifiée,
deux drachmes , de fleurs de mille-
Jiertuis , une pincée. Faites boiiillit
e tout. DifTolvez dans une livre de la
coulature deux onces de miel rofar.
Faites une injeCtîon.
Troifiémement pour les indifpofi-
lions de la matrice.
Les injections dans la matrice fe
font avec de fyringues propres ; on
ne les fait point aux filles > pour les
nouvelles acouchées , la dofe pour
une feule fois eft , jufqu'à fix onces »
pour les autres , jufqu'à trois otf
quatre.
Pour apaifer la douleur , & l'in*
fl animation.
Prenez d'eau de plantin, & de jou¬
barbe , de chacune trois onces , pour
une injeCtion. Ou bien ,
Prenez dufuc de plantin, & de
Chap. V. Des InjeElions. 45^
barbe , trois onces de chacun , de mu¬
cilage de graine de coins,& de l’herbe
aux puces , tiré dans l’eau de plantin,
une once 8c demie. Mêlcz-lez , 8c en
faites une injection.
Ou bien ,
Prenez de feuilles de laitue , dd
plantin, & de morelle , une poignée
de chacune , de fleurs de nymphée ,
une pincce. Faites- les bouillir , 8i
dans fix onces de la çoulatüre dill'ol-
vcz une drachme 8c demie de fcl de
prunelle.
Pour une tumeuf œdemateufe , 8c
fkirreufe de la motrice.
Prenez des racines de guimauve ,
8c de lys , une once de chacune ; des
feuilles de mauve , de pariétaire , Si
d’armoife, une poignée de chacurre;de
graine de lin, 8c de guimauve, demie
once de chacune, des fleurs de camo¬
mille une pincée. Faites-les boiiillir
dans de l’eau , 8c du vin blanc > ou
dans un bouillon de tripes. Dans une
livre de la coulature ditïolvez d’huile
de lys , 8c de camomille une once 8C
demie de chacune. Faites une in-
je&ion.
T 4
44° Part. II. Des Evacttatifs. Se&.II.
Quatrièmement pour nétoyer l'ul-
«cre.
S'il y a acrimonie , ardeur & cha¬
leur:
Prenez d’une décoétion d’orge , 8c
de petit-lait , trois onces de chacun,
une once 8c demie de miel rofat. Mê¬
lez le tout , 8c faites une inje&ion
une fois feulement , que l’on réitérera
fouvenr.
Si l’ulcere eft (impie.
Prenez une pincée d'orge entier ,
des feuilles d’agrimoine , de plantin *
8c de fanicle,une poignée de chacune,
des fleurs de mille-pertuis , une pin¬
cée. Faites une décoétion, & dans une
livre de la coulaturc , dillolvcz deux
onces de miel rofat.
Si l’ulccre eft fale , 8c qu’il abonde
en excremens , il faut une injeétion
qui fuit plus déterfive , pourveu qu'il
n’y ait point de douleur , ny hémor¬
rhagie , qui s’augmenteroient par des
déterflfs acres.
Prenez des racines d’iris de Flo¬
rence , 8c de gentiane, trois drachmes
de chacune ; des feuilles d’agrimoine.
Chap.V. Dss InjeClîons. 441
de plantin , d’abfynte , & de mar-
rube , une poignée de chacune -, des
fleurs de mille-pertuis , une pincée.
Faites - les bouillir dans du petit-lait,
ou dans de l’hydromel. Dans une
livre de la coulature dilTolvez une
once & demie du fuc d'ache , 8c au¬
tant de miel rofat , faites une in-
jedion.
Prenez d’eau, ou de décodion d’a-
gtimoine .trois onces, du fel de Jupi¬
ter , ou d’étain , une demie drachme,
faites une inje&ion.
Pour faire venir les mois dans les
petfonnes froides, & grades -, 8c pour
déterger quand la matrice eft remplie
d’humeurs pituiteufes , il fe faut fer-
vir d’injedions d’eaux des bains tié-
des , comme ceux de Balcruc , ayant
fait auparavant les remedes géné¬
raux.
Cinquièmement pour les maladies
de la veflie , & du penil.
Notez qu’il ne faut pas faire les
injedions , qu’aup'aravant la veflïc
ne foie vuidée , ayant rendu l'u¬
rine.
Pour apaifer la douleur faite par
T J
44* Part-.TI. Des Evacuatifs. Seét.IT;
quelque acrimonie, ou par la pierre.
Prenez trois onces d’eau d'orge ,
une once 6c demie d'huiles d'amandes
douces , fraichcmenr tirée. Mêlez le
tout , & en faites uneinje&ion.
On en peut préparer une de lait
tiède avec de l’eau d’orge , ou de mu¬
cilage de graine de guimauve , 6c
d’herbe aux puces , tiré avec de l'cai»*
de morelle , & de lys, s’il y a inflam¬
mation.
Prenez de l’eau de plantin , & de
morelle, trois onces de chacune, trois’
grains de camphre , faites une in-
jeétion. Ou bien ,
Prenez de feuilles de laitue & de.
morelle , une poignée de chacune r
d'orge entier , 6c de fleurs de nym-
phée , une pincée de chacune. Faites
une décoftion. Dans fix onces de la
coulature diflolvez une drachme «
demie de fel de prunelle , pour une
injeétion..
Pour netoyer l’ulcere.
Prenez une pincée d’orge entier f
des feuilles de plantin , de Canicle >
de mille-fc üilles & d’abfymhe, un®
poignée de chacune > des fommùe^
Chap. V. Des TnjeÜlons. 443
«Te mille-pertuis & de rofes rouges ,
une pincée de chacun. Faites une dé¬
coction. Dans une livre de la coula-
ture diflolvez deux onces de miel ro-
fat , pour une injeCtion.
Si l’ulcere eft rongeant & puant, il
faut fe fervir de l’injeition fuivante,.
Prenez quatre onces d’eau de plan-
tin , du collyre de Lanfranc demie
drachme, d’onguent Egyptiac , demie
once , ou deux fcrupules de précipité
rouge , faites une injection.
Si l’ulcere eft fale , & qu’il abonde
en excremens , il. faut fe fervir de dé-
teriifs plus forts , tels que ceux que
nous avons décrits cy - deflus pour
l’ulcere de la matrice ; mais il faut
faire la décoCtion dans l’eau , & dans
le vin blanc ; ou même s’il faut
fortifier davantage , dans le vin
rouge.
lî faut au fïï fouvent entremêler
i’inje&ion fuivante.
Prenez demie drachme dé précipi¬
té rouge , ou demie once d’onguent
Egyptiac , trois onces d'eau de plan-
tin. Faites une injeCtion.
Notez que fiavec ces ulcérés que noos...
444 Paft.II. Des Evacuatifs. Seét.l!.
venons de nommer, il y a une inflam¬
mation , ou quelque intempérie chau¬
de confiderable , ou quelque tumeur
calleufe : alors il ne faut pas fe fervir
de remedes trop deflicatifs & chauds,
mais temperez, anodyns & rafraichif-
fans , dans le teins que l’on eft dans
les remedes généraux tant alteratifs
qu'évacuatifs.
Quand il faut de^echer & confo-
lider , on préparé les injeékions de
deflicatifs & médiocrement afttin-
gens. Par exemple.
Prenez des racines de grande con¬
solide & de billorte, une once de
chacune ; des feuilles de plantin , de
prêle , & de polygone , une poignée
de chacune; de graine de fumac , Si
de plantin , de chacune deux drach¬
mes ; des foœmitez de mille-pertuis,
& de rofes rouges , de chacune une
pincée. Faites une dcco&ion ; dans
une livre de la coulature dillolvee
deux onces de fyrop de rofes feche* >
& une drachme de fel de Saturne.
Faites une injeéfion.
On peut au (H fouvenr diffoudre
dans quatre onces de la precedent
Chap. V. Des In >c fiions. 44 j
décoCtion , deux drachmes des tro-
chifqucs de Gordon.
Sixièmement, dans les ulcérés pro¬
fonds , ou même fîftuleux des autres
parties , & cavitez > quand il eft ne-
cellaire de déterger & deftechcr, l'in-
jeétion fuivante pourra fervir.
Prenez des racines de gentiane, de
rhapontic & de farrazine longue, trois
drachmes de chacune ; de feuilles de
pimpinelle , de fcabicufe & de bugle,
une poignée de chacune ; de poudre
d’écrevilfes de riviere mife dans utt
noüct , deux drachmes ; de rofes rou¬
ges , demie poignée. Faites cuire, le
tout dans une livre de vin blanc. De
cére décoCtion vous en fomenterez les
ulcérés trois ou quatre fois le jour »
& vous en ferez des injections avec
une fyringue dans les fiftules.
Si l’ulcere eft fordide diilolvez dans
une partie de céte dccoCkion , du col¬
lyre de Lanfranc, de l'Egyptiac, du
précipité rouge , dans la dofe que
nous avons marquez cy-delTus..
44 -S Part. II. Des Evacuatlfs. ScdUl.
CHAPITRE VI.
Des Pejfaires & Nafcales.
LE Peirairc cft un remede de forme
folide , un peu long & rond »
fiait connue un doigt & de la grolfeur,.
que l'on met dans la nature de la
femme.
Il fe compofe de divers remedes ,
félon les diverfes indications , & on
le forme de trois façons.
Premièrement , ou de coton que
l'on doit oindre ou d'huile, ou d'on*
guent , félon le mal.
Secondement , ou de toile de lin
ou de tafetas , dans lequel on envelo-
pe les drogues..
Troifiémement de poudres & au¬
tres chofcs que l’on met en forme
fblide.
On doit atacher à chaque pef-
faireun filet, afin de le pouvoir re¬
tirer.
On n’en doit jamais métré aux fil¬
les pour ne pas déchirer les marq?cs'
Cfiap. V I. Des Pejf. & Nàfc. 4 47-
de virginité , & aux autres que tres-
rarement , & dans une grande necefc
fi té , à raifon de la pudeur , & de
crainte de pollution.
Auparavant que métré le peflaire
il faut vuidcr le ventre & la veflîe,.
& avoir fait les autres remedes gé¬
néraux.
Les ufages des peflaires font pre¬
mièrement pour purger les féro-
fitez, & humeurs pituireufes, quand'
la matrice en eft remplie , & pour
faire venir les mois. Par exem¬
ple.
Prenez de la compofition que les
Apoticaires nomment hiera picra , &
de benediéfcc laxative , une once de
chacune ; de poudre de diacartham
& de myrrhe , une demie drachme
de chacun ; de rerfbinthine trois
drachmes; de fuc de mercuriale,
©u vignoble, ce qu’il en faut, avec du-
coton mufqué &. de tafetas , faites
deux peflaires , à chacim deïqucls
vous laiflèrez un filet pendant.
Secondement pour chafler l'arriè¬
re-faix. Par exemple.
Prenez d’ariûoloche, de didain, de
448 Part.ïl. Des Evacuatifs. Se6t.II.
de fabine , une drachme de chacun ",
de poudre d’hiere picre , deux drach¬
mes , de caftorée deux grains ; avec
du miel cuit faites un pellaire.
Dans la fufocation de matrice pro¬
venant d’une caufe froide , on peut
ordonner le pellaire fuivant.
Prenez deux drachmes de lauda¬
num ; une drachme de gallia mofea-
ta; de macis Sc de canelle, un ferupu-
Je de chacun , un grain de mufe , de
terebinthine ce qu’il en faut , formez
un pellaire.
Troifiémement pour delïecher &
fortifier la matrice trop humide j &
pour faciliter la conception.
Prenez de laudanum & de benjoin,
de chacun deux drachmes ; de ftyrax
calamite , & de maftic , une drachme
de chacun. Métez-le tout en poudre,
& avec du mucilage de gomme traga-
cant extrait dans l’eau de fleurs d'o¬
range. Faites un pelfaire.
Dans les perfonnes maigres & de
tempérament chaud qui ont leurs
mois copieufement , il faut fe ferviç
de remedes froids , deflicatifs , corro»
boratifs. Par exemple.
Chap. VI. Des Te f. & Nafc. 44^
Prenez de maftic , de rofes rouges
& de graine de kermes, une drachme
& demie de chacun , de fantal rouge
pulverifé , une drachme , du bois de
Rhodes, demie drachme, avec du mu¬
cilage de gomme tragacant tiré avec
l'eau rofe formez un pe (faire.
Pour une vulve chaude , & Ton
col trop lâche , il faut ajouter à ce
peflaire, de trochifqucs de terre figil-
lée , & de bol d’ Arménie , une drach¬
me de chacun.
Pour déterger les ulcérés de la ma*
trice.
Prenez une once d’onguent des
Apôtres , du miel rofat çc qu’il en
faut , avec du tafcias formez un pef-
faire.
Ou bien ,
Prenez une demie once de miel ro¬
fat , demie once de terebinthine , une
drachme d’iris de Florence, une once
de farine d’orge avec du fuc d'ache &
Un linge clair, formez un pelfaire.
Quatrièmement pour dclfccher ôc
cicatrifer.
Prenez demie once de tuthie lavée ;
de cerufe, farcocolle , & de lytharge
4fo Part. TI. Evacuât ifs. Sc6l.IT.
d’or , de chacun deux drachmes , dit
fyrop de rofes fcches ce qu’il en fau¬
dra , formez un pelTaire.
Le Nafcale cft un remede que l’on
met en place d’un peflaire à l’entrée
de ia vulve , des filles.
Il fe fait de medicamens fiinplesou
compofez convenables au mal , que
l’on met fur du coron, ou du linge en
mode de plumaceau , que l’on met à
l’entrée de la vulve , pour les ulcérés,
& autres diverfes indifpofitions.
TROISIEME PARTIE.
Des Corroboratifs.
artt détruit tout ce qui eft con-
g^^Rtre - nature dans les maladies
univerfclles & particulières , par l'ay-
de des alteratifs & purgatifs , il faut
corriger en fortifiant la foibleflé qui
eft reliée dans toutes les parties , ou
dans quelques-unes.
Pour l'intelligence de cétc doélri-
11e , il faut remarquer que la force des
parties confifte premièrement dans le
tempérament qui leur eft propre & na¬
turel. Secondement dans un certain
mode de fubftance qui eft particulier à
chaque partie. Troiliémcment dans
l'influéee d'efprits qui émane du cœur,
qui eft dans une jufte quantité & qua¬
lité ; par exemple pour que le foye foit
naturellement robufte & bon , il doit
être médiocrement chaud & humide»,
legerement ferré, & ncceftaircment
4ji Part. III. Des Corroboratifs.
artofé des efprits. De même les cho-
fes qui le fortifient font premièrement
chaudes médiocrement , ou bien que
s’il eft trop chaud , il faut des rafrai-
chilfans félon le degré qu’il eft du ra-
port à l'exccz de la chaleur. Sccon-
^ dément ces corroboratifs doivent être
' un peu aftringens , afin de conferver
fon œconomie. Troificmement ils
doivent entretenir les efprits.
Notez fecondement que tandis que
la maladie & fa caufe materiele conti-
ïiuentjil ne faut point fe fervir de cor¬
roboratifs , parce qu’étant aftringens,
ilsarreteroicnt les excremens dans la
partie malade , il ne faut employer
alors que les feuls alteratifs & évacua-
tifs , mêlant des cçrroboratifs feule-
menrdans les longues &c aigues mala¬
dies dans lefquelles la force des pat¬
ries eft détruite par une continuelle
& violente adion des caufes de la
maladie.
Notez troifiémement , que ce qtte
nous venons de dire , fedoit entendre
des corroboratifs particuliers;carceux
qui regardent l’occonomie générale
de tout Je corps, comme eft celle du
Part. III. Des Corr obérât Ifs, 4 y 3
Cœur , à l’égard de toutes les parties,
font neceftaires en tout tems.Tels font
auflî ceux qui rétablirent les efprits,
comme les bouillons , & quelque au¬
tre aliment .convenable ; ceux auflï
qui purifient les efprits & les dégagent
des impuretez qui les infe&ent , tels
que font les Cardiaques ; qui corri¬
gent auili l’intemperie du cœur , ou
confervent Ton tempérament naturel,
comme font les alteratifs fpecifiques.
Notez en quatrième lieu que quand
il faut lïmplement fortifier les par¬
ties , ce ne doit être qu'au déclin du
mal , ou apres , de peur, comme nous
avons déjà remarqué, que fi nous nous
fervions des feuls corroboratifs , les
excremens qui font dans les parties ,
n’y foient retenus.
C’eft pourquoy nous traiterons dans
céte Partie premièrement des Corro¬
boratifs pour le cœur, lefquels regar-
dans l’œconomie univcrfelle de tout
le corps, nous les nommons généraux.
Secondement de ceux qui font propres
^ fortifier chaque partie en particulier,
ou plufieurs en même tems, que nous
hommons particuliers.
4J4 Part.HI .Des Corrob.Gcn. Sctt.I.
SECTION PREMIERE.
Des Corroboratifs généraux.
8Ï}2S Ien que les Corroboratifs gé -
âÜftë néraux puiirent être apellez
particuliers , parce qu’ils font defti-
nez pour le cœur j on les nomme
pourtant généraux à caufe de leurs
effets , qui eft une influence univer-
felle d'efprits qui fe font dans le cœur,
d’où dépendent la force & la vie de
toutes les parties.
Ces corroboratifs font divers , fé¬
lon que les maladies du cœur font
froides ou chaudes.
CHAPITRE I.
Des Corroboratifs dans les mal A'
dies chaudes du coeur.
LTJfage de ces corroboratifs eft
dans les fièvres , la palpitation ,
fyncope , & autres accidens , quand
Chap. I. Des Corrobor. froids. 4 y y
on craint un grand abatement des for¬
ces , ou même qu’il eft prefenr.
Tels font la confection de hyacin-
te jufqu’à demie drachme , ou une
drachme dans un boüillon,ou quelque
liqueur comme une eau cardiaque»qui
foie froide , par exemple celles de bu*
glofe , bourrache , de rofes , &c.
La poudre de confection de hya-
cinte jufqu’à un demi fcrupule , ou
un fcrupule.
La poudre de la compofition de
perles , dans la même dofe.
On prend ces poudres ou dans du
bouillon , ou avec des eaux particu¬
lières y comme celles que nous ve¬
nons de nommer , ou alternativement
dans des bouillons.
Il faut que ces compofitions foient
fans ambre & fans mufe , quand ou
les donne aux femmes qui font fujetes
aux fufocations de matrice.
Les tabletes avec les perles & la
confection de hyacinte , dont on en
dilloût une ou deux dans du bouillon,
ou on les tient dans la bouche.
Les perlés préparées , ou leur ma-
giftere , & de celuy de coraux , fc
4| 6 Vm.lW.DesCerrob.fioids.Scà.l.
donnent jufques à un fcrupule, dans
du bouillon deux ou trois rois le jour;
ou on fait une poudre compofée de
perles préparées , & de magiftere de
coraux , qui fc donne aufll jufques à
un fcrupule , deux fois le jour , ou al¬
ternativement dans un bouillon.
Dans un grand abatement des for¬
ces on peut donner deux OU trois
grains d’ambre gris dans un peu de
bouillon , pour une prife.
La gelée de corne de cerf prepare'c
avec un peu d'eau rofe , fans mufe ,
d'ambre gris , & autres aromates , de
laquelle on donne une cuillierce ou
deuxj ou fcules,ou on les diflout dans
des bouillons.
On peut fe fervir aufïi du reftau-
rant de chapon qui s’extrait per d-f.
cenfum , & qui fc préparé facilement
de céte forte.
Prenez un bon chapon , que vous
(tlumerez &c vuiderez de fes entrail¬
es ; coupez-le en morceaux 5 dont
vous ôterez la grailfe & la peau . mé-
tez - les dans un pot verniiTé , bien
bouché & luté avec de la farine pé¬
trie dans l’eau. Métez ► le dans le
Chap.ï . Des Corrobor. frôlât. 4 jf
bain marie , dans lequel il bouillira
fix ou huit heures. Il en fortiraune
liqueur claire, dont vous en donnerez
deux cuillierées ouTeules,ou avec des
bqiiillons alteratifs , trois fois le jour.
On ajoute Couvent les corrobora¬
tifs aux alteratifs , aux Juleps, êmul-
fions Sc. décodions. Dont vous en
verrez des exemples en leur propre
Chapitre.
En forme de potion.
Prenez des eaux de buglofe & de
bourrache , trois onces de chacune i
de confection de hyacinre & de Tel de
prunelle, de chacun demie drachme ;
de la poudre de la compofition de
perles, un fcrupule ; de fyrop de li¬
mon* , une once : Mêlez le tout ,
pour une prife , ou pour deux.
Prenez de la conferve de fleurs de
buglofe & de rofes , de chacune fix
drachmes ; des catix de buglofe , de
bourrache & d’ozcille, tiois onces de
chacune. Faites - les un peu boüillir.
^iffolvcz dansl’exprcfiion une drach¬
me de confection de hyacime , &
Une once de fyrop de limons. Faites
potion dont vous en donnerez
V
45$ Part.HI.Df/ Comb.gen. Sedt.ï.
deux cuillierées dans l’imervale des
deux bouillons.
Dans un flux de ventre bilieux, un
dt'bord de bile par dellus & par def-
fous , dans le vomiflement.
Prenez deux onces de conferve de
rofes ; des eaux de plantin , de pour¬
pier , & de rofes , deux onces de cha¬
cune. Faites-les un peu bouillir ; ÔC
diiayez dans l’expreffion une drach¬
me de confection de hyacinrc , un
fcrupule,de l'éleCtuaire des trois fan-
taux , une once de fyrop de grena¬
des , d’efprit de vitriol ce qu’il en faut
pour une agréable acidité. Faites une
potion.
En forme d’opiate.
Prenez de conferve de fleurs de bu-
glofe & de rofes, de chacune demie on¬
ce, de l’acide de citron, fix drachmes i
de la confection de hyacinte , une
drachme ; de la poudre de la compofi-
tion de perles , & du magiftere de per¬
les, de chacun demie drachme ; del’ef-
fencc de rofes , un fcrupule &c demi-
Avec du fyrop de pommes , faites une
opiatc pour en prendre une drachme
par doie , en beuvant par deifus «n
Chap. II. Des Corrob. chauds. 4/9
peu de la tifane dont le malade fe 1ère
pour fon boire ordinaire.
On peut joindre à ces corroboratifs
le topiques en forme d epitheme li¬
quide & folide, les limmens, l’aplica-
tion des animaux , dont vous verrez
des exemples dans le Chapitre des
Cardiaques, pour les indifpofitions
chaudes.
CHAPITRE IL
Des Corroboratifs dans les indifpâ -
filions froides du coeur.
L’Ufage des Corroboratifs eft dans
la fyncope , quand on a pris un
venin froid , ou qui s’engendre dans
le corps , quand 011 a été mordu d’un
chien enragé , quand les fièvres pitui-
teufes fyncopalcs , & autres maladies
froides du cœur , foit qu'elles ayent
été formées d’elles - mêmes danscéte
partie, ou qu'elles foient par commu¬
nication des autres parties.
Premièrement la confc&ion al-
termes , jufqu’à demie drachme , 0»
V 1
46 o Part.IIl. Des Corrob.gert. SeCt.T.
une drachme , prife feule , ou dans un
bouillon , ou avec de l'eau de fleurs
d'orange.
La poudre de diamargaritum chaud,
& de celles que l’on nomme exhila-
rans G aient , chambra , de gemmis , ju&
qu’à un demi fcrupule , ou un fcru-
pule. L’efprit volatil de viperes , juf-
qu’à quinze grains , la thériaque , &
autres que vous verrez dans le qua¬
trième Chapitre qui traite des Car¬
diaques dans des accidensqui naiflenc
d’une caufe froide.
En forme d’opiate ;
Prenez de la confervc de fleurs de
romarin ,& d’écorce de citron confite
au fucre , de chacune une once -, de
confection alkermes , une drachme ;
du magifterc d’ambre gris , un fcru¬
pule , à fon défaut , de la poudre
chambra , demie drachme ; de fel de
chardon béni & d’abfynte , de chacun
deux fcrupules , avec du f/rop by fan-
tin , ou de conferve d’écorce de ci¬
tron , faites une opiate , de laquelle
vous donnerez une drachme, ou feule,
ou avec du vin , ou du boiiillon.
Les tablctes faites avec la confecr
Chap. II. Des C on obor. froids. 4<?x
tion alkermes , l'ambre & l’effence de
canelle.
Ou bien ,
Prenez deux onces de fucre blanc,
rendez - le liquide avec un peu d’eau
de canelle , ajoutez enfuite quelques
goûtes d’efprit de vitriol , & quatre
goûtes d’eflence de canelle , d'ef-
fence d'anis & de noix mufeade-,
de chacune deux goûtes. Mclez - le
tout j & faites des tabletes , dont on
le fervira ou feules , ou dans les
bouillons.
A ces cordiaux on peut ajouter les
dpithemes liquides , & folides , les
pigeons coupez par le milieu , les ii-
nimens faits de confe&ion alkermes,
de beaume du Pérou , pour le cœur ;
des fachets faits de chofes aromati¬
ques trempez dans le vimpour l’cfto-
mac : pour les arteres du poignet, les
narines , les tefticules , la confe&ion
alkermes , dilToute dans un peu de
vin. Voyez cy-dedus les Chapitres
particuliers de chacune de ces par¬
ties.
46 1 Part.ÏÏI. Des Corre{.p4rt.Sc&.Ih
SECTION II.
Des Corroboratifs particuliers.
CEs Corroboratifs font deftinez
pour le cerveau , le foye , la
rate > la matrice & autres par-
lies principales , félon les diverfes
maladies.
CHAPITRE I.
Des Corroboratifs pour le cerveau
dans des maladies chaudes.
LEs Conférions, les Tabletes , les
Poudres , 6c autres dont nous
avons parlé dans le Chapitre des Cor¬
roboratifs pour le cœur , dans les ma¬
ladies chaudes du cœur, font aulïï en
ufage dans les maladies chaudes dit
cerveau. Entre lefquels , dans un. af-
foupilferaent fymptomatiqueydans les
Ch.I. Des Corrob.pour le cerveau.^ $
mouvemens convulfifs qui furvicn-
nent aux fièvres , dans un grand aba-
tement des forces , on fe fert de l'am¬
bre gris.
Le magiftere d’ambre gris juf-
qu’à deux ou trois grains , dans dii
bouillon , ou dans les eaux de fca-
bieufe, de chardon béni , ou de pa¬
vot rouge.
La poudre contre la convulfion ,
depuis un demi fcrupule , jufqu’à un
fcrupule ; On fe fert aufli de céte pou*
dre dans les fièvres malignes , dans
les maladies où il y a des convulfions,
contre les vers, dans l’èpilepfic, deux
ou trois fois le jour.
En forme de Juleps , d’èmulfions,
d’apozémes. Voyez le Chapitre des
Céphaliques pour les maladies qui
viennent d’une caufe chaude.
En forme d’opiate ;
Prenez de conferve de rofes & de
nymphée , une once de chacune ; de
confection de hyacinte,une drachme J
de poudre de diamargaritum froid , &
de l’èleCtuaire de gemmés , de chacun
demie drachme;de fel de prunelle, une
drachme ,• d’eflence de rofes, un feru-
464 Part .III. Del Corr.part. Se&.II.
pule ; du fyrop violât ce qu’il en faut,
faites une opiate , de 'laquelle on
prendra une drachme & demie foir &
matin.
Dans les veilles opiniâtres on peut
mêler dans la dofe de l’ppiate pour le
foir, un ou deux grains de l’opiate
de laudanum , & le réitérer , quand
on le jugera à propos.
Dans les maladies froides du cer-
veau,on employé la vieille thériaque,
ie Mithridat, laconfc&ion alkermes,
jufqu’à demie drachme , ou une , la
poudre de diambre , le magiftere
d’ambre gris , le diamofehum doux ,
& autres femblables.
Les extraits & toutes comportions
theriacales que nous avons décrits
dans le Chapitre des Cardiaques Sc
des Céphaliques , pour les maladies
froides. En forme de Julep.
Prenez des eaux de betoine & de
meUlTe , de chacune deux onces Si
demie ; d’eau naphe demie once ; de
thériaque vieille demie drachme, mc-
lez -les & faites un julep. On le peut
donner aux femmes enceintes atta¬
quées d’une épilepûe fympathique ,
Ch.I. Des Corr. pour le cerveau. 4 6 y
y ajoutant deux grains de caftorée,
s’il n’y a point de fièvre.
L’eirence de canelle , d’anis, de ge-
roflcs , de l’une ou de l’autre jufqu’à
quatre ou fix goûtes ; ou de l’eau de
canelle ; & d’imperiale jufqu a une
cuillierée.
L’dfence , la teinture , ou le lait
d’anîbre gris , \i fcl volatil de crâne
humain , le fel fixe , l’efprit & l’huile
du meme crâne jufqu’à demi l'crupu-
le , ou un fcrupule.
En forme d’apozéme , voyez le
Chapitre des Céphaliques.
En forme d’opiate :
Prenez de conferve de romarin 5c
d’écorce de citron , de chacune fix
drachmes > de conferve de fleurs de
peoine & de cicorée , demie once
de chacune j de confection alkermes
5c de vieille thériaque, deux fcrupules
de chacune d’ongle d’élan & de ra-
pure de crâne humain préparé , une
drachme de chacun ; d’ambre gris,
dix grains , avec du fyrop de flécha-
de , faites une opiatc de laquelle on
prendra deux drachmes deux on trois
fois la femaine , le matin , en beu-
4<$6 Part.III. Des Corr.petrt. SeèhIF.
vant en fuite un peu de vin trempé
d’eau. Cètc opiate cft bonne aux pa-
ralyfits, apoplexies, & aux épilep¬
tiques , quand après les reincdes ge¬
neraux il faut fortifier le cerveau.
Pour fortifier la tête dans une in-
difpofition chaude , & froide on fe
fert beaucoup à prefent du chocolaté y
ducaphè &du thè,dont vous en pou¬
vez voir l’ufage dans le neuvième
Chapitre de la première Partie.
On ordonne les corroboratifs to¬
piques en forme de parfum , dont
vous verrez des exemples dans le
quatrième Chapitre des Alteratifs 8c
Corroboratifs externes.
En forme de poudre ;
Prenez de poudre d'iris de Floren¬
ce , trois drachmes > du bois de Ro-
fès , & de graine de peoinc , demie
once de chacun ; de ftyrax &.de ben-
join*,de chacun deux drachmes. Faites-
du tout une poudre tres-fubtile, pour
en poudrer les cheveux le foir , SC.
que l’on abatra le matin avec un
peigne.
De trois onces de cète meme pou¬
dre , & de Cix onces de la poudre
Ch.III. D es Ccrrob.pour lefo.ye. 46y
d’écrevilles de riviere fechez dans le
four , on peut faire une coëfe entre-
piquée , métant de céte poudre la
quantité que l’on voudra avec un peu
de coton , & l'envelopant dans un
tafetas,on la peut coudre au chapeau,
ou la porter en mode de calote , prin¬
cipalement en hyver.
CHAPITRE II.
Des Corroboratifs pour feftomac .
Voyez le cinquième Chapitre.,.
Seftion fécondé , de la première.
Partie, qui traite des Stomachiques^
CHAPITRE III.
Des Corroboratifs pour le foje.
ON fe fert de ces remedès quand;
dans une caufe chaude , dans
une intempérie, obftruftions, rhuma-
tifme , atonie , hydropifie , inflam-
mation>&c.le foye eft beaucoup afibii
4^3 Part.lll. Des Corr. part. Scét.ïl.
bli , après les rcmedes généraux , Sc
même dans le tems qu'on les fait.
Ils ne doivent pas feulement forti¬
fier , mais aufli rafraicihir, & s'il y a
complication d’obftruCtions , il leur
faut ajoûter des apéritifs ; que s’il y a
relâchement des vailfeaux fans obf-
truétion* , ils faut qu’ils foient plus
aftringens.
La plupart des corroboratifs fui-
vans le prennent ou feuls . ou en
forme de bolus , d'opiates , de table-
res , de décoctions ; dont vous en ver¬
rez des exemples dans chaque Cha¬
pitre en particulier , & au Chapitre
des apéritifs hépatiques, dans les in-
difpolîtions chaudes.
La confection de hyacintc jufqu’à
demie drachme.
Du fel de cicotée , d’abfynthe, d’a-
grimoine, jufqu’àdcmy fcrupule, ou
un. Les ttochitques de rhubarbe , SC
de coraux , de fpode julqu'à demie
drachme , ou une.
L’éleCtuai.e des trois fantaux , ÔC
de diarhodon.
Le magiltere de coraux , & de per¬
les jufqu’à demie drachme.
Ch.III. Des Corrob. pour le foye. 46*
* Le fyrop de coraux , jufqu’à deux
cnillierécs , le matin pendant quatre
ou cinq jours.
La teinture de coraux jufqu’à deux
onces , le matin tous les jours , ou
trois fois la femaine.
La teinture de rofes jufqn’à un
verre , deux ou trois fois le jour.
Ces corroboratifs font propres
Î principalement quand le foye eft af-
oibli dans les maladies que nous
avons marquées : mais principalement
dans la diarée & la dyfenteyle.
Les conferves de fleurs de cicorée ,
de rofes , & de cynorhodon , en forme
de bolus. Ou bien ,
Prenez de conferve de cynorho¬
don , deux drachmes ; de confection
d’hyacinte , demie drachme ; du fel
de cicorée , ou du magiftere de co¬
raux , un fcrupule. On le donnera
tous les matins à jeun , pendant trois
ou quatre jours de fuite , ou trois
fois la femaine , en beuvant par dellus
un peu d’eau de cicorée. Ce corrobo¬
ratif eft tres-utile dans les maladies'
énoncées > & même dans un flux ia-
veteré des hémorrhoïdes*
470 Part.m. Des Corr. part. SeCt.U.
En forme d’opiate.
Prenez de conferve de fleurs de ci¬
corée & de cynorhodon , une once
de chacune ; de confection de hyacin-
te, quatre fcrupules ; du magiftere
de tartre & de coraux , de chacun une
drachme ; de fel d’abfynthe , & de
poudre des trois fantaux, un fcrupule
de chacun ; avec du fyrop de capillai¬
re , ou de cicorée fimple , faites une
opiate , de laquelle vous donnerez
deux drachmes le matin deux heures
devant le bouillon , en beuvant par
dellus un verre d'eau de cicorée , ou;
une décoCtion de cynorhodon , ou
dans ceux qui font d’une conftitution
foible , un peu de vin trempé d'eau.
Céte opiate efttrcs-bonnc aux lon¬
gues maladies du foye avec des obf-
truétions, après les rcmedes généraux.-
En forme de tabletes.
Prenez de l’éle&uaire des trois fan-
taux , y métant la rhubarbe au qua-
truple , trois drachmes ; du fucre dif-
fôût dans trois onces d’eau de cico¬
rée ; faites des tabletes , dont vous-
en donnerez une drachme & dcoûc-
«haque matin-
Ch.IIl. Des Corrob.pourle foye. 47 *
On en peut aulfi compofer des tro-
chifques de rhubarbe , de corne de
cerf , de coraux , &c. Ou bien ,
Prenez de l’élcéfcuaire des trois
fantaux , y ajoutant le quatruple de
rhubarbe , trois drachmes ; du magis¬
tère de coraux ,une drachme ; du fel
d’abfynte, demie drachme ; du lucre
diffoût dans Peau rôle, quatre onces.
Faites des tabletes. La dofe eft jufqu’à-
deux drachmes chaque matin , en.,
beuvant par de (Fus un peu d’eau de
cicore'e.
On peut voir dans Quercetan , 8C'
dans les autres Auteurs qui ont traité
des operations chymiques , la prépa¬
ration de la teinture & du fyrop de
coraux.
Les corroboratifs pour le foye dans
une caufe froide , font ,
L’extrait ou le fel d’abfynte, de la
centaurée , zédoaire & gentiane.
L’elixir , l'eifence , la teinture, ou
le lait d’ambre gris.
Les trochifques de rhubarbe, d’ab-
fynthe , & d’eupatoire.
L’cleéhiaire diambra , aromaticura .
ro fatum , & de diarhodon.
’47i Part. III. Des Corrob.part. Seét.IÏ.
La confection alkermes, de hya-
cinie , la thériaque.
Les conferves de capillaire , d’ab-
fy nte, d’écorce de citron, que l’on peut
donner ou feule, ou en opiates, table-
tes & bolus , félon les formules que
nous venons de décrire ; ou en décoc¬
tions , comme on peur voir dans le
Chapitre des Apozémes , & des Hé¬
patiques dans une maladie froide.
Galien recommande fort l’élec-
tuaire fuivant pour fortifier le foye
dans l’hydropifie , il convient prin¬
cipalement , dans une caufe froide.
Voicy comme il eft corrigé.
Prenez demie livre de raifîns de
Corinthe, faitcs-les cuire dans de bon
vin jufqu'à la confiftance de bouil¬
lie , batez-les dans un mortier , & les
palPez par un tamis -, ajoûtez-y de con-
ferve d’ab fyn te & d'écorce de citrons
confite , de chacune demie once ; de
la poudre de l’éleétuaire nommé elec-
tuariurn rofatum , & du d'unnargaritur»
froid , de chacun demie drachme ; du
magiftere d’ambre gris , demi ferupu-
le , faites un éleûuaire mol. La dofe
cft jufqu’à deux drachmes > chaq»c
Ch. IV. Des Conob.pour la rate. 473
matin , ne prenant alors aucun autre
remede, beuvant par deflus un peu
de vin trempé.
La Poterie dans fa Pharmacopée
Spagyrique, recommande fort le re-
mede fuivant.
Prenez une once de conferve de
rofes , du fpecifique ftomachique , ou
de l'antimoine fixé , deux fcrupules ,
du fafran de mars apéritif , trois fcru¬
pules , d’efprit de vitriol une drach¬
me , avec du fyrop de capillaire , fai¬
tes une opiate , la dofe eu jufqu’à une
drachme chaque matin.
Pour ce que c’eft des topiques cor¬
roboratifs tant en une caufe chaude
que froide, voyez les Chapitres des
Epithemss , Fomentations & Lini-
tnens.
CHAPITRE IV.
Des Corroboratifs pour la rate.
LEs remedes qui fortifient la rate-,
conviennent auffi à ce vifcerc foi-
ble , foit qu'il foit froid ou chaud. Il
faut les tous mêler avec des apéritifs»
474 Part. III. Des Corrob.pttrt .Se&.IÏ^
parce que prefque toutes les maladie*
de la rate , viennent d’une humeur
mélancolique , d’où nailTent les dbf-
traitions , les inflammations , les
fx.irres , & autres indifpofitions mé¬
lancoliques.
Dans une caufe chaude , on em¬
ployé les mêmes rcmedes, que pour la
bile brûlée , comme font les prépara¬
tifs , pour lefquels vous confulrerez
le Chapitre des Apozémes , & des;
Splenitiques.
Les Corroboratifs tant dans une
caufe chaude , que médiocrement
froide font,
Le fel d’abfynte , de frêne , de ta¬
maris.
L’extrait d'aloes , la myrrhe, le fa-*
fran, le tartre vitriolé, l’acier préparé»
le fel de Mars , l’armoniac.
L’efprit urineux du fel annoniaque
& les autres que l’on peut voir décrits
dans le Chapitre des Diurétiques, SC
du Chapitre des Splenitiques.
De ces remedes on en forme des
pilules , des bolus , des opiates , des
tabletes , y ajoutant ceux que 1 ’oû»
jugera les plus fpecifiques*
Ch.V. Des Corrob. pour la matr. 47/
CHAPITRE V.
Des Corroboratifs pour la matrice
& la vejjîe , & pour dégager
les parties naturelles de l'amas
d'humeurs .
A Prés les alteratifs apéritifs gé¬
néraux , & les évacuatifs faits
amant qu'il a été neceffaire , il n'y
a point de remede plus propre , que
les eaux des bains falez , fulphureux,
nitreux & bitumineux. On eftime
celles de Balleruc falées 3 & un peu
foulphrées , ou les autres qui ne diffe¬
rent beaucoup de celles - la ; dont l'u-
fage eft pendant trois jours , la pre¬
mière fois on en boit jufqu’à dix ou
douze verres ; le fécond jufqu’à
quinze; le troifiéme jufqu'à dix-huit,
f'ius ou moins , félon l'âge , & que
e malade la peut fuporter. Il faut
enfuite prendre une legere purgation*
pour atirer les eux qui peuvent être
demeurées dans le corps..
47 <5
WM'
'ûùàùùôSdGù&ô^üô&ù&ùôùm ôôS^ôôôâ
PARTIE QUATRIEME
ET DERNIERE.
Zte J Lenitifs Qy Parégoriques.
B (N établit deux fortes de cura-
5 tions dans les maladies, la pre¬
mière eft reguliere ; lorfque l’on com¬
mence par les caufes , & que l’on
■vient à la maladie : La fécondé, irre-
guliere , lorfque fans avoir égard à la
calife & à la maladie, nous tâchons de
foulagcr les fymptomes preflans qu»
abatent les forces } lefquels étans oïl
adoucis ou apaifez , nous venons à la
curation reguliere.
Notez que quand on travaille pout
adoucir les fymptomes, il faut fefervir»
autant que faire fc peur, des remedes»
qui foient contraires à la maladie >
6c à fa caufe , afin qu’en rtième-tem*
nous combations les fymptomes , SC
en quelque façon la maladie ; cornu1®
Tour foulager les fympt. Seét.un. 477
par exemple , pour modérer les gran¬
des veilles, on employé les remedes
froids avec les hypnotiques , ou fom-
niferes , & non ceux qui font chauds,
(^ue fi on elt contraint de fe fervir de
temedes chauds , comme quand dans
un défaut de cœur , ou une fyncope
on donne du vin , ou autres remedes
chauds , il faut agir prudemment , de
peur que quand on veut foulager les
fymptomes on n'augmente la ma¬
ladie.
$ $ <$? r§? :■ «j» tj?' rjj»
SECTION UNIQUE.
Pour foulager les fymptomes.
L y a plufieurs fymptomes qui
détournent le Médecin de la
curation reguliere , & qui le contrai¬
gnent de courir à eux , comme font
la douleur , les veilles , l’hcmorragic,
& la fyncope.
478 Part. IV. Des Lemtifs. Se&.uniq.
CHAPITRE I.
Pour apaifer la douleur .
ON ôte la douleur en trois fa¬
çons : Premièrement quand on
tue la caufe de la douleur. Seconde¬
ment , quand on l’adoucit par les ano-
dyns. Troifiémement quand on en¬
gourdit les fens par l’aide des narcoti¬
ques. Quand on combat la douleur
régulièrement , on agit en ôtant la
caufe par les évacuatirs univerfels, &c
en relâchant la partie par le moyen
des topiques. Mais quand la douleur
prefle , & qu’elle abat les forces , on
fc fert des narcotiques pendant un
tems convenable.
On ne traite pas icy des remedeS
qui emportent la caufe de la douleur,
par les évacuatifs généraux , mais de
ceux-là qui l’adouci (Tent , qui font ca»
anodyns, ou narcotiques.
Chap. II. Des Anodyns. 479
CHAPITRE IL
Des Anodyns.
LEs Parégoriques, les Epicerafti-
ques, & les Anodyns lignifient
le même , & ce font des médicamens
qui foulagent la douleur , la caufe &
la maladie demeurans en état.
Ils font cét effet par trois fortes de
façons. Premièrement par une faculté
laxative , par laquelle ils ouvrent les
pores de la peau , & les relâchent ;
par ce moyen , la douleur , n'en eft
pas fi grande , parce que la peau cil
moins tendue. Secondement par une
douce chaleur & temperée , par la¬
quelle ils refolvent une portion de la
matière , qui caofoit une tenfion dans
la partie. Troifiémement par l'aide de
la même chaleur temperée , par la¬
quelle ils échaufent la partie , & la
remétent en une certaine égalité de
tempérament.
On ordonne les anodyns en lini»
tûens, fomentations & cataplâmes. En
480 Part.IV.D« Lenitifs. Se£t.Uniq.
forme de fomentations, voyez" le Cha¬
pitre des Fomentations , pour la plé-
vrefie , & la douleur néphri'tique.
Dans la douleur des hémorroïdes >
& l’inflammation de cës parties , où
les repetcuflifs n’ont pas lieu.
Prenez demie livre de lait, pour en
fomenter la partie , tiède.
En forme de linimens , voyez la
Se&ion des Alteratifs externes , dans
le huitième Chapitre qui traite des
Linimens.
En cataplâmes : vous en verrez
divers exemples dans le Chapitre des
Cataplâmes , & dans ccluy des Ar¬
thritiques.
On peut ajouter à ces remedes l'a-
fdication des poules , des petjts pou-
ets , des poûmons de mouton , tout
chauds , & autres femblables.
CHAPITRE III.
Des Narcotiques.
LEs Narcotiques font des remedes
qui apaifent la douleur , ce qu’ils
font
Chap. lit. Des Narcotiques. 481
font en'deux façons : premièrement
ou en ftupefiant la partie, & luy ôtant
le fentiment. Secondement ou en fai-
fant dormir , d’où on les nomme h y-*
f >110 tiques , ou fomniferes. Pour faire
a douleur ; il faut que la partie foit
doüéede fentiment , & que l'efprit y
faite reflexion. Si l’une de ces deux
conditions manque , la douleur ne
peut pas être.
Lesremedes qui ôtent le fentiment
de la partie , & la ftupefient , c’eft
Par leur froideur qu’ils le font pour
ordinaire , quelquefois par une qua¬
lité occulte , de laquelle nous parle¬
rons bibn-tôt, en traitant des hypno¬
tiques.
L’ufage des narcotiques eft dans
une violente douleur des parties ex¬
ternes , que les anodyns n'ont pas pù
apai fer.
En fomentation.
Prenez des racines de jufquiame
une once : des feuilles de laitue , de
morelle, & de pavot blanc, une poig¬
née de chacune •, de fantal citrin une
drachme ; des fleurs de nymphéc, une
pincée. Faites une décodion , & de
X
48 1 Part.1V. Des Lenittfs. Se&.uniq.
la coulature fomentez - en la partie.
Ou,
Prenez deux drachmes d’opium >
demie drachme de camfre , diifol-
vez - les dans trois onces d’efprit
de vin , trempez des linges dans
la coulature que vous métrez fur la
partie qui ioufre la douleur : on les
renouvellera quand on le jugera ne-
celfaire.
En forme de Uniment & d’onguent.
Prenez demie drachme d’opium dif-
fout dans l’eau de vie , faites-en un
Jiniment, pour la partie où eftla dou¬
leur.
Prenez d’onguent rofat & du popu-
leum, demie once de chacun, avec un
blanc d’œuf battu faites un onguent
que vous métrez fur des linges pouf
apliquer fur la partie. Ou,
Prenez de pulpe de pomme cuite
deux onces ; d’onguent populeum,une
once , demi ferupuje de fafran , &un
jaune d’œuf, melez le tout , & faite5
un Uniment , &c.
Prenez de mucilages de graines de
pfyllipm & de coins tirez dans l’eaU
de morelle & de plantin, ttQis onces?
Chap.' lH. Des Narcotiques 485
de l’onguent populeum , une once.
Me lez le tout , & l'apliquez avec des
linges.
En forme decataplâme.
Prenez une once d’onguent popu¬
leum ; de la poudre de repos de Ni¬
colas une drachme & demie, de la pou¬
dre des grains de kermes une drachme,
melez-le tout avec fix onces d’un ca-
taplâtnc fait de mie de pain, ou déra¬
cinés & d’herbes cuites juiques qu’el¬
les foient réduites en pâte , & palliées
far le ramis. On s'en fervira pour la
partie qui foufre. L’exemple de l'un
& l'autre cataplâme fe peut voir dans
le chapitre des cataplâmes.
Prenez une poignée de la grande jou¬
barbe, faites la cuire dans le lait, bar-
tez-laenfuite dans un mortier de mar¬
bre , ou de pierre , & partez la par un
tamis, ajoûtez-y un jaune d’oeuf , &
l'apliquez. Il foulage les douleurs
vielcnrcs des hémoirhoides.
Notez premièrement que dans l’u-
fage des narcotiques, il faut avoir fait
les évacuations univcrfellcs , ou lès
■faire en même tems , que l’on met eto
ufage ces remcdes,de peur que lapa*-
484 Part.lV. Des Lenitifs. Sc&.uniq.
tie malade fouffrant par la mauvaife
qualité des humeurs, & par le remede,
ne contraéte quelque mortification.
Notez en lecond lieu , qu'il ne Ce
faut pas fervir des narcotiques , Ci la
partie cft foible , & qu'elle foit me¬
nacée de la gangiéne ; parce que la
mortification de la partie s’avanceroit
p 1 ùtôt.Il ne s'en faut pas non plus fer¬
vir dans les enfans,dans les vieillards,
& dans les douleurs des parties qui
font voilines de quelque partie noble.
CHAPITRE IV.
Des H y no f tique s.
LEs Hypnotiques .font des remcdcs
qui procurent le fommcil.
Il neft pas encore alfuré par quel¬
les forçes foit que ces remcdes font
dormir. La nature fcmble parler ta-
.citemelit, ne s’expliquant ny par les
effets , hy par quelque raport. Quel¬
ques-uns ont recours aux qiulitcZ
manifeftes, d’autres aux ocultes. Voi-
. cv nôtre fentiment.
Chap. I V. De. Hypnotique!. 48
Puifque l’alfoupiflement cft coni->
traire aux veilles, il faut que dans l'uneJ
& dans l'autre *, les efprits animaux'
fourfrent divcrfemenr. Les fubftances
de ces fortes d’efprits étant tres-fubti- !
les , & grandement exaltées en des
corpufcules volatils : Et puifque poul¬
ies veilles , la fubtilité de ces efprits, \.
leur mouvement , l'abondance , & là-
liberté des pores du cerveau & des
nerfs , afin qu’ils puilVent avoir leur
paflage libre , eft neceflaire , il faut1
que dans le fommeil qui cft une indifj
pofirion contraire , qu’ils fuient plus
grolïiers & épais, qu’ils foient comme
engourdis & fans fondions , en pe-’
tite quantité , & le partage des pores
fermé. La plupart des hypnotiques-
ou fomniferes procurent le fommeil ■
pat l’ayde des douces vapeurs qu’ils
exhalent , comme les alimens , Iei>
bain tiède , les émul fions , & autres
femblables, qui humedent les efprits
animaux , qui les fixent, & bouchent
legerement les pores. Par la pituite,
dont le cerveau eft pour l’ordinaire
trop remply,nous devenons aftoupis :
par l’abondance du fang qui eft tout •
48(5 Part. IV. Des Lenitifs. Seéhimiq.
en humidité , les efprits perdent leur
force , le cerveau devient chargé , 8C
le fommeil vient enfuite. Dans toutes
les maladies foporeufes , l’humidité
prédomine toujours» il y a fouvent de
la chaleur , & rarement du froid , fé¬
lon l’opinion de Galien , dans le troi-
Jtérne livre des lieux affeüez. , chapitre
trois , lefquellcs qualitez bien qu'el¬
les nous indiquent les caufes éviden¬
tes de l’aflbapi!î‘ement,il y a pourtant:
dans la plupart des hypnotiques , ou
fomniferes une façon d’agir toute
diverfe. Car quelle faculté & quelle
force peut -il y avoir dans l’opium,
quoy qu'exacfccmcnt corrigé & prépa¬
ré , que pour un ou deux grains il
arrête en un moment les bouillons
d’un fang trop écbaufé , & les efprits -
qui fonc en defordre dans la fièvre ar¬
dente, dans la phrénéfie , dans la ma¬
nie , & dans les veilles opiniâtres ? Et
que non feulement il caufe l’alToupif- :
femenr , mais quelquefois la froideur,
l’engonrdifTement , & même la mort,
s’il n’exhale ce qu’il a de mauvais Sc
de malin, qui eft de toute fa fubftance
ennemy aux efprits, ôc c’eft ce qui ne Ger
Chap. IV. Des Hypnotiques. 48^
peut pas déterminer. Il fe rencontre
aufli avec l’opium & le vin de tempé¬
rature chaude avec le froid prédomi¬
nant dans la morelle,la laitue , la man¬
dragore & fembkblcs.C’eftce que les
Chymiftes nomment un concret de
fel fixe , de foulphre & de terre ;
car le foulphre impur & puant , en •
fixant les efprits, il les arrête, &.
quelquefois il les corromp mortel¬
lement. L’experiençe fait voir cé-
te vérité , car l’opium quand il effc
torréfié , celle d'étre narcotique ; la
fumée des charbons ilupefie ; 011 a
veu fouvent que la vapeur du foudre
a corrompu les efprits ; par la mor¬
tification qu’il leur avoit communi¬
quée : Quelquefois dans la fièvre ma¬
ligne & dans le paroxyfme de la fiè¬
vre intermittanre , quand la bile exal¬
te fon foulphre dans le cerveau , il
fe forme céte maladie foporeufe que
l’on nomrtie carus. Et pourquoy le
même n’arivera-t’il pas par les narco¬
tiques.
Leur ufage eft dans les longues veil¬
les , dans les délires accompagnez de
fièvre , ou fims elle , dans les violen-
488 Part. IV. Des Lenlttfs. Sect. uniq.
tes doulcürs des parties qui abatenr.
leurs forces.
On les peut donner en forme 3$-
juleps , d emulfions , de bolus , de
pilules , & de topiques.
Voicy un exemple d'un Julep.
Prenez quatre onces d’eau de pavot
rouge, trois drachmes, ou demie once
de iyrop de pavot. Mclez-les & en
faites un Julep que vous donnerez le
loir trois heures apres un bouillon.
On le peut donner à toute heure ,
li le mal prelTc.
Le même fyrOp de pavot fe peut
dillbudre dans un Julep , ou une dé-
eo&ion ordinaire , jufqucs k deux ou
trois drachmes, ou demie once, quand
'il le faut reiterer fouvent , quand il y
a grande foibleilc , on y ajoûte un
fcrupule de confeûion de hyacinthe.
On prépare un plus doux hypnoti¬
que, ou fomnifere avec demie once ou
fix drachmes dans l’eau de pavot rou¬
ge, ou une décoction convenable, ou
dans une émulfion.
Vous verrez les formules des énntl-
fions dans la première partie , Sedion
première , chapitre quatrième > qui
traite des emulfions.
Chap. rV. Des Hypnotiques. 489
En bolus :
Prenez de l'opiate de laudanum, un
grain , ou deux, ou trois, ou quatre ;
un fcrupule de confe&ion de hyacin-
te, une drachme & demie de conferve
de rofes. Mêlez le tout , & faites un
bolus , que vous donnerez à l'heure
du fommeil , en beuvant par dédits
un peu de la boilïon ordinaire, ou fix
onces d’eau de pavot rouge.
Ce bolus eft pour les veilles opi¬
niâtres , pour les phrénéfies , manies,
diarée bilieufe, débord de bile , vo¬
mi dénient , douleurs de colique & de
reins , &c.
En pilules :
Prenez un grain, ou deux, outroisj
de laudanum , un fcrupule de confec¬
tion de hyacinte , avec quelques goû¬
tes de fyrop de pavot , ou de nym-
phée faites des pilules.
Ou en forme de mélange :
Prenez d'eau de laitue & de buglo-
fe deux onces de chacune -, de con¬
fection de hyacinte , & de poudre de
diamargaritum froid, demie drachme
de chacun -, deux grains de laudanum ;
de fyrop. de nymphée demie once, fai-
49« P,irrJV.D« Ltmifs'.St&.unïq,
tes un mélange , duquel vous donne¬
rez deux cuillieirées , deux ou trois
fois le jour , deux heures devant SC
après le bouillon.
On peut dilTottdre le même lauda¬
num , dans un Julep , cmqlfior. , ou
décodkion.
Les topiques font les frontaux , les
oxyrhodinsj le lavement des pieds ,
dont vous verrez les exemples dans-
chapitre en particulier.
Notez premièrement que dans l'u-
fage des narcotiques il faut commen¬
cer par les plus foibles , en venant
enfuite aux plus forts , à moins que
quelque accident prclTant n'obWgc de
donner d'abord les plus forts.
Notez fecondement y qu’il ne faut
pas fouvent réitérer les narcotiques »
de peur de jeter le cerveau dans un
mortel airoupilfcment.
Troifiémement qu'il faut toûjotirs
mêler quelque peu de cardiaque avec
les narcotiques , pour en abatre leur
force qui eft contraire au cœur & ai*
cerveau.
Quatrièmement qn’il ne faut pas
donner les narcotiques aux perforant*
Chap.X. Du Flux de Sang. 491.
abatues , ny aux vieillards , ny aux
femmes enceintes , ou du moins ties-
médiocrement , & avec beaucoup de
prudence & de circonfpeûion.
Cinquièmement qu’on ne les or¬
donne point , qu’aupatavant le corps
n’ait été vuidé , de crainte que les hu¬
meurs ne s’incraflent davantage , 8c
que la nature ne fe trouve acablée.
CHAPITRE V.
Du Flux de Sang.
COmme la vie dépend des forces ,
aufli les forces confident dans lq
fang & dans les efprirs ; c’fcft pour-
quoy on dit communément que nous
avons autant de forces , que nous
avons de fang & d'efprits : Donc
quand le fang fort de les vai fléaux
outre les réglés de la nature, il le faut
d’abord arrêter par des rcmedes inter¬
nes 8c externes , que les Grecs nom¬
ment 'i%tupec , & ce font des medica-
mens qui arrêtent le fang qui fort
copieulement de quelque veine ou¬
verte, rongée, rompue' , ou coupée.
4,' i Ps.rt.IV. Des Lemtïfs. Seét.uniq.
Ce qu’ils font en trois façons : pre¬
mièrement par une vertu cmplaftiquc,
à raifon d’une fubftance cralfe & lente,
par laquelle ils remplilfcnt &■ ferment
l’orifice des veines. Secondement en
rafraichifTant , reflcrrant , 6c defle-
chant. Troifiémemcnt par une facul¬
té cauftique , par laquelle en brûlant
. les veines ils font une petite croûte.
Leur ufagc eft premièrement pont
les playes , comufions , & pour les
v aideaux rompus & ouverts.
Le rernede ordinaire que l’on met
premièrement fur les parties blcïïees ,
ou qui ont une contufion , fe fait de
poudres aftringcntes , comme dev.bol
cl’Armenie, de terre figillée, de fang
de dragon , d’encens , de maftic mêlez,
avec un blanc d’œuf batu avec l’eau
rofe, que l’on niet fur des étoupes de
chanvre , métant par deflus des ban»
des mouillées d’oxycrar.
On lailfe cét aparcil en hy ver pen¬
dant vingt-quatre heures , en été la
moitié d’un jour , & on en remet un
çiutre femblable,fi ce n’eft que la dou¬
leur ou le flux de fang , oblige de le
rcnouveller plutôt. Voicy connue on
l’ordonne.
Chap. V. Dh Flux de Sang. 49$
Prenez de bol d’ Arménie, d'encens,
de maftic , & de corail rouge , une
drachme de chacun. Reduifez le tour
en poudre que vous mêlerez avec un
blanc- d’œuf batu avec l’eau rofe,
vous l’apliquerez avec des écoupes
fur la partie bleflee.
On pourra voir plufieurs antres
exemples, dans le chapitre despoudres,
feCtion troifiéme , parcie première.
Quand les playes font pénétrantes,
& qu’elles percent le ventre & la poi¬
trine , il faut aufïi employer des re¬
mèdes internes , tandis que l’on fait
la faignée : Ces remedes doivent être
de ceux qui incraflent le fang, reller-
rent les parties , 8c fortifient les vaif-
fraux.
Par exemple en forme de Julep.
Prenez des eaux de plantin & de
rofes , deux onces & demie de chacu¬
ne ; demie drachme de confection de
hyacintc , un fcrupulc de bol d’Ar-
menie , 8c une once de fyrop de rofes
feches.
En émulfions , voyez le chapitre
des Emulfions , oh vous trouverez des
formules pour incralfer.
494 Parr.1V'. "Des Lenhifs. Se&.uniq.
En forme de décoâion vulnéraire,
pour incrairer , & quand la playc a*
befoin d’étre détergée.
Prenez des racines de la grande
confolide , & de quinte-feüille , une
once de chacune : des feuilles de
plantin , d’agrimoine , de prêle , de
pimpinelle, & de pcrvanchc, une poi¬
gnée de chacune ; de graine de plan¬
tin , de pourpier , & de pavot blanc ,
deux drachmes de chacune ; des
fleurs de mille - permis , & de rofes
rouges , de chacune une pincée. Fai¬
tes une décoétion pour trois dofes >
ajoutant à chacune , une once de fy-
rop de grenades ou de rofes rouges,
pour piendre le matin & le foir.
Le fécond ufage eft pour l'hémor¬
ragie du nez qui n’cft pas critique,
ayant auparavant ouvert la veine fuf-
flfamment.
Voyez le Chapitre qui traite des
Frontaux , & ccluy des Errhines.
Le troifiéme , pour le crachement
de fang , & la phthifte : vous .verrez
leurs remedes dans le Chapitre des
Thorachiques , & celuy des Loochs.
Le quatrième pour l'arteriotoroie»
Chap.V. Du Ftux de Satig. 49 y
on aplique fur la playe une fève cou¬
pée par le milieu , enfuitc on mer
par de fus un cataplâme d'encens , de
bol d’ Arménie, de poils de lièvre, que
l’on incorpore avec un blanc d’œuf,
on bande enfuite la playe comme il
faut. Pour d’autres exemples voyez'
le chapitre des poudres.
Cinquièmement pour les anevrif-
mes ; Quand il eft dans fon commen-,
cernent, & qu’il eft petit, il faut apli-
quer deflus une fève coupée par le
milieu , ou une plaque de plomb avec
des comprelîcs 8c des bandages.
Prenez de bol d’ Arménie , de terre
figilléc , d’encens , de maftic , & de'
poils de lièvre , deux drachmes de
chacun , du fromage nouveau , deux:
onces ; un blanc d’œuf batu avec du
vinaigre rofat , broyez & mêlez le:
tout en forme d’un cataplâme que
vous apliquerez fur la partie malade,
en mérant par deflus un bandage que
vous ferrerez fort , & vous renouvel¬
lerez ce cataplâme de trois en trois
jours.
49 6 Part. IV. Des Lenitifs. Se&.uniq.
CHAPITRE dernier.
De la Syncope.
NOus ne traitons pas icy des re-
medes pour ôter la caufe d'où
dépend le mal de cœur , ou la fynco-
pe , mais feulement de ceux qui réta-
bliflent promtement les efprits dans
ce défaut de forces, de peur que venant
à manquer en une trop grande quan¬
tité , une mort fubite n’arrive.
Il faut pourtant prendre garde de
ne pas augmenter la caufe du mal, dans
le tems que l'on tâche de reparer les
forces : c’eft pourquoy dans une indif.
pofition chaude, il faut employer des
remedes des plus temperez, ou moins
chauds ; & dans un accident qui dé¬
pend d'une caufe froide , il faut plu¬
tôt fe fervir de remedes chauds.
Dans tout accident , foit que le
mal de cœur ou la fyncope foit ac¬
tuellement , ou donne des marques
d’arriver bientôt , le plus prompt re-
mede c’eft de bon yin pur > ou avec vu*
Chap. dern. De la Syncope. 45^
peu de confection d’hyacinte , qui
eft temperée , ou médiocrement
chaude.
La même confection d’hyacinte
jufqu’à une drachme , fe peut di dou -
dre dans un peu d’eau rofe , ou de na-
phc j ou un peu de bouillon.
La confection alkermes Sc la thé¬
riaque font chaudes , & on les donne
dans un accident qui vient d'une cau-
fc froide ; avec du bon vin , ou d’eau
de canellc , d’oranges, ou de citrons.
On les donne quand la fyncope eft
d’une caufe chaude , quand le mal de
cœur eft long , & prefquedefefperc.
On donne l’eau de vie , de candie,
l’eau impériale , l’eau clairette* l’eau
de la Rcyne d’Hongrie , jufqu’à une
ou deux cuillierées.
L’Elixir de propriété & autres cor¬
diaux que l’on peut voir dans le cha¬
pitre des cardiaques , & dans celuy
des Corroboratifs pour le cœur tant
dans une indifpolition froide que
chaude.
Les remedes externes peuvent être
les fuivans. Il faut jéter de l'eau frai-
che au vifage.
4p 8 Part.1V. Des Lenitlfs. SeCt.uniq.
il faut mette fur le cœur de la con¬
fection d’hyacinthe dilToûte avec du
vin , ou de l’eau naphe , avec un peu
d’eau de la Reyne d’Hongrie.
On peut faire fentir une croûte de
pain rôtie trempée dans du bon vin
pur : on l’aplique aufli tiède fur le
nombril, aux poignets, & aux plantes
des pieds.
On aplique fur le cœur 8c aux
plantes des pieds des pigeons fendus
par le milieu ; ou une poule ouverte
par le dos , à la région épigaftrique.
On frore les narines de heaume du
Pérou , ou de confection alkermes ; il
faut faire fentir de l’eau de canclle,ou
d’eau de la Reyne d'Hongrie.
Il faut fomenter tièdement les tefti-
cules de confection alkermes dilïbûre
dans le vin. Voyez le Chapitre des
Cardiaques , & celuy des Corrobora¬
tifs pour le cœur , où vous trouverez
une ample matière des cordiaux.
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TABLE
DES MATIERES.
C i d e s ennemis des Tels des
ggg® purgatifs. 371
Aloës , à qui 11e doit pas être or¬
donné. < 3 9 1
Alteratifs ce que c’eft. z z
Leur neceiiicé. 10. & 11
Leudiviiion. xz.14.zj.16
Alteratifs fîmples à quoy bons. 13
Altetatifs fpccifiques. 25. 8f
Alteratifs céphaliques. 8 6
Al*n faccarin comme fe fait. 131
^natomic needfaire à un Médecin.
1 6
Anodyns quels remedes font. 479
En combien de façons ils foulagent
la douleur. ibid.
Comme ils s’ordonnent, 480
Apozéme ce que c’eft. 3 3
Table
Ordre que l’on doit garder dans la
compofition des Apozémes. ibid.
Le tems de les prendre. 3 3
Leur dofe. 34
Leurs ufages. # ibid.
Apozéme pour rafraîchir , hilmeéler,
incrafler & adoucir l’acrimonie de
la bile. 34
Apozéme pour humeéter & fubtilifer
la bile trop épaiflâe. 36
Apozéme pour échaufcr , delTecher ,
arenuer, incifet & déterger la pi¬
tuite. 3 7
Apozéme pour les catarrhes avec toux,
eau fez par une pituite fubtile , &
qui participe en quelque façon de
chaleur. 39
Apozéme pour préparer l’humeur
mélancolique. 40
Apozéme pour l'atrabilc. 41
Apozéme apéritif pour les maladies
invétérées du foye , de la ratc^
&c. 43
L’ufage de ces Apozémes combien
de tems doit continuer. 44
Apozéme pour l’apoplexie , épilepfie,
&c. 87
Apozéme pour le délire ,~la manie »
des Maùeres.
une intempérie chaude & feche des
efprits. 89
Apozéme béchique pour préparer la
pituite dans toutes les maladies
froides de la poitrine. 98
Voyez DécoElion.
Apozémc llomachique pour une in~
difpofition froide. 1 1 8
Apozéme pour uneindifpoiitiô chau¬
de , lorfque toute la vigueur de
l'eftomac femble être perdue. 1 22
Apozéme pour un vomiflement bi¬
lieux , &c. 1 1 }
Apozéme hépatique pour une indif-
pofition froide , &c. 1 2 y
Apozéme hépatique dans une indif-
pofition chaude caufée par la bile ,
la pituite , Sc mélancolie brûlée.
Apozéme fplenitique. 1 29
Apozéme contre les vers. 1 3 1
Apozéme pour la chaleur des reins
& de la veille. 1 3 8
Pour rompre la pierre des reins.
1 44
Pour chafTcr la pierre & le fable
qui font dans les reins Si dans la
velEc. 146
Table
Pour arrêter le fang qui fort avec
l’urine. 1 48
Pour arrêter les mois qui fluent
trop. 156
Pour netoyer la matrice des impu-
retez qu’elle contient. 157
Apozéme cardiaque dans un accident
de poifon froid , morfure de chien
enragé , &c. 1 1 1
Apozéme pour les fièvres malignes
pourprées , &c. 114
Apozémes purgatifs quels font. 176 .
Leur différence. ibid.
Coipme fc compofent. ibid.
La dofe des purgatifs dans la décoc¬
tion & dans i'infufion. 177. & 178
Ce qu’il faut faire auparavant que
de venir à l’ufage des Apozémes
purgatifs. 178
Apozéme pour purger la bile. 179
Pour purger la pituite. 180
Pour purger la mélancolie. 1 8z
Pour purger les férofitez. 185
Pour purger quand il y a mélange
d’humeurs. 184.185
•Arthritiques quels remedés font. 1 <5 }
Leur différence. ibid.
Leurs ufages. 164. .165. 166
des Maùere-s.
B.
B Ain ce que c’eft , & fes diffé¬
rences. zj9
Bain fimplc de quoy fe fait. ibid.
Bain d’eau douce & bain d’eau tiède
à quels ufages. z 60
Bains d’eau de la mer. ibid.
Bain d’huile feule,ou d’huile & d'eau,
ibid.
Bain de lait. ibid.
Bains chauds naturels. 1 6 1
Bains compofez dcquoy fe font. ibid.
X.eurs ufages. z 6 3 . 1 64. z 6 $
Comme ils s’ordonnent. z6i
Quel tems pour entrer dans le bain,
ibid.
Pendant quel efpace on le doit
prendre. ibid.
Bain contraire aux affamez. ibid.
Précautions à prendre tant dans les
Bains iimples que compofez. ibid.
&• 16}
Bains compofez pour rafraichir &
humefter. z6$
• Pour refferrèr dans le flux excelEf
des hémorroïdes » dans la perte
Table
desmois, &c. 164
Pour deflecher dans la paralyfie.
i6y
Voyez Demi-bain.
Béchiques quels fortes de remedcs.97
De quelle confiftance ils doivent
être. 97.98
Béchiques de deux fortes. 98
Oblervations touchant l’ufagc des
Béchiques. 100.101
Voyez De'cofiion.
Bolus ce que c’eft. zo8
De quoy fe compofenr. ibid.
Bolus apéritif pour les obftruétions ,
&cc. 109
Bolus rafraichiflant & corroboratif.
• ibid.
Bolus aftringent pour le flux de
ventre. 110
Bolus pour apaifer la douleur dans
la dyfenterie. ibiJ.
• Bolus purgatif ce que c'cft. 578
Quand on s'en fert. ibid.
Bolus pour purger doucement la bile,
&c. ?7 9
Dans la gonorhée. 'ibid.
Bolus pour purger la bile qui dft
mélee avec des humeurs groflieres.
ibid. Pour
des Matières.
Pour attirer les férofirez dans 1*
goutte , rhumatifme, &c. 380
Pour l’hydropifie & autres mal»,
dies , où il Faut vuider les grands
amas d’eaux . ibid. & 381
Bolus corroboratif dans ,1a dyfenterie
& diarée. 469
Bolus pour fortifier l’eftomaç. 110
Bolus pour faire dormir. 489
Bouchet , ce que c’eft. 1 74
Ufage des Bouchets , & comme
. ils fe compofent. ibid. & 17 j
Bouillons alteratifs quand employez.
Dequoy fe compolent. ibid.
BoiiiUons alteratifs fe donnent pour
plufieurs fins. 45. 4 6. 50. yz
Bouillon rafraichiflant. 46
Pour ôter les obftru&ions. ibid.
Bouillon apéritif pour les pâles cou¬
leurs. 48
Bouillon alteratif pour adoucir l'acri¬
monie d’une humeur fubtile qui fe
jéte fur la poitrine. 50
Bouillon pour le crachement du fang.
P- fa
Bouillons reftaurans comme fe forçr.
P- J4
Y
Table
Bouillons alteratifs comme fe rendent
purgatifs. 186
Divers exemples. 1 87
Bouillon purgatif pour les maladies
chaudes de la poitrine. 188
C
y'"'i Affé que c’eft. 11 f
V.V Comme il fe préparé. itj.Sc
il 6
Ses qualités -& fes facultez 115.
Cardiaques quels fortes de remedes.
110. LeurdifFerence. 111
Remedes Cardiaques Galéniques
&Chymiques. 1 1 r. jufques 1117
Carminatifs , & leurs qualirez. 1 3 y
Les ufages. 1 3 6
Précautions ï prendre dans ces re¬
medes. 13 6. 137
Cataplâmes dequoy fe compofent.
196. 197
Leurs ufages. ibid. 198. 300. 301
Cataplâmes anodyns. 197
Cataplâmepourarcter la fluxion dans
le commencement des inflamma¬
tions. 198. i99
Pour rabatre l’acrimonie de l’hu-
des Matières.
tueur dans le charbon , & dans
toutes les tumeurs malignes. 1951
Dans l’augment de l'inflammation,
pour diminuer la fluxion , & ré¬
soudre legeremenr. 3 00
Pour faire avancer la fupuration
dans la plevrefie , Sec. ibid.
Pour une foiblelle d’eftomac,grand
vomiflement , &c. jot
Pour le flux de 'ventre , Choiera
morbnt , &c. ibid. & 3 o 1
Cataplâmes pour ap.aifer la douleur
des yeux avec inflammation. 95
Cataplâmes pour apaifer la douleur
des goûtes. i6j. 1 66
Cataplâmes pour arrêter les violentes
douleurs. 48 a
Cataplâmes pour arrêter l'hémorrha¬
gie d’une playe. 495
Ceratceqtiec’cft. 291
Ceratsdequoy fccompofent. ibid.
Ufages des Cerats. ibid.
Cerat pour les playês de la tête , &c.
Pour les duretez de rate. ibid.
Pour lalienterie & dyfenterie.ibid.
Cerveau pourquoy Souvent ateint de
maladies froides Sc humides. 86
Y 2
Tablt
Cerveau par quelles voyes fe purge.
509. & 421
China-china , ce que c’eft. 2 1 9
Sa dofe. 220. & 22}
Comme s’en doit faire l’infufion.
220
Le tems de l’ordonner & de le
prendre. 221.222
Ses qualitez , & de la façon qu il
opère. 223. 224
Cire pourquoy ôtée des linimens. 279
Clyftere ce que c’cft. 319
Dequoy le compofcnr. ibid.
Le tems de les donner. ibid.
Leur différence , & leurs ufages.
321. 322. 323. 326. 336. & 338
Clyftere pour ramolir & humeder.
Jü
Pour rafraîchir & hume&er. 322
Remarques à faire dans la cornpo^
fition des Clyfteres. 323. 324.
525. 326. 327.
Clyftere lénitif& déterfif. 32 G
Clyftere dans les maladies foporeu-
les. ibid.
Pour difliper les vents , dans les
douleurs de Colique. 3 2 8
Dans la douleur nephritique. 3 2 9
des Matières.
Dans les fufocations de matrice.
3 3°* 3 3*
Contre les vers. 3 3 1
Pour déterger & adoucir l'acrimo¬
nie des humeurs dans la diare'e
bilieufe, & la dyfenterie. 333. 334
Pour reflerrer. 3 3 6
Clyfteres pour nourrir & pour forti¬
fier. 3 3 8
Remarques fur ces fortes de Cly¬
fteres. 3 3 9
Coeur comment s'affoiblit. 1 1 o
Collyre ce que c’eft. 90
Différence & ufages des Collyres,
ibid.
Collyres pour le commencement de
la fluxion, ou de l’inflammation.
91. 91
Collyres pour apaifer la douleur. 9 2
Collyre pour repercuter & arrêter la
douleur. 9 3
Collyres ponr repercuter & un peu
refoudre , quand l’inflammation cil
dans fon augmenr. ibid.
Collyres pour refoudre quand l'in¬
flammation eft dans fon e'tar. 94
Collyres pour delfecher & digerer.9 y
Collyre pour déterger & confumer
X 5
Table
les taches des yeux. *>6
Collyre pour les demangeaifons & la
gale des paupières. ibid.
Obfervations dans l’ufage des Col¬
lyres. ibid. & 97
Coma veillant , ce que c'cft. 8 6
ConnoilTance de la caufe de la mala¬
die ce qu’elle comprend. ?.
Connoiflance des tems des maladies
combien utile pour regler un régi¬
me de vivre. i 4
Corroboratifs dans les maladies chau¬
des du coeur. 4 ; y . & fuiv.
Remarques touchant l'ufage des
Corroboratifs. 452.453
Corroboratifs. dans les mdifpofirions
froides du cœur. 460. & fuiv.
Corroboratifs pour le cerveau , dans
les maladies chaudes. 462 ,&fuh.
Dans les maladies froides. 464
Corroboratifs pour le foye pour une
caufe chaude. 468 .& fuiv .
Dans une caufe froide. 471.
fuiv.
Corroboratifs pour la rate. 474
Pour la matrice & la veflïe. 475
Crife de la vérole. 287
Curations dans les maladies } de deux
fortes. 476-
des Matières.
D.
DEcoéKon béchique pour incraf-
fer la bile & les humeurs fub-
tiles,&c. xoi
Pour cuire , préparer , & ayder à
cracher la matière de l’Empyemc.
ioz. Sc 10}
Pour le crachement de fang St la
dyfenterie. Toj
Voyez AfoKe'me.
Décoûion pour le débord & un Cx-
cez d'urine. 149
Déco&ion pour la verole. 170. 175
De'coftion de Querceran pour une
intempérie chaude des reins avec
ulcéré, &c. 171
Déco,5tion vulnéraire pour in cr a lier,
Sc quand la playe a befoin d’étre
détergée. 494.
Demi-bain ce que c’eft. 2 6y
Ufages des Demi-bains. 266
Diaphorctiques quels remedes font»
416.417
Leurs ufages. 417. 418. 419
Diaphoniques tirez de la Chymie.
418. 4i9
Table
Remarques fur l’ufage des Dîapho-
retiques. 410. 410.421
Diète ce que c’eft. 1 68
Ses différences. 170. & 197
Voyez Hydrotiques , Sudorifiques.
Dicte alterative 8c purgative ce que
c’eft. 1 97
Dcquoy elle fe compofe. ibid.
Dans quels corps & quelles mala¬
dies on fc fert de céte Diète. 178.
& *99
Précautions touchant l’ufage de
ces Diètes. 199
Diurétiques quels remedes font. 408
Par quelles parties ils évacuent.ibid.
Diurétiques proprement & impropre¬
ment tels. ibid.
Ufage des Diurétiques médiocre¬
ment rafraichiffans. 409
Diurétiques tirez de la Chy mie. 41 1
Diurétiques chauds en quelles mala¬
dies font propres. 4 ï‘z
Remarques touchant l'ufage des
Diurétiques. 415
Douleur s’ôte en trois façons. 478
Pour faire la douleur ce qui eft ne-
ceflaire. 481
Dropaces ce que c’eft. jo6
des Matines.
Comme ils fe font 5 & leurs ufa-
gcs. ibid. &}07
E.
EAu , fi elle a des pores. 3 44
Embrocations en quoy different
des Fomentations. 3 y y
Leurs ufages. ibid.
Embrocations pour temperer la cha¬
leur de la tête , & pour faire dor¬
mir. 2; G
Dans l'apoplexie & autres ma¬
ladies acompagnées d'aiïoiipiflè-
ment , caufées par une matière
froide. ibid.
Emétiques quels remedes font. 4 00
Emetiques comment ils produilent
leurs effets. ibid.
Emetiques tiennent lien de purgation
particulière & univerfelle. 40 r
Emetiques établis pour trois fins.ibid.
Leurs ufages. ibid.
Emetiques ï qui propres , & à qui
contraires. 4or
Emetiques different en la façon coo¬
pérer. 40 j
Emetiques doux. ibid. & 404
* f
TM'
Emétiques médiocres , & Emenqtres
violcns. 404. & 405.
Emetiques Chymiques. 40 y&ftiiv.
Précautions touchant les Emeti¬
ques. 407
Emplâtre» fon origine, & ce que c'eft.
194
Différence des Emplâtres. ibid.
Comme fe compolent. ibid.
Leurs ufages.
Emplâtre pour netoyer les ulcérés
malins & chancreux , & les cica-
trifer. ibid.
Emplâtre pour, diminuer la rate en¬
flée. Z9<y
Emulfion ce que c'eft. y y
Emul fions dequoy Te compofem.ibid.
Leurs ufages. ibid. y7- y&
Pourquoy elles ne s’ordonnent pas
pour pluficurs prifes. 56
Emul fions pour la trop grande cha¬
leur des fièvres , & de toutes les
maladies des poumons. y 6
Pour laplévrefie, inflammation du
poûmon , Scc. y 7
Pour là gonorhée. y S
Pour les fièvres malignes & la pe¬
tite verole , &c> y 8
des Matières.
Pour les grandes veilles. 59
Epitheme , ce qu’il fignifie. 137
Epithemes de deux fortes. ibid.
Dequoy fe compofent. 1 37.& 138
La façon de les apliquer & quand.
i?8 *
Leurs uiages. 139. *40. 141. 24 2
Epithemes pour rafraichir & fortifier
le cœur. Z39-
Dans la fièvre ardente & maligne,
ibid.
Pour fortifier & rétablir les efprits.
dans une fyncope. 140.141,
Pour temperer la çhaleur & la fe-
cherefle de la poitrine dans les fiè¬
vres fynoques & ardentes. 241
Pour rafraichir un foye échaufé ôc
le fortifier. 142.
Pour le foye foible , dans un flux
des hémorrhoïdes,dans lacafcexie,
caufée par une caufe chaude. 143
Obfervations dans l’ufage des Epi¬
themes. 244.
Epithemes pour les tefticules. ibid»
Pour les mêmes parties dans une
maladie froide. 24^,
Epithemes folides dequoy fe compo-
fent. 2146
Table
Leur ufagc. ibrd.
Epitheme folide dans la lipothymie ,
& dans la fyncope. ibid.
Pour la plévrefie , fièvres mali¬
gnes , Sec. 247
Contre les vers où il y a vomille-
menc, dans les enfans. ibid.
Errhines quels medicamens. 42(5
Leurs ufages. ibid. &fuiv.
Errhines pour purger le cerveau des
humeurs grolïïeres. ibid.
Pour temperer une ardeur des nari¬
nes & du cerveau. 427
Pour nétoycr les ulcérés des nari¬
nes. ' 42 S
Pour fecher l'ulcerc l'ayant nétoyé.
ibid.
Pour arrêter une hémorrhagie.42 9.
Pour corriger la puanteur des na¬
rines. ibid.
Etuves. 1.6 j
Diverfes fortes d'Etuves & à quel¬
les maladies elles conviennent.
268. 2 69
Euphorbe comme corrigé par les Ih-
aiens. 5,7 x
Et par Querccran. ibich.
Extraits purgatifs. 595.
des Matttrer.
F.
F Acuité expultrice ce que c’cff.
3 ij
Flux de bouche , crife de la verole.
187
Ses lignes. rbid.
Combien de tems doit continuer.
191
Flux de fang comme s’arrête. 49a.
&fùzr.
Fomentations ce que c”eft, & de quoy
on les compofe. 147
Dans quelle liqueur la décoéfcion
des Fomentations fe fait. 148-
A quelle heure Sc combien de foi*
par jour on fomente. ibid-
Ufages des Fomentations. ibid..Sc
^49- i5 3-i|4
Fomentations pour temperer la cha¬
leur des vilceres & des humeurs
qui font dans le bas ventre. 156
Pour ramollir , rafraîchir , ouvrir
& fortifier quand il y a dureté &
tendon dans les hypoeondres. ibid.
Ohfervations touchant l’ufage des
Fomentations.
Table
Fomentations dans la dyfentctie , &c.
Zfl
Remarque touchant ces fomenta¬
tions. 251
Fomentations pour la colique. 2 y $
Pour lapldvrefie. 254
Pour fortifier l’cftomac affoibly
par quelque indifpofirion froide,
ibid.
Remarques à faire dans ces fomen¬
tations. z Jp
Fomentations feches. if7
Fomentations dans le commencement
de la fluxion qui caufe la goûte ; fi
l’humeur qui la fait eft chaude.
164
Dans une indifpofitiow moins
chaude. 1 6y
Pour en apaifer la douleur. 16 y
Pour refoudre les humeurs ÔC for¬
tifier les jointures. 1 66. 1 6y
Fomentations pour la violente dou¬
leur des parties externes > que les
anodyns n’ont pas pü apaifer..
4S1. 482
Force des parties en quoy confifte.
451. ôc 492
loye d’ Antimoine. yn>
des Matières.-
Foye pour qu’il foie naturellement
bon & robufte. 45 r
Frontal quel remede c'éft , &de quoy
fe compofe. 17 f
Ufages des Frontaux. 176
Frontal pour arrêter l’hémorragie,
&c. ibid..
Pour apaifer la douleur de tête..
ibirl.
Pour faire dormir. ibid.& 177.
G.
GArgarifmes quelle forte de remè¬
des. 431
Leurs ufages. ibid. 43 3. & fuiv.
Gargarifine pour atirer la pituite do
cerveau. 43 r
Gargarifmes aftringens &répercuffifs
dans le commencement d’une flu¬
xion Sc d'une inflammation de la
bouche. 433
Cargarifme déterfif & réfolutif. 434
Pour nétoycr les ulcérés de la bou¬
che Sc du gozier. ibid.
Pour apaifer la douleur des dens.
4ÎJ
Pour tempérer l’ardeur &l’acrimcu
Table
nie de la bouche, dans les fièvres,
& dans le flux de bouche. ibid.
Gutce-gomme comme fe corrige.} 9 y
H.
HEpatiques quels remedcs fonr.
iaj
Précaution dans l'ufage des Hépa¬
tiques. 1x7
Voyez Apozéme.
Hippocrate auteur de tout ce qu’il y
a de bon dans la Medecine. 1
Hydromel des Anciens & des Mo¬
dernes. 7 y
Hydromel fimplc de deux fortes. 7 6
Leur compofition. ibid.
Hydrotiques quels remedes fonr. i6j
De quels Amples fe compofent , &
comment. 168
Combien de tems ils doivent être
continuez. 169
Quelles précautions dans leur
ufage. 169
Us font contraires dans la verole
aux temperamens chauds & fecs.
*7*
Voyez Sudorifiques , Dccottioti.
Hypnotiques quels Remedes font.484
des Matières.
Par quelles forces ces remedes opè¬
rent. 485.486.487
Leurs ufages. 487. 488
Remarques fur l’ufage des Hyp¬
notiques. 490.491
Hyfteriques quels remedes, font. 15 1
Ufages de ces remedes. ibid. 8c
155. 156. 157. 158. 161.
INdication , le moyen le plus affu-
ré pour découvrir la nature du
rcmede qui ferve à la curation de
la maladie. 4
Indications d’où elles fe prennent, ib.
Quand on les prend de la maladie
fie de fa caufe , comme il faut agir,
ibid.
Indication déterminée , neceifairc. y
Indication de tout le tems qu’il faur
continuer les remedes , d’où fe
prend. 1 3
InjeCtion ce que c’eft. 43 6
Ufage des Injections, ibid. 438.
440.441.445.
InjeCtioiis dans les maladies des oreil¬
les. 437
Pour les play es de la poitrine. 438
Table
Pour la douleur 8c inflammation
de la matrice. 43S.439
Pour une tumeur œdemateufe 8C
ficirreufe de la matrice. 439
Pour les ulcérés de la matrice. 440
Pour les maladies de la veflie & du
penil. 44 i.&fuiv.
Injeftion pour les ulcérés pro¬
fonds , ou même fiftuleux quand il
faut déterger 8c deflecher. 44 y
Inteftins plus fujets à contenir des
vens & des Vers. 1 3 1
Julep , ce que c’eft. a 8
En quoy il différé de l'Apozéme 8c
du Syrop. 28
Juleps dequoy fe compofent ordinai¬
rement. 29
L’heure pour les donner. ibid.
Leurs ufages. 29.31.32
Juleps rafraichiffans. 30
Juleps pour apaifer la foif , & tem¬
pérer l’ardeur de la bile, 3 1
Juleps pour provoquer la fucur dan»
les fièvres malignes , 8c dans la
petite verole. 3 2
Julep pour rafraîchir 8c arrêter l’itn-
petuofiré du fang & de la bile. 3 y
Juleps Cardiaques. 1 1 3 . 8c n (*
des MttUres.
Julep Alexandrin. St
Julep bècnique dans les maladies
froides de la poitrine. 99*
Julep lorfque l'eftomac eft e'chaufé
& abatu. 1 1 ;
Julep pour tuer les vers dans la fièvre
caufée par la vermine. 1 3 z
Julep pour les coliques & douleurs,
& fufocation de matrice. 1 3 6
Julep dans les fièvres , quand les vers
font de la partie. 134
Voyez Potion,
Julep pour abatre la chaleur des
reins. 138
Julep pour la colique rcnale & pour
faire tomber la pierre des reins.
146
Pour la fuprefïïon d'urine, & dans
la douleur pefante. 147
Julep pour un acouchement difficile.
161
Juleps pour la fupreffion d’urine..
v 413
Juleps diaphoniques. 418. 419
Juleps pour faire dormir. 48$
Julep pour arrêter le fang. 49*
Table
L.
LAit de plufieurs fortes. 60. 6 1
Lait de femme plus tempcré que
tous les autres. 60
Et le premier pour nourrir. 6 1
Lait pour ladyfcnterie, &c. quel cil
le meilleur. ibid.
Dans la phthiixe & fièvre hétique
quel lait il faut choifir. 61
Le Lait de quelles façons fe prend,
ibid.
Comme on l'ordonne. ibid.
Bonté du Lait comme fe connoir.
<54
Réglés & précautions pour con-
noitre quand & à qui l'ufage du
Lait eft propre ou non , félon
Galien. 6 f
Lait dans la Dyfenterie comme il Ce
doit donner. ibid. & 66
Lait combien a de parties. 66
Voyez Petit-Lait.
Lavement , voyez Clyflere.
Linimens de quelle confillance , &
dequoy fe compofenr. 179
Leurs ufages. z8o. 181
des Matïeres.
Linimenr pour rafraîchir Sc apai-
fer la douleur dans les parties ex¬
trêmement échaufées. 280
Pour laplévréfie. 28 z
Pour rafraîchir , relâcher, & adou¬
cir la douleur des reins. ibid.
Pour refoudre 8c fortifier dans la
Paralyfie. ibid.
Pour apaifer les douleurs des hé¬
morroïdes. 281
Liniment cordial apres Implication
des épithemes. 2 $9. 240
Liniment pour les reins dans un
débord d’uiine. 150
Liniment pour la violente douleur
des parties externes , que les ano¬
des n’ont pas pu apaifer. 482
Loorh ce que c’eft , 8c ce qu’il
fignifie. 104
Loochs de deux fortes. 10 r
Looch Magiftral de quoy fe compoie
ibid.
Le tems de s’en fervir. ibid.
Ufages des Loochs. ibid. & 107.
108. 109.8c 110
Loochs pour dégager la matière qui
eft atachce aux lobes des poû-
mons. xo 6
Table
Looch pour la plévréfie & inflamma¬
tion des poumons. 107
Looch quand la matière cfl: mélan¬
gée d’une humeur déliée & grof-
uere. ibid.
Looch pour déterger & incrafler dans
l’Empyeme. 107. 108
Looch pour arrêter le crachement
de fang. 108
Loochs pour deflecher & confolider
les ulcérés des poûmons dans la
phthifie. 109
Looch pour la fluxion d’une humeur
fubtile qui tombe fur la poitrine ,
dans ceux qui crachent le fang,
&c. 1 1 o
Lotions ce que c’eft. ^ 7
Leurs ufages.
MAfticatoires,& leurs ufagcs.4 3 o
Comme on les ordonne, ibid.
Mafticatoires à qui contraires. 4 3 1
Médecin , apellé pour voir des mala¬
des , combien embaraiïe. 1
Médecin qui connoit le mal eft capa¬
ble de le gucrif. a
des Matières.
Le Médecin quelles obfervations it
doit garder , quand il commence
la curation des maladies. 8 1
& fttiv.
Médecin doit ctre très - bien verfé
dans l'Anatomie. ibid.
Il doit favoir les chemins ordinai¬
res par lefquels la nature fe dé-
charge de fes excremens. 1 7
Le Médecin doit revenir au point,
d’où la maladie a commencé. 1 4
Mercure blanc précipité , comme fe
connoit quand il eft bon. 3 97
Comme on le donne. ibid.
Mercure fublimé doux. 398
Mercure de vie corrigé. 399
N.
NArcotiques quels remedes font.
480
Comme ils apaifent la douleur.
481
Ufage des Narcotiques. ibid.
Obfervations touchant l’ufage des
Narcotiques. 483.484
^Nafcale ce que c'eft. 450
De quoy fe fait. ibid.
Table
Néphritiques quels remedes fonr. 137
Ufages des Néphritiques. ibid. &
139. 148.149
Néphritiques comme rompent les
pierres qui font dans les reins &
dans la vdlie.
Sentiment ingénieux de Tache-
nius. 139.&140
Qui eft réfuté. 140.141* *42
O.
OBfcrvations qu’il faut garder, fé¬
lon Hippocrate & Galien, pour
donner les remedes comme il raur.
8. jufqu’à 16
Ocafton de deux fortes. 1 4
A quels tems des fnaladies chacune
convient. ibid.
Ocafion de donner les remedes d'où
fe prend. ibid.-
Onguens quels remedes. a8a
Différence des onguens. 183
La proportion des ingrediens qu’il
faut garder dans leur compofuion.
28a
Ufages des Onguens , magiftraux.
a8j
Onguent
des Matières.
Onguent pour ramolir & refoudre les
tumeurs dures , &c. 285
Onguent pour les dartres , pour les
ulcérés légers , & inflammations.
284
Pour la gale & demangeaifon.ibid.
Pour faire venir le flux de bou¬
che , dans la curation de la vérole,
ibid.
Onguent Narcotique. 482. 48 j
Opiare ce que c’eft. 200
Ufage des Opiatcs. ibid. fie 207.
208
Opiate aperitive dans une indifpofi-
tion chaude. 200
Obfervation touchant les fels li-
viaux & l’Acier. 20 r
Opiate pour une indifpoficion où il
y a mélange de froid fie de chaud,
ibid.
Opiate aperitive quand les obftruc-
tion s commencent. 202
Quand il la faut rendre purgative.
205
Opiate dans des obftruétions invété¬
rées. 20 j
Précautions de l’ufage de l’aciei
dans les_Opiaies. ' 205. 1 06
Table
Opiates pour une toux violente te
opiniâtre , dans le crachement de
fang , &c. a 07
Opiate corroborative pour le cœur
dans une indifpofition chaudc.45 8
Dans une indifpofition froide. 460
Opiates pour fortifier le cerveau.
4<$3.&46y
Pour fortifier le foye. 470
Opiate de la Poterie. 47 3
Opiate pour fortifier l’eftomac. 1 20
Opiate pour fortifier & rafraîchir
l'eftomac & le foye. 114
Opiate dans un exccz & un débort
d’urine. 1 5 o
Opiate contre les mouvemens hyfte-
riques. iyy
Pour ayder la conception dans une
intempérie froide. ijp
Dans une intempérie chaude, x 60
Ordre qu’il faut obfcrver en ôtant les
caufes des maladies. 6
Orge de deux fortes. 74
Orge ou Ordeats des Anciens & des
Modernes. • ibid.
Orge pour adoucir l’acrimonie des
humeurs. 72
Pour nourrir & humetter les tabi-
des Maîtres,
des & hériques. fbid.
Orge leger en façon de bouillon. 7 j
Orge que Ton peut donner , quand il
y a des obftrudbions. 74
Orge pour adoucir la toux. 7y
Oxyrhodin ce qu'il fignifie. 175
De quoy fe compofenr, & leurs
ufagcs. ü>id. Sc 274
Précautions dans l’ufage des oxy-
thodins. ijç
PAins de rofes comme fe prépa¬
rent j & en quelles maladies on
les employé. 178
Parfum ce que c'cft , & fcs différen¬
ces. 270
Ufage des Parfums. 170.171
Parfum pour fortifier & préparer dans
une intempérie froide & humide
du cerveau. 170
Pour delPcchcr les ulcérés veroliques
de la bouche & du gozier. 171
Pour faire fuer pour la curation de la
verole. 171
Pour les fufocations de la matrice.
ibid.
Table
Pour arrêter les hémorrhoïdès 3 & eh
apaifer les douleurs. 273
Parrum de l’herbe du Thé. 228
Peflairc ce que c'eft , & dequoy fe
compofe. 446
Leurs ufages. 447.448.449
Pertaire pour nétoyer la matrice des
férofiti^ & des humeurs pituitçu-
fes j & pour faire venir les mois.
447
Pour charter l’arriere-faix. 448
Pour la fnfocation de matrice, ibid.
Pour dert’echcr & fortifier la matrice
trop humide , & faciliter la conce¬
ption. ibid.
Pour déterger les ulcérés de la ma¬
trice. 449
Pour dclTecher & cicatrifer. ibid.
Petit-lait , remede alteratif. 66
Comme fe fépare des autres parties
du lait. 66.67
Petit-lait en quelle faifon fe doit
prendre , combien de tems & fa
dofe. 67
Ses ufages. 68
Façon de l’ordonner, ibid. & 69
Quand & comment fe doit rendre
purgatif. 69. 70
des Matières.
Pilules ce que c'eft. m
Pourquoy apellées catapoties. 2 x 2
Dequoy fe compofent. xti
Pilules pour ouvrir les obftruéfions.
ibid. & ri 3
Pour les fufocations de matrice. 113.
& 1 ij
Pilules pour charter le fable & déter-
ger dans la gonorhée. 214
Pilules pour ouvrir & purger en meme
rems dans les obftruétions invété¬
rées &c. ibid. & 2 x 5
Pilules pour arrêter la toux quand la
matière eft fubtile & falée , & la
toux continue. 1 1 6
Pilules pour arrêter dans toute forte
de fang , & à la fin de la gonorhée,
ibid.
Pilules purgatives dequoy fe compo¬
fent, & leur différence. 38 /.& j 86
Leur dofe. 386
Pilules qui purgent fortement , &
celles qui purgent médiocrement,
quand le doivent prendre. ibid.
Quant cft-ce que l'on fe fert de
pilules purgatives. 387
Pilules pour attirer fortement du cer¬
veau & des autres parties dans «ne
Table
cacochymie pituiteufe>fereule,fîm-
ple ou melée. ibid.
Pilules pour vuider lesferofitez. 389-
Pilules polychreftes&^amivenerienes.
ibid.
Pilules Angéliques. 350
Pilules antihydropiques. 391.392
Pilules pour précaution de la paffion
hyfterique. 389.
Pilules pour faire dormir. 489
Potions contre les Vers. 133 . &C
IiS
Voyez Tulep.
Potions carminatives pour les coli¬
ques & fufocation de matrice. 136
Potion pour arrêter le mouvement de
la matrice dans une fufocation.
1 J 1
Quand il a des mouvemens con-
•» ulfifs & épileptiques. 1 y z
Quand il y a de violentes tran¬
chées caufées par la chaleur. 1 y 3
Potion pour yn acouchement diffi¬
cile. y
Potions cardiaques pour les indifpo-
firions chaudes du cœur. 4y7
Pour un flux de ventre bilieux, un.
débord de bile , &c. 4y 8
des Matières.
Potion purgative ce que c'eft. .3 3 9
Comme le fait. 341
Remarques fur la compolîtion des
potions purgatives, ibid. & 341.
343 , , M
Potions pour purger la bile. 34;
& [hiv.
Pour purger la pituite. 349
Pour purger la mélancolie. 331
Pour purger les eaux 3 ; 4
Pour purger quand il y a mélange
d'humeurs. 356
Pour purger toutes les humeurs
enfemblc. 338
Potion purgative dans le flux de ven¬
tre , & la dyfentcrie. 3 60
Dans les maladies de la poitrine,
pour purger les femmes enceintes,
&c. 361
Pour les femmes fujettes aux fufo-
cations de matrice. 361
Potions purgatives pour les enfans.
363. 364
Potions avec le vin emetique. 374
37 S
Poudres faciles à préparer. 117
Leurs différences. ibid.
Ufages internes des Poudres, ibid.
& 230 Z 4
Table
Ufages externes. 2 3 o
Poudre cakc&ique de Quercetan. zi8
Poudre contre les fièvres intermitan-
tes. ibid.
Poudre contre les vers pour les enfans.
2. 2.8
Contre l’avortement. ibid.
Contre la pierre. 229
Poudres Cardiaques. 117
Poudre ftomachique. 120
Poudre corroborative pour le cerveau.
4 66
Poudres purgatives dequoy fc fout.
381
Précautions dans l’ufagc des pou-*
dres purgatives. ibid.
Poudre pour ceux qui font menacez,
d'hydropifie , &c. 382
Pour les indifpofuions pituiteufes.
Pour les indifpofuions rhumatiques.
arthritiques , & veneriennes. ibid.
Poudres hydragogues. 383
Poudre Cornachine. '384
Poudre courre les Vers. 134
Poudres pour exfolier les os. 230
Pour confumer les chairs pourries.
• i)1
des Matières.
Pour les ulcérés du gozier, 8cc. ibîd.
Poudre pour arrêcer le fang. z 3 z
Poudre de fympathie. z 3 j
Poudres pour éternuer. 414
Pratique de la Medecine ce qu’elle a
de plus important. 1
Pratique pour les maladies longues. iz
Purgation ce que c’eft. 3 10
Purgation univerfelle & particulière.
309
Purgation en forme liquide , quand
meilleure qu’en autre forme. 339
Purgatifs comme fe divifent. 3 1 o
Purgatifs comment eft-ce qu’ils opè¬
rent. ;ii.& fuiv .
Purgatifs Chymiques. $91. & fuiv*
REins , leurs maladies particuliè¬
res. 1 37
Remcdes donnez à propos de quelle
importance. r. & 1
Remède , ce que l’on entend par ce
mot. 3
Remedes d’où fe tirent. ibid .
Remcdes diététiques , chirurgicaux
6c pharmaceutiques. ibid.
Tahle
Ces remedes par quels moyens Ce
trouvent. ibid.
La nature du remède d’où fe rire. 4
Remedes pour être donnez comme il
faut , félon Hippocrate & Galien,
8. & fuivans.
Remedes qui s’empruntent de la Phar¬
macie, fc reduifenrà trois genres.
18
Remedes alteratifs d’où font indi¬
qués. ibid.
D’où les évacuatifs & corrobora¬
tifs. ibid.
Remedes alteratifs quels font. t 2.
Leur divifion. ibid. &fuiv%
Reftaurant de chapon. 4/ 6
SAfran de Mars comme fe préparé,
37 3
Son édulcoration. 577
Ses ulages. " 374. & fuiv.
Splcniciques quels remedes font. 128
En quoy différent des hépatiques
félon Galien. ibid.
Leur différence, i2<>
Voyez Afosjnu*
des Matières.
Sternutatoires , quels medicamenS»
41J
De quoy fe compofent. ibid.
Leurs ufages. 414
Sternutatoires en poudre fimple 8c
compofée. 424.425
Sternutatoire liquide. 425
Obfervations touchant l’ufage des
Sternutatoires. ibid. & 426
Stomachiques , quels remedes font.
117 ^
Leur différence. 1 1 8
Quels ils doivent être. ibid.
Leurs nfages. ibid. & n*
Remedes Stomachiques tant Ga¬
léniques que Chymiques. 118.
jufqu’à 1 24
Observations dans l'ufage des Sto¬
machiques. ni
Sudorifiques de combien de fortes.
17 r. Leurs nfages. 170
Sudorifiques nuifibles aux tempera-
mens chauds 8c fecs. 172
Sudorifiques nuifibles à ceux que
l’on veut froter de mercure, ibid.
Suer dans les étuves de plufieurs fa¬
çons. 168.265*
Supoütoires, quels remedes font. 3.1 j
Table
Leur différence. ibid.
LJfages des Supofitoires Amples &
compofez. 3 1 6
Supofitoires pour les maladies fopo-
reufes. 3 1 7
Pour les douleurs & flux des hé-
morrhoïdes. ibid.
Pour rell'errer le mufcle du fonde¬
ment relâché. 3 1 8
Pour de flécher & confolidcr. 3 1 9
Syncope, & fes remedes. 496. & ftt'w.
Syrops magiftraux dequoy fe compo-
fent. 189
Dans ces Syrops quelle doit erre la
dofe des purgatifs. 190
Syrops magiftraux en quelle dofe fe
donnent , & avec quoy. ibid. &:
191
Leurs ufages. 191
Syrop magiftral pour préparer & pur¬
ger indifféremment toutes les hu¬
meurs. 1 9 1
Autre Syrop magiftral quand la
chaleur prédomine. 193
Syrop magiftral fait de fucs pour le
même iu jet. 194
Syrop magiftral pour les maladies
qui ont leut fiége dans les hypo-
des Matières.
condres , &c. 19 j
Sa dofe. 196
Comme l’on Ce fert de fes Syrops
magiftraux. ibid.
TAbletes , ce que c'eft. a 3 $
Ce qu’il y a obfcrver dans leur
compofition. 133.134
Tabletes quels ufages elles ont. ibid.
& 136
Tabletes pour préparer dans les obf-
tru&ions inveterées, &c. 134. 135
Pour incrafler une fluxion fubtilc
qui tombe du cerveau. 1 3 y
Pour l’Afthme , ou courte-haleinc.
ibid. & 136
Tabletes corroboratives pour le cer-
veau.
461
Pour fortifier le foye.
470. J71
Tabletes pour fortifier
un cftomac
froid.
I lO
Tabletes carminatives.
136
Teinture de rofes.
81
Thé ce que c’eft.
436
Scs facultez.
. “7
En combien de façons Ion fe fert
Table
de cê te herbe. 117. & iiS
Tifane des Anciens & des Modernes.
7i- & 77
Ufages de la Tifanç. 77. 7/?. 81.
81. 84
Tifane pour rafraîchir & hume&cr
dans les fièvres bilieufes 3 &c. 77.
78
Tifane rafraichiflanre & aperitive.
78
. Tilane pour les fièvres malignes. 79
Tifane pour la fièvre quarte. 80
Tifane pour deirecher dans les mala¬
dies froides & humides du cerveau.
81
Tifane pour le flux de ventre. 8i.
83. 84
Tifane pour adoucir la toux , arrêter
l’envie de vomir , &c. 8 3
Tifane pour rafraîchir , ouvrir les
conduits , & un peu nourrir. 84
Tifane laxative ou Royale. 3 6 y
Autres fortes de Tifane laxative.
3 6(5. 367. 368
Tranfpiration de quelle importance.
4M- 41/
des Matières.
V.
VErole & fa curation. 184. &
fuivans.
Vers, & quels font leurs fpecifiqucs.
131. jufqu’à 13;.
Veficatoires ,ce que c’eft. 301
Dequoy fe compofent. ibid.
Leurs ufages. 303
Combien de tems on les laiflc fur
la partie. 30J.
Ce qu’il faut faire les ayant ôté.
ibid.
V eficatoires pour l'apoplexie & autres
maladies loporeufes. ibid.
Obfervation touchant l’ufage des
Veficatoires.
Vin fublimé comme fe fait. 131
Vin camfré. ibid.
Vin émetique & fes ufages. 373.374.
37 y&jHtv.
Vomitifs , voyez Emétiques. ^